‹ La Cathédrale de Trèves du IVe au XIXe siècleChapitre 2 sur 30 · Colonnes de marbre, d'après les chroniques · texte numérisé non relu

Colonnes de marbre, d'après les chroniques

par des arcades faisant retombée sur pilastres Ces formerets, ces arcades supportaient des murs de refend, gagnant le comble, ouvrant des baies sur la nef centrale, et figurant, à chaque angle intérieur de l'édifice , une loge ou tribune. Il en résultait, dans les vides de la partie supérieure, entre ces loges, la forme de la croix latine. L'ensemble était recouvert d'un plafond. De l'est à l'ouest du tout, un fronton, pouvant avoir la hauteur de celui que l'on voit maintenant entre les deux tours.

L'intelligente exploration, dirigée de nos jours par M. le chanoine de Wilmosky, avec un zèle, une entente, une sûreté de coup d'ceil que nous aurons mainte occasion d'apprécier, pourra nous révéler de quelles magnificences Hélène, l'amante de la croix, avait doté ce sanctuaire, où la foule des chrétiens se pressait dès avant son achèvement 2. Nos lecteurs le comprennent, ce n'est pas seulement avec l'intérêt de l'archéologue, mais avec le respect, l'émotion du chrétien que nous remontons ce passé ; qu'il nous soit donc permis d'en évoquer les grands souvenirs.

En deçà des Alpes, et durant le ive siècle, c'est à Trêves que les empereurs romains résident le plus fréquemment; aussi, de 313 à 390, cent sept édits impériaux sont-ils datés de cette ville. « Quand on considère » , dit M. Ozanam, que nous aimons à citer, « le fréquent séjour de Constantin à Trêves, et ses campagnes aux bords du Rhin, on a lieu de croire qu'il avait éprouvé la sagesse des évêques de cette province, qu'il choisissait pour juges des querelles religieuses de son temps ; peut-être que leurs entretiens fixant ses doutes, décidèrent la détermination qui tira le christianisme des catacombes3». Cet éloge des évêques de Trêves est réellement mérité. Agritius (de 313 à 322), le consécrateur de notre monument, siégeait au concile d'Arles (314), qui condamnait les donatistes. Plus tard, quand l'arianisme menaçait la foi de Nicée, Maximin, de Trêves (332-349), pressait la convocation du concile de Sardique (347) qui la sauva; il accueillait Paul, patriarche de Constantinople, dépossédé par la violence, et coopérait efficacement à sa réintégration. Après lui, saint Paulin (348-351) refusait de signer la condamnation de saint Athanase au conciliabule d'Arles, et allait mourir, banni, au fond de la Phrygie. Que l'on ne s'étonne pas du

1 . Ce sont les chapiteaux de ces pilastres, qui apparaissent encore incrustés dans les murs, et non, comme c'est écrit et répété, les chapiteaux des colonnes.

2. Saint Athanase, blâmé par les ariens d'avoir célébré les mystères dans une église non consacrée, se disculpait en disant : « Hoc et Treveris (anno 336) factum vidi : nam et illic, diebus festis, ob multitudinem, cum adhuc templa aedificarentur, congregabantur fidèles ». Hontheim, « Prodromus ». — « Hist. Trevir. diplom. », pars I, p. 142.

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