LE CHRIST AUX OLIVIERS
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nom de Rex Henricus Claudus (le Boiteux, infirmité qui lui était survenue lors d'un voyage à Rome où il s'était démis la jambe), puis l'empereur Frédéric Barberousse (Fredericus imperator submersus, ainsi désigné, le Noyé, parce qu'il était mort en se baignant dans une rivière de Gilicie) ; — ensuite, la fenêtre de Charlemagne : Charles Martel, père de Pépin le Bref (Karolus d{i)c{tu)s Martel Pater Bippini), Charlemagne, {Karolus magnus rex). Pépin (Rex Bippinus Pater Karoli), Louis le Débonnaire (Ludovicus rex filius Karoli); — enfin, la descendance de Louis le Débonnaire : l'empereur Lothaire et ses trois fils, Louis II, qui fut roi d'Italie et empereur, Lothaire II (quoique l'inscription l'appelle aussi, sans doute par erreur, Ludovicus), qui reçut la Lotharingie, et Charles, qui régna sur la Provence. — Tous ces princes ont la tête ornée du nimbe, quoique presque aucun ne soit reconnu comme saint; sans doute faut-il voir là un souvenir de la tradition byzantine : les princes considérés comme délégués de Dieu. Tous portent la couronne fleuronnée ou fleurdelisée, tous également le globe et le sceptre, sceptre à fleurons trilobés dont la forme aboutit parfois à la parfaite fleur de lis des armes de France. Ceux des deux premières fenêtres sont couverts du manteau qui retombe simplement; le vêtement des autres est plus compliqué, leur maintien aussi, les coudes à l'étroit perçant la bordure du vitrail, le sceptre mal assuré entre les premiers doigts, le petit doigt recroquevillé.
La fenêtre du narthex, de ce côté, est à quatre lancéolés divisées horizontalement en six compartiments (commencement du XV' siècle). La première, la troisième et la cinquième rangées horizontales (en commençant par le haut, à gauche) contiennent des scènes de l'Ancien Testament : la création d'Adam et d'Eve, Adam et Eve chassés du Paradis, Adam labou-
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raiit la terre, le meurtre de Gaïn, l'arche de Noé. Les rangées intermédiaires sont occupées par des médaillons représentant le Christ tenant le globe d'une main et bénissant de l'autre ; les ornements qui remplissent l'intervalle entre les médaillons renferment, dans leurs enroulements, des lettres isolées dont on n'a pas encore pu déterminer le sens avec certitude.
Bas-côté sud. — Les vitraux des quatre premières fenêtres du bas-côté sud (2^ moitié du xiv^ siècle) représentent la vie du Christ.
Elles sont divisées en quatre lancéolés. — Le premier groupe (le plus proche du chœur) est consacré plus spécialement à la vie de la Vierge ; on y voit, entre autres scènes (en commençant par le haut, ''à gauche) : l'Ange apparaissant à sainte Anne, la Naissance de Marie, son Mariage, l'iVnnonciation, l'Adoration des Mages, la Fuite en Egypte, le Christ enfant au temple. Au-dessous, une bande s'étend sur toute la largeur de la fenêtre, avec l'inscription : Ave Maria Graiia Blena (sic). — Le groupe suivant est plus proprement la vie du Christ : le Christ et la femme adultère, la résurrection de Lazare, Madeleine aux pieds du Christ, la guérison du paralytique, le miracle des pains, la guérison du lépreux, le sermon sur la montagne. — La troisième fenêtre est celle de la Passion : (en commençant en bas, à gauche) l'entrée de Jésus- Christ à Jérusalem, la Cène, le Christ au Jardin des Oliviers, la trahison de Judas, la flagellation, le couronnement d'épines, le Christ crucifié entre les deux larrons, la mise au tombeau. Sur là bande inférieure, l'inscription allemande : « Diz bezeichnet die Marier unsers Herren JHV. XPI. der uns hat erloset vo de ewig Tode » (« Ceci représente la Passion de Noire- Seigneur Jésas-Chrisl qui nous a délivrés de la mort éternelle »).
