I. — Porche de gauche (Nord) (i
Les principaux sujets qui y sont représentés, sont les premiers mystères de la Vie de Notre Seigneur et de la Sainte Vierge^ les vertus et les vices, des personnages et des scènes bibliqueSy pour la plupart, figures du Sauveur et de sa sainte Mère.
I. La première scène, V Annonciation^ se trouve sur le linteau de. la porte, dont elle n'occupe qu'une partie sur la gauche. L'archange Gabriel debout, annonce à Marie qu'elle a été choisie pour être la Mère du Rédempteur. Celle-ci, également debout, fait un geste d'acquiescement et semble dire : « Fiat tnihi secundum verbum tuum » (2).
(i) Ce porche renferme le commencement du miroir historique et le miroir moral,
(2) S. Luc, I, 38.
. n. La seconde scène, la Visiiationy est formée par le groupe des trois statues qui garnissent à gauche l'ébrasement du portail.
Ces grî^ndes statues, comme toutes celles dont nous aurons à parler, sont modernes (1873 -1886). Elles sont néanmoins d'un style parfaitement conforme à celui des bas-reliefs qu'elles accompagnent ; il y a, en effet, de la raideur dans la pose et les mouvements ; les draperies n'ont pas atteint toute ' la souplesse et l'aisance désirables ; mais il y a, signe caractéristique de l'époque, une grande expression de calme et de dignité dans le visage et l'attitude. On constate avec satisfaction que les règles de la statuaire du XIII* siècle ont été religieusement observées. Ces statues reposent sur des socles historiés, qui se greffent sur le fût des colonnes auxquelles elles sont adossées. Des dais gracieux et variés les abritent.
La statue du miHeu représente la Sainte Vierge. Elle s'avance, les mains étendues, vers sa cousine Elisabeth, dont l'attitude indique une respectueuse admiration. A gauche, Zacharie, époux de sainte Elisabeth, déploie le rouleau ou parchemin sur lequel, à la naissance de son fils, ne pouvant parler, il écrira le nom de Jean (i). Il détourne un peu la tête et a la bouche fermée, pour marquer qu'il ne peut prendre part à la conversation à cause de son mutisme. Sous les pieds de Zacharie on voit un dragon ; sous ceux de Marie, le buisson ardent, figure de la maternité virgi-
(i) « Scripsit dicens : Johannes est nomen ejus » (5. Luc, ï, 6^),
nale (i) ; sous ceux de sainte Elisabeth, un personnage versant de l'eau dans un grand vase, semble symboliser le précurseur saint Jean, qui bientôt baptisera dans les eaux du Jourdain (2).
m. La troisième scène est celle de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle occupe le milieu du linteau de la porte. L'étable est figurée par un édicule à deux colonnes. Au premier plan, la Sainte Vierge, étendue sur un lit, la tête relevée et appuyée sur le bras gauche, semble s'entretenir avec saint Joseph, que Ton voit assis à ses pieds et tenant encore le bâton dont il s'est aidé dans • le voyage de Nazareth à Bethléem. Au second plan, TEnrant Jésus est étendu dans la cirécheet l'on voit au-dessus de lui les têtes traditionnelles du bœuf et de l'âne. Une petite lampe, suspendue au haut de l'étable, rappelle que la naissance du Sauveur eut lieu pendant la nuit. — Sur la droite du linteau, un ange dans les airs, tenant un rouleau (3) déployé, annonce à trois bergers entourés de leurs moutons, que le Messie vient de naître à Bethléem.
IV. Au-dessus de ces scènes, le tympan tout entier est occupé par V adoration des muges.
Au centre, la Sainte Vierge assise sur un siège,
(i) « Ignis in rubo est Deus in Beatd Virgine conceptus et natus, illsesd ejus virginîtate » — M S. S. Patres — « Le feu dans le buisson, c*est Dieu incarné en Marie et naissant sans porter atteinte à sa virginité » (Corn, a Lapide, tom. I, pag, 45 3).
(2) « Bapiizabantur ab eo in Jordane » (5. Mat. III, 6).
(3) Le rouleau ou volumen entre les mains d'un personnage indique que celui-ci a prononcé quelques paroles dans la scène représentée. Il sert aussi à désigner les prophètes.
placé sous un baldaquin que soutiennent deux colonnés, tient sur ses genoux l'Enfant Jésus et le présente aux trois rois couronnés, qui se prosternent et lui offrent leurs présents. A droite du trône de la Sainte Vierge, un ange debout tient d'une main et indique de l'autre l'étoile qui dirigea les pieux étrangers dans leur voyage ; derrière lui, saint Joseph est a5sis un peu à l'écart ; les interprètes (i) de la Sainte Ecriture nous enseignent que ce saint patriarche ne parut pas en cette circonstance, afin de ne laisser dans l'esprit des mages aucun doute sur la naissance miraculeuse du Sauveur.
Des anges, placés dans la première voussure, assistent à cette Epiphanie ou première manifestation du Fils de Dieu et lui offrent leurs hommages ; deux d'entre eux présentent l'encens et proclament ainsi sa divinité ; deux autres lui offrent la myrrhe, renfermée dans des vases en forme de calice, et rappellent par là son humanité ; deux autres encore tiennent des couronnes d'or, symbole de sa royauté ; deux anges, enfin, dont on n'aperçoit que le buste, au sommet de la voussure, soutiennent une colombe entourée d'une auréole sur laquelle se dessinent sept rayons (2) ; c'est le Saint-Esprit, par l'opération duquel s'est accompli tout ce grand mystère de l'Incarnation du Verbe et de son apparition sur la terre.