‹ La cathédrale Notre-Dame de LaonChapitre 19 sur 72 · III. — Porche méridional · texte numérisé non relu

III. — Porche méridional

Le sujet de ce porche est le Jugement dernier.

L'image de saint Michel, protecteur des âmes au moment de la mort et leur introducteur dans le paradis, est sculptée sur le fronton (3).

Les grandes statues qui garnissent les côtés de la porte et représentent plusieurs martyrs des premiers siècles, rentrent, nous le verrons un peu plus loin, dans l'idée générale qui a présidé à la décoration de ce porche. Comme toutes celles dont nous avons parlé jusqu'ici, elles sont modernes, mais l'emportent sur les autres par plus d'aisance dans l'attitude et moins de raideur dans les draperies.

decano qui aspersorium obtulit. Qpibus peractis, in domum sponsae processionalitcr introductus, procumbit antè Deiparx Virginis imaginem sub eu jus nomine dedicata est ecclesia.... » (Bellotte, Ohservationes ad

ritus pag. 90).

(i) Ce porche, fermé depuis le commencemeiit de la restauration du portail, a été rouvert le 29 juin de Tannée 1890, pour l'entrée solennelle de Sa Grandeur Monseigneur Jean-Baptiste Duval, évéque de Soissons et quatre-vingt-seizième évêque de Laon

(2) Fin du miroir historique,

(3) c Venit Michael archangelus cum multitadiue angelorum, cui tradidit Deus animas sanctorum ut perducat eas in paradisum exultationis. » (Office de saint Michel^ 29 septembre, 2« nocturne, 2« répons.)

La grande scène du dernier jour du monde, telle qu'elle s'offre ici à nos regards, est la traduction des vingt-quatrième et vingt-cinquième chapitres de saint Mathieu. Elle se divise en plusieurs parties :

I* Le tribunal du Souverain Juge.

2° La résurrection des morts.

3° La séparation des justes et des pécheurs.

4° L'entrée des justes au ciel.

50 La distribution des récompenses.

6° L'état de bonheur et de gloire des élus.

7* Enfin la conclusion pratique que les vivants doivent tirer de ce saisissant spectacle.

i^ Le tribunal du Souverain Juge,

Il occupe la plus grande partie du tympan et déborde même de chaque côté sur les deux premières voussures.

Jésus-Christ, assis sur un trône (i), les mains étendues comme pour bénir et les pieds appuyés sur un escabeau, préside l'imposante scène de la consommation des siècles. Il est d'une taille beaucoup plus grande que celle des autres personnages qui l'environnent, pour marquer, selon la coutume du Moyen âge, son excellence et la supériorité de son pouvoir. Sa tête est entourée du nimbe crucifère ; ses mains et ses pieds portent la cicatrice des plaies ; il est vêtu d'un manteau ou pallium jeté sur une épaule et d'une robe plissée à très petits plis. L'absence de propor-

(i) t Tune sedebit super sedem majestatis suae » {S. ^a/. XXV, 31).

— loi —

tions dans les diverses parties du corps^ la raideur de la pose, les vêtements étroits, à plis nombreux et serrés, que l'on remarque dans cette figure du Christ et dans la plupart des statuettes, qui couvrent le tympan et les voussures, témoignent qu'elles sont plus anciennes que celles des autres porches et probablement contemporaines de la construction des parties inférieures du portail.

A la droite du Souverain Juge, la Sainte Vierge est assise, les yeux dirigés vers son divin Fils et les mains jointes et élevées dans l'attitude de la supplication. Auprès d'elle se trouve saint Pierre, reconnaissable aux clefs qu'il porte, puis quatre autres apôtres dont deux sont placés dans les voussures.

A la gauche de Jésus-Christ on voit d'abord saint Jean, que l'antiquité chrétienne a constamment représenté sans barbe pour rappeler qu'il était le plus jeune de ceux qu'avait choisis le Sauveur pour évangéliser le monde ; puis cinq autres apôtres dont les deux derniers se trouvent dans les voussures. Tous tiennent entre les mains des livres, symboles de la vraie doctrine qu'ils ont mission d'enseigner ; tous également ont les yeux fixés sur le Sauveur et sont assis conformément à cette parole de l'Evangile : « Lorsque le Fils de l'homme sera sur le trône de

• sa gloire pour juger le monde, vous serez aussi assis « sur douze trônes et vous jugerez avec Lui les douze

• tribus d'Israël » (i).

(z) « Cum sederit Filius hominis in sede majestatis suae, sedebitis et vos super sedes duodecim judicantes duodecim tribus Israël » [St Mat, XIX, 28).

Au-dessus des apôtres, de chaque côté de Jésus- Christ, quatre anges portent les instruments de la Passion. Ceux de gauche tiennent, l'un la couronne d'épines, l'autre les trois clous ; ceux de droite portent la croix : • Alors, lisons-nous en St-Mathieu, paraîtra « dans les cieux le signe du Fils de l'homme » (i). Et pour rappeler enfin cette circonstance que le Souverain Juge • viendra sur les nuées du ciel » (2), le tympan est entouré, sauf à sa partie inférieure, d'ondulations figurant des nuages.

2® La résurrection.

Au-dessus des apôtres placés dans les archivoltes, quatre anges, deux de chaque côté, sonnent de la trompette et rassemblent tous les hommes: «Le « Seigneur, est-il écrit, enverra sts anges qui feront « entendre la voix éclatante de la trompette.... et « toutes les nations seront rassemblées devant Lui» (3). A ce signal, tous les morts, que l'on voit aux pieds du Sauveur et des apôtres, à la zone inférieure du tympan, soulèvent la pierre de leurs tombeaux et en sortent pleins de vie (4). Leur attitude dénote l'em-

(i) « Tune parebit signum Filii hominis in cœlo. » {St-ÏSiCat. XXIV,

(2) ce Videbunt Filium hominis venientem lu nubibus cœli cum virtute multâ et majestâte. i (5. Mat, XXIV^ 30).

(3) (( Et mittet angelos suos cum tuba et voce magnd. » (5. Math,

XXI V, 31). — Et congregabuntur antè eum omnes gentes. 1 (5. Matb,

Page 1