‹ La cathédrale de ReimsChapitre 6 sur 19 · ARCHITECTES DE LA. CATHÉDRALE AU MOYKN AGF · texte numérisé non relu

ARCHITECTES DE LA. CATHÉDRALE AU MOYKN AGF

drale, au bas de la nef", sous une dalle en [)ierrn blanche; cette dalle paraît exister encore, mais elle est absolument fruste, et n'a plus ni figure, ni légende lisible.

A partir de la fin du xv" siècle, le rôle des architectes de notre cathédrale devient moins important. Les circonstances ne leur permettent pas de donner à l'édifice le couronnement qui lui était destiné ; en général, ils se bornent à diriger des restaurations Ce sont surtout les quatre premiers maîtres, ceux qui ont élevé le monument presque entier au xiii* siècle, dont les noms méritaient d'être tirés de l'oubli. Parmi eux, Jean d'Oib;iis a droit à la place d'honneur. La cathédrale est bien son œuvre ; il faut lui restituer les titres et la réputation que Robert de Coucy a trop longtemps usurpés.

Photo Neurdein.

Panneau d'orkk.mkmatio^ iFa^'ude occidentale, intérienr.)

Photo des Mûnumcts i.istui ii,aes

Statues de l HBKASt.MENT de i.a i-orte de droite,

At: GKAND HOKTAIL

nî

VioUet-le-Duc, dans son Dictionnaire de Varchitecture fmnçaise^ a émis, sur la construction de la cathédrale, des théories sur lesquelles on doit faire les plus'grandes réserves. Suivant lui, le projet de l'architecte primitif aurait été « rapidement exé-

cuté jusqu'à la liauteur des voûtes des bas-côtés, depuis le chœur jusqu'à la moitié de la nef environ ». On aurait ensuite ('ontinué les parties hautes dans des proportions réduites, par raison d'économie ; puis on se serait mis plus tard à l'exécution des voûtes supérieures. Il trouve, en effet, que le plan du premier étage est loin de répondre à la puissance des soubassements ; dans le chœur, l'ornementation lui paraît prendre un aspect plus récent au-dessus du niveau des corniches des chapelles rayonnantes. 11 pense que ces chapelles ont été achevées de 1220 à 1280, mais, ajoute-t-il, « ce ne fut guère qu'en 1240 que l'on continua les parties supérieures du chœur », et tout en constatant le caractère d'unité si remarquable que les maîtres successifs ont su conserver au monument, il déclare <|u'il a fallu « un siècle pour conduire le travail jusqu'aux voûtes hautes ».

Ce système est en contradiction absolue avec les renseignements que nous donnent les textes historiques. Peut-on croire qu'on ait laissé le vaisseau sans voûtes pendant près d'un siècle? Ce n'est pas ainsi que l'on opérait au moyen âge, lorsqu'on construisait une église. On s'efforçait d'en terminer et d'en couvrir le plus tôt possible une partie notable, généralement le chœur, afin d'en prendre possession, pour y célébrer le service divin. A la cathédrale de Reims, on n'a pas procédé autrement. L'annaliste de Saint-Nicaise, que nous avons déjà cité, nous rapporte que le chapitre s'installa le 7 septembre 1241, veille de la Nativité, dar.s son

nouveau chœur. Ce chœur élait donc complètement achevé, et quand VioUet-ie-Duc vient nous dire que son étage supérieur ne fut guère continué qu'en 1240, il commet très évidemment une erreur. On n'aurait pu accomplir un tel travail en l'espace d'un an. Remarquons aussi qu'au fond du chevet, sur le vitrail de l'une des fenêtres hautes, on voit un portrait de l'archevêque Henri de Braine, qui occupa le siège de Reims de 1227 jusqu'au 6 juillet 1240, date de sa mort. Sa présence ici est tout à fait significative; elle atteste que le chœur a été fini presque entièrement sous son pontificat. Le vitrail est hien, en effet, du second quart du xiii* siècle, et nous avons ici un autre témoignage contemporain qui s'accorde fort bien avec la date fournie par la chronique de Saint-Nicaise.

