AN. D
L'aspect de l'édicule (du XIIe où du XIVe siècle), tel que je le reproduis d'après
nières, laisse de sérieux
Gaig doutes sur son dégré d'auhenticité. Peut-être sommesnous ici en face d'un comè EPISS COENOMAN D} É osé purement factice, d'un Oo R TT AN.DECLAX] fÉy- | bi 1 AE monument funéraire quelconque, auquel on aura accolé ‘ancienne épilaphe de Gosse-
in (Gauziolen), sauvée lors
de la destruction de la primi-
ive église de la Couture.
Le Pagus Cenomanicus ?,
en Neusirie, correspondant
au diocèse du Mans formé
NT CO ANS de l'union de la Civitas Dia-
blintum à la Civilas Ceno-
mannorum, consliluait à l'époque de Gauziolen, un des plus vastes territoires du nord-ouest de la France. C'est évidemment à l'importance du comté, dont elle était la capitale, que la ville du Mans doit d'avoir été au VII ct au IXe siècle
le chef-lieu d'un duché où commandement mililaire destiné à tenir les Bretons
() Bibliothèque nationale, fonds latin (collection Gaignières), 17036, fol. 13 Cartulaire de la Couture, page 6, planche 6, porte par erreur, la date M CCLXXI.
@) « Le nom vulgaire Le Maine de l'ancien pagus Cenomanieus ne dérive pas du vocable latin Cenomanicum, mais de la variante C
Le dessin reproduit dans le
tomania, qui, ainsi qu'en témoigne la forme Cilmann le l'ancien nom du Mans, a dû
e originairement Cilmaine où Celmaine. Par suile d'une confusion entre la syllabe initiale de Celmaine
en respect. En 749, nous voyons Griffon, l'un des frères de Pépin, chargé de
ce commandement.
HODING
Après la mort de Gauziolen, Charlemagne choisit pour le remplacer un
rêtre de son palais, nommé Hoding { Hodingus). Celui-ci arrivé au Mans ne put
que constater le misérable état dans lequel T1
glise dont il était chargé avait été
réduite par son prédéces
seur et par son vicaire Abraham. Sans ressources aucunes pour subvenir aux besoins de son diocèse', pour former son clergé et pour
secourir les pauvres, il r
ta seulement deux années (771-772) dans sa ville épisco-
>ale * et retourna auprès du souverain afin de lui dénoncer la conduite d'Abraham,
spoliateur des biens de l'Église du Mans, qui était venu à la cour dans le but de
aire approuver ses criminelles rapines. Rien ou presque rien ne subsistait des
ieuses fondations de ses prédécesseurs. La plupart des monastères * eux-mêmes, vides de religieux, étaient tombés aux mains laïques. Charlemagne, éclairé sur l'indignité d'Abraham, fit de sanglants reproches aux conseillers qui lui avaient recommandé cet homme et le chassa aussitôt de sa présence. Celui-ci, de retour dans le diocèse, alla cacher sa honte dans un des monastères dont il s'était emparé". Là, il fut pris d'une atroce maladie qui le conduisit au tombeau. Son cadavre, d'abord enterré dans le cloître, suscita d'horribles prodiges tout en répandant une odeur insupportable : on dut le retirer pour le faire disparaitre sous les eaux d'un étang éloigné.
Hoding ne revint pas au Mans. Charlemagne le transporta sur le siège de Beauvais où il lermina pieusement ses jours. Les catalogues épiscopaux de Beauvais le nomment Audengus”, ce qui a fait dire au P. Le Cointe‘ que Hoding {Hodingus], évèque du Mans, n'est pas le même personnage que Audengus de Beauvais. Le raisonnement du P. Le Cointe, basé sur une simple variante dans l'orthographe du nom, semble assez futile et ne saurait prévaloir contre l'affirmation de nos Actus Pontificum portant expressément : € Domnus igilur Carolus su-
» pradicto Hodingo alterum episcopatum, cujus vocabulum est Belviacus, tribuit ».
avee le pronom indicatif cel, on substitua au prétendu pronom cel l'article masculin dans le nom de la province aussi bien que dans celui de la ville épiscopale, Le Mans». Cf. Jules Quicherat, De la formation francaise des anciens noms de lieu, p. 21, et A. Longnon, Allas historique de la France, texte, p. 102. G) Le texte des Actus (p @) Je donne ce chiflre d'après les Actus.
» porte « neque inveniens unde ipsam ecelesiam restaurare... posset ».
(3) Trente-six, affirment les Actus.
(4) « Ad monasterium Buxiacum ». Actus, p. 246. Cauvin et dom Piolin traduisent sans hésitation par La
Boisselière. C'est de la témérité
(5) Dom Briant, Cenomania
(6) Annales eccles
stici Francorum ad annum 774, ne 151.
Si l'autorité des Actus est précaire pour les origines de notre église, il faut cepen-
iècle, devait
dant admettre que leur auteur, vivant dans la premiére moitié du IXe connaître assez exactement un évêque du Mans de la fin du VIT siècle. Au rapport des Actus, Hoding ! avait emporté avec lui, probablement afin de
s'en servir auprès de Charlemagne, un grand nombre de chartes intéressant son
diocèse, Elles ne revinrent jamais dans le chartrier de l'église du Mans.
MÉROLE
L'ancien chorévèque Mérole avait été, selon les Actus, institué au titre d'une
paroisse rurale du diocèse du Mans, nommée Salica*, dont ‘église était dédiée à
saint Pierre. Tous les auteurs manceaux ont traduit Salica par Saulges”*, où se
trouvait anciennement une église sous le vocable de Saint-Pier
laquelle fut donnée au XIe siècle à l'abbaye de la Couture‘. M. J. Havet croit voir dans Salica, le village de Sceaux-sur-Huisne ?.
Quand Hoding eut quitté le siège de saint Julien pour celui de Beauvais, en
772, le clergé et le peuple du Mans pensérent aussitôt à Mérole. