‹ La cathédrale de ReimsChapitre 12 sur 19 · PORTAIL · texte numérisé non relu

PORTAIL

voyait sa iiativilé, sa présentation et sa mort. Détruites pendant la Révolution, ces sculptures ont fait place à une inscription gravée en 1802, dans le goût classique du temps.

Photo Neurdein.

La Frésf.ntatiom (Grand portail.)

Les statues adossées contre les parois représentent à droite l'Annonciation (l'archange Gabriel près de la Vierge debout) et la Visitation (la Sainte Vierge et sainte Elisabeth) ; à gauche, la Purification (la prophétesse Anne, Siméon, la Vierge portant l'Enfant Jésus, saint Joseph). Nous avons déjà eu l'occasion de parler des remarquables statues

du groupe de la Visitation ; imitées certainement de modèles antiques, elles ont une puissante originalité, et didèrent entièrement par leur style des autres oeuvres de l'école champenoise. A Tanglf du contrefort, du côlé gauche, est un personnag»* à la stature robuste, au visage grave et majestueux. Sa tète est couverte d'une coiffe pointue : sa barbe et ses cheveux bouclés sont traités d une façon qui semblent dénoter aussi quelque influence de l'art gréco-romain ; on a comparé sa tête à celle de certaines statues d'Ulysse. Jusqu'ici on n'a pu l'identifier avec certitude; nous croyons qu'il faut y voir un prophète de l'ancienne loi, A sa droite, devant le contrefort, est une femme couronnée, en costume du xiii' siècle; c'est très probablement la reine de Saba, qui est représentée également au portail de la cathédrale d'Amiens. Un roi lui fait pendant sur le contrefort opposé; on est tout à fait autorisé à y reconnaître Salomon. Près de celui-ci, en pendant à la statue du prophète, est un autre roi, que l'on considère généralement comme un roi Mage, mais qui doit être plutôt David.

Les sculptures de la voussure ont été malheureusement en grande partie défigurées par de grossières restaurations entreprises en i6i i et en 1784, stplus tard, sous le règne de Louis XVI. Beaucoup de statuettes ont été remplacées sans ordre, sans méthode et sans souci de la tradition, par des ligures généralement très médiocres. Le premier cordon, à lintérieur, qui est assez bien conservé et appartient à l'art primitif, nous montre tout un

cortège d anges. Sur le second, qui a subi plus de retouches, on voit un arbre de Jessé et des rois tenant des instruments de musique. Le troisième, le quatrième et le cinquième, entièrement remaniés, ont des images de saints et des scènes de l'ancien et du nouveau Testament. Parmi les sculptures originales qui ont été épargnées, on remarquera à la naissance de la voussure, à gauche, la Sainte Vierge montant les degrés du temple, pour sa présentation, suivie d'Anne et de Joachim, et au troisième rang, à droite, Jonas, les enfants dans la fournaise et Daniel. Mais les éléments modernes dominent ici, et forment avec le reste un pénible contraste. C'est à cet apport du xvii^ et du xviii' siècle que nous devons un étrange saint Louis couronné et vêtu d'une tunique ornée de fleurs de lys, un saint Roch en chapeau rond (au quatrième rang, à gauche), un saint Christophe, une adoration des Mages et des Bergers, une crèche (au troisième rang) ; enfin, à droite, Charlemagne en guerrier romain, sainte Hélène, saint Jérôme, saint Laurent (au quatrième rang), saint Sébastien, sainte Marguerite," sainte Catherine, sainte Agathe (au cinquième rang); œuvres très discordantes d'une époque où l'on n'entendait rien à l'art gothique.

Dans le gable qui surmonte la voussure est représenté le couronnement de la Sainte Vierge. Au pied du trône sont six anges, les uns debout, les autres agenouillés, qui forment un groupe du plus gracieux aspect.

Le porte de gauche est surmontée d'un linteau où est figuré saint Paul renversé de son cheval aux portes de Damas. Sur les jambages, à l'intérieur, s'échelonnent seize anges. A l'extérieur sont quatorze personnages assis, dans l'attitude de la méditation, et qui, suivant une interprétation proposée par Didron, personnifieraient les sciences et les arts. Ce sont plutôt des prophètes ou des dv>cteurs. Sur les parois des ébrasements sont onze statues, six à gauche et cinq à droite : à gauche, saint Nicaise martyr, amputé de la partie supérieure de sa tête, entre deux anges, sainte Cilinie, mère de saint Rémi, (ou mieux peutêtre sainte Glolilde, l'épouse de Glovis, car elle porte une couronne), puis saint Rémi lui-même, et près de lui, saint Thierry, son disciple; à droite, un diacre portant une palme, un personnage barbu, une femme et un personnage imberbe, tenant chacun un livre, où Ton a voulu voir, à tort ou à raison, saint Florent, saint Jocond, compagnons de saint Nicaise, sainte Eutropie, sa sœur, et saint Maur, martyr rémois. Cette dernière identification est fort contestable ; le personnage en question a les pieds nus comme un apôtre, et les traits que Ton prête d'ordinaire à saint Jean. Auprès de lui est un prélat coiffé d'une mitre, qui est peut-être saint Sixte, premier évêque de Reims et apôtre de la foi chrétienne en notre pays.