Parmi les documents les plus précieux pour l'histoire de la cathédrale de Reims, on doit citer le célèbre album de Villard de Honnecourt. Dans ce carnet d'études, Villard fait de larges emprunts à ce monument; il nous présente des vues intérieures et extérieures d'une des chapelles du chevet et d'une travée de la nef, une esquisse d'une fenêtre des bas-côtés, une coupe du mur du chevet à partir de l'entablement des chapelles, avec vue latérale des arcs-boutants, enfin les plans de divers piliers de la nef, du carré du transept et du chœur, et les profils de plusieurs arcs, meneaux et moulures. Si tous ces croquis avaient une date certaine, ils auraient pour nous une valeur inappréciable, en fixant l'âge de pi.rlies très notables de

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la cathédrale. Malheureusement Villard n'a rien précisé sous ce rapport, et l'on est réduit aux conjectures. Les détails d'architecture et les costumes des personnages qu'il a figurés nous re[)ortent à une date qui ne semble pas être postérieure à l'année laSo. De plus, au dessin de la fenêtre des bas-côtés de notre cathédrale, il a joint une légende dans laquelle il nous fait savoir qu'il a tracé cette figure, quand il était appelé en la terre de Hongrie, pays où, nous dit-il ailleurs, il a longtemps séjourné. Jules Quicherat, en s'appuyant sur des arguments très sérieux, a placé ce voyage en l'an 1244 environ. D'après M. Bénard, auteur d'une savante étude sur l'église collégiale de Saint- Quentin, il aurait eu lieu une dizaine d'années plus tôt, vers i235. Quel que soit l'avis que l'on adopte, c'est toujours dans le second quart du xiii^ siècle que Villard paraît avoir pris ses croquis de la cathédrale de Reims. Le chevet était alors terminé ou sur le point de l'être, et les premières travées de la nef, à partir du transejU, étaient au moins en cours de construction.

Les inscriptions du labyrinthe que nous avons précédemment étudiées viennent compléter ces infoi-niations et nous renseigner sur la marche progressive des travaux. Nous savons que Jean d'Orbais, le premier des maîtres de l'œuvre, commença le chevet en 1211. Il est à croire qu'il entreprit simultanément d'élever le transept, si l'on en juge par les caractères anciens qu'offrent certains éléments de ses façades.

Jean d'Orbais mourut sans avoir pu achever le chœur; cette tâche échut à Jean Le Loup qui lui succéda vers i23i, et remplit ces fonctions pendant seize ans. C'est du temps de Jean Le Loup, en 1241, qu'eut lieu la prise de possession du chœur par le chapitre. D'après l'inscription du labyrinthe, il commença aussi les portails, c'est-à-dire très probablement les deux portes principales de la façade septentrionale du transept, qui furent ouvertes vers le milieu du xiii' siècle, ainsi que l'indique nettement le style des statues dont elle> sont ornées et des scènes figurées en leurs tympans. Ces portes ont tout l'aspect d'une addition faile après coup, d'un remaniement du rez-dechaussée de la façade primitive, qui n'avait pas été prévu dans le plan initial, et qui a dû être entrepris vers 1240.

Après Jean Le Loup, Gaucher de Reims travailla, de 1247 ^ 1255 environ, aux voussures et aux portails. Il s'agit vraisemblablement des portes et des voussures de la façade occidentale, dont la construction, ainsi que nous le conslaterons plus loin, a dû être mise en train vers i25o. On a pu l'entamer avant que les travées de la nef soient arrivées jusque là ; cette supposition n'a rien d'invraisemblable ; plus d'une fois on a jeté les fondations d'un portail, avant qu'il fût rejoint par la nei voisine.

Gaucher a eu pour successeur, vers i255, Bernard de Soissons qui, pendant les trente-cinq années de sa longue carrière, fit cinq travées de

la nef, sans doute celles qui précèdent le portail. Auteur de la grande rose du portail principal, il avait élevé la partie de la façade où se trouve cette rose, et avait ainsi complètement clos le vaisseau de l'édifice.

En présence de ce renseignement si précis, donné par la légende du labyrinthe, je pense qu'il ne saurait plus y avoir aucun doute. Il est de toute évidence qu'à la (In du xiii* siècle, le grand portail était déjà érigé, et qu'il lui manquait seulement son fronton et les étages de ses tours. Mais on lui a longtemps assigné une date plus récente, et nous nous heurtons ici à un préjugé encore très tenace et fort diffîcile à déraciner.

