LES DÉBRIS DU JUBE
de saint Louis; mais, parmi les œuvres d’art se rattachant à cette école chartraine de sculpture, où, de 1210 à 1260, se formèrent tant de maîtres distingués, il en est une que je ne saurais passer sous
Photo F. Martin-saijon.
Fkagmeist du jubé
Bas-relief représentant la Nativité (X///® siècle).
silence, je veux parler du jubé, qui marquait autrefois la limite entre le chœur et la nef de l’église et qui, par ordre du Chapitre, fut détruit en 1763. Un certain nombre de pierres, provenant de la démolition de ce jubé, avaient été employées pour paver l’entrée du sanctuaire. En soulevant le dallage, on retrouva en 1849 plusieurs morceaux bien dignes de faire regretter le reste de l’ouvrage. On a organisé, dans une chapelle de la crypte dédiée à saint
Martin un petit musée archéologique, où les débris du jubé ont été disposés tout autour de l’autel. Les bas-reliefs de l’Annonciation, de la Nativité, de l’apparition des anges aux bergers, du songe des trois Mages sont des compositions, qui mériteraient à elles seules d’illustrer les noms de leurs auteurs, si ces noms, qui appartiennent à un siècle trop éloigné du nôtre, n’étaient pas à tout jamais tombés dans l’oubli.
* Cette chapelle Saint-Martin est désignée par la lettre P' sur le plan de la crypte.
Photo F. .viartin- jaOun .
]je Christ du porche sud.
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DEPUIS LE XlIP SIÈCLE JUSQU'A NOS JOURS
L’histoire de la cathédrale de Chartres présente d’étranges contrastes : on n’y trouve mention d’aucun de ces grands architectes, qui présidèrent à la construction de l’église entre 1194 et 1260 ; mais, à dater de l’époque où, le monument étant achevé, il n’y avait plus qu’à y accomplir quelques modifications et agrandissements de moindre importance, la liste de ceux qui furent chargés de ces travaux secondaires est presque complète.
La Sacristie. — Parmi les architectes, dont la mission fut d’entretenir ou d’améliorer l’œuvre de leurs devanciers, le plus ancien qui soit connu vivait au xiii* siècle et s’appelait Simon Dagon. Cité dans les actes capitulaires en 1276 et en 1298, il résigna ses fonctions en i3oo et eut pour successeur le maître maçon placé sous ses ordres, Jean des Carrières. Vers i3io, Simon Dagon rentra au service de l’église; il était encore maître de l’œuvre en l’année i3i6. Ce fut lui qui, à la fin du
XIII* siècle, fit bâtir la sacristie entre le croisillonnord et l’abside, et qui, en i3ii, fit ajouter à ce nouveau bâtiment l’escalier à vis au centre duquel on a établi, de nos jours, la cheminée du calorifère delà cathédrale. Ce fut lui également qui, en i3i6, reçut les experts parisiens venus à Chartres pour visiter la basilique et indiquer les réparations qu’il convenait de faire à l’édifice.
A la suite de cette visite , les experts consultés, qui étaient Pierre de Chelles, maître de l’œuvre de Notre-Dame de Paris, Nicolas de Chaumes, maître de l’œuvre du Roi, et Jacques de Longjumeau, maître charpentier de la ville de Paris, rédigèrent, le 9 septembre i3i6, un rapport, où ils énumérèrent les désordres de construction qui s’étaient produits dans la cathédrale de Chartres depuis moins de cent ans. Ala vérité, ces désordres n’étaient ni très nombreux, ni très graves. A part la nécessité de consoliderlesdeux porches dont les linteaux étaient déjà brisés, le rapport ne signale guère comme urgentes que quelques réparations à faire à la voûte du carré du transept, aux arcs-boutants et à la charpente.
La Salle capitulaire et la chapelle Saint-Piat. —
Quelques années plus tard, la maîtrise de l’œuvre de l’église de Chartres appartenait à lluguet d’ivry, qui fut l’architecte de la salle capitulaire édifiée de i323 à i335 environ au chevet de la cathédrale. Huguet d’ivry transmit sa charge à Jean d’ivry, dit de l’Œuvre, son fils ou son proche parent. Pendant