‹ La cathédrale de ReimsChapitre 13 sur 19 · NEF · texte numérisé non relu

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une galerie toute neuve, fort peu satisfaisante avoc ses éléments étrangers au style de la cathédrale de Reims, ses gables mussiis et ses pinacles abritant de:i glacis garnis d'éoaiiies. Les critujues très vives, élevées à ce sujet, ont décidé son

Photo des Monuments historiques.

Saint Louis (Stotne d'un coiilreforl.)

successeur, M. Ruprich-Robert à adopter un autre parti pour la restauration de la galerie du nord. Il s'est inspiré avec plus de raison d'une arcature qui subsiste encore contre la tour, et qui se reliait à la claire-voie primitive, construite vers la fin du XIV* siècle, et offrait probablement le même dessin. C'était un modèle que l'on pouvait suivre ; il eût été toutefois préférable de conserver la galerie de i5o6, en se bornant aux travaux nécessaires

lOO LA CATHEDRALE DE REIMS

pour en assurer la consolidation. On a eu d'ailleurs la très louable attention d'en garder un fragment qui a été remonté par terre, entre deux contreforts, du côté septentrional, dans la cinquième travée de la nef à partir de la tour. En voyant ces gracieux et délicats arceaux, on regrettera sans doute que l'on ait jugé à propos de sacrifier une œuvre, qui, pour être d'une époque assez avancée, n'en avait pas moins un réel mérite.

En la première travée de la nef, au sud, une petite porte donne accès dans le bas côté. Son linteau offre un bas-relief représentant saint Rémi chassant des démons qui avaient provoqué un incendie en la ville de Reims; le même sujet se retrouve au portail nord.

Transept- — Les quatre tours qui flanquent les croisillons du transept, sont restées inachevées et ne s'élèvent pas au-dessus du premier étage. Cet étage est percé de larges baies dont le remplage, semblable à celui de toutes les fenêtres de l'édifice, consiste en deux arcs jumeaux surmonté d'une rose à six lobes. Les niches des contreforts abritent des statues de rois, qui seraient, d'après l'opinion commune des archéologues rémois, non des rois de Juda, mais des rois de France. A l'angle de la tour du sud-ouest, un personnage monté sur un lion serait Pépin le Bref; près de lui on croit voir Charlemagne ; quant aux autres, les noms qu'on a voulu leur donner sont fort arbitraires. Toutefois la statue qui se trouve sur la face occidentale de

TRANSEPT

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la tour du nord-ouest, dans le contrefort voisin de l'angle de lu nef, a tous les caractères d'un por-

Hholo des Monuments historiques.

Statues ue la pokte ue gauche, au portail septentrional

trait. M. l'abbé Ceri y a reconnu saint Louis, et cette conjecture s'accorde assez bien avec ce que nous savons de l'iconographie de ce prince. Les traits du visage ressemblent beaucoup à ceux de

L\ CATHEDRALK DE REIMS

Photo Bothîpr.

Les Damnes (Portail du Juj^eaienl dernier.)

la statue du jiieux monarque, qui se voit au portail de Téglise Saint-\'incent de Garcassonne.

La porte centrale qui s'ouvre dans la façade septentrionale du transept, offre, comme le grand portail, une riche décoration sculpturale, mais plus sobre el moins surchargée. Contre le trumeau se dresse la statue d'un pontife coiffé d'une tiare. On le considère généralement comme saint Si-\te. premier évêque de Reims, bien que son costume lui donne plutôt l'apparence d'un pape. Le piédestal est orné de figurines symboliques : saint Martin partageant son manteau avec un pauvre, un chevalier luttant contre un dragon, un homme a cheval sur un lion, etc. Sur l'ébrasement, à gauche, sont trois grandes statues : saint Nicaise, décapité, portant sa tête entre ses mains, ayant à sa gauche sa sœur Eutropic, compagne de sou mar-

TRANSEPT

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Abraham recevant les ami;3 (Portail du Jugement dernier.)

