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tous les huit jours, au nom de la municipalité, les pièces envoyées par la Convention. On n'en était plus au temps où Euloge Schneider, \icaire épiscopal, lui aussi, comme le fougueux Schwind, et dès lors ardent révolutionnaire, engageait encore ses auditeurs à ne pas haïr leurs frères « malades du fanatisme», comme il disait. Libre maintenant de tout lien avec son ancienne carrière, il s'était fait nommer accusateur public près le Tribunal criminel du Bas- Rhin, réclamait l'établissement d'un tribunal révolutionnaire affranchi des formes légales, et ne gardait guère de son passé que des habitudes de style : quand le représentant Dentzel apporta à Strasbourg (le 8 juillet) le texte de la Constitution de 1793, Euloge Schneider salua en lui « le porteur du nouveau Livre de vie )) . . . L'automne de 1793 approche. Le danger national grandit. La levée en masse, décrétée par la Convention le 23 août, est promulguée à Strasbourg depuis le 9 septembre. Voici octobre, les lignes de Wissembourg forcées par l'ennemi, l'entrée triomphale des émigrés à Haguenau, la population de quelques villages catholiques allant tout entière à leur rencontre, drapeau blanc en tête; Saint-Just et Lebas, représentants en mission, organisent le tribunal révolutionnaire, frappent un impôt forcé de neuf millions de livres sur les riches, réquisitionnent deux mille lits, dix mille paires de souliers...
C'est dans cette atmosphère que naquit le projet de fête de la Raison. Le 20 brumaire ^ la municipalité avait reproduit la défense du Département relative à l'exercice d'un culte quelconque. Le 27, à l'instigation du maire, Monet, elle arrête que le décadi sera le seul jour de repos à l'avenir et