‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 178 sur 236 · LES TR · texte numérisé non relu

LES TR

AVAUX PENDANT LE XIXe SIÈCLE 415

L'année 1835 vit d'au

forts et enfin l'adjudicat

tres {travaux aux galeries, aux balustrades et aux contre-

ion des clochetons en fonte de la lour qui devaient

remplacer le couronnement frappé par la foudre le 21 juillet 1822.

En 1837, Mir Bouvier

de la cathédrale, préparé par Myr de Grimaldi, au-dessous des

du chœur, les restes des évêques de La Myre el Carron, ceux de

reposant déjà. Quelques 2 de Sous-Terre eut été d et humide et voulut a

Grimaldi

fecter cette erypt

fit détruire (1853) les

seulement avant son départ pour Rome en 1854, el y déposa, sans aucune solennité,

les corps De

sacristie

de ses {rois pré 810 à 1845, on : l'exécution de

bas de la nef par M. Fia

sur les plans du P. Arthu

des peintures murales de l'intertransept au-dessus « » le chœur en marbre et C'est ici le lieu de sig du Mans, publié par l'arc ar M. Hibon: 10

ul

gravecs

aulour du monument €

Vierge, faisant communic la façade de la nef, des

3 Coupe longitudinale «

40 Coupe et plan de deux

que ses meurtrières purent y laisser pénétrer l'a

el fit creuser de nouveaux caveaux. Le prélat les bénit d

: obtint l'autorisation de faire transporter dans le caveau

éambulatoires

g de Pidoll y

unnées plus lard (1852), quand la crypte de Notre-Dame

égagée à l'extérieur des terres qui la rendaient sombre

ir et la lumiére, il

e à la sépulture des évêques du Mans. En conséquence,

cases funéraires des chanoines ® élablies par Mur de

uelques jours

écesseurs. Lui-même devait bientôt les y rejoindre.

constate la restauration du clocheton angulaire de

ih

a grande verrière (avec fragments d'anciens vitraux) «

leix, élève de la manufacture de Sèvres ; la confection,

r Marlin, de l'autel de N.-D. du Chevet”; la découverte

Gonlier de Bagneaux": la reconstilution de la fenêtre de e la nef”, et « le pavage de la totalité de l'édifice, savoir e reste de l'église en pierres de la Vacherie ! ». naler un album in-folio assez rare, relatif à la cathédrale ilecte Delarue et dont les sept planches suivantes furent Plan géométrique de la cathédrale, avec jardin projeté

grand escalier, au chevet de la chapelle de la Sainte uer le jardin avec la place des Jacobins. 20 Élévation de

lransepis et de la tour: petit clocher central projeté.

e la cathédrale entière: petit clocher central projeté.

travées de la nef. 50 Coupe de deux travées du chœur.

Go Relevé des peintures de la chapelle de la Sainte Vierge. 70 Coupe de la chapelle

de la Sainte Vierge *.

Un des plus ardents

(1) Archives de la Sarthe, V (2) Leurs ossements, enterrés L

es du chœur. M. le chanoï

(3) Abbé Pichon, op. cit. pp. 21 (4) Voir p.

auxiliaires de M. Delarue pour la restauration et l'em-

à, de 1771 à 1830, furent transportés dans la erypte voisine, sous les déam-

ne Pers

n a publié la liste exacte de ces chanoines dans ses Recherches,

et suivantes,

(5) Registres de la fabrique de Saint-Julien.

(6) Richelet, Le Mans ancien el (7) L'exemplaire de l'album qu

moderne, p. 58.

e j'ai eu entre les mains, m'a été communiqué par M. Julien Chappée.

bellissement de la cathédrale fut l'abbé Magloire-Stanislas-Adrien Tournesac, né à Saint-Mars-d'Outillé, le 14 septembre 1805. D'abord cordonnier chez son pere, il fut ordonné en 1833, devint prêtre-sacristain de N.-D. de la Couture, chanoine honoraire de la cathédrale, entra dans la compagnie de Jésus et mourut au Mans,

dans la maison de Sainte-Croix, le 3 janvier 1875. S'élant livré presque exclusi-

inces spéciales qui

vement aux études archéologiques, il acquit connais firent de lui un architecte distingué. On lui doit en particulier l'église du

collège de Sainte-Croix au Mans et les transepts de la cathédrale de Laval.

Il professa l'archéologie au Grand Séminaire et employa tous ses efforts, pour

Par malheur, cet

faire entrer cette science dans le cadre des études cléricales.

essai, inauguré par Mur Bouvier, qui y attachait la plus grande importance !, resta si infruclueux qu'à l'heure actuelle les cours d'antiquité chrétienne et d'histoire ecclésiastique sont absolument rayés du programme, comme inutiles aux prètres, alors que les laïques en comprennent de plus en plus la nécessité.