tyre, et à sa droite un ange qui l'encense. Sur la paroi de droite est saint Rémi recevant la Sainte Ampoule ; à sa droite, Glovis revêtu d'une longue tunique (le nimbe placé derrière sa tête rend cette attribution un peu contestable) ; à gauche, un ange. Le tympan, partagé en cinq registres, présente des scènes de la vie de saint Rémi et de saint Nicaise. Sur le premier, en commençant par en bas, on voit, d'un côté, le massaiM'e de saint Nicaise par les Vandales, et de l'autre, saint Rémi baptisant Glovis ; sur le second, saint Rémi, enfant, rendant la vue à Monlan, saint Rémi expulsant de la ville de Reims les diables qui l'avaient incendiée ; sur le tî-oisième, Thistoire de Job ; sur le ([uatrième, la résurrection d'une jeune fille de Toulouse, opérée par saint Rémi, et Tépisode d'un tonneau qu'il a miraculeusement rempli de vin ;

I04 LA C.VTHEDR\LE DE HKIMS

tnfin, tout au sommet, le Christ entre deux anges. Dans la voussure sont disposés sur trois rangs des évêques, des patriarches et des papes.

La porte de gauche est depuis longtemps boucliée. Le trumeau est occupé par une admirable slatue de Jésus bénissant de la main droite et portant de la gauche le globe terrestre. Elle rappelle le BeauDieude la cathédrale d'Amiens, et occupe sans contredit l'un des premiers rangs parmi les chefsd'œuvre de la sculpture du xiii* siée le. Sur le socle, des petites figures d'une extrême délicatesse et groupées avec beaucoup d'art, représentent, dit-on, un marchand de drap arrêté pour avoir vendu à fausse mesure et conduit aux pieds de la Sainte Vierge pour y faire amende honorable. On a prétendu dès le xviir siècle, d'après une tradition dont nous ne garantissons pas l'authenticité, que le coupable, en réparation desafaute,auraitélevélastatueà ses frais. Contre les parois sont rangées six statues d'apôtres : à gauche, saintPierre, saint André, saintBarthélemy ; adroite, saint Paul, saint Jacques et saint Jean.

Le tympan est consacré à la représenfation du Juo-ement dernier. Au sommet est le Christ assis entre la Sainte Vierge et saint Jean-Baptiste; derrière ceux-ci, deux anges portent des instruments de la Passion. Au-dessous, sur deux rangs, on voit les morts ressuscitant de leurs tombeaux. Plus bas sont, d'un côté, un groupe d'élus assis, parmi lesquels on remarque un évêque, un prêtre en habits sacerdotaux, un roi et une reine couronnés, près d'un ange encenseur; de l'autre,

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des damnés entraînés par des démons, scènes qui, pour un motif de décence, ont été mutilées, paraîtil, vers 1780. Sur le registre inférieur, à gauche.

Photo Martin-Saboii

Tympan roma.^ de la. porte de droite, au portail septentrional

des anges apportent des âmes dans le sein d'Abraham; à droite, Satan entraîne vers l'enfer avec une chaîne des damnés de toute condition; un roi, un évêque et un religieux ont été places au premier rang.

La voussure offre trois cordons. Le cordon intérieur est occupé par les Vierges sages et les Vierges folles, avec leurs attributs habituels; le second nous montre des confesseurs ou des docteurs, tenant des livres ouverts; le cordon extérieur est orné de figures d'anges jouant de la trompette.

loO L\ CATHÉDRALE DE REIMS

liU pelite porte de droite s'ouvre sur un passage voûté qui faisait communiquer la cathédrale avec les bâtiments claustraux. Elle est surmontée d'un beau tympan roman dont l'arc en plein cintre, décoré de <;racieuses figures d'anges, encadre une Vierge assise sous un dais en forme d'édicule. Ce morceau de sculptuie, qui paraît dater de 1180 environ, n'est pas à sa place primitive ; il a été rapporté ici et utilisé dans les constructions faites au siècle suivant. Il provient sans doute de l'ancienne cathédrale, et a servi à Torigine d'enfeu à une sépulture. On remarquera, en effet, qu'au sommet de l'arc est la ligure d'une âme portée par des anges, et que les pieds-droits nous montrent des clercs ofïiciant dans une cérémonie funèbre.

Le portail de gauche et le portail central doivent avoir été, ainsi que nous l'avons déjà dit, ajoutés après coup, vers 1240. Au-dessus de ce dernier, on aperçoit les sommets de trois fenêtres à lancettes, dont il bouche la partie inférieure. L'étage intermédiaire entre ces fenêtres et la rose est percé de trois œils-de-bœuf, formés de rosaces à six lobes et encadrés par des arcs en plein cintre qui reposent sur des colonnes adossées à la muraille. A la naissance de ces arcs sont les emblèmes des quatre évangélistes.

