CHAPITRE IV
Si le feu avait pris accidentellement à la Cathédrale, comme en i4B i , s’il avait été mis stupidement par un maniaque, un fou ou bien par un bandit, la catastrophe eût été la même et le même frisson de poignante émotion aurait fait tressaillir le monde.
Mais il n’est point question ici d’accident. L’incendiaire n’est pas un individu quelconque, un de ces dégénérés irresponsables qu’on appelle « des anormaux ». C’est un peuple qui a fait cela, de sangfroid, un peuple qui se targue d’être au premier rang parmi les peuples et que dévore l’ambition d’être le peuple-type, le peuple-chef, c’est l’Allemagne !
Alors la sensation première de stupeur passée, le monde a eu un sursaut de colère et de dégoût que la presse a enregistré, comme le sismographe enregistre les trépidations du sol \
^ Cf. Appendice B. Protestations, p. 208.
En face d’un pareil crime qui ne se justifie pas par lui-même et que des calculs, des préoccupations de stratégie militaire ne suffisent pas à expliquer, on éprouve, malgré soi, l’impression qu’il se rattache à quelque ordre d’idée supérieur; on a le pressentiment que, si l’on pouvait discerner, derrière ce geste, la secrète pensée de l’Ame allemande, il prendrait son ampleur et que l’on découvrirait le point où il rencontre le Plan providentiel pour servir des desseins mystérieux, qui sont des desseins de miséricorde. Car, d’ordinaire, sur tous les calvaires où se font les rédemptions, la malfaisance humaine intervient ; et, tandis qu’elle s’acharne à sa besogne de haine, elle travaille, sans mérite et à son insu, à l’œuvre de salut.
Plus on y réfléchit, moins on se résigne à voir, dans ces événements de septembre, l’effet aveugle et brutal des hasards de la guerre.
Ce ne sont pas les pierres que les Allemands ont voulu abattre ; ces pierres ne les gênaient pas : c’est Notre-Dame de Reims avec les grands souvenirs qu’elle incarne et qu’elle représente ; notre Cathédrale, symbole expressif de la grandeur de la France et reliquaire de nos gloires nationales.
L'enjeu de cette guerre, c’est le salut de la nation ; l’indépendance, l’honneur, la vie même de la France; la revanche de 70; la défense de la civilisation chrétienne contre un retour agressif
de la barbarie; c’est la paix enfin par l’écrasement d’une race de proie, insatiable, qui se fait anarchiste en foulant aux pieds, avec les traités diplomatiques, le concordat international qu’on appelle (( le droit des gens » ; c’est autre chose encore : le relèvement de notre pays par l’expiation.
Il y a des mots qui coûtent à dire et que certaines oreilles se refusent à entendre.
Mais n’avons-nous pas à prendre pour nous les graves leçons que le Cardinal Mercier, naguère, rappelait au peuple belge, avec une liberté apostolique si fière et si noble, que la chrétienté tout entière a levé la tête pour l’écouter : « Il serait « cruel, disait-il, d’appuyer sur nos torts au mo- « ment même où nous les expions si durement et U avec tant de grandeur d’âme, mais n’avouerons- « nous pas que nous avons quelque chose à <c expier ^ ? »
Que Dieu veuille nous sauver, on n’en peut plus douter; mais que le salut nous arrive par les voies austères du repentir et de la rédemption, cela paraît évident.
Quand c’est la Justice qui frappe pour châtier, elle frappe sur le dos, n’importe où, comme cela se trouve. Quand la Miséricorde frappe pour guérir, elle cherche le cœur, parce que la pénitence
^ Lettre pastorale de Son Eminence le Cardinal Mercier. Noël 1914.
est essentiellement la souffrance du cœur. Et c’est seulement lorsqu’il voit ce brisement douloureux du cœur, dans l’humilité, sous l’épreuve, que Dieu pardonne : « Cor contritum et humiliatum^ Deus^ non despic les. »
Où bat donc le cœur de la France ?
