SAINT BERTRAND
L'Église du Mans, ruinée par Badégisil, ne devait pas rester sous le coup de son déshonneur. Dieu, pour la consoler, lui réservait un glorieux pontife dans la personne de saint Bertrand (586-623 environ).
Bertrand {Bertichramnus, Bertchramnus, Berlrannus, Bertringan), qu'il ne faut
pas confondre avec son contemporain Bertchramnus, évêque de Bordeaux, décrié
par ses mœurs corrompues, naquit d'une noble famille, originaire de France et d'Aquitaine’. Les Aclus Ponltificum le font vivre sous Chilpéric Ier, fils de Clotaire Ler, et sous Clotaire Il, fils du même Chilpérie Ier, IT prit la tonsure à
sacrés de la main de saint
Tours, sur le tombeau de saint Martin, les ordr
Germain, évêque de Paris, son éducateur, et devint archidiacre de cette dernière
ise. Après la mort de Badégisil (586), il fut choisi pour le remplacer? et eut
aussitôt à lutter contre sa veuve qui poussa l'impudence jusqu'à vouloir jouir des legs pieux faits à l'église du Mans pendant l'épiscopat de son mari°. Si d'un côté, les honneurs vinrent trouver Bertrand, comme lorsqu'il fut envoyé en ambassade en Bretagne (vers 588) par le roi Gontran’, il dut supporter de nombreux revers à cause de sa fidélité envers Clotaire IT, son prince légitime. Celui-ci vaincu, en l'an
600, par les troupes de son cousin Théodebert IT, roi d'Austrasie, fut contraint
Gi) « Invitatus itaque Badegisilus, Cenomanorum cpiscopus, ad quemdam locum dicæcesis suæ venit, ad
» basilicam beati viri (Martini) et nomine ct reliquiis consecrandam. Celebrata solemnia, invocantes saneti
» Martini nomen, duo paralytici gressum, cæcusque unus visum recepit ». Grégoire de Tours, De miraculis sancli Martini, ib. I, cap. XXX
(2) Questions mérovingiennes, pp. 377. — Noir Actus, p. 108.
(3) « Nobilis genere, natione partim Aquitanieus et partim Francus ». Actus, p. 109.
(1) Mort en 576.
(5) « In cujus locum Bertchramnus, Parisiacus archidiaconus, subrogatus est ». Grégoire de Tours, Historia Francorum, lib. VII, cap. XXXIX.
(6) Ibid.
(7) Ibid., lib. IX, cap. XVIII.