‹ La cathédrale Notre-Dame de LaonChapitre 44 sur 72 · I. — Ensemble et caractère^ particuliers du transept · texte numérisé non relu

I. — Ensemble et caractère^ particuliers du transept

. Le transept est, avec les trois première? travées .du chœur, la partie la plus anciei>ne <ie la cathédrale ;» il remonte, en très grande partie, à l'épiscopat de Gaultier de Mortagne (i 155-1 174); ou à celui de son prédécesseur, Gaultier de Saint-Maurice (1151-1155), peut-être même aux dernières années que Barthélemi de Vir passa sur le siège de Laon (i 145-1 150)* Je dis en très grande partie, paixe que plusieurs chapiteaux pourraient être attribués à une époque antérieure, et parce que les dernières travées de chaque côté ont subi une importante transformation, lorsqu'au Xiy* siècle on remania les portails latéraux.

Le transept compte quatre travées de chaque côié de la croisée des nefs, et présente, en plan, une large allée centrale accompagnée de deux collatéraux ; eii

• (i) JournalJe l'Aisne, 12 Octobre 189$, art. Michel 'Ducasteî, sculpteur et architecte laonuois*

élévation, de grandes arcades, un double triforium et un clair étage ; c'est comme ensemble, comme disposition générale, ce qui se voit dans la nef. Toutefois il existe entre ces deux parties de la cathédrale des différences bien marquées dans les détails, dans Tornementation, différences qui font conclure que le transept est antérieur à la net et au grand portail, antérieur aussi au prolongement du chœur et à la construction du chevet carré.

Voici CCS différences, du moins les principales (i) : Dans la nef, les bases des colonnes, moins élevées que dans le transept, sont ordinairement dépourvues de griffes, ou lorsqu'elles en ont, ces ornements ofirent généralement la même forme, celle d'une feuille enroulée ; dans le transept, au contraire, toutes ou presque toutes en sont garnies et cet appendice y revêt, spécialement dans les petites colonnes, les formes les plus variées.

Dans la nef, la corbeille des gros chapiteaux se compose de deux, de trois et même de quatre rangs de petites feuilles plates, dont l'extrémité se recourbe le plus souvent en crochet ; celle des petits, quoique variée, est toujours très simple. Dans le transept, au contraire, ce sont : aux grosses colonnes, des feuilles larges, épaisses, feuilles de nénuphar et de plantain toujours disposées sur deux rangs ; aux petites, ce sont des rinceaux, des enroulements, des feuillages découpés, contournés, ornés de perles, en un mot.

(i) Ce qui est dit ici du transept, s'applique aux trois premières travées du chœur qui furent élevées à la même époque.

toute la décoration si riche et ci variée du roman fleuri. Aucun de ces chapiteaux ne ressemble ;\ .ses voisins ; plusieurs sont d'une finesse d'exécution et d'une élégance merveilleuses ; quelques-uns, ceux du pilier de droite sous la tribune adossée au portail du Nord, sont historiés et l'on y voit des quadrupèdes, des oiseaux fantastiques, de petits hommes au milieu de branches d'arbres et de rinceaux. De plus, du côté Est du transept, tous ces chapiteaux, quelles que soient d'ailleurs leurs dimensions, sont surmontés de tailloirs creusés sur les tranches, tandis que dans la nef, nonseulement les tailloirs ont leurs contours déterminés par des lignes droites, mais quelques-uns même sont de forme octogonale.

Tous les arcs de la nef sont en ogive, ceux du. transept en plein cintre, sauf au rez-de-chaussée, dans les voûtes et la dernière travée de chaque côté.

Dans la nef, les colonnettes qui forment les fliisceaux, sont réunies alternativement au nombre de trois ou de cinq ; elles sont détachées lès unes des autres et s'élèvent en lignes parfoîtement droites de U base au sommet. Dans le transept, tous les faisceaux sont composés de cinq colonnettes, qui se rapprochent tellement les unes des autres qu'elles se touchent; il résulte de cette disposition, de ce resserrement des colonnettes les unes contre les autres, que le sommet du faisceau n'offrant pas assez de largeur pour rece-. voir et les nervures de la voûte et les colonnettes sans chapiteaux, qui encadrent la partie supérieure de chaque travée, celles-ci sont rejetées un peu sur le côté

et, sans porter complètement à faux, présentent cependant une disposition désagréable à Toeil.

On remarque enfin que, dans la nef, il n'y a qu'une clef de voûte pour deux travées, tandis que dan*, le transept, chaque travée a la sienne (i).

Des différences qui viennent d'être signalées, nous concluons, que le transept est antérieur à la nef; nous concluons pareillement des hésitations, des vices de construction, des défauts, des mélanges d'arcs, des réminiscences nombreuses d'art roman observés dans le transept, que nous sommes ici en pleine transition et à l'époque indiquée plus haut.

IL — Diverses parties du transept.

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