‹ La cathédrale de ChartresChapitre 7 sur 30 · LE PUITS DES SAINT-FORTS · texte numérisé non relu

LE PUITS DES SAINT-FORTS

qu’à la partie supérieure, il était, à l’origine, rectangulaire, comme beaucoup de ceux qui ont été retrouvés sur l’emplacement d’anciens oppidums gaulois. Nous savons par les récits des anciens chroniqueurs locaux que le peuple chartrain avait la plus grande confiance dans la vertu de l’eau de cette source sacrée. On venait, aux xi% xii®, xiii® siècles et même plus tard encore, faire des neuvaines dans la galerie septentrionale de la crypte où l’on avait établi, à proximité de l’autel de la Vierge et du puits, un hôpital pour y recevoir les malades et les infirmes. On désignait cet hôpital sous le nom à' Hôpital des Saints-Lieux-Forts ; les malades qui couchaient pendant neuf jours en cette partie de l’église souterraine, y étaient soignés par des religieuses, lesquelles jusqu’à l’époque de la Révolution furent appelées dames des Saints-Lieux-Forts .

Ce culte, rendu simultanément à une statue et à un puits d’aspect très archaïque, existait dès le IX® siècle ; antérieurement les renseignements écrits font défaut. Pour se prononcer sur l’origine de ce culte, problème qui depuis longtemps a préoccupé tant de savants et d’historiens, il faut donc, à défaut de documents écrits, avoir recours à la tradition et aux objets mêmes de cette dévotion populaire.

En ce qui concerne la tradition, le tort des érudits du XVI® et du xvii® siècle a été de la défigurer au point de la rendre méconnaissable. Parce qu’ils ont fait intervenir les Druides dans l’histoire de la fondation de l’église chartraine, ils ont complè-

tement discrédité Tantique légende de la Vierge devant enfanter. Suivant eux, la grotte, le puits, la statue, le pèlerinage, tout serait l’œuvre de ces Druides, qui, au dire de Jules César, avaient à Chartres ou dans les environs, un de leurs plus célèbres collèges. Ils ont brodé sur ce thème des fables invraisemblables, tandis que, dans les récits de leurs devanciers, le nom des Druides n’était pas prononcé. L’origine druidique du culte chartrain n’est donc qu’une hypothèse plus ou moins savante, je dirai même que c’est une hypothèse difficile à admettre, car il paraît aujourd’hui à peu près démontré que les Druides répugnaient précisément à la représentation figurée des divinités et qu’ils étaient hostiles au culte des images.

Mais s’il est légitime d’exclure de la véritable légende chartraine les Druides et le druidisme, on ne peut s’empêcher d’observer combien logiquement cette légende, réduite à sa forme la plus simple, peut s’interpréter par certaines idées ayant eu cours dans la société chrétienne primitive.

Survivances du paganisme. — Ce n’est pas faire une supposition imaginaire que de considérer comme une survivance du paganisme le puits miraculeux de l’église de Chartres, et il y a de sérieuses raisons de croire que, dans les premiers siècles de notre ère, il exista, à proximité delà source sacrée, un temple dédié à une divinité locale. Les fouilles, faites récemment dans la crypte de la cathédrale tout

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