II. DESCRIPTION
Dans la première partie de ce travail nous avons raconté l'histoire de la Cathédrale depuis son origine en suivant l’ordre chronologique ; nous lavons vue ainsi se former, siècle par siècle, telle qu’elle existe aujourd’hui.
Pour la décrire, nous suivrons l’ordre contraire; nous la prendrons telle quelle se présente au spectateur et, par la force des choses, nous débuterons par la façade pour finir par la crypte, c’est-à-dire par la partie la plus ancienne. Nous n'entendons pas écrire un guide à l’usage des touristes ; mais, sans nous engager à parler de tous les détails, nous examinerons la Cathédrale dans ses principales parties, indiquant ce qu’on y voit de remarquable et rappelant ce qui a disparu; nous signalerons les œuvres d’art qu’on y admire et nous expliquerons ainsi, à l’aide des belles planches qui accompagnent ce texte, une foule de choses qui sans cela pourraient échapper au lecteur.
La tour de la Cathédrale a de tout temps frappé d'étonnement et d’admiration les spectateurs.
C’est là l’impression générale. Bossuet l’a glorifiée et notre siècle a vu deux des plus grands génies qu’il ait connus, Gœthe et Victor Hugo, donner à cette admiration une expression éloquente. Le premier, Gœthe, appartenait par son éducation à une époque où le goût du public n’allait pas au gothique; il avoue qu’il arriva à Strasbourg dans des dispositions presque hostiles à la Cathédrale. Mais celle-ci l’empoigna, qu’on nous passe cette expression, au-delà de tout ce qu’on peut imaginer et, sans pouvoir raisonner ni expliquer son impression, il devint l’admirateur le plus passionné de l’œuvre d’Erwin.
Victor Hugo vint plus tard. C’était en 1839, c’est-à-dire à un moment où les événements n’avaient pas encore détourné vers la politique son incontestable génie. Dans son ouvrage: Le Rhin, il raconte que venant de Saverne, des hauteurs du Kochersberg il aperçut pour la première fois la Cathédrale: il était six heures du matin, c L’énorme édifice, le sommet le plus haut qu’ait bâti la main de l’homme après la grande pyramide (cela était vrai alors, car la tour de Cologne n’était pas achevée)
se dessinait nettement sur « un fond de montagnes sombres d’une forme magnifique .
l’œuvre de Dieu faite pour les hommes, l’œuvre des hommes faite pour Dieu; la montagne et la Cathédrale luttaient de grandeur. Je n’ai jamais vu rien de plus imposant. »
Cette observation est frappante de vérité; souvent des hauteurs de Hangenbieten et de Kolbsheim, nous avons constaté ce fait qui est tout à l’honneur de notre Cathédrale: elle supporte ce fond merveilleux formé par le massif de la Forêt-Noire sans en être écrasée; véritablement la montagne et elle luttent de grandeur.
Victor Hugo ajoute un peu plus loin: a. Hier j’ai visité l’église. Le Munster est véritablement une merveille. Les portails sont beaux, particulièrement le portail
roman . la rosace est noble et bien coupée; toute la face de l’église est un poème
savamment composé. Mais le véritable triomphe de la Cathédrale, c’est la flèche: c’est une vraie tiare de pierre avec sa couronne et sa croix, c’est le prodige du gigantesque et du délicat. J’ai vu Chartres, j’ai vu Anvers, il me fallait Strasbourg. »
Cet enthousiasme de Gœthe et de Victor Hugo est partagé par tous ceux qui voient la Cathédrale pour la première fois et même par les Strasbourgeois chez lesquels l’habitude n’a jamais émoussé l’admiration.
Tout d’abord nous ferons ici une remarque qui ne sera contredite par aucun de ceux qui ont vu notre Cathédrale et celle de Cologne; au point de vue de l’élévation, la flèche de Strasbourg fait sur le spectateur plus d’impression que les tours de Cologne lesquelles cependant sont plus élevées. Faut-il en chercher la raison dans la forme pyramidale des tours de Cologne et dans cette immense ligne droite qui, au contraire,
caractérise la tour de Strasbourg? Erreur d’optique si l’on veut, mais le fait est réel et montre une fois de plus que bien souvent il ne suffit pas d’étre grand, il faut le paraître.
A côté de la tour, Victor Hugo signale l’admirable façade et le portail roman. Ce sont en effet les parties qui impressionnent le plus tous les visiteurs et leur font oublier les imperfections de l'édifice. En vain les architectes et les savants en ont-ils signalé les défauts ; en vain Viollet-le-Duc reproche-t-il à la flèche d’être courte et grêle comparativement à la dimension de la tour et, qui plus est, inachevée, tout en la déclarant une des plus ingénieuses conceptions de l’art gothique à son déclin ; la majesté de la tour emporte tous les suffrages et force l’admiration. Gœthe n’avait qu’un regret, c’est qu’elle fut unique. Il aurait voulu en voir une seconde élevée à la hauteur de la première. Depuis 1870 cette idée, que d’aucuns avaient déjà lancée au dernier siècle, a été remise en vogue par un certain nombre d’écrivains enthousiastes de symétrie et quelque peu chauvins. A Strasbourg nul indigène n’a pu se rallier à ces projets : à leurs yeux ce serait un crime de gâter ce qui existe, sans pouvoir garantir que l’édifice ainsi transformé en serait plus beau.
Quant à la façade, personne n’en a contesté la splendeur; c’est vraiment un poème, suivant l’expression de Victor Hugo qui certes s’y entendait.
En 1855, notre grand archéologue strasbourgeois, M. le chanoine Straub, alors professeur au petit séminaire de Saint-Louis, a prononcé à la distribution des prix de cet établissement, un discours sur le Symbolisme de la Cathédrale , discours qui restera longtemps le meilleur travail de ce genre qui ait été consacré à cet édifice.
Avec tout l’enthousiasme de la jeunesse, il décrit le merveilleux poème de la façade. Il nous représente la statuaire du grand portail qui s'ouvre par la création du monde et la chute de nos premiers parents avec ses suites désastreuses: deux faits que représentent dix-huit groupes de statuettes formant le cordon extérieur de la voussure. La seconde rangée nous offre les personnages figuratifs de l’ancienne loi, précurseurs du Messie que Marie nous présente, au milieu de l’imposant cortège des patriarches et des prophètes qui. rangés sur deux files à l’entrée du temple, figurent les quarante siècles d’attente. Sur les tympans qui surmontent les trois entrées de la façade et dans le dernier cordon des statuettes du grand portail, se développent les scènes de l’Évangile depuis la naissance du Verbe jusqu'au Jugement dernier. Au centre de cette composition, paraît Jésus sur l’arbre de la croix. Le sang divin qui coule de ses plaies arrose la tombe du vieil Adam dont on voit le squelette sculpté, et vivifie en sa personne l’humanité toute entière.
Aux côtés du Christ expirant se tiennent d’un côté la Synagogue de l’autre l’Église recueillant dans une coupe le sang qui jaillit du côté du Sauveur. L’Église est encore représentée par les apôtres et les évangélistes dans la troisième voussure; par
les docteurs et les pontifes dans la quatrième, plus loin au-dessus des portes latérales par cette glorieuse légion de martyrs, de confesseurs et de vierges qui forment, avec les anges, une couronne radieuse autour du Sauveur.
«Tel est eii deux mots, ajoute le chanoine Straub, l’ensemble de cette vaste composition ; elle est couronnée par l'imposante figure de Salomon dans tout l’éclat de sa gloire, assis sur un trône dont les douze gradins sont occupés par autant de lions, symboles de sa puissance, mais ce trône sert seulement d’escabeau au divin enfant, que Marie nous présente au-dessus de son royal ancêtre, et sur lequel Dieu le Père, figuré dans l’angle supérieur du fronton, semble abaisser un regard de complaisance, en même temps qu’il soutient de ses deux mains le trône de son Fils. »
Le lecteur nous pardonnera d’avoir fait passer sous ses yeux cette belle page de notre savant archéologue; il pourra en suivre tous les détails dans les planches 6, 8, 9, 9bîs, 11, 12, 13, 1 3 bis, 14, I4bis qui donnent les trois portails avec les statues qui les ornent et avec les tympans.