Les sujets sculptés dans les voussures se suivent par tranches horizontales, en remontant de bas en

haut et en commençant à gauche. Les voici, dans l'ordre où ils se présentent : 1° La tentation de Jésus-Christ; Jésustransporté au sommetdu temple

Photo (les Monnments historiques

Le Couronnement de la Vierch

(Grand portail.)

et sur la cime d'une montagne, puis servi par les anges ; 2° L'entrée triomphale à Jérusalem ; 3° Lo

lavement des pieds et le jardin des Oliviers; 4* Saint Pierre tranchant l'oreille de Malchus; le baiser de Judas ; le désespoir et la mort de Judas qui s'est pendu à un arbre ; 5° La flagellation, les préparatiCs du crucifiement. De gauche à droite et de bas en haut, sur le côté opposé : i° Ange encensant Jésus-Christ; Jésus ressuscité tenant sa croix; l'enfer; Jésus délivrant les âmes des limbes; anges offrant des couronnes ; 2° Jésus et les disciples d'Emmaiis; les apôtres; 3° Jésus glorieux, se montrant aux témoins de sa résurrection; 4* Une sainte femme et des disciples; 5" Anges portant des couronnes ; Notre Seigneur prêt à monter au ciel ; près de lui deux apôtres. Des réparations ont été faites à ces sculptures en 1887, particulièrement aux deux cordons extérieurs de la voussure, à droite; de ce côté, la plupart des statuettes sont modernes.

Le groupeornantle gable serattacheauxscènesde la viedu Sauveur qui se développent sur les cordons de la voussure, et en forme en quelque sorte le couronnement. llreprésenteleChrist en croix au milieu do ses bourreaux, et plus bas, la Sain le Vierge et saint Jean en |)leurs. Cesstatuesontété presque complètement refaites vers 1737; le Christ est tout entier de cette époque. Les élégants clochetons qui s'élèvent de chaque côté du gable abritent des statues : à la droite du Christ, l'Eglise, et à sa gauche, la Synagogue. (En ce dernier endroit, le clocheton et sa statue qui menaçaient ruine ont été supprimés provisoirement )

L'arcade pleine, faisant suite à la voussure que

nous venons de décrire, a trois petites statues placées sous des dais : Jésus-Christ tenté au désert, entre deux démons. Au-dessus, dans le tympan, sur deux registres, est figurée l'histoire de l'invention de la croix par sainte Hélène. Du gable surmontant cette arcade émerge une femme, debout, les mains jointes, un peu inclinée en avant, et tournée vers le Christ en croix.

L'arcade en retour, du côté nord, a été fort mutilée, et n'offre plus que des sujets très incomplets et peu faciles à restituer. On croit y voir une prédication, celle du Sauveur ou de saint Jean-Baptiste.

Le linteau de la porte de droite continue l'hisloire de la conversion de saint Paul, commencée sur le linteau de la porte opposée. Paul, devenu aveugle, est conduit à Ananie qui lui rend la vue et lui confère le baptême.

Les jambages sont ornés de belles et curieuses figurines, dont plusieurs sont fort difficiles à expliquer. Didron a présenté à ce sujet des observations très ingénieuses, mais qui sont parfois assez discutables. Nous avons certainement dans la plupart de ces figures des représentations des vices et des vertus, comme on en trouve à Chartres, à Amiens et en d'autres cathédrales. Sur les jambages intérieurs, àgauche, un autel et un ciboire semblent désignerlafoichrétienne;enregard, adroite, un temple ouvert, avec une statue au fond, symbolise peutêtre l'idolâtrie. Au-dessus est le courage, en costume de chevalier, et en face, la lâcheté fuyant

C)2 L\ CATHKDR.VLE DE REIMS

(levant un lièvre ; plus haut, la charité tendant une bourse, et de l'autre côté, l'avarice avec un coffrefort. Sur les jambages extérieurs, à gauche, en remontant de bas en haut, on voit d'abord l'enfer ; puis lorgueil foudroyé et renversé avec son cheval: enfin, à la partie supérieure, la délicieuse figure d'un homme assis et accoudé dans une stalle, qui passe pour nous donner l'expression de la paresse. A droite, une femme assise, tenant un livre et une lampe allumée, peut figurer la sagesse. Les vices et les vertus font place ensuite aux saisons; l'été est tout en haut représenté par un homme vêtu seulement de braies, prêt à se livrer aux rudes travaux des champs; au-dessous, l'automne est caractérisé par un personnage assis sous une treille ; puis vient l'hiver où l'on se chauffe près d'une cheminée, et enfin le printemps où l'on se promène au milieu des fleurs.

