Châsses des saints
Les reliquaires renfermant les restes précieux des saints, sont au nombre de vingt-deux (i).
Tous sont de la même matière, le bronze verni, mais de formes et de dimensions différentes.
(i) Toutes les reliques, excepté celles dont la provenance sera indiquée plus loin, appartenaient, avant la Révolutiou, ou à la cathédrale ou à d'autres églises et monastères de la ville.
1. Châsse de saint Béat, confesseur. Exécutée d'après les dessins de Viollet-Leduc, elle affecte la forme d'un édicule ou petite église de o™8o c. environ de hauteur, reposant sur une base qui mesure près d'un mètre de long. La toiture à double versant et les pignons sont surmontés de crêtes élégantes. Les deux faces principales sont ornées d'arcades bilobées, sous lesquelles de petites ouvertures en forme de quatrefeuille permettent de voir à l'intérieur les reliques du saint : deux fémurs et un fragment d'os du bras.
2. La châsse de sainte Preuve^ vierge, martyrisée à Laon, est un peu moins grande que la précédente. Elle a la forme d'un édicule rectangulaire reposant sur des lions couchés. Ses quatre faces sont percées d'arcades cintrées ; son toit à double égout, ses côtés et ses pignons, couronnés de crêtes. Quelques parties sont émaillées. Reliques de la sainte : Un fémur divibé en deux et un fragment du scapulum (i).
3 . La châsse de sainte Grimonie^ vierge, martyrisée à La Capelle, a la même disposition générale que celle de sainte Preuve, mais son style est différent : les ornements, les ouvertures, les arcades trilobées accusent le XIII* siècle, tandis que l'autre offre les caractères du roman fleuri (XII* siècle). Reliques : un fémur divisé en deux et une vertèbre.
4. Châsse de saint Aubetc, apôtre de l'Artois, mort à Laon, où il était venu prier dans la célèbre église
(i) Ces reliques et celles de sainte Grimonie furent données en 1885 avec l'autorisation de l'évêché d'Arras, par M. le curé d'Héniu-Liétard, dont Téglise possède les corps presque entiers de ces deux sainte5i.
Notre-Dame. Longue de 70 centimètres environ, enrichie d'émaux et couronnée d*un gracieux clocheton flanqué de quatre échauguettes, cette châsse offre Taspect d'une petite église. Sur chacune de ses flices sont percées des fenêtres ou arcades cintrées et surmontées de frontons. La relique est un tibia (i).
5. La châsse de saint Boétien^ solitaire à Pierrepont. est exactement semblable à la précédente. Elle renferme un humérus.
6. Reliquaire de saint Barthélémy ^ apôire. Édicule carré de 87 centimètres de haut, présentant sur chacune de ses faces une ouverture trilobée surmontée d'un fronton. Il se termine par un toit pyramidal à quatre côtés. La relique est des plus précieuses ; c'est un fragment considérable du crâne de l'apôtre.
7. %eliqtiaire de saint Génebaud^ premier évêque de Laon. Pareil à celui de S. Barthélemi. La relique qu'il renferme, est une vertèbre.
8. Châsse de saint Rémi, évêque de Reims et fondateur de l'évêché de Laon. C'est une sorte de coffret long, percé d'ouvertures en quatre-feuille et surmonté d'un toit à double versant, garni d'une crête. Il est orné d'émaux et contient, renfermés dans un tube en verre, un fragment d'os de saint Rémi, et dans des médaillons, un morceau du suaire du même saint et un très petit fragment d'os de sainte Célinie, mère de saint Rémi.
(i) Cette relique et celle de saint Boétien furent accordées en 1885, avec TautorisatioB de Monseigneur TÉvèque de Soissons et Laon, par l'église de Pierrepont (Aisne), qui conserve depuis longtemps les corps de ces deux saints.
9- Dans une cliAsse tout à fait semblable à celle de saint Rémi, se trouvent de nombreux ossements de sainte VictoirCy martyre, et de sainte Secrète, vierge.
10. La châsse de sainte Anstrude, vierge, abbesse de Saint- Jean de Lnon, est un édicule plus long que large, mais de dimensions peu considérables (o"'45 environ de longueur). Ses côtés présentent des ouvertures trilobées surmontées de petits frontons. Le toit est à quatre versants et couronné d'une crête. Relique : un os du bras (i).
11. Une châsse, semblable à la précédente, renferme des reliques de saint Béaty trois fragments d'os assez considérables. C'était celle que l'on portait en procession dans les rues de la ville, chaque année, le 9 mai, avant la suppression, en 1889, de toute manifestation extérieure du culte catholique (2).