En avant du grand portail signalons 14 grandes statues, dont 7 de chaque côté. La plupart représentent des rois et des prophètes tenant des phylactères, à l’exception de la cinquième à gauche qui porte le vêtement d’un architecte ( Werkmeister ) et dans laquelle bon nombre de connaisseurs veulent voir un des architectes, peut-être un des Erwin.
Le tympan du milieu (pl. 8) offre quatre rangées de figures qui, à partir de l’angle gauche inférieur, montrent l’histoire de Jésus depuis son entrée à Jérusalem jusqu’à son Ascension. On y remarque particulièrement le tombeau du Christ, autant pour sa forme que pour sa décoration qui consiste en un semis de fleurs de lys, et la descente du Christ aux Limbes, figurés par la gueule béante du dragon infernal.
Au portail nord (pl. 6), à droite et à gauche de l'entrée (pl. 14 et i4bis) on voit douze statues personnifiant les Vertus qui foulent aux pieds les Vices et les percent de leur lance. Le tympan lui-même (pl. 9bis) représente une série de scènes tirées de la vie de Jésus à partir de l’adoration des Mages. Au sommet du tympan se voit la Présentation de l’Enfant Jésus, que Joseph et Marie tiennent debout sur une espèce d’autel. Au-dessus de leurs têtes un ange soutient une couronne.
Le portail sud (pl. 6) offre dans son tympan (pl. 9bis) la scène imposante du Jugement dernier. A droite et à gauche de l’entrée, douze statues représentent les vierges sages et les vierges folles. Les premières, à droite, sont rangées à la suite de l’Époux; à gauche les vierges folles sont accompagnées du séducteur qui leur offre une pomme. Il est couronné de roses, mais on connaît l’affreux spectacle que présente son dos dévoré par des reptiles immondes. Enfin, comme à Chartres et à d’autres cathédrales, les bases de ces statues sont formées par des dés, posés un angle en avant, de façon à présenter chacun deux faces. On y voit les signes du zodiaque et les travaux ordinaires des mois de l’année.
Telle est, dans ses éléments essentiels, la décoration de la partie inférieure de la façade. Bien que se rapprochant beaucoup de celle des cathédrales françaises, elle est cependant loin d’être aussi complète; mais il ne faut pas oublier que notre Cathédrale se compose de trois parties complètement distinctes et sans aucun lien entre elles. La façade seule a été décorée à la fin du XIIIe siècle, sans qu’on tînt le moindre compte des statues qui se trouvaient déjà ailleurs, ni des sujets qu’elles représentaient. De là, dans l’ornementation, de nombreuses répétitions d’un côté, des lacunes de l’autre. Dans l’introduction de son Iconographie chrétienne, Didron décrit la décoration qui se rencontre encore aujourd’hui à la cathédrale de Chartres; là se trouve la série complète des sujets dont Strasbourg n’offre que des extraits ou, si l’on veut, un -abrégé et, si riche que paraisse notre façade, elle est véritablement pauvre en comparaison des merveilles que présente la métropole du pays chartrain, achevée déjà en 1250.
Avant de passer à l’étage supérieur, il importe de signaler, au-dessous de la première galerie des tours, du côté nord et du côté sud, deux curieuses frises dont nous donnons la reproduction planche 54. En voici les sujets :
Tour du nord en allant de gauche à droite:
i° Un jeune homme armé d’une massue lutte contre un lion; 20 un homme barbu saisit un lion par la crinière en brandissant une massue ; y un lion se tient debout devant ses trois petits qu’il réchauffe de son haleine ; 40 un chasseur transperce de sa lance une licorne qui se réfugie dans le sein d’une vierge; y Jonas s’échappe du corps de la baleine; au-dessus, le buste du Christ bénissant. A gauche de Jonas une tour, sous la porte de laquelle se tient une figure humaine, les mains jointes; 6° Moïse et le serpent d'airain; 70 un pélican s’ouvrant la poitrine pour nourrir ses petits; 8° le phénix qui se brûle sur son nid; 90 le sacrifice d’Isaac; io° un aigle devant son nid; il présente un de ses aiglons au soleil; n" un homme attaque une licorne dressée devant lui ; 1 20 un homme enfonce son épieu dans la tête d’un sanglier qu'un chien mord à la jambe.
