LES PORCHES
prudence de couper la base des contreforts qui sé-
paraient auparavant les portes d’entrée ; il s’ensuivit que les contreforts, portant à faux sur les
Portail et porche du croisillon méridional (xiii® siècle)
linteaux, les ont brisés sous la charge. Afin de remédier à ce fâcheux état de choses, M. Selmersheim, architecte de la cathédrale, quand il restaura le porche méridional, de 1897 ^ porter le poids des voûtes au-dessus des linteaux sur des poutres d’acier noyées dans du ciment. Il serait à souhaiter que, pour le porche nord, cette transformation fût accomplie le plus tôt possible avec la meme habileté.
Si l’on veut examiner chronologiquement les statues et les bas-reliefs qui décorent les entrées du transept, il convient de commencer par le croisillon sud, en étudiant d’abord les sculptures du portail qui sont les plus anciennes, puis celles du porche qui sont postérieures à 1224.
Le Portail du croisillon méridional. — Appuyé contre le trumeau de la porte principale du croisillon sud, Jésus-Christ est représenté debout, bénissant de la main droite et tenant dans la main gauche le livre des Evangiles : ses pieds nus foulent le iîon et le dragon, conformément à la prophétie du psalmiste, conculcabis leonem et draconem. Sous cette imposante statue du Sauveur, on voit deux groupes de personnages, parmi lesquels un homme à genoux, couronné d’une guirlande de fleurs, et une dame, en costume du XIII* siècle, assise devant une table chargée de pains qu’elle semble distribuer à des pauvres. Il est très probable que ce sont là les donateurs de la statue du Christ, et l’on admet habituelle-