Kugler, « Geschichte der Baukunst», t. i, p
3. On la retrouve en France à la cathédrale de Nevers, au xne siècle, à celles de Verdun, de Besançon, à la crypte de l'église Saint-Laurent de Grenoble.
Saint-Sépulcre et, quant à la destination, on aurait distingué dans le principe : le chœur du matin et le chœur du soir; ultérieurement le chœur des chanoines et de là paroisse, le chœur des moines et de la commune dépendante de l'abbaye; ou bien encore le chœur des cérémonies épiscopales et le chœur journalier, — le chœur d'hiver et celui d'été, dénominations que l'on rencontre en Italie. — Au lieu de recourir à Jérusalem, il eût été plus simple d'attribuer cette disposition à des convenances liturgiques. Nos lecteurs n'auront point oublié l'obligation incombant aux abbayes et chapitres de Trêves de se rendre à certains jours à la métropole : « in honorem ecclesiae matricis ». L'archevêque Jean (11 90-1212) renouvela 1 des prescriptions analogues.
Le chœur de l'ouest pouvait encore servir à la tenue de chapitres généraux, de synodes, à la réception de légats apostoliques ou de visiteurs princiers accompagnés d'une suite nombreuse; mais il faut tenir compte de ce que primitivement le corps ou les reliques du saint patron étaient déposés dans la crypte sous l'autel. Saint Boniface avait dédié le maîtrë-autel de l'église de Fulde au Sauveur (S. Salvatori), et ce fut en l'honneur de ce même apôtre de l'Allemagne qu'après son martyre (755) et la déposition de son corps on éleva le chœur occidental. Au xe siècle, on reconstruisit l'église à deux chœurs et sous les deux vocables. A Mayence le chœur oriental était dédié à saint Étienne; le chœur de l'ouest fut érigé en l'honneur de saint Martin, et devint chœur principal, sans doute par suite de la vénération croissante envers ce bienheureux. Le plan de Saint-Gall indique dès le ixe siècle l'ordonnance en son plein développement. M. de Quast dit néanmoins tenir de bonne source que ce plan émane de Fulde, et qu'ainsi la forme préexistante aurait été transmise à l'abbaye sœur. A Bamberg, Worms, Naumburg, le chœur oriental est dédié au patron, l'autre à quelque illustre saint. A Saint-Michel d'Hildesheim , l'abside de l'est aurait été anciennement appelée chœur de saint Jean et celle de l'ouest chœur des Anges; mais, bien que l'on puisse admettre l'existence primitive d'une absidiole occidentale sur crypte, le chœur actuel, à en juger par le style, serait plus récent que le reste de l'édifice et postérieur à la levée (1194) des reliques de saint Bernward. Quant à l'ancienne cathédrale de Cologne, en faveur de laquelle Boisserée réclamait la priorité, attendu sa fondation par Charlemagne et sa consécration en 873, Gelenius dit à la
\. « Praedicti quoque fratres (Sancti Paulini, Sancti Simeonis) in puriûcatione B. Mariae Virginis, simul omnes in majori ecclesia cum candelis suis convenient, ibiquefestum Deo et beatae M. V. dévote peragent. — In die eliam dedicationis majoris ecclesiae quae est in festo S. Jacobi et Philippi..., in anniversario praedicti Joannis..., praedicti F. convenient». — « Gest. Trever. », t. i, p. 490.
vérité : « Duos habuit choros et cryptas » ; mais nous savons qu'ils ne furent construits qu'au x" siècle 1 par l'archevêque Benno. N'oublions pas que la basilique de Reparatus à Orléansville 2 en Algérie, fondée en 252, reçut au Ve siècle, à l'occasion de la sépulture d'un évêque, l'addition d'un chœur occidental. Somme toute, Jérusalem doit être mise hors de cause, et c'est encore une influence byzantine à rayer.
II. Le chœur occidental de Trêves, sous le vocable Saint-Nicolas, semble, au point de vue architectonique, évidemment imité du grand hémicycle des thermes de Trêves, dont la croupe puissante s'arrondit entre deux murailles planes. La seule différence est en effet que les fenêtres inscrites dans les murailles planes des thermes sont à la cathédrale remplacées par des portes, et que les tours à escalier y sont légèrement en saillie. Mais, à propos des thermes, nous ne pouvons passer sous silence une hypothèse émise par M. Fortoul, et qu'après mûr et fort long examen nous avons adoptée et documentée nous-mêmes. Il l'énonçait dans les termes suivants : « Au milieu des murailles qui subsistent et dont le cintre romain règle non -seulement les ouvertures, mais encore les inflexions principales, il est aisé de reconnaître le dessin originaire de l'édifice. Une grande salle, dont la longueur a dû être mesurée par trois voûtes et dont les extrémités sont terminées par deux hémicycles, porte encore sur le côté oriental un autre hémicycle plus vaste, tandis que par le flanc occidental elle communique avec une petite salle qui répète sur une échelle agréablement variée les dispositions et les hémicycles de la
grande ; les antiques theimes de Trêves ont servi de plan à Sainte-Marie
du Capitole de Cologne ; il semble qu'ils aient naturellement formé avec les deux hémicycles de la grande salle les bras de la croix avec l'hémicycle plus vaste, le chœur 3. »
Les nombreux lecteurs de la « Monographie de Noyon » savent que M. Vitet attribue à la forme d'églises à transepts semi-circulaires une origine orientale, et que pour le savant académicien l'église mère, le prototype, est Sainte-Marie de Béthléem. M. Viollet-le-Duc s'est rangé à cette opinion, et, grâce à l'appui de deux noms illustres, ce système a pour bon nombre d'archéologues français force de chose jugéç.
M. de Quast, d'autre part, estime que le type imité par Sainte-Marie du Capitole 4 doit remonter au delà de la première église fondée par Plechtrude,
1. « Levoldi a Northof archiep. colon. Catalogus», dans Meibo^n, « Rcr. Germ. », n, p. 6.
2. La basilique d'Erment en Afrique offre une double abside intérieure.