DICO T
Hadoindi, genuinum. J. Havet, Œuvres, Questions mérovingiennes, p (8) Actus. — XI » nensium episcopi ». Bibliothèque du Mans, ms. 224, fol. 130. (9) Voir La Province du Maine, t. IV (1896), p. 105. (10) « Rursus invenit corpus saneti Haduindi, duodecimi ejus civitatis episcopi et confessoris, ut referunt,
endas septembris. Ipso die, sancti Habundi (sie pour Haduindi) depositio, Cenoma-
» nalione Scoli, quem integrum, unà eum sacerdotalibus vestimentis quibus sepultus fuerat, reperit ». Actus, p. 61.
partie de son corps !. Nos annalistes manceaux, Le Corvaisier, Bondonnet, dom Colomb, dom Piolin et autres, ont commenté ces textes avec leur liberté ordinaire. Le corps de saint Hadouin était entier (integrum] où presqu'entier ; ils en
ont fait un cadavre « frais et vermeil ».
SAINT BÉRAIRE Selon la remarque de dom Briant, l'époque de l'épiscopat des successeurs de
saint Hadoind jusqu'à Francon Ier, ne peut être établie d'une manière précise avec
à ces
les catalogues manceaux: les chartes elles-mêmes qui sont attribuées évêques portent souvent le caractère de documents suspects et l'autorité des Actus, à leur sujet, est presque nulle *.
Malgré tout, il faut continuer à marcher dans ces ténèbres qui couvrent la fin de l'époque mérovingienne et le commencement de la période carolingienne.
Les Actus placent saint Béraire {Berlecarius, Berarius |, successeur de saint Hadoind sur le siège du Mans, dans les derniers temps de Clovis IT, mort en 6:
par son origine en partie Franc et en partie Aquitain, et ses parents des deux côtés
7 d'après Krusch, et sous ses fils Clotaire HT° et Thierry HT”. Il était, disent-ils,
d'illustres familles. S'il fallait en croire le mème document, c'est au temps de saint Béraire qu'aurait eu lieu le transport au Mans des reliques de sainte Scolastique ?, la fondation du monastère de Saint-Pierre entre les murailles de la ville et la Sarthe, et celui de Tuffé par une femme nommée Lopa. Ces affirmations
ne souliennent pas toutes la critique non plus que les suivantes: Béraire mourut le
XVI des calendes de novembre", dans le domaine de Baneth, au territoire de
Bordeaux où il était né (dit dom Piolin, sans preuve aucune), après un épiscopat
de vingt-six ans, quatre mois, quatorze jours ?, ayant fait soixante-une ordinations
quatre cent cinq prêtres, deux cent vingt-huil diacres, des sous-diacres et d'autres
ministres en nombre suffisant ! On assure que ses disciples l'enterrérent dans la
G) 6 Maximam partem corporis sancti Haduindi ». Gesta Aldrici, édition L. Froger, p. 124. (2) « Octo sequentium episcoporum tempora a medio seilicet sæculo VII ad annum 793, vix præfigere
» licet, cum in calculo annorum qui cis à abundant 40 anni ; éhartæ in quibus notan-
atalogo tribuuntur su]
» tur valde suspectæ sint, sæpeque vacilletur Acforun fides ». Cenomania, Catalog. episcoporum.
(3) Clotaire IT, né en roi de France, en 657, mort en 673 (Krusch). (9 1
6) « V Idus julii (11 juillet). Cenomannis civitate, advectio corporis sanete Scolastice, virginis, sororis
nierry I, né vers , roi de France, en 6 mort en 691 (Krusch).
» sancti Benedicti, abbatis, cum parte corporis ejusdem ». Bibliothèque du Mans, ms. 244, fol. 100, et 256 fol. 36 Martyrologes de l'Église du Mans et de Beaulieu.) (6) Le 17 des calendes dit le Martyrologe de C
glise du Mans. Bibliothèque du Mans, ms. 244, fol. 168.
(7) La liste des Actus dit trente-cinq ans, quatre mois, dix-sept jours, et celle des Gesta Atdrici, vingt-cinq
ans, quatre mois, dix-huit jours. — Dom Piolin, Hisloire de l'Église du Mans, &. 1, p it l'épiscopat
de saint Béraire entre les années 654 et 670, (soit seize ans) pui la fin du même chapitre, p. 560, lui assigne
vingt-six ans, quatre mois, quatre jours.