Tour du sud en commençant à gauche :
i° Un homme nu et renversé qu’un démon entraîne au moyen dune corde attachée à son pied, tandis qu’un autre démon, de ses excréments, lui souille la figure; 2° deux monstres armés d’épées et de boucliers se combattent; y un monstre portant une massue sur l’épaule droite, il se tient derrière un lion; 40 un homme nu, à cheval sur un lion, décoche une flèche sur une sirène tenant un enfant; y et- 6U quatre monstres qui jouent, l’un du violon, l’autre de la flûte, le jme de la guitare, un autre dirige; 70 deux joueurs qui se disputent; les dés sont à côté d'eux; 8° un monstre qui fait danser un âne en jouant du tambourin; 90 un homme qui soulève une grosse pierre, tandis qu’une femme lui coupe les cheveux; io° une femme assise donnant la main à une autre femme agenouillée devant elle; n° deux monstres dévorant un
homme nu; 120 deux monstres armés d'épées et de boucliers; ils se battent; ij° Un monstre, armé d’un bouclier et dune épée, en lutte avec un lion.
Un certain nombre de ces sujets, le Pélican, l’Aigle, le Lion, la Licorne et la Vierge, le sacrifice d'isaac, Jonas, Moïse et le serpent d’airain reproduisent des types souvent traités et bien connus. L’explication des autres est plus difficile; on veut voir,
dans ceux de la tour sud, les vices et les passions des hommes ; dans ceux de la tour nord, les symboles de la Rédemption.
Les uns et les autres sont tirés, soit de l’Écriture, soit des Bestiaires du moyen âge. Bien des auteurs ont cherché, avec plus ou moins de succès, à en deviner le sens:
de ce nombre est le chanoine Straub dont malheureusement le travail est resté inachevé. D’après Kraus, c’est Chardin qui a le mieux réussi dans son ouvrage sur la Cathédrale. Du reste les amateurs pourront trouver les moulages de ces curieuses sculptures au Musée de l’Œuvre Notre-Dame.
Au premier étage on voit quatre statues équestres qui décorent les contreforts : elles représentent Clovis et Dagobert qui passent pour les fondateurs et les’ bienfaiteurs
de 1 évêché de Strasbourg, et Rodolphe de Habsbourg, le grand ami des Strasbourgeois dont il avait commandé les troupes. Ces trois statues doivent, selon la tradition, avoir été posées dès 1291. C'est seulement en 182}, sous la Restauration, que l’on plaça la quatrième, celle de Louis XIV, car l’idée, émise autrefois par des flatteurs du Roi-Soleil, de le faire figurer à la Cathédrale, ne trouva pas d’écho au XVIIe siècle; c’était, en vérité, trop demander aux Strasbourgeois que de vouloir leur faire ériger une statue à celui qui avait mis fin à leur vieille indépendance. Du reste, les trois statues primitives ont disparu lors de la Révolution, et ont été remplacées depuis par le sculpteur Malade; celle de Louis XIV est de Vallastre. Il en est de même de celles qui figurent aux étages supérieurs dans les niches des contreforts. Toutes dues au ciseau de Grass, elles représentent des empereurs et des rois copiés des anciens vitraux qui se trouvent à la Cathédrale.
Entre le premier et le second étage se trouve la superbe rosace (pl. 10) dont il est superflu de faire l’éloge.
Au-dessus, dans une série de niches, on voit les 12 apôtres, dont le premier et le dernier sont l'œuvre du sculpteur Malade, les 10 autres de Vallastre. Ils sont surmontés d'un groupe représentant l’Ascension du Christ entouré d'anges musiciens, œuvre de Grass ; celui-ci a aussi exécuté le Jugement dernier que l’on voit au-dessus de l’Ascension, entre le 2me étage et la plate-forme. Ces deux groupes sont destinés à masquer la nudité du beffroi, <tcet informe' bloc de maçonnerie» que Viollet-le-Duc juge si sévèrement. Cependant, telle qu’elle est, cette construction se justifie dans une certaine mesure par la nécessité d’assurer une base plus large et plus solide à la tour que l’on a élevée contrairement au plan d’Erwin : car, si le beffroi manquait, la flèche paraîtrait trop grêle et disproportionnée.