Partout, assurément. Des Pyrénées aux Vosges, des Alpes à l’Océan, à la ville et aux champs, à Paris comme en province, on en surprend les pulsations ; c’est le même sang qui vivifie tout l’organisme. Mais, si l’on tient compte des réalités historiques, on se tourne vers Reims, lorsqu’on parle du cœur de la France.
Paris, avec son charme et son prestige, c’est la tête superbe d’où rayonne l’Idée, le génie français sur le monde ; la tête altière qui se hausse fièrement par-dessus toutes les cités de la terre pour les fasciner, les éblouir, les convier à ses fêtes, les entraîner à ses plaisirs ; la tête folle parfois qui ne fut pas toujours à l’abri du vertige. Dix autres villes plus populeuses, plus pittoresques, plus opulentes que Reims, fameuses elles aussi dans l’Histoire, rivalisent d’énergie et se vantent à bon droit, d’être les centres les plus puissants de l’activité nationale : aucune ne songe à disputer à Reims, cette gloire d’être le cœur de la France.
On nous l’a rappelé, il y a vingt ans. La France
s’est souvenue de ses origines, en 1896 ; elle a relu avec émotion, à la première page de ses annales, l’Acte de son baptême et elle s’est inclinée devant Reims ; elle est venue s’agenouiller dans la Cathédrale de Reims, car elle est née là, au lendemain de cette bataille de Tolbiac où déjà, race contre race, les Allemands disputaient le sol aux Francs de Clovis.
La France a pris conscience d’elle-même à Reims ; elle y a trouvé sa note caractéristique, son orientation, son idéal. Pendant quatorze siècles, elle a vécu du Pacte de Reims qui liait sa destinée à celle de l’Eglise L
Jeanne d’Arc n’a pas fait autre chose, pour la remettre sur pied, au xv® siècle, que de la ramener à Reims pour lui faire signer à nouveau ce pacte initial, qui fut et demeure la Loi providentielle de notre Histoire. Les sacres de Reims n’avaient d’autre sens, ni d’autre but que de prendre un par un les rois de France pour les rendre solidaires du Pacte de Reims. Nos malheurs n’ont pas d’autre cause que la rupture du Pacte de Reims, à la fin du XVIII® siècle.
Il a fallu plus de cent ans pour que cette tentative d’apostasie nationale eût raison du robuste
1 Mgr Baudrillart, dans son beau discours du 3o septembre 1914, à Sainte-Clotilde de Paris, V âme de la France à Reims, a donné à cette vériié toute son ampleur et sa précision historique.
tempérament chrétien que la France avait puisé au Baptistère de Reims.
Mais elle a fini par aboutir et la France, une fois sortie de ses voies traditionnelles, a renié sa mission. Le Peuple-élu a refusé le service. On Fa entraîné plus loin qu"il n’aurait voulu. Il a prêté les mains, sans trop voir ni bien comprendre, à cette évolution, à cette révolution : on irait jusqu’au bout ; on romprait le Pacte de Reims ; on se passerait de la Religion ; l’Etat se constituerait sous le régime de l’Athéisme officiel : Nolumus hune regnare super nos !
Et celui qu’on répudiait ainsi n’était pas un monarque quelconque, un roi de la terre, indigne ou maladroit, qui aurait cessé de plaire : c’était le Christ, ami des Francs, qui les avait comblés de bienfaits à tel point que le monde en était jaloux.
Et il arriva ce qui devait arriver. La politique se fit agressive pour vaincre les résistances et réduire l’opposition. Elle s’appliqua à débusquer l’Eglise de toutes ses positions, à la refouler, à lui barrer la route, à paralyser son action, pour lui disputer partout l’influence.
Et ce furent alors ces luttes déplorables, qui firent plus de mal encore au pays qu’à l’Église; car, tandis que l’épreuve ravivait les énergies de l’Église, ces divisions et ces scandales ont énervé
le pays et lui ont fait, au dehors, un mauvais renom.
A quoi bon le taire et comment le cacher, puisque tout le monde le sait : Voilà le péché de la France, son péché national. Elle doit l’expier; elle doit s’en repentir !