On a été jusqu'à prétendre qu'un portail avait été bâti au xiii^ siècle, un peu en arrière de l'emplacement occupé par le portail actuel, et qu'il avait été même élevé jusqu'à la naissance des combles. Puis, cent ans plus tard, au milieu du XIV* siècle, on se serait aperçu tout à coup que la nel était trop courte pour contenir la foule pendant les cérémonies des sacres. Sur un ordre du roi de France, on aurait décidé d'allonger la nef de trois travées et de reculer la façade. Celle-ci aurait été déplacée pierre à pierre, et remontée soigneusement à l'endroit où nous la voyons aujourd'hui. Il est un peu étonnant que l'on n'ait pas saisi à proniière vue l'invraisemblance d'une [)areille opinion. Le déplacement d'une telle façade était une tâche absolument impossible. N'a-t-on pas réfléchi a l'immense amas de matériaux que représente le

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portail ainsi démonté, et qu'il eût fallu ranger en ordre, en attendant leur remploi, avec toutes les précautions nécesbaires pour ménager les sculptures? Où ce colossal tas de pierres aurait-il pu trouver place? Ce n'est pas aux abords de la cathédrale qui, au moyen âge, man(|uait tout à fait de dégagements. Quant à l'ordre du roi dont on parle, il n'a, bien entendu, jamais existé; les sacres, d'ailleurs, n'étaient pas une nouveauté au xiv^ siècle, et l'on avait pu se rendre compte bien plus tôt qu'ils réclamaient un édifice de très vastes dimensions.

Cette théorie d'un portail primitif a été émise, il est vrai, par certains archéologues, avec des restrictions qui la rendent plus acceptable. Ce n'est pas une façade entière que l'on aurait construite pour la démolir ensuite, mais une simple porte, un porche central, supprimé plus tard lorsque fut résolue l'exécution d'un portail plus somptueux. Le principal argument invoqué en faveur de cette conjecture est tiré de la présence, dans l'ébrasement de la porte de droite de la façade actuelle, de six statues d'un aspect assez archaïque, dont le style contraste avec celui des statues voisines qui sont certainement beaucoup moins anciennes. Or, on retrouve, à la porte centrale du croisillon nord de la cathédrale de Chartres, des statues absolument identiques, auxquelles, d'après l'avis de savants compétents, on peut assigner la date approximative de 1 220 à 1 225. Celles de Rei ins sont du même temps. Il est assez difficile de dire

si elles en sont une copie ou le prototype ; dans

Photo Lajoye.

Vue d'ï nsemble.

ce dernier cas, elles pourraient être un peu anté-

rieurcs à ii!2o. On pense qu'elles avaient été faites en vue du premier essai de portail, qu'elles avaient servi à sa décoration, et qu'après sa démolition elles avaient été incorporées a la construction nouvelle. On admet d'ailleurs que ce portail détruit avait pu s'élever à Tendroit même où est celui qui le remplace, et que son existence peut être soutenue sans que Ton admette le prétendu allongement de la nef et la modification postérieure du plan de la cathédrale. Ainsi présentée, la question change de face, et Ton voit mr ins d'objections sérieuses à lui opposer. Ce n'est toutelois qu'une hypothèse, et il est bien possible que les statues dont il s'agit ait été préparées d'avance pour une destination qui n'a pu être réalisée, et f|u'elles soient restées longtemps sans emploi dans les chantiers, jusf|u'au jour où on les a mises à la place qu'elles occupent maintenant. Ainsi cette idée d'uEe première ébauche d'un portail, sans être à rejeter absolument, est loin d'être démontrée. Certains historiens de Notre-Dame de Reims, sans donner dans l'invraisemblable fiction d'un portail reculé tout entier au milieu du xiv* siècle, en vertu d'une décision souveraine, ont supposé que la cathédrale avait été agrandie tardivement, par suite d'un changement apporté dans son nlan, et que le portail actuel, ainsi que les quatre travées qui le précèdent, sont « postérieurs de près d'un siè(;le à la masse totale de l'édifice ». On a souvent répété que la façade avait été élevée seulement en i38i à la hauteur du premier étage, et en iSgi

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jusqu'à la galerie des Rois. Cette assertion repose sur de prétendues dates que l'on a lues sur cetlc façade et que l'on a prises pour des inscription? commémoratives, placées là par les constructeurs pour marquer les progrès de leur œuvre. Or ces dates sont totalement apocryphes ; elles sont en chiffres arabes et remontent tout au plus au xvii* siècle. Elles ont été tracées à cette époque, dans un but inconnu, par quelque ouvrier employé aux réparations. Au contraire, des documents fort authentiques attestent l'existence du portail, bien avant i35o, date à laquelle, suivant les archéologues rémois, ses assises inférieures n'étaient pas même sorties de terre.