LES ÉVÊÈQUES MÉROVINGIENS 47
basilique de Saint-Martin de Pontlieue qu'il avait restaurée !. Monté sur le siège de saint Julien vers 654, il n'y était certainement plus en 673. Cette derniére date nous est indiquée par M. J. Havet? qui ne tient pas compte de la charte de Béraire, donnée au sujet de la villa Cabariacus, en Aquitaine, le 2 juillet de la quatrième année du règne de Thierry IT, c'est-à-dire en 676*.
Le vicomte de Ponton d'Amécourt dans sa Recherche des monnaies mérovingiennes du Cenomannicum *, reproduit un denier d'argent qu'il attribue à saint Béraire, sous cette rubrique: « Ebricharius, » probablement évêque et monétaire ». L'un des côtés de la
monnaie montre deux personnages accostant un cippe sur-
monté d'une croix, avec la légende CENOMANNIS: le revers figure une croix haussée sur un degré, légèrement potencée, cantonnée de quatre globules avec l'exergue : EBRICHARIVS.
D'après MM. de Longpérier et de Ponton d'Amécourt, les deux personnages
représentent saint Gervais et saint Protais, patrons de l'église du Mans, et le cippe
du milieu, le peulvan ou menhir, autrefois surmonté d'une croix, qui se voit encore de nos jours adossé à la cathédrale, et qui serait, dans le cas présent, le symbole de notre église fondée sur les ruines du paganisme.
L'idée, toute séduisante qu'elle puisse être, ne rallie pas tous les suffrages. M. Maurice Prou, bibliothécaire au Cabinet des Médailles et auteur du Catalogue des monnaies mérovingiennes de la Bibliothèque Nalionale, m'écrit à ce sujet : « Je ne voudrais pas affirmer que les contemporains n'ont pas donné à l'image de notre monnaie cette interprétation, mais ce qui parail certain c'est qu'elle est une copie modifiée des deux soldats qui, sur des bronzes de Constant Ier, accompagnent une enseigne militaire? ». Le peulvan de MM. de Longpérier et d'Amécourt ne serait donc que la dégénérescence du Vexillum et les SS. Gervais et Protais, deux soldats romains °.
La monnaie d'Ebricharius porte au Cabinet des Médailles à la Bibliothèque Nationale, le no 422, et un autre exemplaire varié, mais offrant encore l'espèce de menhir, surmonté d'une croix, le n° 423. Ce dernier spécimen a été donné
jalement par M. d'Amécourt.
() Actus, p. 180.
(2) J. Havet, Questions mérovingiennes, p. 397. (3) Actus, p. 187. Dom Briant, Cenomania, admettant ce document, recule la fin de Béraire jusqu'en 679. (1) Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1883, p. 58. G) Lettre de M. Maurice Prou, datée de la Bibliothèque nationale, le 10 novembre 1898. (6) M. Hucher (Géographie an » du dio d’abord proposé de voir dans ce V du Mans. Dans la Revue Numismalique de 1818, il adopte la version du Vexillum et des deux soldats
du Mans. Essai sur les Monnaies du Maine, p. 696), avait
, affectant parfaitement la forme d'un menhir, la porte de la basilique
romains.
AIGLIBERT
Les historiens manceaux suivant scrupuleusement et sans autre examen les
Aclus Ponlificum, nous affirment qu’Aiglibert (Aigliberlus), originaire d'Aquitaine, né de parents distingués par leur noblesse, fut archichapelain de Thierry I, archevêque et prince des évêques du royaume '. Ce n'est pas ici le lieu de discuter
ces litres pompeux qui prêtent trop le flanc à la critique et qui ont fourni à dom
Piolin ? l'occasion d'écrire un chapitre dont le titre est ainsi libellé : Saint Bertrand el le vénérable Aiglibert ont porté le Pallium el ont joui de la dignilé de vicaires du
Siège Apostolique ! I me suffira de dire qu'Aiglibert, successeur de Béraire en
673 au plus tard, se rencontre encore en 692 et ne dépasse pas les années 698 ou
699 sur le siège de saint Julien *. Ces dates absolument certaines ne s'écartent pas
trop des vins
quatre ans, six mois et onze jours des Actus", pendant lesquels notre évêque aurait fait soixante-quinze ordinations, trois cents prêtres, trois cent dix diacres, quinze sous-diacres et d’autres ministres en nombre suffisant ! On lui
attribue la fondation du monastère de Saint-Aubin et de Sainte-Marie, tant en
dedans qu'au dehors des murs de la ville, la délivrance de celui de Saint-Georges du-Bois des mains impies qui le détenaient, et l'augmentation de celui de Tuffé?.
