‹ La cathédrale de StrasbourgChapitre 39 sur 58 · VioLLET-LE-Duc, ouv. cHc , t. VII, p. 5G3, art. : Puits · texte numérisé non relu

VioLLET-LE-Duc, ouv. cHc , t. VII, p. 5G3, art. : Puits

et mis au niveau du pavé. Mais il alimente toujours par des conduites d'eau la petite fontaine voisine, à l'extérieur du bas-côté, dont se sert l'atelier des tailleurs de pierre.

Les chapelles Sainte-Catherine et Saint-Martin (aujourd'hui : Saint-Laurent). — Deux chapelles latérales s'ouvrent sur les bas-côtés.

Le mur de la première et de la deuxième travée, au sud^ est percé de six hautes baies étroites qui s'élèvent presque jusqu'à la voûte : derrière ces baies, dans l'angle du bascôté avec le transept méridional, s'étend la chapelle Sainte- Catherine (ou de la Croix). C'est une construction oblongue, ajoutée à l'édifice en i33i-i349. Les deux carrés qui la composent sont couverts chacun (ces voûtes sont une réfection de 1 542-1 547) d'un réseau de lignes courbes flamboyantes, à fond étoile de peinture toute moderne. Au milieu de ces circonvolutions, deux clés de voûte : l'une, celle de la voûte d'avant, montre la marque d'un maître de l'œuvre dans un •'cusson ; l'autre présente simplement la forme d'un oculus do grande dimension. Six longues fenêtres à vitraux éclairent la chapelle au sud. — Aux piédroits des longues baies par où la chapelle communique avec les bas-côtés s'élèvent cinq statues : un saint Florent moderne (remplaçant un ancien détruit), les autres, anciennes, mais sans grand intérêt : sainte Catherine tenant de la main gauche la roue symbolique de celle qui se brisa au lieu de la supplicier, un saint Jean et un saint Paul sans expression, une sainte Elisabeth à laquelle le dessin net et gracieux de son visage, l'élégance des plis de son manteau donnent peut-être un attrait qui manque à ses compagnons. Ces statues semblent avoir été peintes : celle de sainte Catherine porte, elle encore, des traces de couleurs sur

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le vêtement. Au milieu de la cinquième baie, se dresse un grand Christ du xviii* siècle. — Au mur du sud, dans une niche, sous la dernière fenêtre, un bas-relief de la Mort de la Vierge, justement célèbre, rappelle la mémoire de Conrad Bock et de sa femme Marguerite Beger. De chaque côté, dans le cadre de la niche, un ange porteur de flambeau; et, en dehors, les donateurs à genoux. x\u-dessous, l'inscription (en abrégé, selon l'usage) : « Anno Domini M CCCC LXXX obiit Conrad Bok armiger. Orale pro eo ».

La chapelle Saint-Martin (aujourd'hui : Saint-Laurent) correspond, au nord, à la chapelle Sainte-Catherine : elle a été construite, près de deux siècles après la première, dans l'angle du bas-côté avec le croisillon nord(i5i5-i52o). Sa voûte est un réseau de losanges, dont les nervures sont peintes de couleurs vives. Au milieu de la deuxième travée près de l'autel, la clé est en forme d'oculus; les sept autres en forme d'écussons contiennent des figures de saints. Toutes les retombées se font — au mur du nord, entre les vitraux, comme du côté des baies par où la chapelle communique avec l'église — sur des dais abritant des statues modernes. Seul le pilier du milieu, du côté extérieur, n'en a pas. — La chapelle Saint-Laurent contient plusieurs épitaphes d'évêques (le caveau des évêques de Strasbourg est situé au-dessous de cette chapelle), et, en lettres d'or sur fond de marbre noir, celle du premier gouverneur de la ville nommé par Louis XIV, Charles Saint- André Marnais de la Bâtie.

L'extérieur des bas-côtés. — Par-dessus la longue galerie ajourée en style ogival qui, depuis 1778, s'étend au rezde-chaussée, de l'angle occidental des tours jusqu'aux portails des croisillons, on aperçoit l'appareil des contreforts.

Arcs-boulants simples (contrairement à ceux de Saint-Denis), de neuf mètres d'envergure, percés, près de la tête, d'un quadrilobe, et reposant de ce côté sur une légère colonne ronde, libre ; contreforts puissants, lourds peut-être si on les compare aux autres parties de l'arcbitecture. A chaque retombée des voûtes correspond un arc-boutant et un contrefort. Audessus des fenêtres basses comme des fenêtres hautes, courent une frise feuillagée et une balustrade découpée. Sur les travées des bas-côtés s'ouvrent de petites lucarnes, du style de la Renaissance.

Au point d'appui des arcs-boutants sur les contreforts, deux clochetons à crochets s'étagent l'un au-dessus de l'autre; les clochetons inférieurs abritent chacun trois statues sous trois niches, une au milieu, les deux autres en retour. La plupart des statues sont nouvelles ou renouvelées; le premier contrefort de l'est (côté sud) a gardé ses trois statues anciennes, trois personnages, l'un avec sa canne à corbin, l'autre comptant sur ses doigts, le troisième est un prêtre avec son encensoir; la sainte Marguerite, avec la croix, la palme et le dragon, qu'on voit au deuxième contrefort de l'est (côté sud), est une reproduction qui remplace, à cet endroit même, une statue ancienne conservée à la Maison de l'Œuvre. — Un peu au-dessous de ces clochetons, à la hauteur de la corniche qui passe sur les sommets des fenêtres basses, de petits pignons triangulaires s'élèvent, au sommet desquels, sur des fleurons de pierre, sont accroupies d'élégantes formes d'animaux. Beaucoup sont refaites, il est vrai. De même, beaucoup de restaurations dans les gargouilles qui ornent la base des clochetons inférieurs et celle des pignons triangulaires : types d'animaux, empruntés à la nature (un bouc, un cheval, un âne, un cerf, sur les deux piliers de l'est, au nord et

au sud) ou déformés par l'imagination, comme ce squelette de tête animale greffé sur des pattes de lion, qu'on voit sur un des contreforts de l'ouest. La plus ancienne des gargouilles, et la plus grande en même temps (i^So de longueur), est difficilement visible aujourd'hui : c'est un lion, très stylisé, -qui déversait au pied du dernier contrefort de l'est les eaux du toit du bas-côté nord, et que l'édification ultérieure de la chapelle Saint-Martin a destitué de son emploi; il est main- ►tenant en partie encastré dans le toit de cette chapelle.

Le bas-côté sud, un peu avant la chapelle Sainte-Catherine, .s'ouvre par une porte qui, à l'extérieur, présente un grand arc en tiers-point retombant jusqu'au sol, sans chapiteaux, et contournant un arc tréflé : c'est la porte dite des Tailleurs- 'de-Pierre, parce que leur atelier est installé entre les contreforts voisins et qu'elle leur donne une entrée directe dans la cathédrale.

L'addition des deux chapelles Sainte-Catherine et Saint- Martin aux XIV® et xvi* siècles a absorbé les deux premiers contreforts de la nef. Chacune d'elles, étant en saillie sur le bas-côté, et s' appuyant, à l'est, sur le mur du croisillon correspondant, s'appuie, à l'ouest, sur le deuxième contrefort de la nef; quant au premier, il pénètre complètement dans la -construction oblongue de la chapelle et en marque la division en deux carrés. Les hautes baies lancéolées des chapelles sont séparées elles-mêmes par des contreforts décorés de clochetons. — La galerie ogivale du rez-de-chaussée épouse la saillie que forment les deux chapelles sur les bas-côtés et les accompagne jusqu'aux portails latéraux.

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