L'inscription du lal^yrinthe est surtout décisive, puisqu'elle nous fait savoir que la giande rosace est l'œuvre de Bernard de Soissons dont nous avons relevé le nom dans un registre de 1287.

Viollet-le-Duc, sans connaître ces renseignements historiques, était arrivé à des conclusions presque identiques. La rose remontait pour lui au xiii^ siècle; il allait même jusqu'à lui attribuer la date de i25o environ, ce qui semble un peu exagéré, car on est probablement plus près de la vérité en se rapprochant de l'année 1280. Cette dernière assertion est corroborée par l'étude des figures qui accompagnent la rose. Dans l'espace compris entre l'arc qui la surmonte et la galerie des Rois, on voit la représentation de la lutte de David contre Goliath. Or l'armure de ce dernier est celle qui était en usage au temps de Philippe le Bel.

Une miniature d'un manuscrit français de la bibliothèque de Dresde, datant de la fin du xiii* siècle, nous montre un soldat portant un costume tout à fait semblable. En i3yi, on eût donné à un guerrier un tout autre équipement.

La sculpture des portes et des voussures nous fournit un autre argument en faveur de làge que nous assignons à la façade occidentale. Nous ne parlerons pas des statues anciennes de la porte de droite, exécutées, ainsi que nous l'avons dit plus haut, longtemps avant leur pose. Mais l'ensemble des autres statues des ébrasements des portes, ainsique Jes figurines ornant les cordons des voussures, ont été, de Tavis unanime des érudits les plus versés dans la connaissance de l'art du moyen âge, sculptées au temps de saint Louis, ou, au plus tard, dans les premières années du règne de Philippe le Hardi, son successeur. .\ous croyons qu'on peut dater à peu près ces statues des dix années comprises entre i25o et 1260. Plusieurs d'entre elles, et en particulier l'admirable groupe de la 'Visitation, ont été imitées vers 1280, en la cathédrale de Bamberg, par un maître allemand qui les avait vues toutes en place, et dont l'éducation artistique parait s'être faite à Reims. Cette imitation nous fournit un élément chronologique très certain. Notre portail était en pleine construction dans le troisième quart du xin* siècle, et l'on voit combien est grande l'erreur de ceux qui s'obsti-. nent à le faire commencer cent ans plus tard.

Il en est de même des quatre premières travées

de la nef, dont on a beaucoup exagéi'é le caractère

Photo des MoiiumPDts historiques.

La Visitation (Grand portaiL)

récent. L'appareil, dit-on, n'est plus le même ;

partout on observe d'autres procédés de construction. L'ornementation surtout est fort difFérente ; les chapiteaux des piliers sont garnis d'un feuillage très fouillé et d'un style assez avancé ; leur corbeille n'a plus, comme aux autres, le bandeau horizontal qui les divise en deux zones ; les corniches des bas-côtés sont garnies extérieurement, non plus de crochets, mais de feuilles en forme de palmettes.

Toutes ces observations sont fort justes, et il est incontestable que les travées dont il s'agit ont été bâties en dernier lieu, après le reste de l'édifice. Mais il n'est aucunement nécessaire de supposer une solution de continuité, une modification du plan décidée après une longue interruption dans les travaux. Quand on a parlé d'un siècle presque entier, on est tombé dans une méprise évidente.

Tout s'oppose à la théorie d'une soudure tardive des premières travées au reste de la cathédrale. Elles ont dû être élevées au temps du maître de l'œuvre Bernard de Soissons, et font partie des cinq travées dont nous savons qu'il fut l'auteur. Il est possible qu'elles aient été reprises après une courte suspension dans les travaux, due à l'épuisement momentané des ressources. Quand on s'est remis à la besogne, on a pu prendre un nouveau parti dans le mode de la construction, pour des mot ils qui nous sont inconnus et grâce à des influences et des directions qui nous échappent. Les innovations portent surtout sur le style de l'ornemonlalion, et elles peuvent avoir été introduilet^

par une équipe de sculpteurs plus jeunes, portés a s'inspirer de modèles plus récents et désireux d'adopter des formes mieux appiopriées au goût de leurs contemporains. En somme, dans nos travées les moins anciennes et dans celles qui les rejoignent, on ne voit pas deux arts très tranchés, séparés par un nombre d'années considérable. Il n'y a point eu d'interruption notable, et la transition s'est opérée par une évolution fort naturelle.

