I. Voir Deiiio, ouv. cité, p. 17^-G
ment et constituées par des colonnes en faisceau : seize colonnes engagées, les plus fortes aux angles, les plus minces encadrant les plus fortes, les quatre moyennes au milieu des côtés du rectangle. Dans chaque pile, le groupe des cinq colonnes qui regardent vers la nef s'élève directement du sol à la voûte et reçoit sur d'élégants chapiteaux à feuillages la retombée des arcs de la voûte centrale. Puis, de chaque côté de ce premier groupe, quatre colonnes de l'angle est et quatre colonnes de l'angle ouest reçoivent la retombée des arcades en tiers-point entre la nef et les bas-côtés. Enfin, les trois colonnes restantes, formant l'angle vers le bas-côté, reçoivent , l'une, l'arc doubleau à double boudin qui sépare les travées du bas-côté, chacune des deux autres les arcs ogifs qui soutiennent ces travées.
Dans cette retombée d'arcs, quatre présentent déjà ce profil de cylindre aminci et dont l'arête se coupe par un méplat, — que nous avons vu apparaître tout à l'heure au croisillon nord et que nous retrouverons aux piliers de la tour, se développant à mesure qu'on avance dans la construction.
Les chapiteaux des colonnes nous font voir, pour la première fois dans la cathédrale de Strasbourg, la rupture complète avec la tradition antique; on n'y retrouve presque plus, comme à ceux du transept encore, le souvenir d'autrefois dans la feuille stylisée s'enroulant en crochets sous les angles du tailloir; ici, le feuillage, sur deux rangées, garnit également tout le tour du chapiteau, feuillage vivant, emprunté à la flore locale, de moins en moins stylisé à mesure qu'on s'éloigne du chœur vers le porche, de plus en plus voisin de la nature, jusqu'à sembler parfois obéir au souffle du vent. Les tailloirs sont de moyenne hauteur, tantôt quadrangulaires.
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tantôt abattus aux coins de façon à présenter huit angles Les bases des colonnes laissent voir des scoties étroites ; elle portent sur des socles quadrangulaires qu'elles dépassent e où des fleurettes simples, en légères consoles triangulaires, vien nent les soutenir, — sculptures plus fouillées, avec des motif humains, dans le premier pilier (le plus voisin du chœur), — et qui disparaissent avec leur raison d'être dans le dernier lorsque les bases des colonnes, étant de construction ultérieure, ne dépassent plus leurs socles.
Ce dernier pilier — ou, plus proprement, ces deux pilier (l'un au nord, l'autre au sud) sont ceux qui supportent le tours. Ils révèlent la jonction, en ce point, des sept travées d( la nef avec le narthex, de la cathédrale des siècles antérieur avec la façade nouvelle d'Erwin. Ils présentent la form< d'hexagones allongés, dont les colonnes engagées, à l'est et i l'ouest, supportent, comme celles des autres piliers, la retom bée des arcades latérales. Mais, entre ces deux groupes, 1< massif du pilier s'élève, du côté de la nef, jusqu'à la voût( du narthex, qui dépasse la hauteur de la nef comme cclle-c dépassait la hauteur du chœur, et en laissant également ur tympan découvert. Il y est accompagné, de chaque côté, pai deux colonnes en profil de cylindre aminci, et par quatn colonnes rondes. Même système vers les bas-côtés pour sup porter l'arc doubleau et les arcs ogifs de ces bas-côtés.
Au-dessus des grands arcs qui séparent la nef des bas-côtés s'étend le triforium. A chacune des travées correspond, di côté de la nef, une série de quatre arcs en tiers-point, subdivisés eux-mêmes en deux arcs secondaires trèfles; entre h tiers-point et les arcs trèfles, le tympan ajouré dessine quatr lobes. Du côté des voûtes des collatéraux, il est fermé pa une clôture en pierre, ajourée de fenêtres à lancettes et d«
DESCRIPTION ARCHÉOLOGIQUE. m
rosaces, formant une verrière continue : disposition légère, hardie et lumineuse, qu'on ne rencontre que depuis i2 25- 1280 et que le maître ne peut avoir prise qu'à Saint-Denis. De chaque côté, dans la dernière travée, le mur est plein et décoré de fausses arcades.