Contre la paroi de droite de l'ébrasement de la porte sont rangées les six statues d'un style archaïque dont nous avons déjà signalé la frappante ressemblance avec celles qui ornent la porte centrale du croisillon septentrional de la cathédrale de GharUes. Ces statues qui ont été exécutées vers Tannée 1220, sont, en commençant par le dehors : Samuel portant un agneau (aujourd'hui brisé) ; Abraham s'apprêtant à immoler Isaac ; Moïse portant le serpent d'airain et les tables de la loi; Isaïe ; saint Jean-Baptiste ; le vieillard Siméon tenant entre ses bras l'Enfant Jésus. Les statues de la paroi opposée, d'une date notablement plus

récente, sont moins faciles à identifier. La première et la quatrième, en suivant de droite à gauche, semblent représenter des diacres, peut-être saint Laurent etsaintÉtienne,quili*^urentaussiprès d'un pape, au portail du croisillon méridional de Chartres. La seconde est sans doute un prophète; il tenait une banderole dont le point d'attache est encore visible. La troisième est un pape coilTé d'une tiare, élevant la main pour donner sa bénédiction. La cinquième est un évèque faisant pendant à celui qui occupe la môme position à l'entrée du porche de gauche, et qui nous a paru être saint Sixte. Ici l'on peut conjecturer que nous avons saint Sinice, le compagnon de Sixte et son successeur.

Les sculptures qui décorent la voussure sont en assez bon état et ont été, moins que celles des voussures voisines, altérées par des restaurations modernes. Leurssujetssoni empruntés à l'Apocalypse. On voit saint Jean écrivant son livre, Farbre de vie, saint Michel combattant contre Satan, Jésus-Christ tenant la coupe des colères divines, etc.

Les grandes figures du fronton complètent ces diverses scènes, en nous montrant le Jugement dernier. Le Christ assis sur son trône prononce la sentence ; ilest entouré de quatre anges portant les instruments de la Passion. Les têtes et d'autres parties notables de ces figures ont été mal refaites, dans le cours du xviii^ siècle. Sous les dais des clochetons sont abrités des anges sonnant de la trompette.

L'arcade latérale pleine continue l'Apocalypse. On y distingue le puits de l'abîme, les anges exter-

g4 LA CATHÉDRALE DE REIMS

minateurs, les fléaux de la colère divine, le livre des sept sceaux, l'Agneau, etc. Sur le gable couronnant cette arcade est la figure allégorique d'une femme couronnée, dans l'attitude de celle que l'on voit du côté opposé, au-dessus de l'arcade de gauche. Peut-être ces figures symbolisent-elles la Synagogue et rÉglise, l'ancienne et la nouvelle loi. Au xviii® siècle, on croyait y voir la Vierge et l'ange de l'Annonciation. Elles ont été alors refaites à neuf, et il est possible que cette restauration ait complètement modifié leur caractère primitif.

L'arcade en retour, vers l'archevêché, retrace la légende de saint Jean, son jugement, les supplices auquel il est soumis, sa mort, sa mise au tombeau et son entrée au ciel.

Si nous passons maintenant au premier étage, notre attention est d'abord attirée par l'admirable rose que nous avons décrite à l'intérieur, et qui est malheureusement un peu masquée ici par le gable très élevé de la porte centrale. Elle s'ouvre <lans la façade de la nef, entre les niches et les pinacles de deux contreforts. De chaque côté, contre les pieds-droits de la voussure qui la surmonte, sont deux grandes statues : à gauche, un personnage imberbe coiffé d'un béguin et tenant un bourdon, avec une panetière ornée d'une coquille, suspendue à son côté ; ce serait David jeune, en costume de berger, suivant l'opinion émise par les historiens de notre cathédrale. La statue de droite est fort belle ; c'est un personnage barbu, aux

EXTÉRIEUR. PORTAIL ÇjJ

traits expressifs, à l'attitude ^rave ; il est coin*» d'un ("hapeau et porte, comme l'autre, un bourdon et une panetière. On y a vu Saùi ou Salomon, mais cette attribution nous paraît peu sûre. Il faut observer toutefois que l'arcade qui prend naissance audessus de ces figures est ornée de groupes de statuettes représentant divers épisodes de la vie de David et de Salomon. (On remarquera en particulier Salomon conférant au sujet de la construction du temple avec un architecte qui tient un compas et une équerre.) Sur l'extrados de l'arc qui encadre extérieurement la voussure de la rose, s'appuient des statues colossales : à droite, David provoquant Goliath, à gauche, David l'abattant avec sa fronde. Le sculpteur n'a pas oublié le troupeau dont le jeune héros avait la garde ; il a mis près de lui des chiens et des moutons ; trois arbres complètent

Photo Lajoyo

Statue

a la. bask du la grande ko^c

(Façade occidentale.)

aussi le tableau. Ces statues, — celles de David en particulier, — ont été restaurées vers 1737 elles viennent d'être encore remises à neuf dans ces derniers temps.