Un archéoloo'ue très sao-ace et très érudit, M. Antliyme Saint-Paul, a soutenu dernièrement que les premières travées avaient dû être bâties à partir de 1299, date à laquelle le chapitre obtint, comme nous l'avons vu. de Robert de Gourtenay l'autorisation d'établir un chantier sur une portion du terrain de l'archevêché, ce qui semble indiquer une nouvelle impulsion donnée aux travaux et le début (1 une période d'activité. La façade occidentale, avec sa rose, avait été déjà érigée par Bernard de Soissons, mais elle aurait été encore séparée du tronçon de la nef. C'est son successeur Robert de Coucy qui aurait comblé cette lacune, en s'écartant un peu, pour les procédés et le style, des traditions de ses devanciers.

Cette opinion est assez séduisante au premier abord, mais elle se heurte à une très grave objection. D'après M. Saint-Paul, les cinq travées dues à Bernard de Soissons seraient celles qui précèdent les travées plus modernes et s'étendent jusqu'aux croisillons du transept. Or, suivant ses calculs, ce

maître aurait été en fonctions de i263 à 1298 Il en résulterait donc, et M. Saint-Paul le dit i'ormellement. que la cathédrale « n'avait pas encore de nef vers 1260 ». Cette assertion ne nous paraît pas admissible ; elle est en contradiction avec le témoignage de Villard de Honnecourt, dont les croquis, jugés antérieurs à i25o. nous montrent déjà la ^gure d'une travée de la nef et d'une fenêtre de ses bas-côtés. Même en plaçant comme nous en 1255 les débuts de Bernard de Soissons, il est certain que la nef était commencée avant lui. Quant aux travées voisines du portail, les modifications qu'elles présentent ne sont pas assez importantes pour rendre absolument nécessaire l'hypothèse d'un changement d'architecte.

Il nous semble bien démontré que la totalité du vaisseau de la cathédrale, du chevet à la façade antérieure, a été construit presque d'un seul jet au xiii' siècle. S'il y a eu pendant cette période quelques interruptions dans les travaux, elles ont été d'assez courte durée. Gomme la cathédrale d'Amiens, celle de Reims a été complètement achevée à Tinlérieur avant Tan i3oo. C'est à la suite de cet achèvement, lorsque le corps de l'édifice venait d'être terminé dans son ensemble, que Ion a eu l'idée de créer, dans l'une et l'autre église, un labyrinthe qui avait le caractère d'un monument commémoratif. et devait rappeler, par un souvenir durable, les noms des architectes qui avaient successivement participé à l'œuvre.

Au début du xiv* siècle, il ne restait plus à faire

à Notre-Dame de Reims que des travaux extérieurs. La façade du ^rand portail avait été peut-être élevée

Photo il. s M I 11]] iii^ Il ton |u AkcS BOUTAM8 KT CONTKEFORTS DU CHEVET

avant les parties latérales du premier étage formant les sot;, lies des tours. La construction s'était sans

5o LA CATHEDRALK DE REIMS

doute arrêtée la, et Ton avait encore à s'occiipnr de l'érection des tours, de la galerie qui les réunit entre elles, et du gable supérieur de la façade. Ce fut la tâche de Robert de Coucy et de ses successeurs.

Malheureusement les misères et les désordres de la guerre de Cent ans allaient bientôt nuire n cette entreprise, que l'on dut poursuivre fort lentement et avec des ressources intermittente^.. Aussi, ce ne fut que très tard, après 1427, qu-^ l'on acheva le couronnement des tours, et que Ton donna à la cathédrale Taspect définitif qu'elle a conservé jusqu'à notre époque.

Pliijio iie> .Muu m i.is lii>t. ngue?. llirt iJf- FE.MMR, COIFFURE DU XIII* SIBCLi!.

Plioto Neurdein.

FaCAMK LATERALE .NOKD

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