II. Caractères généraux
Toutes ces chapelles, excepté la première sur le côté méridional de la nef et la dernière sur le même côté du chœur, ont à peu près les mêmes dimensions. Elles s'ouvrent sur le collatéral par une haute et large arcade pratiquée entre les piliers. Elles sont éclairées par des fenêtres divisées par un ou deux meneaux et
126-8, 152, 2JO-9, 238-9, 245 ; DoM Lelonq, Hist. du dioc. de Laon, pag. 45 ; Fleury, Cinquante ans de l'bist. du chap. de Laeiiy pag. 228 ; Chevalier (Ulysse), Ordinaires de V église cathéd. de Laon (Xri'etXIII^s ), pag. 195, 204, ?I2, etc.; A. Bouxin, Les Trévàtès du chap. de la cathéd, de LaoHy pag. 21-3-5, 35"7» 47"9i 5'» ^^^- '■> Pierres tombales ^e Jehan de Luquelliis ? (nef de la cathéd.), d'un chanoine dont le nom est effacé (pourtour du chœur), etc.; notes diverses communiquées par Mgr Batou.
(i) Les chapelains, qui étaient au nombre de cinquautç^six, dit Fleury, formaient une corporation placée sous l'invocation de la Madeleine, parce qu'ils tenaient leurs réunions dans la chapelle de ce nom ; ils. étaient présidés par un doyen qu'ils nommaient entre eux et qui dépendait du chapitre. En 1167, celui-ci leur avait donné un règlement Alors ils chantaient au chœur, six par six et à tour de rôle. Chaque manquement aux offices était puni d'une amende. Ils ne pouvaient s'absenter plus d'un mois sans permission. En 1377, ils obtinrent du Roi la permission d'avoir un sceau et de se f;iire représenter par des procureurs dans les discussions avec le chapitre.... Il y avait des chapelains prêtres et des chapelains minorés. D'après le Ritus Ecolesîa Laudunensis redivivi, les premiers se tenaient dans le chœur auprès de la porte spécieuse tournés vers l'autel et les seconds avec les chanoines mineurs, aussi à gauche du chœur, la face tournée au midi » (Cinquante ans de l'Histoire du chapitre de Notre-Dame de Laon, page 133).
ornées de rosaces ; sous ces fenêtres, une double arcature trilobée dissimule le nu de la muraille. Toutes sont voûtées et leurs nervures reposent, du côté des fenêtres, sur des colonnettes engagées, du côté des collatéraux, sur des culs-de-lampe décorés de feuillages divers et de figures d'hommes, d'oiseaux, d'animaux et d'êtres plus ou moins imaginaires. Toutes enfin sont séparées des nefs par des balustrades ou devantures en pierre, dont le caractère médiocrement religieux et (c le style un peu tourmenté jurent, sans « doute, sur le style sévère du monument ; mais qui « n'en sont pas moins, dit Fleury. de gracieux « chefs-d'œuvre d'invention et de décor » (i).
Ces devantures ou façades sont au n' mbre de vingthuit, et. bien qu'elles appartiennent à peu près toutes à un style commun, qui offre les principaux caractères du dorique, elles diffèrent cependant entre elles d'une façon t!ès sensible dans les détails de Tornementation.
Chacune d'elles forme un véritable portique large de trois mètres cinquante centimètres environ, haut de deux mètres cinquante centimètres à trois mètres et dont voici la disposition générale :
Au centre, une porte tantôt à plein-cintre, tantôt carrée ; de chaque côté de cette porte, deux piédestaux élevés et sépares par un mur. Des cartouches ou écussons, sculptés en demi-reliefs et portant jadis des armoiries ou des chiffres, décorent cette partie inférieure du portique. Sur les piédestaux s'élèvent des
(i) Cittquante ans de l'Histoire du chapitre de Notre-Dame de Laoti, page 222.
colonnes au lût cannelé, au chapiteau orné d'oves, et dans l'espace compris entre ces colonnes, une sorte de dairevoie composée d'autres colomies plus petites
et de découpures aux formes les plus variées et les plus gracieuses. On y voit n des cintres finement
découpés, des cadres fouillés merveilleusement, de petits portiques s'entassant les uns sur les autres, des motifs linéaires de fruits, de feuillage, de fleurs mêlés à des masques d'hommes et de femmes, à de petites cariatides, à des anges ou plutôt à des amours, car à cette époque, les anges chrétiens ressemblent toujours à des amours de Tempyrée païen et mythologique, le tout dans des dentelles, dans des guipures, dans des ciselures variées à l'infini » (i).
Au-dessus de la porte de ces devantures se trouve ou un tampan triangulaire, ou un cartouche porté par de petites figures à la pose abandonnée et gracieuse, ou un médaillon ovale, entouré de fleurs et de feuillages. Malheureusement ces sculptures, surtout les chiffres et les armoiries, ont été brisées, grattées ou mutilées d'une façon insensée et stupide au temps de la Révolution.
La construction se termine par un entablement composé, selon les règles de Tordre dorique, d'une architrave ^ double plate-bande, d'une frise ornée de triglyphes et d'une corniche fortement en saillie.
Sur plusieurs de ces portiques, dans les endroits où l'affreuse couche de badigeon a disparu, on remarque des traces de peinture et de dorure.
Toutes les portes de ces chapelles sont en bois de chêne, de la même époque et du même style que les devantures. Elles se composent de deux parties : la partie inférieure, pleine et divisée en petits panneaux
(i) Fleury. Chtquante ans de l'Histoire du chapitre de Notre-'Dame dt LaoUf pages 80, 216 et 224.
plus ou moins ornés ; la partie supérieure, percée à jour et formée de fuseaux disposés sur deux rangs.