La rose est inscrite dans une voussure en tierspoint, dont les pieds-droits offrent, d'un côté, la statue d'Adam, etdel'autrejCelled'Eve, tousdeuxrevêtusdelongues tuniques. Cette voussure est ornée de vingt-deux groupes de petites figures, retraçant, à

TRANSEPT lOJ

gauche, r histoire d' Adam et d Eve et de l«ur chute, et à droite, l'histoire de Gain et d'Abel, En remontant vers le sommet de l'arc, on distinq-ue la re-

Photo Neurdein.

Ada.m et Eve, vot>(rtyj;>!. De Là Kosi: sepi knxkionale

présentation des divers travaux auxquels ont été

assujettis nos premiers parents et leur postérité.

Une galerie à jour, garnie de sept statues de

prophètes, surmonte !a rose. Ces statues dalent du

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Photo Lajoye

La Synagogue

(Façade méridionale du Iransppt.)

La CATHÉDRA.LE DE REIMS

xiii" siècle, mais des restaurations ont été faites a in galerie en i846. Celleci est couronnée d'une balustrade que domine un grand pignon triangulaire, flanqué de pinacles élancés, construit au commencement du xvi' siècle et remis à neuf de nos jours.

Le sujet figuré sur ce pignon est l'Annonciation ; la Sainte Vierge et l'Archange, de proportions colossales, sont pla<;és sous d'amples daisde style flamboyant.

La façade méridionale du transept est dépourvue de portail, et son étage inférieur est ajouré par trois hautes fenêtres à lancettes.

Au-dessus, l'architecture est identique à celle de la façade du nord : mêmes œils-de-bœuf sous desarcs cintrés, même encadrement de la rose, même galerie de prophètes, même pignon flamboyant, flanqué de deux pinacles.

TRANSEPT

Au bas de la rose, contre les pieds-droits de l'arc qui l'encadre, sont deux remarquables statues : à gauche, l'Église sous les traits d'une femme couronnée, tenant un calice et un étendard ; à droite, la Synagogue avec un bandeau sur les yeux et une couronne inclinée sur sa tête. Les statuettes qui décorent la voussure représententles apôtres, du côté de l'Eglise, et les prophètes de l'ancienne loi, du côté de la Synagogue.

Ge sont aussi sept prophètes, tenant en leurs mains des banderoles, qui sont rangés le long de la galerie supérieure. Ces grandes statues ressemblentàcelles de la galerie du nord, donl elles paraissent être contemporaines. Dans un compte de l'année i5o5, elles sont désignées sous \e nom des Sept sages, mais il n'est pas sûr que cette dénomination ait un carac-

fliolo Lajo)9 I '-^

(Façade méridionale du transept.)

tère traditionnel et nous donne exactement la pensée des sculpteurs du xiii* siècle.

Le fronton, à la base duquel règne une balustrade, est consacré à l'Assomplion de la Sainte Vierge. Son sommet est couronné par un centaure, décochant une flèche, dont nous avons déjà parlé. Ce pignon a été construit, ainsi que nous l'avons vu, vers i5o2, pour remplacer celui qui avait été détruit par l'incendie de la cathédrale ; il a subi, dans ces dernières années, vers 1888, une restauration complète, mais très fidèle.

Chevet. — Le chevet de notre cathédrale, avec sa noble simplicité et ses harmonieuses proportions, est l'un des plus beaux qui aient été bâtis par les architectes du xiii* siècle. Il est étayé par deux rangs de contreforts, sur lesquels s'appuient des arcs-boutants a double volée. Les contreforts extérieurs sont pareils à ceux de la nef; ils sont surmontés de pinacles, sous lesquels s'ouvrent des niches abritant des anges aux ailes éployées. Ces pinacles, ainsi que ceux des contreforts intermédiaires, sont amortis par des croix, qui sont déjà indiquées dans les dessins de Villnrd de lionnecourt. Entre les fenêtres des chapelles rayonnantes, les angles de ces chapelles sont aussi contrebutés par de petits contreforts, dont les glacis supportent des statues d'anges adossées à la muraille et couronnées par de petits dais, reliés à la corniche régnant à la naissance des combles des chapelles. D'autres anges semblables, reposant

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