III. Troisième éta^e, — Galerie
Au-dessus de la corniche terminale du second étage règne une galerie composée d'une série de gracieuses colonnettes et de petites arcades dont les archivoltes sont décorées de feuilles et de têtes saillantes. Cette galerie est divisée en trois par des pinacles carrés à double étage et couronnés de toits pyramidaux d'un aspect un peu trop lourd. La partie principale de cette galerie, celle qui est au-dessus de la rose, est placée un peu plus haut que celles des côtés ; elle
l'acrostiche fameux cité par saint Augustin, où la sibylle annonce à la fois le jugement dernier et l'éternité du règne de J.-C. :
« Judicii signum : tellus sudore madescet £ cœlo rex SLày^niet per secla JuturuS ».
CDecnnt. Dei, Patrol. t. xu, col. 579). Sur la gauche de cette même Voussure, le i*' bas-relief figure non Rébecca, mais bien la vierge s'etnparant de la licorne, symbole de l'Incarnation. — Pour prouver l'exactitude de ses interprétations, M. Mâle, appliquant ici son principe qui consiste à voir dans les sculptures de nos cathédrales la traduction des livres les plus en vogue au Moyen âge, cite comme thème proposé à l'artiste de Laon, un sermon d'Honorius d'Autun sur l'Annonciation de la Sainte Vierge (Spéculum Ecclesia d'HoNORius d'Autun, Patrol. t. clxxii, col. 904), sermon dans lequel cet auteur « veut prouver que le mystère de la virginité de Marie a été annoncé par les prophètes et montré en figures dans l'Ancien Testament » ; et effectivement les figures bibliques citées par Honorius sont exactement celles que nous voyons sculptées au portail de la cathédrale. Il convient toutefois de faire remarquer que trois basreliefs, les 2*, 3* et 5* de la dernière voussure à gauche, sur lesquels il ne m*a été possible de faire que des conjectures, n'ont pu également être identifiés par M. Mâle. Les autres sujets, au nombre de dix-sept, sont bien ceux que j'ai décrits.
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a sept arcades, dont l'une, celle du milieu, plus élevée et plus large que les autres, est soutenue par des taisceaux de trois colonnettes. Les deux autres parties, sur les côtés, n'ont chacune que quatre arcades. Derrière cette galerie le mur est orné d'arcatures sur toute sa longueur. Une belle et large corniche couronne le tout.
Autrefois un vaste beffroi, dans lequel était la sonnerie, terminait la façade au-dessus de la galerie du milieu. Elevé « probablement après le violent trem- « blement de terre du i8 septembre 1692, dont les « commotions se firent sentir dans toute la contrée € et ébranlèrent profondément le donjon de Coucy, € qui se fissura en plusieurs places » , ce beffroi t a « été démoli en 1843 » (i) et remplacé, lors de la restauration du portail, par une balustrade que domine une statue de la Sainte Vierge, Mère de Dieu, debout entre deux anges agenouillés et portant des chandeliers. On trouve généralement que ce couronnement de la favade n'est pas sans reproche et qu'il manque de grandeur.