A l'architecte Delarue succéda en 1849, M. Lassus déjà chargé de la cathédrale

de Chartres et futur restaurateur de la Sainte-Chapelle de Pa Le 25 juin,

celui-ci choisit pour son représentant officiel au Mans, sous le titre d'inspecteur

diocésain, M. Leboucher, et, en juillet 1851, après la mort de M. Leboucher,

M. Alfred Tessier, l'un et l’autre élèves de M. l'abbé Tournesac. Le nouvel archi-

tecte diocésain fit disparaître l'ancienne Psallette, la vicille maison de Saint-

Bertrand et établit alors l'escalier dit monumental qui met en communication la place Saint-Michel avec la place des Jacobins.

Depuis la Révolution, l'Évêché était passé en plusieurs mains laïques. L'un de ses propriétaires, Pierre Lepellier, avait aménagé en logements les anciennes

remises épiscopales qui se trouvaient à quelques centimètres seulement de l'abside

des chapelles rayonnantes du nord de la cathédrale et les locataires transformaient

en cloaque la petite cour longeant l'église dont les eaux s'écoulaient dans la crypte

sous la chapelle Saint-Joseph *, Après de longs et nombreux pourparlers, le sieur Lepellier consentit (décembre 1852) à se défaire de sa propriété pour la somme de quatre-vingt mille francs, et l'on put y installer la Psallette en 1855.

Le 27 décembre 1853 et le 30 mars 1854, le ministre des cultes accorda

d'importants crédits pour la restauration des contreforts du transept nord, la

reprise des soubassements de la cathédrale du côté de l'ancien évêché, la restau-

voisines

ralion extérieure des murs, des contreforts et des chapelles rayonnantes

du transept septentrional ?.

() Voir la Cireulaire de Mar Bouvier à ses curés, du {er avril 1835, ct Bulletin de la Sociélé royale d'Agriculture, Sciences et Arts du Mans, LIL, p. 150.

@) Plan des constructions de l'évêché, aux Archives du Chapitre.

(3) Abbé Pichon, op. cit. p. 36

LES TRAVAUX PENDANT LE XIXe SIÈCLE 41%

Durant son épiscopat de six années, Mur Nanquette dégagea intérieurement le chœur de son église en faisant disparaître la Gloire absidale due à My de Grimaldi et restaurée par Mur Carron, les dossiers des stalles, les deux trônes et enfin les deux petits autels à l'entrée du chœur, qui avaient été élevés avec les débris du Jubé de 1610", Ces travaux ont été exécutés au cours des années 1856 etSoTE

En 1854. le bourdon de Saint-Julien se brisa. Le 18 août 1858, un orage épouvantable, accompagné d'énormes grèlons poussés par un vent impélueux de ‘ouest, S'abatlit sur le Mans vers deux heures de l'après-midi. La cathédrale

souffril beaucoup. Ses verrières de l'ouest furent littéralement criblées. Sur

‘avis donné par Mur Nanquette. le ministre des cultes envoya M. Boë wilvald our se rendre compte de limportance des dégâts. Comme Napoléon III passait au Mans quelques jours plus lard, au retour d'un voyage en Bretagne, ‘évèque se rendit à la gare afin de solliciter sa générosité. L'empereur promit son concours avec la meilleure grâce. Le 21 juin 1859, le ministre des cultes ouvrit

un premier crédit et le travail de restauration des verrières fut confié à MM. Coffe-

ier et Lusson, qui devaient s'aider de M. Sicinhel. D'après un compte de 1867, la dépense lotale, y compris vraisemblablement le renouvellement des meneaux des fenêtres, s'éleva à quarante-deux mille six cent sept francs *

Plusieurs vitraux furent offerts à la cathédrale pendant le pontificat de Mur Fillion, notamment par M. Edom, ancien recteur d'Académie, et cinq beaux autels en cuivre, sortis de chez Poussielgue-Rusand, à Paris, vinrent meubler (1866-1870) les chapelles de Saint-Étienne, Saint-Michel, Saint-Louis, Sainte- Scholastique et Saint-Joseph. Acquis avec les sommes versées par les parrains et

par

marraines des cloches baptisées en 1859 et dessinés par M. Boëswilvald,

architecte de la cathédrale, ces autels sont ornés d'émaux et des écussons

de leurs donateurs dont les noms, ici énumérés, sont également inscrits sur

les cloches : Jean-Jacques Nanquette, évêque du Mans, et Marie-Cécile-Denise

de Biré, marquise de la Girouardièr

Théophile-Léon Chevreau, chevalier de la Légion d'Honneur, préfet du département de la Sarthe, et Amélie Laffitte, épouse de M. de Bourqueney, chevalier de la Légion d'Honneur, receveur général du

département de la Sarthe ; Auguste-Élisabeth-Joseph, marquis de Talhouët-Roy,

(1) Après avoir été utilisés par M. l'abbé Livet, dans l'église de l'hôpital du Mans, les relables de ces deux

autels ont pu, grâ l'abbé Sifflet, trouver leur emploi dans la chapelle du Tertre Saint-Laurent.