Mais, encore une fois, s’il a suffi de la tête, pour tenter cette folie, la tête ne suffit plus quand il s’agit de l’expier : c’est le cœur qui désavoue, qui expie les folies de la tête.
Voilà pourquoi Reims est particulièrement meurtrie et humiliée ^ : Cor contritum et humiliatum !
Voilà pourquoi Notre-Dame de Reims a été visée. Car celui qui a décidé sournoisement de donner ce soufflet à la France, a vu dans notre Cathédrale autre chose que le joyau de l’art français du moyen âge, chef-d’œuvre de grâce et de puissance, enchantement des yeux, ravissement de l’esprit, qui s’épanouissait en gloire sur la cité, qui rayonnait en magnificence sur le pays tout entier et qui faisait, depuis huit siècles, l’émerveil-
^ On pourrait objecter ici que d’autres villes ont souffert comme Reims et sont aussi en ruines. Mais elles ont été le théâtre de rudes combats, prises et reprises, écrasées sous l’infernale artillerie des batailles. Tandis que Reims a été dévastée sans qu’on s’y soit battu, si ce n’est au printemps de 1918, alors qu’elle n’était déjà plus que cendres et ruines ; les Allemands l’ont détruite méthodiquement, froidement, cyniquement, à petites journées, sans y être contraints par les nécessités militaires.
lement du inonde^ (PI. i6) ; il y a vu le monument superbe de l’antique alliance de 49^, l’ostensoir splendide du Pacte de Reims, tout notre passé, toute notre histoire, le Baptême et les Sacres, le berceau, le foyer, le sanctuaire de notre vie nationale : le plus vénérable de nos Lieux saints de France !
C’est pour cela aussi que Dieu a laissé faire, — mystère de rédemption I — afin que tous, tous, nous fussions atteints et humiliés, frappés au cœur par le coup qui outrageait notre Cathédrale\ de toutes la plus sainte, la plus hère, la plus triomphante, la plus aimée, où il semblait que fût enclose l’Ame de la France.
Ah ! certes, le coup a porté. La France a crié de douleur! Tous et chacun, meurtris déjà et endoloris de nos propres blessures, malgré tant de souffrances intimes qu’on pleure entre soi, en famille et qui se fondent dans la grande tribulation de la Patrie, tous et chacun, nous l’avons pleuré, ce désastre, comme on pleure un malheur personnel.
^ Les descriptions abondent de Notre-Dame de Reims. Il en est d’anciennes dont le mérite est connu. Il en est de récentes, provoquées par la catastrophe, qui redisent, d’un ton plus ému, son histoire, qui célèbrent, avec plus d’amour encore, sa merveilleuse parure de pierre et son âme mystique. Parmi celles-là, je signale ici avec une particulière complaisance « La Cathédrale de Reims. Une œuvre française », de L. Brehier, publiée chez H. Laurens (6, rue de Tournon, Paris), car je n’en connais pas où ce sujet ait été traité avec autant d’ampleur et une pareille maîtrise.
Les lettres des absents, des amis, des étrangers sont détrempées de larmes, comme des lettres de deuil.
Les confidences qu’on reçoit, les échos qui vous reviennent, les propos qu’on surprend, par hasard, dans la rue, ces bouts de phrases qui ne s’achèvent pas, qui ne sont dits à personne, qui jaillissent du cœur avec un soupir d’angoisse ou de colère, des mots d’enfants, ces réflexions d’inconnus, de passants qui se croient seuls, tout cela étonne, saisit, émeut, tant la détresse, sous une forme parfois naïve et fruste, s’y révèle intense.
« T aurais préféré K>oir brûler ma maison ! » Combien de fois l’ai-je entendue, cette parole ? Les pauvres sinistrés eux-mêmes, sur les ruines fumantes de leur propre foyer, avouaient que d’avoir vu brûler la Cathédrale, ça leur avait fait plus de mal encore. Et ce n’était point manière de parler. En face de ce brasier de i4 hectares qui dévorait la ville, les cœurs étaient trop brisés pour n’être pas sincères.
