‹ La cathédrale de ReimsChapitre 4 sur 19 · ARCHITECTES DE LA CATHEDRALE AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

ARCHITECTES DE LA CATHEDRALE AU MOYEN AGE

C'était très vraisemblablement l'archevêque Aubri de Humbert qui posa en laii la première pierre de l'église. On a invoqué ici fort à propos l'exemple du labyrinthe d'Amiens qui montrait aussi, à la place d'honneur, le portrait d'Evrard de Fouilloy, évèque de cette ville en 1220, au moment où l'on commença la cathédrale. Il en était de même sans doute à Reims, et le dessin qui nous a été conservé paraît bien, du reste, représenter un prélat revêtu de ses habits pontificaux.

Notre labyrinthe était certainement antérieur au commencement du xiv* siècle, car on n'y voit point figurer parmi les premiers maîtres de l'œuvre, Robert de Coucy qui mourut, comme nous l'avons vu, en i3ii. Sans être une reproduction exacte de celui d'Amiens, il avait avec lui une frappante analogie et devait être à peu près du même temps. Or ce dernier avait une date certaine; son inscription apprenait qu'il avait été exécuté en 1288. On serait donc, à notre avis, peu éloigné de la vérité en assignant au labyrinthe de Reims une date voisine de l'année 1290. Ainsi, les quatre maîtres dont il nous a conservé les images et les noms sont bien ceux qui ont bâti au xiii* siècle notre admirable cathédrale.

Pour savoir dans quel ordre ces architectes se sont succédé, nous n'avons guère d'autre ressource que d'utiliser les renseignements qui nous sont donnés par les inscriptions sur leur participation à la construction des diverses parties de l'édifice.

Le premier de tous paraît être Jean d'Orbais

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« qui commença la coiffe », c'est-à-dire le cheve\ de la cathédrale. On sait que ce chevet est avec le transept la partie la plus ancienne, celle qui a été terminée avant toutes les autres. C'est en Tannée 124) T"6 le chapitre prit possession de son nouveau chœur. A Jean d'Orbais revient donc le mérite d'avoir commencé la cathédrale et d'en avoir tracé le plan. 11 tirait son nom du bourg d'Orbais en Champagne ; or, il esta remarquer que ce bourg possédait une fort belle église abbatiale, qui n'est pas sans analogie avec la cathédrale de Reim.'?. Le chevet en a été commencé un peu avant ii8o. mais la nef doit être un peu plus récente, et il semble qu'on y travaillait vers 1200. Jean a pu y collaborer, et il est à croire qu'il a lait dans les chantiers d'Orbais son instruction et ses débuts comme architecte.

Nous ne savons rien de plus sur lui, et aucun document historique ne nous permet de commenter l'inscription trop brève du labyrinthe. Le chanoine Cocquault, dans ses mémoires déjà cités, nous rapporte que l'on découvrit, au mois d'octobre 1642, une tombe enfouie entre les contretorts du chevet de la cathédrale, en face de la chapelle du palais de l'archevêché. Elle portait, nous dit-il, l'épitaphe d'un certain « maistre Adans qui fut maistre de l'œuvre ». Cet Adans est totalement inconnu, et n'est point représenté dans le labyrinthe. Son identité est donc fort douteuse, et comme l'épitaphe en question parait avoir été incomplète et en partie effacée, il pourrait bien se faire que notre chanoine

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