Le premier étage des tours qui flanquent la façade est ajouré, sur chacune de leurs faces, par deux hautes baies jumelles, divisées par un meneau qui supporte deux arcs surmontés d'un quatrefeuille. Ces baies sont couronnées par des gables très élancés. Les niches et les pinacles des contreforts des tours sont semblables à ceux de la nef, mais leur décoration est d'un style plus récent. On a dû travailler à cette partie de l'édifice au commencement du XIV* siècle. Dans la niche du premier contrefort, à gauche de la rose, est une statue du Christ, bénissant, coiff'é d'un chapeau de pèlerin ; puis dans la niche voisine, en suivant du même côté, saint Jean l'Evangéliste, portant un lis et un livre; à l'angle, sur la face du nord, Jésus-Christ montrant ses plaies à saint Thomas ; à l'opposé, saint Thomas tourné vers le Sauveur; enfin un apôtre qu'on ne peut identifier. A droite de la rose, les statues des niches des contreforts se succèdent dans l'ordre suivant : la Sainte Vierge, saint Pierre tenant les clefs ; en retour, vers le sud, saint Paul avec une épée, saint Jacques le Majeur, un diacre qui peut être saint Etienne. Aux pans coupés des angles nord-est et sud-est des tours, sont des niches simulées, surmontées de pinacles imitant teux des contreforts. La première abrite un saint Barthélémy portant un couteau ; la seconde, en

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regard de l'archevêché, un évêque que l'on ne saurait designer d'une façon précise.

Le second étage du portail est occupé tout entier par une série de niches aux reniplages trèfles, surmontées de gables aigus ; chacune d'elles abrite une statue de dimension gigantesque. Au centre sont sept personnages figurant le baptême de Clovis. Ce prince est plongé à mi-corps dans la cuve baptismale ; à sa gauche est saint Rémi, recevant la Sainte Ampoule ; à sa droite, sainte Clotilde. Les autres statues, au nombre de cinquante-six, représentent des rois, rois de Juda, suivant les uns, et selon d'autres, rois de France qui avaient reçu l'onction sainte dans la cathédrale des sacres. Elles ont dû être exécutées vers la fin du xiv* siècle, et plusieurs d'entre elles sont d'un art fort médiocre.

En avant du baptême de Clovis règne un balcon, connu jadis sous le nom de galerie du Gloria^ à cause de l'hymne que les enfants de chœur avaient coutume d'y chanter le dimanche des Rameaux. Ce balcon est orné de trois statues d'anges toutes modernes.

Au-dessus de la galerie des Rois s'élève le fronton du portail, érigé dans les dernières années du XIV® siècle et reconstruit récemment.

Chacune des tours, en son étage supérieur, est flanqué de quatre tourelles, dont l'une sert de cage à un escalier, donnant accès aux plates-formes. Ces tours sont complètement à jour et d'une surprenante légèreté, tout en offrant une construction solide et bien comprise. D'après les plans prinii-

tifs, elles devaient être couronnées de flèches en pierre, dont les amorces ont été établies lors des dernières restaurations.

Nef. — Les façades latérales de la nef sont de purs chefs-d'œuvre. C'est là peut-être que l'architecture de la cathédrale atteint la plus grande perfection et commande une admiration sans réserve. Aucun autre édifice n'offre des contreforts aussi bien proportionnés et d'un effet aussi décoratif. Ces contreforts, au nombre de sept de chaque côté» sont amortis par de beaux pinacles octogones flanqués de quatre petites pyramides triangulaires, et soutenus en avant par deux colonnes détachées, très sveltes et très élégantes. Les niches formées par ces colonnes et par les dais imposants qui les surmontent sont occupées par des anges aux ailes éployées portant les instruments de la Passipn et divers autres emblèmes. Deux arcs-boutants superposés s'appuient sur les contreforts pour étayer les murs de la nef. A la base des fenêtres hautes de la nef règne un chemin de ronde qui circule tout autour de l'édifice, en pénétrant à l'intérieur le long de la façade du grand portail et de celles des croisillons du transept. A la naissance des combles de la nef s'étend un passage qui avait naguère pour balustrade une galerie refaite vers i5o6, pour remplacer celle qui avait été détruite par l'incendie de 1481. Cette galerie n'a pas trouvé grâce devant nos modernes restaurateurs. En 1878, M. Millet, architecte diocésain, lui a substitué, du côté du midi^

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