L'institution orientale des chorévèques resta ignorée en Occident pendant toute
la période mérovingienne: elle ne s'introduisit dans le monde latin que dans la seconde moitié du VITE siècle". Malgré cela, l'auteur des Aclus veut faire croire qu'elle était connue au Mans un siècle plus tôt, et que le vénérable Aiglibert avait un chorévêque nommé Pierre, Ce dernier était, dit-il, enfant du pays, né à Champagné-sur-Huisne, de parents appartenant à la dépendance de l'église cathédrale’. Son humble naissance lui aurait valu le mépris des « nobles de la province », qui tächérent d'en profiter pour dépouiller l'église dans laquelle il avait une part de
gouvernement, mais Je secours de Dieu lui permit de repousser leurs attaques *.
() « Archicapellanus et princeps episcoporum regni erat, Genomannice urbis archiepiscopus ». Actus, pp. 195, 201. — « Archicapellanus,
hic tamen titulus in usu non erat ». Dom Briant, Cenomania. Le mot
archiepiscopus n'entra dans l'usas p-
courant qu'à l'époque carlovingienne. J. Havet, Questions mérovingiennes,
) Histoire de l'Église du Mans, L 1 pp. 462
3) J. Havet, Questions mérovingiennes, pp.
(9) Dom Piolin place Aiglibert entre les années 670 et 705, soit environ trente-cinq ans d'épiscopat, suivant en cela le catalogue des Aetus qui donne trente-quatre ans, six mois, onze jours (5) Les Actus (p. 197) donnent un acte royal de la troisième année de Thierry II, 6 décembre, concernant Tulfé. M. J. Havet, Questions mérovingiennes, p. 408, croit contre Bréquigny et La Porte du Theil, à l de cet acte,
authenticité
(6) 3. Havet, Questions mérovingiennes, p. 336
(7) « Prefatus namque Petrus natus ex ipsa parochia (diocèse) fuit, in villa que dicitur Campaniacus super
» fluvium Idonec et ex familia matris et civitatis ecelesiæ procreatus
». Actus, p. 195.
près Actus, p. 193.
(8) J. Havet, Questions mérovingiennes, p. 337, d'
istence du chor
L'e êque Pierre semble donc controuvée. Il n'en va pas de
même pour un concile national qui se tint au Mans, la onzième année du règne
de Thierry III, en juin 683. Ce fait important nous est révélé par un acte d'Aiglibert, concernant le monastère de Sainte-Marie, au bas duquel signérent , Hildebertus.
ou Berlus, qui fut évêque de Tours de 674 à 690 environ, Landeberlus de
trente-et-un évêques. Parmi ceux-ci on remarquait le métropolit:
Lyon, Landoberlus de Sens, Blidramnus de Vienne, Gosenus (Agolenus ou Agosenus) de Bourges, Herlingus de Meaux, Aiglibertus, probablement Févêque d'Angers !, Aclaldus {Agerardus ou Aïdradus de Chartres, Rigoberlus {Sigobertus! d'Orléans, Adalberlus de Soissons, Abbo de Metz?, Hermenarius d'Autun, Vindicianus (Vindilianus) de Cambrai, Aquilinus d'Évreux. Theode-
ivais . Un évêque
fredus d'Amiens, Berulfus { Serulfus) de Laon, et Clemens de B du nom de Berarius, confondu à tort par Bréquigny avec l'évêque du Mans, Béraire, signa en même temps que les autres. C'était peut-être un évêque de Rennes dont je parlerai à la fin de ce chapitre.