Une frise de feuillage court sur les sommets des arcs des baies ouvertes du côté de la nef; puis commencent, juste au-dessus, les hautes fenêtres, allongées en tiers-point, quatre par travée également ; l'arc brisé qui les réunit deux par deux encadre une rosace à quatre lobes ; au-dessus des deux rosaces à quatre lobes, une rosace à six lobes les réunit, et domine le fenestrage, immédiatement sous le grand arc formeret de la travée. Ici encore, la ressemblance avec Saint-Denis est frappante : d'abord, le meneau principal est doublé, ce qui est rare dans les fenêtres à quatre parties, et se rencontre à Strasbourg comme à Saint-Denis; ensuite, dans les deux édifices, il y a une liaison intime entre les baies du triforium et les hautes fenêtres de l'étage supérieur : toutefois, tandis qu'à Saint-Denis le meneau principal double des hautes fenêtres se continue sans arrêt, divise les baies du triforium comme il a divisé les fenêtres et descend appuyer directement sa base sur l'appui même du triforium, à Strasbourg ce meneau ne descend des fenêtres au triforium qu'en s'arrêtant au plafond du triforium pour reprendre un peu plus bas. La liaison n'en reste pas moins étroite du triforium aux fenêtres, et il ne resterait plus, pour faire des deux étages comme un réseau unique sans solution apparente de continuité, qu'à ajourer les écoinçons inscrits entre l'appui des fenêtres et les arcs du triforium, ainsi que l'architecture contemporaine en offre quelques exemples.
Aux colonncttes des fenêtres et du triforium, les tailloirs
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manquent complètement : les chapiteaux sont comme de simples renflements, en feuillages joliment sculptés. Quelquesuns des chapiteaux du triforium offrent des particularités curieuses, des personnages humains, avec ou sans rappel de souvenirs religieux : au triforium du nord, une batterie dans les vignes, ou bien deux femmes nues se cachant des regards d'un homme; au triforium du sud, Adam et Eve chassés du paradis, et aussi un remarquable retour au système de l'ornementation romane : un groupe de lézards plus ou moins fantastiques accolés au chapiteau. C'est là aussi peut-être, décorant un ou deux de ces chapiteaux*, que se trouvait représentée la célèbre procession animale que Fischart reproduisit sur bois au xvi^ siècle ^, et qui a soulevé plus d'un incident comme plus d'une controverse : le renard porté au tombeau, «ur une civière, par le cochon et le bouc, le cerf disant la messe, l'âne lisant l'Évangile, et, en tête du cortège, l'ours avec le goupillon et l'eau bénite, le loup avec la croix, le lièvre avec un cierge. Était-ce simplement une illustration du roman du Renard qu'on aurait sculptée ici dès le xiii" siècle ? Peutêtre, — mais non sans intention satirique. A vrai dire, étant donnée la place que ce chapiteau occupait, bien en vue, près de la chaire et près du chœur, il est probable qu'on doit lui
I. Ou peut-être d'une des colonnes de la nef? L'emplacement n'a jamais été déterminé avec précision (voir Schad, p. 67; Grandidier, p. 2G4 ; Kraus, p. /17/j et 478; Meykr-Ai-tona, p. GG); dans le voisinage du chœur, certainement, et visible de la chaire, — mais de quelle chaire? de l'ancienne, qui se trouvait dans le croisillon nord? ou de la nouvelle, construite dans la nef par Hammerer?
2. « En y ajoutant des vers, dit Grandidier, qui en donnent une explication également cynique et impertinente ». L'ouvrage de Fischart, imprimé à Strasbourg en 1G08, après sa mort, s'appelait : « Thierfabel mil D. Johann Fischarls, genannt Mentzer, Erklerunç) und Aixslegung einer von verschiedenllichen zahmen und vnlden Thieren haltenden Mess, n
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