J’ai relevé ce cri d’âme, dans une lettre de fier soldat : ce T aurais donné la vie d'un de mes fils — (c fen ai 6 que faime tendrement — pour sauver (( la Cathédrale ! » et puis cet autre encore qui jaillit, avec un sanglot, du cœur d’un enfant : (( On dirait que le Bon Dieu abandonne la France ! »
Et ce geste de soldats ! Ils sont nombreux, plusieurs centaines, au loin, dans la campagne. A un tournant de la route, soudain, la Cathédrale apparaît, en feu ! Eperdus un moment, ils s’arrêtent, figés, muets de saisissement, une buée de larmes dans les yeux ; et, d’instinct, comme un seul homme, ils se redressent, joignent les talons et font le salut militaire !
Chose étrange, la verge dont Dieu s est servi pour nous flageller, c’est cette même race qui se heurta aux Francs du v® siècle, les petits-fils des Allemands de Tolbiac, qui sont revenus pour nous rendre plus sensible et plus claire la leçon des événements.
Requis pour ce rôle de justiciers, ils ont pu se glorifier un moment de la besogne qu’ils faisaient, de l’acharnement qu’ils y mettaient, comme s’ils avaient dû recueillir pour eux-mêmes tout le profit de nos malheurs. Mais leur orgueil insolent n’a eu qu’un temps : l’expiation une fois faite. Dieu les a traités comme on traite le bâton qu’on avait ramassé à terre, pour sévir : on le brise et on le rejette loin de soi, avec mépris.
Lorsqu’on trouve à la racine de toutes les manifestations de la pensée allemande, l’esprit de Luther, son influence, sa marque et qu’on sait que la fille ne renie pas son père, lorsqu’on entend le
Kaiser parler de son « ami Luther », lorsqu’on relit sa lettre à la Princesse de Hesse, au lendémain de son abjuration, en 1901, on est en droit de se demander si, à l’analyse, on ne surprendrait pas, au fond de la conscience prussienne où s’est élaboré ce crime sacrilège, quelque ferment de luthéranisme, cette vieille rancœur de la Réforme contre l’Eglise et contre la Sainte Vierge.
Il semble bien qu’on ait eu ce soupçon à Genève et que, dans les milieux calvinistes, on en ait éprouvé quelque embarras.
M. Emile Lombard, membre du consistoire, s’en explique très nettement dans le Journal de Genève du 8 octobre : « Notre qualité de protestants nous (( oblige très particulièrement à flétrir, comme il (( le mérite, un acte qui offense la foi catholique (( dans une de ses manifestations les plus nobles « et les plus dignes de l’humanité.
(( Vraiment, la grande nation qui se glorifie (( d’avoir inauguré la Réforme, n’a pas lieu d’être « fière des preuves de supériorité qu’elle donne au « monde. Plusieurs d’entre nous ne pourrons plus (( entendre le Choral de Luther sans malaise, en (( songeant au genre d’exploits qu’il sert momen- « tanément à célébrer.
(c Un devoir urgent me paraît être, à cette heure, (( de répudier certaines solidarités... Puisse l’éner- (( gie de notre désaveu souligner le fait qu’il y
(( a plusieurs protestantismes dans le monde... »
Les protestants français, sans appuyer autant, ont écrit et parlé dans le même sens^
Mais, si l’intention reste nuageuse, qu’ils l’aient voulu ou non, en fait, l’injure monte jusqu’à Notre-Dame.
Quand nous disons indifféremment « la Cathédrale » ou bien « Notre-Dame » nous ne confondons pas le Palais avec la Reine; nous affirmons que le Palais est à la Reine et qu’elle y est chez elle ; nous voulons dire que la Cathédrale est son domaine, son sanctuaire ; qu’on ne peut pas séparer l’un de l’autre ; que toucher à la Cathédrale, c’est toucher à Notre Dame et qu’outrager la Cathédrale, c’est outrager Notre-Dame.