Le roi, en principe, avait seul le pouvoir d'autoriser l'ouverture d'une officine monétaire. Mais à l'époque mérovingienne, il se dépouilla souvent, en faveur des églises, d'une partie de son droit et un grand nombre de monnaies des VIe et
VILe siècles nous sont parvenues qui portent des noms d'évèques où plus souvent
ises. On relève sur des tiers de sol ou sur des deniers les noms des égli
d'ég
épiscopales de Chalon, du Mans”, d'Angers !, de Noyon, de Senlis, de Clermont-
Ferrand, de Limoges, de Bordeaux, de Toulouse, etc. ? IF n'est donc pas étonnant
de trouver dans les Aclus® une concession de battre monnaie à l'effigie de saint
. douzième
Gervais, faite à Aiglibert, par Thierry IT, le 6 des calendes d'avri
année de son règ]
Si cet acte est contesté’, il faut admettre comme authentique une lettre d'Aiglibert, du 9 juillet 692, deuxième année de Clovis IT, lettre adressée aux
agenles où missi préposés à l'exploitation des dix grands domaines ruraux de la
(1) Bréquigny croit qu'il s'agit ici de l'évêque du Mans qui aurait signé d'abord avant tous les évêques
et ensuite à cer
. Cette supposition est absolument dénuée de bon sens. On n'a pas la date exacte de
l'abbé Duchesne, Les anciens Catalogues, p. 55, mais il est le troisième
l'épiscopat d'Aiglibert à Angers, dit M ëè G. Port, Dictionnure, 1, pp. XXVIL, 4, le nomme
d'une série de neuf 6 ent de 627 à 7 Agilbert (2) s identifications sont dues à M. J. Havet, Questions mérovingiennes, pp. 597, 998. Dom Piolin, (Histoire de l () Voir Ve de Ponton d'Amécourt, Monnaies mérovingiennes du Cenomannicum, p. 62, Atelier de la cathé-
qlise du Mans, T, 591) a placé ce concile du Mans en 681.
drale du Mans.
(1) Des monnaies angevines du Vile siècle portent: Andecavi ecclesie; Ecclesie Andeg. C. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire, À 1, p. IX, note 4.
(5) M. Prou, La Gaule mérovingienne, p. 71.
(7) Dom Briant, Cenomania, s'étonne de ce privilège et du titre d'arehevèque dont Aiglibert est qualifié
dans cet acte.
cathédrale: La Quinte, Tresson, Launay. Delas?, Longuève, Loudon, Gennes
ou Gesnes, Trans, Villaines et Thori
né, L'évèque du Mans y notifie qu'il a
concédé au monastère de Sainte-Marie, dirigé par l'abbesse Ade, les dimes de tous les produits agricoles de ces domaines, et qu'à l'avenir, ils aient à livrer régulièrement ces dimes aux missi de l'abbesse !.
Comme je l'ai dit plus haut, Aïglibert, que notre Église qualifie de vénérable, mourut vers 698 ou 699, laissant à sa cathédrale de nombreux vases d'or et d'argent ?. On ignore le lieu de sa sépulture *.
Plusieurs historiens, comme dom Bondonnet et dom Piolin, s'appuyant sur différents textes sans grande valeur el sur une pièce relative au monastère de
femmes de Châlons *
, pièce datée de « Marogilo villa? », le 12 des calendes de 710), ont
inserit à la suite d'Aiglibert, un Béraire IT qui aurait gouverné l'Église du Mans
novembre, seizième année du règne de Childebert ( mardi 21 octobre
avant Herlemond. Il faut rayer ce Béraire IT de la liste de nos évêques. En réalité, dit M. J. Havet”, le Béraire, auteur de la charte de Châlons, de 710, ne peut pas
avoir élé évêque du Mans, par la raison qu'à la date de cette charte l'évêque du
Mans s'appelait Herlemond. Après différents raisonnements bien déduits, M. Havet
conclut que Béraire, probablement le même qu'un Beracharius, signataire d'actes
épiscopaux de 683 et de 6967, pouvait être un évêque de Rennes, dépossédé de
son siège par un usurpaleur, el possédant dans le Maine des bénéfices temporaires
de notre Eglise.
HERLEMOND Her
Lévèque Herlemond occupait certainement le de saint Julien au
commencement de l'année 699, Au rapport des Actus, il était franc d'origine et issu de parents nobles. Sainte Bathilde, femme de Clovis IF, et le roi Clotaire I avaient, paraît-il, concédé autrefois à saint Béraire qu'aucun due ou comte du
Maine ne pourrait être choisi sans l'assentiment de l'évêque, des abbés, du
(1) J. Havet, Questions mérovingiennes, p.
(2) Actus, p. 194.