2) Cf. Chronique de l'Ouest et abbé Pichon, op. cit. p. 44. On trouve dans Le Maine el l'Anjou, du baron

de V trônes élevés du côté du Sanctuaire

nes, une vue intérieure du chœur de la cathédrale, avec sa Gloire, les dossiers des stalles et les deux

(3) Abbé Pichon, op. cit. p. 46. M. l'abbé Pichon dit à la page suivante : « Le 30 juin 1868, nous trouvons

» une ouverture de crédit pour solde d'une dépense de soixante-dix-huit mille huit cent cinquante-un francs,

) pour travaux de reconstruction des mencaux des fenêtres et restauration di

ires-boutants et des chapelles » rayonnantes du côté nord de 1863 à 1867 ». Il est impossible de bien préciser l'emploi de toutes ces sommes

député et membre du Conseil Général du département de la Sarthe, et Adelaïde- Hyacinthe de Fougières, marquise Christian de Nicolay : Charles-Léon-Ernest Leclerc, marquis de Juigné, et Philippine-Caroline-Ferdinande-Louise Oudinot de Reggio, épouse de François-René-Joseph Cuillier-Perron : Charles-Gabriel-Marie- Sosthène, comle et prince de La Rochefoucauld, due de Bisaccia, et Marie- Antoinetle-Clémence-Henriette de Francqueville, comtesse du Luart : Guy-Charles- Henri d'Andigné de Restau, et

athe - Marie - Maurice - Louise

Magnan, épouse d'Alphonse-Alfred Haentjens, chevalier de la Légion d'Honneur et membre du Conseil Général du département de la Sarthe.

On ne saurait, sans ennui Jour le lecteur, poursuivre l'exaà Saint-

Julien, lénumération des vitraux

men des ravaux exécuté

neufs qui vinrent garnir les fené-

res des chapelles et du pourtour

u chœur, le détail des nombreux el importants crédits accordés ar l'Etat sous NN. SS. Chaulet

‘Outremont, Labouré, Gilbert et

LE CHANOINE FRANÇOIS CHANSON e Bonfils:; il suffira de dire que

ARCHIPRÈTRE DE LA CATHÉDRALE DU MANS es architectes, chargés du monument, se montrèrent à la hauteur de leur tâche et qu'ils furent puissamment secondés par MM. les chanoines Laurent Albin, Léon Chanson ct François Chanson, ancien vicaire-général de NN. SS. Fillion et d'Outremont, actuellement archiprêtre de la cathédrale. Celui-ci, tout particulièrement. doit étre signalé — sa modestie dût-elle en souffrir — à la reconnaissance des amis de nos monuments nationaux. Depuis l'année 1897 surtout, il semploie à rendre à la vieille asilique de Saint-

Julien la beauté architecturale qu'elle avait perdue au cours des derniers siècles.

Grâce à sa généreuse inilialive, les épais badigeons étendus sur ses voûtes et sur

ses murs par Mur de Grimaldi et en 1833. ont disparu dans la nef et dans les

lransepts, des grisailles aux blasons variés ferment les fenètres du clerestory de la nef, et de riches vitraux dans le siyle du XIIe siécle remplissent les baies des

bas-côtés. Bientôt une chaire monumentale dessinée par l'architecte, M. Raulin,

complétera la décoration de la partie romane de l'édifice. Les artistes Manceaux

qui ont prêté leur concours pour l'exécution de lous ces travaux ne sauraient être

LES TRAVAUX PENDANT LE XIXe SIÈCLE 419

passés sous silence et il est juste de nommer MM. Pascal Vérité, architecte, Gaullier, père et fils, sculpteurs, F. Hucher, peintre-verrier, Renouard et Bernier, peintres-décorateurs.

Malgré les sommes considérables et tous les efforts prodigués depuis un siécle, il n'en reste pas moins de nombreuses améliorations à tenter pour rendre son lustre à l'antique basilique mancelle. Le chœur, ses pourtours, ses chapelles,

la sacristie devront être débadigeonnés, les chapelles rayonnantes débarrassées

des grilles et des confessionnaux qui les obstruent, les placards disséminés ça et là, réunis dans un vestiaire spécial, les grilles et le pavage du chœur modifiés, les stalles du XVIe siècle netloyées el convenablement aménagées entre les colonnes du chœur qui pourront alors être rélablies dans leur état primitif, ete. Les générations fulures continueront ce que d'autres ont commencé et le proverbe populaire : L'œuvre de Saint-Julien est interminable, gardera pendant de longues années encore son incontestable actualité, à moins toutefois que la Révolution ne vienne

fermer brutalement le livre de pierre où les fils de saint Julien inscrivent depuis

si longtemps les articles de leur Credo.

Page 1