Entendons-nous.
Encore qu’on eût pu l’éviter, ce n’est pas là présence des blessés allemands qui profanait Notre- Dame. Volontiers, jadis, on accolait à l’église l’hôpital, (( l’Hôtel-Dieu, » comme on disait, et, plus d’une fois, on s’autorisa de l’appel de Jésus : (c Venez à moi^ vous tous qui souffrez l y> pour laisser déborder l’ambulance dans l’église.
L’outrage, c’étaient ces sifflements sinistres qui montaient, du fond de l’horizon, comme un rugissement de blasphème, vers Notre-Dame ! C’étaient
* Cf. Manifeste du Conseil de la fédération des églises protestantes en France. [Le Temps, du i6 octobre 1914-)
ces coups formidables qui la souffletaient ! C’était le sang versé en violation des droits de guerre, ce triple meurtre du i8 au matin et ceux de l’aprèsmidi qui la polluaient ! C’étaient, là-bas, dans les lignes allemandes, ces gueules d’enfer qui crachaient sur le Sanctuaire ! C'était, plus haut et plus loin, dans l’âme du Maître responsable, ce fiat sacrilège qui avait ordonné ou qui laissait faire ^ !
C’est assez, d’ailleurs, pour avoir l’impression d’un Temple profané, d’être rentré le lendemain dans la Cathédrale.
Les yeux qui l’ont vue n’oublieront jamais cette vision : des poutres fumantes éparses sur le Parvis ! un amas de pierres brisées, dont chaque fragment incarnait une parcelle de la splendeur du portail ! la tour de gauche rongée, calcinée, ravagée : la face auguste de Notre-Dame défigurée comme certains visages flétris par une horrible tache de brûlure î les trois porches béants, par où s’engouffraient dans le Lieu saint le tumulte et la vulgarité de la rue ! les fenêtres
^ Le kaiser n’était-il pas au quartier général de von Klück, près d’Anizy-le-Château, pendant les combats de Soissons-Crouy-Vrégny (8-1 5 janvier) ? Ne s’est-il pas avancé jusqu’à la ferme de La Perrière, au plus fort de l’attaque ?
Sa présence, signalée par tous les journaux, n’a point été une sauvegarde pour la cathédrale de Soissons qui a été rudement bombardée, durant ces jours-là, sans la moindre raison militaire*
lamentablement vidées, par où s’étaient évadés, avec le recueillement, le dernier souffle de prière, le dernier parfum d’encens ! Depuis le seuil jusqu’aux grilles du chœur, jusqu’à l’autel, une couche épaisse de cendres noires! (PI. 17.) Dans les nefs, trois cadavres à demi carbonisés, tordus, convulsés sous la douleur, gonflés, tuméfiés, l’écume aux lèvres ! Devant la chaire, à côté des grands lustres abattus, un tas de couvertures où le feu n’a pas pu mordre, des débris informes, des bottes de soldats, un chaudron, quelques écuelles, des vases de nuit souillés ! Plus loin, la carcasse de cheval décharnée! Et tout cela, dans une atmosphère lourde, tiède, empestée de l’odeur âcre d’étoffe brûlée et de chair grillée ! (PI. 18.)
Voilà, ô Marie, en quel état ils ont mis votre Maison, ce qu’ils ont fait de votre Sanctuaire : (( incenderunt igni sanctuarium tuum et polluerunt tabernaculum nominis tui^ ! »
Ils vous ont obligée d’en sortir, car ils l’ont pollué. Ils vous ont chassée de chez vous !
La haine ne peut entrer dans votre cœur : vous êtes la Mère des miséricordes sans fin et vous avez entendu, au Calvaire, Jésus qui priait pour ses bourreaux.
i Ps. LXXIII, 7.
Mais la Justice n’est pas la haine. Le sacrilège appelle le châtiment : « Christ Jésus, vengez votre (( Mère I Humiliez ceux qui Font insultée ! Humi- (( liez-les dans leur orgueil militaire, dans leur (( sauvage fierté de soldats ! »