12. Châsse de saint Quirin, martyr. Elle est de forme longue et terminée par un petit toit à double égout. Ses faces sont percées de petites baies cintrées, qui permettent de voir à l'intérieur les reliques du saint, trois fragments d'os.
13. La châsse de sainte Claire, martyre^ est semblable à celle de saint Quirin ; elle renferme une côte de la sainte.
(i) Cette relique, conservée à l'évéché de Soissoiis, a été donnée en 1885, par Monseigneur Odon Thibaudier, alors évêque de Soissons et Laon, actuellement archevêque de Cambrai.
{2) Cette procession de saint Béat se faisait de temps immémorial. Celles de la Fête-Dieu, également supprimées, avaient pourtant été insti* tuées par un compatriote, le pape Urbain IV qui avait été chanoine de Laon.
14. Reliquaire de saint Gorgon, martyr. Édicule carré, orné d'émaux et présentant quatre faces percées d'ouvertures trilobées et couronnées de frontons ; une petite tourelle s'élève sur le milieu. Relique : fragment considérable d'un gros os.
15. Reliquaire de saint Félix ^ martyr. Semblable à celui de saint Gorgon. Relique : fragment assez gros d'un os.
16. Reliquaire de saint Lambert^ évêque de Maestricht et martyr. Édicule à peu près semblable aux précédents, mais plus petit, non émaillé et terminé par un clocheton surmonté d'une croix. Reliques : trois fragments d'os.
17. Reliquaire de saint Canoël, évêque de Laon au VII^ siècle. Pareil à celui de saint Lambert. Reliques : trois petits fragments d'os.
18. Reliquaire de saint Crépiny martyr i Soissons. Sa forme est celle d'un édicule carré reposant sur des lions accroupis, et offrant, sur chacun de ses côtés, de petites baies trilobées surmontées de frontons triangulaires. Sa hauteur est d'environ o"73. La relique est un fragment d'os.
19. Reliquaire de saint Rufin, martyr à Basoche. Semblable au précédent. Relique : un fragment d'os.
20. Reliquaire des saints Nicaise, Sulpice et Théodulphe. Cylindre en cristal entouré et surmonté de détails d'orfèvrerie. Reliques : fragments d'os.
2 1 . Reliquaire des saintes Apolline^ Benoite et Perpétue. Semblable au précédent. Reliques : fragments d'os.
22. Ancienne châsse de saint Béat . Cette châsse longue de i"'25 et haute de 0^70 est en bois, orné de mou-
lures, de guirlandes sculptées et de dorures. Elle se trouvait autrefois au-dessus du rétable de la sainte Face, abritée sous une sorte de baldaquin en bois terminé par une couronne de rayons dorés, et reposant sur la même crédence sur laquelle elle repose encore aujourd'hui. Les principales reliques qu'elle renferme, sont celles des saints Marc, évangéliste, Adrien, Antoine, abbé, Augustin, Boniface, évêq. et mart., Cyprien, Éloi, Fiacre, Godefroy, Julien, Laurent, Marcoul^ Nicolas, Privât, duentin, Roch, Vincent de Paul, etc., des saintes Agnès, Aldegonde, Hélène, Macre, etc.
IL Vases sacrés.
La cathédrale n'a conservé aucun de ses anciens vases sacrés. On y voit pourtant un petit calice généralement attribué au X///« siècle ; mais il n'est pas certain qu'il ait appartenu autrefois au tiésor de l'église.
Les vases sacrés qu'elle possède actuellement, sont modernes. A l'exception d'un ciboire émaillé un peu plus ancien, les plus beaux, un calice, un ciboire et un çstensoir en vermeil, ont été acquis ou donnés de 1880 à 1890. Ces trois objets, ornés de nombreux émaux, de perles, de pierres précieuses et de riches diamants, sont d'une forme très élégante et parfaitement harmonisée avec le style de l'église. Ils ont été exécutés par la maison Poussielgue-Rusand, de Paris.
m. VÊTEMENTS SACERDOTAUX.
Il n'y a plus, à la cathédrale de Laon, de ces anti-
ques chasubles forme Moyen âge, de ces vieilles chapes couvertes de broderies d'or et d'argent, que Ton admire encore dans le trésor de quelques grandes églises.
Les ornements sont presque tous modernes et ornés de belles broderies ou de tapisseries, œuvres des dames chrétiennes de la paroisse ; quelques-uns cependant sont faits de vieux damas, de drap d'or, d'étoffes brochées provenant de vêtements sacerdotaux antérieurs à la Révolution et remontant à Louis XV, quelques-uns même au XVII* siècle.