I . Ou peut-être ^ Conrad II(i 190laoa), d'après
Wentzcke,ar<.cj7J.
se place le premier legs fait à la fondation qui sera connue sous le nom d' Œuvre Notre-Dame : celui de u Hugo dictas Slegeren )) et sa femme a Metza », le 3i août i2o5. Des chapelles dans le cloître furent élevées, celle de Saint- Georges, consacrée en 1242, celles de Saint-Grégoire et Saint-Biaise, consacrées en i256.
A la même époque (milieu du xiii® siècle), — et dû peutêtre à l'architecte Werlinus* de Nordelahe — remontait l'admirable jubé qui fut détruit en 1682 et dont quatre estampes de Brunn au xvii^ siècle donnent une idée assez précise. Il s'étendait à l'entrée du chœur; du côté du sanctuaire, il présentait deux ouvertures, une également à chacune de ses extrémités latérales, et sept du côté de la nef : de celles-ci, dont l'arc dessinait un tiers-point, la première et la troisième vers le nord étaient partagées elles-mêmes en deux par une mince colonne, un quadrilobe s'ouvrant entre le tiers-point de l'arc supérieur et les arcs trèfles des baies secondaires ; chacune de ces sept ouvertures était couronnée d'un gable élégant ; dans chaque tympan, un groupe de petites figures; dans le champ libre entre les gables successifs, debout sur des consoles et couvertes d'un dais, les statues de la Vierge avec l'Enfant, et des Apôtres, entre des anges qui planaient, tendant des couronnes vers elles; statues longtemps égarées, qu'on retrouva en iSgS, à demi cachées entre des moulures, au bas de la tour octogone, un peu au-dessus de la plate-forme, — beaux spécimens de la sculpture française du milieu du xiii^ siècle, avec
I. Architecte de la cathédrale vers laBo. Nous suivrons, pour les noms et les dates des architectes de la cathédrale, la liste publiée dans le Strassburger Mûnster-Blatl, 2' année, 1906, p. 3i-32, On ne trouve dans cette liste, avant Werlinus do Nordelahe, que Hermann Auriga (Pvers 1 300) et Rodolphe (vers laSo).
NOTICE HISTORIQUE. ii
' beaucoup de grâce tranquille dans les visages, de simplicité
S dans les attitudes et le vêtement, quelque chose enfin de l'élé-
i gance fine et délicate des figures du portail sud. L'autel dit
, frûh-altar (a autel du matin )) , — ainsi appelé parce qu'on y
; disait la première messe) dut être construit également vers le
. milieu du siècle (la lettre d'indulgence du cardinal-légat Hugo
est de 1202), et indiquait par sa situation, sous le jubé entre
le chœur et la nef, l'achèvement des travaux de la partie est ;
un autre, à côté de celui-là, fut dédié à la Vierge, par un
citoyen de Strasbourg, « vir venerabilis Heinricus, civis Argen-
tinensis, dictus Wehelin )), en 1264. Le renouvellement de la
nef était commencé depuis 1200 : a œuvre nouvelle », « œuvre
nouvelle grandiose », disent un cardinal en i255 et un évêque
en 1264. — œuvre aux aspects variés, qui rappelle les fleurs
printanières, attire le regard et le séduit*, écrit le troisième
Conrad dans ses lettres d'indulgence du 28 janvier 1276, —
l'année même où la nef devait s'achever, le 7 septembre,
veille de la Nativité de la Vierge^.
L'église était donc terminée avant la fin du xiii* siècle, — mais sans le portail ni les tours ; la façade romane subsistait, avec un narthex : un mur de fond, en effet, fermait sans doute la nef et la séparait de la façade; il est même probable aujourd'hui que cette disposition subsista lors de l'édification de la façade nouvelle et ne disparut qu'à la fin du xiv" siècle, au moment de la construction de ce raccord entre les deux tours dont nous parlerons plus loin.
I . « Quia opus ecclesiae argentinensis sicut Jlores maii variis ornatibus consargens in altam oculos aspicienlium magis et magis allicit et eisdem dulcibas oblectaminibus alludil... » (Kr\u8, oav. cité, p. 863).
3. (( Anno Domini 1275. 7 id. septembris vigilia Nativilalis beatae Virginis compléta est structura média lesludinum superioram. . . » (Annales Argenlinenses, dans Kraus, ouv. cité. p. 363).