UNE NEF LATÉRALE
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statues, et d'ailleurs refaites aussi : ((Mit Christiblatuberwund ich dich » (« Par le sang du Christ je triomphe de toi w), pour l'Église, et : u Dass^tig blut erblendet mich n (« Cest le même sang qui m'éblouit »), pour la Synagogue; l'une et l'autre reposent sur des consoles sculptées, refaites : au-dessous de l'Église, une femme dans une attitude suppliante ; au-dessous de la Synagogue, deux enfants nus.
Les tympans des deux portes sont partagés chacun en deux zones sculptées. Les deux reliefs supérieurs sont anciens, les deux autres refaits.
Le relief supérieur de la porte de gauche, encadré de branches de vignes, est le plus célèbre : c'est cette admirable Mort de la Vierge dont Eugène Delacroix, dit-on, avait fait faire un moulage qu'il se plaisait, dans ses derniers jours, à contempler passionnément pendant des heures entières. On connaît la légende du Christ assistant aux derniers moments de sa Mère : tous les Apôtres, des lieux où ils prêchaient, transportés soudain auprès de Marie mourante, puis l'arrivée de Jésus lui-même. La Vierge, étendue sur un lit à pieds droits, est couverte d'une vaste draperie qui dessine le corps. Deux Apôtres soutiennent, l'un la tête, l'autre les pieds de la Vierge ; les autres Apôtres entourent la couche funèbre ; au milieu d'eux, Jésus, la tête auréolée d'un nimbe crucifère, penchée vers la Vierge, fait de la main droite le geste de bénédiction, et de la main gauche, tient une petite figure habillée d'une longue robe et les mains jointes, qui, suivant l'habitude des sculpteurs et des peintres du moyen âge, représente une âme, ici, l'âme de la Vierge. Au pied du lit de la Vierge, une femme, prostrée, tend ses regards vers le visage de la mourante et tord ses mains en un geste de douleur et de supplication. Il y a \h une relation évidente, par la
filière des fresques et des mosaïques byzantines, sans doute, avec les modèles classiques : on constate, dans la draperie, au lieu du système gothique, une imitation très nette de l'antiquité; dans les visages, une beauté grave, émue, douloureuse, un peu de manière dans certains détails d'attitude ; un groupement très habile, les regards de tous et comme leurs pensées dirigées harmonieusement vers la figure centrale de la Mère expirante, tout un mouvement pittoresque qu'on ne trouve pas au tableau analogue du tympan de la porte de la Vierge de Notre-Dame de Paris,
L'autre relief supérieur, celui de droite, encadré de petites roses, est traité dans le même style (^beaucoup de morceaux refaits). C'est le Couronnement delà Vierge. La Vierge est assise sur le même banc que Jésus; Jésus lui impose la couronne, et bénit ; les mains de la Vierge font un geste d'humilité. De chaque côté, un ange debout, penché vers le groupe, élève vers lui l'encensoir. Tandis que les deux anges rappellent un peu ceux deLaon, le Christ et la Vierge rappellent précisément ceux de Paris (au même tympan de la Porte de la \ ierge) et de Chartres (au tympan central du portail septentrional) : les attitudes sont très voisines, quoique la position réciproque des deux personnages diffère, la Vierge étant à la gauche du Christ, au tympan de Strasbourg, à sa droite dans ceux de Paris et de Chartres * .
Les deux reliefs inférieurs, refaits, et sans intérêt, représentent, celui de gauche, les Apôtres conduisant au sépulcre le corps de la Vierge; celui de droite, l'Assomption.
I. On voit, à Strasbourg même, rapporté dans un mur à l'intérieur du temple Saint-Thomas, un saint Thomas touchant les plaies du Christ, de même dimension, de même forme et de même style que la Mort et le Couronnement de la Vierge de la cathédrale.
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Au-dessus de la légère corniche qui passe par-dessus le portail, quatre fenêtres s'ouvrent, deux de chaque côté, correspondant ainsi aux deux portes du portail, — fenêtres en tiers point, dont les arcs reposent sur trois colonnes pour deux fenêtres. Le large espace qui sépare les deux paires de fenêtres, au milieu de la façade, est occupé par une Vierge debout (moderne), son Fils dans les bras, entre deux saints plus petits, l'un, qui lit dans un livre, l'autre, saint Laurent, enant le gril. Cette Vierge remplace ici celle qui, primitivement placée (1439) au sommet de la flèche, en avait été descendue en 1488 et qui fut sans doute détruite pendant la Révolution. Sur le dais qui abrite la \ierge repose le cadran de l'horloge, de forme carrée; aux angles, de petits génies, et des dates : MDXXXIII, 1672, i6o3, 1669.
Au troisième étage, dans l'espace entre les deux balustrades de la fin du xv^ siècle qui le limitent, deux arcs brisés encadrent les deux grandes fenêtres rondes avec leur couronne double de petits cercles autour d'un oculus central à huit lobes, que nous avons vues déjà de l'intérieur du transept ^. Au centre de la balustrade inférieure, une curieuse fisrure .sculptée, un vieillard en costume du tempti (fin du xv* siècle), la tète et le haut du corps penchés au-dessus d'un cadran solaire. Entre les deux fenêtres, juste au-dessous de la balustrade supérieure, un saint évêque, Arbogast, de grande dimension, qui prolonge et achève la ligne médiane commencée à l'étage inférieur par le roi Salomon, continuée à l'étage intermédiaire par la Vierge debout et le cadran de l'horloge.
Enfin, au-dessus de la dernière balustrade, un fronton
I Même fenêtre ronde avec oculus central et couronne do petits cercle», au-desaus de la porte du temple Saint-Thomas.
