Grandidiei», oav. cilé, p
en feu, le plomb fondu du toit tombant sur le pavé de la nef, sur le maître-autel de Frémery qui fut détruit ; la mitre * consumée par les flammes, deux de ses pignons s'écroulant, l'un sur la voûte de la salle du premier étage au-dessus de la chapelle Saint-André, l'autre dans la première travée de la nef. Des travaux importants s'ensuivirent : le toit de la nef fut refait en cuivre rouge, la mitre remplacée par une simple toiture octogonale, en cuivre également, un nouveau maître-autel élevé d'après les dessins de Massol, quatre cent mille livres dépensées en quatre ans pour réparer le dommage.
L'abbé Antoine Rauch, maître des cérémonies, profita de ce grand travail de rénovation pour mettre fin à quelques abus : il dégagea le chœur, où les officiers de la garnison venaient s'asseoir dans les stalles des chanoines et que les chaises des dames encombraient jusqu'à côté du maître-autel, il créa deux emplois de Suisses pour faire observer la police dans l'intérieur de la cathédrale, il attira enfin l'attention du Grand-Chapitre (1765) sur l'indécence du voisinage des petites boutiques et les dangers qu'elles faisaient courir à l'édifice : deux fois le feu y avait pris. Toutefois le Grand-Chapitre n'agit pas tout de suite ; il fallut, pour le convaincre, qu'on eût trouvé, un matin, « sur la petite galerie, qui est près des fenêtres inférieures ))^ le cadavre d'un «garde » de la cathédrale, percé de vingt-trois blessures, et, en même temps, constaté la disparition de huit chandeliers neufs de cuivre argenté qui se trouvaient dans la chapelle Sainte-Catherine : l'abbé Rauch saisit cette occasion pour faire de nouvelles représentations au
I La conslniclion octogonale qui couronnait la coupole du chœur depuis 1 384 3. Grasdidier, ouu. cj<t', p. 19O. Sans doute, le chemin de ronde. «A la quatrième colonne du collatéral méridional. »
Grand-Chapitre et l'engager plus énergiquement à demander la suppression des vieilles boutiques qui avaient peut-être facilité aux assassins l'entrée de l'église. Le Magistrat ayant décidé alors de démolir celles des boutiques qu'il donnait luimême à location et de ne laisser subsister que celles qui appartenaient à des particuliers, Rauch proposa un plan dont l'initiative semble appartenir à celui qui l'exécuta, Jean-Laurent •GœtzS architecte de la cathédrale; ce plan consistait à dégager complètement toute la façade occidentale, à établir un parvis sur toute sa longueur, et à rebâtir de nouvelles boutiques sur les côtés nord et sud de la cathédrale, mais — mesure de prudence — en laissant un vide entre ces bâtiments extérieurs et le corps de l'église, et — conception artistique •originale à cette époque — en les construisant « dans une forme d'ornement et dans un goût analogue au reste de l'édifice))^. Gœtz édifia donc (i 772-1 778) dix-huit boutiques nouvelles, sur un modèle uniforme, et en les entourant d'une ligne d'arcades en style gothique, du reste assez fantaisiste, qui existent encore aujourd'hui sur les côtés de la cathédrale. Mais contre le « roturier )) strasbourgeois les clameurs avaient été grandes « dans le camp des petits-maîtres connaisseurs^ )), et, pour se venger d'eux, il affubla de différents spécimens des coiffures à la mode, coifi'ure u à la grecque )) , «petite palissade )) -et (( double palissade )) , quelques-unes des têtes de monstres xjui servirent de gargouilles à sa corniche.
I. Le D' EissEN, art. cilé, et Ad. Setboth (^oav. cité,, p. 555), l'appellent Jean-Georges Gœtz. Mais celui-ci ne fut architecte de la cathédrale que plus •tard, de 1785 à 1794 (d'après la liste publiée par le Slrassburger Mûnster-Blatl, 1905). Il vaut mieux sans doute, avec Grandidier (p. a 00), attribuer ce travail à Jean-Laurent Gœtz, prédécesseur de Jean-Georges (1764-85).