‹ La cathédrale de StrasbourgChapitre 27 sur 58 · Lettre citée (i836). Voir p · texte numérisé non relu

Lettre citée (i836). Voir p

2. SciiHEEGAifs (L.), La statuaire Sabine et les slataes et sculptures des portails (lu transept méridional de la Cathédrale de Strasbourg, dans ; Revue a' Al-

La crypte. — La crypte de la cathédrale de Strasbourg est une des rares cryptes d'Alsace, et la plus importante. Sa longueur totale est de 2 6", 70; sa plus grande largeur, de i3"',4o; la largeur de la nef du milieu, 4", 75; la hauteur moyenne de ses voûtes, ô^jôo. Elle comprend à peu près l'espace qui s'étend au-dessous de l'abside et du carré du transept, et incline sensiblement vers le sud par rapport à l'axe de la partie correspondante de l'église, supérieure.

C'est une construction romane à trois nefs, qui se termine en hémicycle. Au fond s'ouvre le sanctuaire, taillé dans le massif du mur de l'abside ; de chaque côté du sanctuaire, les parties de l'hémicycle faisant face aux nefs latérales sont percées chacune de trois niches.

La crypte se compose de deux parties d'époques différentes.

La partie orientale est la plus ancienne et appartient sans doute à la construction de Wernher, au début du xi* siècle. Elle comprend les deux premières travées, qui sont voûtées en berceau et portées alternativement sur des piliers et des colonnes. Ces colonnes ont une base presque attique, sans griffe; les chapiteaux sont à feuillages plats, d'acanthe romane qu'enlace le sarment des écoles germaniques; aux

sace, i85o. — Congrès archéologique de France. 26' session (1869), (Mémoire de G. Klotz, résumant les faits observés dans la visite à la cathédrale), Paris, Derache, 1860, in-8°. — Save (G.), La Panagia du. Dôme de Strasbourg, Strasbourg, Hubert et Haberer, 1877, in-12. — Metér-Altona (E.), Die Sculpluren des IStrassburger Munsters (!'" Theil : Die âlteren Sculpturen bis 1789, Strasbourg, Heitz, 1894, in-8°. — Mâle (E.), L'Art religieux du XIII* siècle en France, Paris, Leroux, 1898, in-8'. — Haussmann (S.), LEiTSCHon (Fr.) et Setboth (Ad.), Les monuments dart de l'Alsace et de la Lorraine, Strasbourg, Heinrich, [1900], i vol. gr. in-/j° (texte) et 2 vol. in-fol. (planches). — FRA^CBL (K.), Der Meisler dcr Ecclesia und Synagoge am Slrassburger Munster, DûsseldorS, igoSyin-li". — Michel (André), Histoire de l'Art, t. II, 2* partie, chap. VIII, La sculpture en France et dans les oavs du nord jusqu'au dernier quart du XIV* siècle, Paris, Colin, 1906, in-A".

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angles de deux d'entre eux, des figures bizarres représentant des monstres ou des lions. L'arc doubleau qui sépare les travées, ainsi que les arcs latéraux qui relient ensemble les colonnes et piliers, sont formés de pierres alternativement blanches et rouges, disposition très rare dans ces contrées et dont on ne trouve guère d'autre exemple que dans l'ancienne église de Murbach (Haut-Rhin). — Quelques pierres du mur sud de cette partie de la crypte présentent des traces de cette taille en stries à combinaisons symétriques, appareil à taille décorative, qui remonte à l'époque mérovingienne : on > s'est servi d'éléments provenant d'une construction antérieure, {^ à moins que ces traces ne soient une preuve de la persistance d'un procédé qui, effectivement, resta en usage jusqu'au cours du xiii^ siècle dans la région germanique.

La partie occidentale de la crypte, qui date de la fin du 'S XI* OU du début du xii' siècle et qui correspond au carré du transept, se compose de la réunion de douze voûtes d'arêtes divisées entre les trois nefs, voûtes de plan carré dans les nefs latérales, de plan rectangulaire dans la nef centrale, portées par six colonnes libres et huit colonnes engagées dans les murs. Les doubleaux s'affaissent, dans cette partie occidentale, en arcs surbaissés, et l'on y retrouve l'alternance de la pierre blanche et de la pierre rouge. Quant aux colonnes, leurs bases présentent de ces griffes qui commencent, au xii' siècle, à sauver la transition du tore circulaire à la plinthe carrée cl dont on pourra suivre désormais le développement dans la cathédrale jusqu'à la pleine époque gothique: et leurs chapiteaux dessinent cette forme qu'on a définie la pénétration d'un cube et d'une sphère, qui provient peut-être des traditions de l'école byzantine d'Aix-la-Chapelle et qui, d'usage fréquent en Alsace et sur les bords du Rliin, est le seul cha-

piteau, aux yeux de Mérimée, « dont le profil soit tout à fait propre au moyen âge » * .

La crypte de Strasbourg ne renferme aucun tombeau, et la petite niche creusée dans l'une des parois du sanctuaire est vide.

Deux escaliers conduisent de la crypte à l'église supérieure ; ils y aboutissent de chaque côté des degrés qui conduisent de la nef au chœur.

Rien de ce qu'on voit actuellement de l'église supérieure ne remonte plus haut que le milieu du xii^ siècle : les nombreux incendies de cette époque et, en dernier lieu, celui de 1176, avaient sans doute rendu nécessaire une reconstruction presque totale. Peut-être même les parties les plus anciennes n'ont-elles été commencées qu'après 1 176. Mais on respecta les lignes principales de l'ancien édifice, soit par piété, soit qu'on en pût utiliser les fondations et les débris au fur et à mesure qu'on en suivait le plan ; et, si la construction actuelle est relativement récente, elle offre pourtant, à défaut de réalités datant d'époques plus anciennes, un souvenir indirect et certain de ce passé : l'appui de l'abside au mur oriental du transept sans l'intermédiaire d'un avant-chœur, serait une singularité dans un projet du xii^ siècle, qui, au contraire, ne surprend pas si elle n'est qu'une survivance des débuts du xi" siècle^.

1. Prosper Mérimée, Éludes sur les Arts au Moyen ii^re (Paris, G. Lévy, 1875, in-i8), p. [ii-f[2.

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