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triangulaire (avec un cadran solaire encore) entre deux pignons octogonaux surmontés de fleurs en croix qui se terminent par des fleurons.
L'ensemble de cette façade est limité par les deux solides contreforts du croisillon, qui aboutissent également, en haut, à ces pignons. Au pied du contrefort de gauche (ouest), s'élève la statue de Sabine; au pied de celui de droite (est), la statue d'Erwin; toutes les deux sont des œuvres modernes, de Grass. Sur ce dernier contrefort est gravée une inscription qui date de la fin du xiii" siècle : « Dis ist die Maze des Ueberhanges » , (( Ceci est la mesure de la saillie », et qui indiquait une sorte de mesure-étalon à observer pour ne pas faire surplomber exagérément les étages des constructions nouvelles de la ville. Au contrefort de gauche, sous un fronton qui est soutenu par deux colonnes et dont l'extrême fleuron est surmonté d'un chien accroupi, on voit un personnage debout, jeune, vêtu d'une longue robe et tenant un cadran solaire.
Le portail Saint-Laurent. — Le portail du croisillon nord est celui qui fut ajouté à la fin du xv" siècle et qui est connu sous le nom de portail Saint-Laurent. Au-dessus d'une porte carrée où se dessinent sur les montants des ornements de la Renaissance et que flanquent deux minces colonnes à chapiteaux finement ouvragés, un haut et large dais s'élève, saillant en demi-cercle, composé d'arcs entrelacés et découpés à jour, avec des gables surmontés de fleurons. Sous le dais, un groupe (refait par Vallastre) de quatre personnages, représentant le martyre de Saint-Laurent : le saint à demi étendu sur le gril; l'un de ses bourreaux lui tient les iambcs, le deuxième le prend par les épaules, le troisième
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attise le feu. Au-dessus, dans le dais même, et à demi caché, un Christ également refait.
De chaque côté de la baie, cinq statues, du xv^ siècle. D'abord, sur des socles, à gauche et à droite du portail, et plus grandes que les suivantes, une statue de la Vierge et une statue de saint Laurent : la Vierge, debout, avec de longs cheveux, la couronne fermée sur la tête, le globe dans la main droite, dans le bras gauche l'Enfant, nu, assis, et qui tend les bras aux figures voisines; saint Laurent, couvert d'une longue chasuble, tête nue, la chevelure épaisse et bouclée, les yeux penchés vers un livre qu'il tient dans la main droite. Les huit autres statues sont disposées, par groupes de quatre, sur deux piliers, à droite et à gauche des deux précédentes, dans des niches surmontées de dais très allongés. Elles représentent, à gauche : un personnage imberbe, coiffé d'une toque, botté, les deux mains appuyées sur un bâton, — peut-être un des bergers de Bethléem, ou quelqu'un delà suite des rois Mages; — puis, les trois rois : l'un, imberbe, lippu, face de nègre, vêtements serrés au corps, soulevant sa toque de la main droite, tenant un vase de la main gauche, un collier avec une médaille lui descendant jusqu'au milieu de la poitrine, un chien à ses pieds; le deuxième, barbu, couronné, couvert d'un long manteau, portant un coffret dans ses mains; le dernier, tête nue, s'inclinant vers la Vierge et l'Enfant, leur présentant un vase en forme de ciboire; — adroite: un pape, coiffé de la tiare, tient un livre et la croix; puis, deux hommes, sans signes distinciifs, l'un imberbe, l'autre barbu, tous deux habillés do longues robes ; enfin, un guerrier, les deux mains appuyées sur la garde d'une énorme épée. Statues contemporaines du portail qu'elles décorent, plus curieuses que belles.
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avec des ondulations et des replis d'étoffes trop majestueux qui leur donnent quelque chose de factice, avec des recherches d'expression et d'altitude qui en soulignent le maniérisme.
De chaque côté du portail, au delà des groupes de statues, une fenêtre couronnée d'arceaux en accolades, qui se terminent par des flèches chargées de larges fleurons, comme ceux qui surmontent les arcs en accolade du dais central au-dessus du martyre de saint Laurent et la pointe des dais allongés qui abritent les statues latérales.
Au-dessus de ce portail et en arrière, au delà de la balustrade flamboyante qui le couronne, on aperçoit le deuxième étage du mur roman du transept, percé de deux fenêtres flanquées de petites colonnes et qui se terminent en tiers point. Plus haut, et séparées de ces fenêtres par une corniche, deux roses encadrées de feuillages autour de leurs moitiés supérieures ; ce sont ces roses que nous avons déjà remarquées de l'intérieur du croisillon : un compartiment central à six lobes autour duquel viennent s'appuyer en rayons six colonnettes assez fortes et, dans leurs intervalles, six autres plus minces ; une moulure ondulée en douze arcs cintrés relie les autres extrémités des douze colonncttes et dessine la circonférence extérieure des deux roses. A la hauteur de leur bord supérieur viennent s'appuyer les deux contreforts entre lesquels se développe toute la façade de ce croisillon, comme au côté sud.
Le troisième étage — celui des roses — est surmonté d'une galerie byzantine comme elles, formée de treize arcs cintres reposant sur des colonnettes; puis, d'un pignon triangulaire, où court, le long des rampants, une arcature étagée, et qu'un œil-de-bœuf perce au milieu, encadré autour de sa moitié
supérieure et contenant un quatrefeuilles. De chaque côté du pignon, achevant les deux contreforts, deux gros clochetons gothiques à crochets et à fleurons.