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— Dans la quatrième fenêtre, les scènes qui ont suivi la mort du Christ : la descente du Christ dans les limbes, la Résurrection, les anges apparaissant aux Saintes Femmes, Jésus- Christ apparaissant aux Apôtres, la pêche miraculeuse, l'Ascension. En bas, l'inscription : « Got brach der Helle Tar und nam die. sinen herfur und erstant am driten tag sad (lettres transposées, pour das) was Tiefel grosse Klag » (« Dieu brisa la porte des limbes et en fit sortir les siens, il ressuscita le troisième jour, ce qui fut une grande plainte du diable »). — La cinquième fenêtre est divisée en trois lancéolés et représente le Jugement dernier : dans les deux premières lancéolés, coupées en divisions horizontales, les justes élèvent leurs regards d'adoration vers le ciel où trône le Seigneur; dans la troisième, un diable colossal.
Le vitrail du narthex de ce côté (commencement du xv* siècle) représente encore un Jugement dernier (dans des médaillons : le Christ assis sur un trône, entouré de la Vierge, de deux saintes et des douze Apôtres), et aussi les œuvres de miséricorde appliquées au Christ : le Christ à qui on donne des vêtements, du pain, un logis, suivant la parole rappelée par les inscriptions allemandes dont on peut distinguer quelques détails : « Do ich hungerik was ir spiset mich nût... )) « J'avais faim et vous ne m'avez pas donné à manger... ))
Chapelle Sainte-Catherine. — On ne trouve sur les vitraux de la cathédrale de Strasbourg aucune date, aucune inscription votive, aucun blason qui permette de les attribuer à une époque et à un artiste certains. Seuls, ceux de la chapelle Sainte-Catherine sont considérés généralement comme l'œuvre du peintre-verrier Jean de Kirchheim, à cause de la corrélation entre l'époque de la construction de cette chapelle (i 33 1-
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13/49) ^* ^®^^^ ^^ vivait à Strasbourg cet artiste, qualifié « pictor vitrorum in ecclesia argentinensi » dans un testament de i348. Ces fenêtres sont au nombre de six, en deux groupes, comprenant chacun une fenêtre à trois compartiments entre deux fenêtres à deux compartiments ; la forme de ces lancéolés est très allongée (moins de o'",4o de largeur pour plus de 6 mètres de hauteur). Les quatorze figures représentent les douze Apôtres, généralement avec leurs attributs, puis Madeleine et Marthe ; les noms des personnages sont indiqués sur la bordure horizontale au-dessus des têtes. Entre les mains de chaque Apôtre, un phylactère portant une strophe du Credo. Apôtres et saintes sont] couverts, dans la partie supérieure du vitrail, d'ornements d'architecture très élevés.
Chapelle Saint-Laurent. — Cette chapelle, primitivement consacrée à saint Martin, comme on l'a vu, avait été garnie d'abord de vitraux retraçant la vie de ce saint; mais de ces vitraux de l'origine il ne reste rien. Ceux qu'elle contient, (2" moitié du xiv^ siècle) proviennent de l'ancienne église des Dominicains (aujourd'hui : Temple-Neuf), et il a fallu les mutiler pour les faire entrer (i833) dans les baies existantes, fragments rassemblés parfois sans ordre ni discernement. Deux des fenêtres de la chapelle sont pourtant lisibles et intéressantes. Divisées chacune en trois compartiments de six panneaux sur la hauteur, elles représentent, dans trois des rangées horizontales, des scènes de la Passion (Noli me tangere, la Cène, le Christ sur la croix) ;^dans les trois autres, alternant avec les précédentes, de petits médaillons montrent l'image du Christ, le globe dans une main et bénissant de l'autre, et, au-dessus de lui, de chaque côté, une autre petite image représentant un prophète en buste avec une banderole explicative.