A partir de la plate-forme monte la tour, octogone dans son plan, mais rattachée à la base carrée sur laquelle elle est assise, par les quatre tourelles; celles-ci, légères et presque aériennes, ne se relient au noyau central que par de petites passerelles et diffèrent entre elles quant à l’ornementation. On remarque en particulier un escalier double dans la tourelle du nord.
Avant de quitter l’extérieur, il nous reste à appeler l’attention du lecteur sur la riche décoration que forme, à la’ façade, jusqu’au premier étage, le véritable filigrane en pierre qui recouvre les murs pleins: c’est également une de ces œuvres que les architectes n’approuvent pas tous, mais qui, en général, excite chez le spectateur une vive
admiration.
Quant aux portes elles sont modernes toutes les trois; celle du milieu avait reçu dès IJ4}, peut-être même plus tôt, une garniture en métal; nous avons déjà dit
(page 89) comment elle fut misérablement détruite durant la Révolution. En 1879
seulement, furent posés les nouveaux vantaux qui reproduisent les anciens le plus
exactement possible: cette restitution a pu être faite, grâce aux traces et aux vestiges restés sur les anciens vantaux en bois, à quelques gravures et aux descriptions éparses dans les livres et les manuscrits. Les vantaux de la porte sont en bois de pin, ont chacun 6,62 mètres de hauteur sur 2,08 mètres de largeur; ils sont fixés par 8 pentures apparentes à l’intérieur et recouverts à l’extérieur par des feuilles de cuivre décorées de figures et d'ornements faits au repoussé.
Les sujets forment le complément de ceux qui figurent en pierre dans la décoration générale du portail, notamment du grand bas-relief du tympan, des 70 groupes de la voussure et des 14 grandes statues du soubassement.
Dans le compartiment supérieur du vantail de gauche, on voit les deux vers latins et les quatre planètes qui se trouvaient sur 1 ancienne porte : Argentina bona cum sis splendore corona — Lœtaris palma quant virgine ducis ab aima. Au-dessous, à côté de chaque planète, on lit les noms: Sol, Luna, Mars, Mercurius.
Le compartiment supérieur du vantail de droite reproduit également un vers latin qui se lisait sur l’ancienne porte : Quos capil hœc valva, Deus omm tempore salva — puis une inscription indiquant l’année où furent faits les vantaux actuels: Anno Domini MDCÇCLXX VII, denuo reœdificata , — au-dessous les trois autres planètes: Jupiter, Venus , Salurnus.
Le compartiment inférieur, formant socle, représente en trois champs, sur le vantail de gauche, des scènes de combat figurant la lutte de l’homme contre le démon et, sur le vantail de droite, des scènes analogues, sauf la dernière qui montre une famille rentrant avec son attirail de chasse et de pêche.
Tous les autres panneaux renferment, soit des sujets empruntés au règne végétal, soit des scènes empruntées à la vie de Jésus-Christ et de la Sainte Vierge, ou enfin des personnages de l’Ancien ou du Nouveau Testament.
Sur le bord du vantail de gauche, mais visible seulement quand la porte est ouverte, se trouve une inscription latine; elle nous apprend que cette porte a été faite sous l’épiscopat de Mgr. Ræss, à la suite dune décision prise, le 24 avril 1872, par le conseil municipal, présidé par M. Lauth, maire. Elle mentionne les noms de MM. Klotz, architecte de l’OEuvre, Steinheil, qui en a préparé les dessins, Geoffroy, qui a fait les moulages et enfin Chertier, orfèvre à Paris, qui a été chargé de l’exécution. Tous les frais ont été supportés par l’Œuvre Notre-Dame.
La Vierge, qui décore le trumeau, est due au ciseau de Grass, mais a été remaniée par l’ordre et sous la direction de l’architecte Klotz, après la mort de l’artiste. Autrefois, on voyait à cette place, la statue qui est aujourd'hui au coin de la maison de l’OEuvre Notre-Dame. (pl. 24.)