(3) L'abbé Voisin (Notre-Dame du Mans, p. 56, chez qui l'imagination joue souvent un grand rôle, croit
pouvoir identifi
Aiglibert, évêque du Mans, avec un Aiglibert, corps fut retrouvé dans l'abbaye de Joua (1) Mayenne.
vêque de Dorchester et de Paris, dont le re, en 1632.
(5) Mareil-en-Champagne ?
(6) Questions mérovingienne
(7) Beracharius où Berarit
les en même temps qu'Aiglibert, Aiglibertus, évêque d'Angers.
Giry, Manuel de diplomalique, p. tort le Berachurius (Bercaire) de la charte d'Agé
ng ard, évêque de
Chartres, de 696, parmi les évêques du Mans
6 et des habitants du pays. Childebert TT, à la prière d'Herlemond, s'empressa
de confirmer cette disposition de ses prédécesseurs, par un diplôme, daté de >
Valentiennes, le 3 mars 698/9, quatrième année de son régne'. Dom Briant
s'étonne d'une telle conces
sion royale”. Il n'y a pas lieu d'en être surpris. Sous
station de la vie civile
les Mérovingiens, l'intervention des évêques dans la manif était tenue pour très légitime : ils exerçaient une autorité publique au même titre que les comtes et concurremment avec eux. Non-seulement les rois enjoignaient
aux évêques et aux comtes d'agir de concert, mais ils reconnaissaient aux évêques
une véritable suprématie sur les comtes. C'était un devoir pour les évêques de
le.
surveiller, de réprimer et de punir de l'excommunication les illégalités et les abus de pouvoir qu'ils commettaient. En un mot, aux veux des rois et des populations chrétiennes, l'Église étant la seule institution de l'empire romain qui fût restée debout au milieu de la formation des royaumes barbares, les évêques, revêtus d'un caractère sacré, se trouvaient être les représentants et les mandataires
de la cité, tandis que les comtes, issus du pouvoir royal, n'étaient que des
officiers de police et judiciaires, chargés d'assurer le rendement de l'impôt*. Cette
situation explique très bien la confiance accordée aux évèques Béraire et Herle-
mond par sainte Bathilde, Clotaire IT et Childebert IT, surnommé le Juste,
confiance partagée par Dagobert IT qui, le 2 mars 713, renouvela en faveur
d'Herlemond, les immunités assurées par son pére Childebert IL aux terres de
l'Église du Mans.
erlemond avait fondé à la porte nord de sa ville épiscopale, près du mur d'enceinte, un oratoire dédié à saint Ouen, évêque de Rouen, mort entre 683 et 685. Il donna, vers 712, aux douze moines qui y exerçaient l'hospitalité, quelques
domaines dans son diocèse *.
i l'on veut ajouter foi aux Actus, il faut admettre qu'Herlemond, qui avait
choisi comme archidiacre et vicaire l'abbé de Saint-Vincent, Chirmirus, mourut
le 9 des calendes de novembre (24 octobre), après avoir siégé pendant vingt
ans, neuf mc treize jours, et fait trente-huit ordinations, deux cent quatre-
vingl-trois prêlr cent soixante-douze diacres et nombre d'autres ministres.
On ne peut guère se fier à l'exactitude de ces chiffres non plus qu'à l'affirmation
(1) J. Havet, Questions mérovingiennes, p. 271 (2) Cenomania.
1. Prou, La Gaule mérovingienne, pp. 61, 119. f. V. Dagoberti IL pro Herlemundo de immunit. ecel. Genom. Genuinum ». 3, Havet,
(4) Actus. « 713, mart, 2
Questions mérovingiennes, p Les diplômes de Arduno pour Herlemond, semblent également authentiques à M. Havet.
(5) La charte d'Herlemond relative à Saint-Ouen, donnée dans les Actus, paraît authentique à M. J. Havet,
excepté le début et la date finale. Questions mérovingiennes, pp. 414, 415, 443.
de dom Piolin! plaçant à Saint-Vincent la sépulture d'Herlemond, tandis que d'aprés Le Corvaisier”, les © Registres du Ponlifical asseurent qu'il fut inhumé
» dans l'église cathédrale * ».
() Hisloire de l'Église du Mans, 1, p 101.
() Histoire des évesques du Mans, p. 2
(3) Les Actus disent « in ecclesia honorifice sepultus est ». Le mot ecclesia employé seul ici, peut avoir le sens de cathédrale.