Voir p. 127, i35, I Ao
trueux, on ne lui aurait pas donné la même grandeur et la même beauté qu'à l'Eglise.
L'Église et la Synagogue de Strasbourg sont deux admirables types de la statuaire française du xiii' siècle. Elles ne rappellent que par quelques détails traditionnels (le calice, la croix, — les yeux voilés) l'Église et la Synagogue qui figurent dans les célèbres miniatures du Hortus deliciaram ' antérieures de quelques années seulement. Eglise assise sur une bête à quatre têtes symbolisant les Evangélistes, Synaiïogue sur un âne trébuchant, et dont on retrouve le souvenir dans un tympan du gable, également contemporain-, qui surmonte la porte méridionale de la cathédrale de Worms. Elles n'ont rien non plus de l'agitation sans grâce de l'Église et de la Synagogue, contemporaines encore ^, qui figurent au porche septentrional deMagdebourg. Elles sont au contraire très voisines, avec quelques différences de détail, de celles de Paris (refaites*, aux deux côtés de la porte principale de Notre- Dame, sur la face des contreforts), de Reims (près de la rose
I. Voir pi. XXXVIII de l'édition du Hortus deliciaram de l'abbesse Her- RAUE DE L.vsDSBEBG, publiôc par A. Straub et G. Keller (Strasbourg, 1879- 1899, gr. in-fol.). Herrade de Landsberg, abbesse du couvent de Hohenburg (en Alsace, sur le mont Sainte-Odile) a laissé sous ce titre le manuscrit, avec de nomJbreuses Illustrations, d'une sorte d'encyclopédie des ■irinaissances de son temps (2' moitié du xii* siècle). L'original du Horlus
ciaruma péri dans l'incendie de la Bibliothèque municipale de Strasbourg, lurs du bombardement de 1870. A défaut du texte, im|X)ssible à reconstituer, la Société pour la Conservation des Monuments historiques d'Alsace • l.iida, en 1878, de publier les miniatures d'après les calques existants; le -"in de cette publication fut confié au chanoine Slraub, puis, après la mort 'I'- celui-ci, au chanoine Keller.
>. Milieu du xui» siècle.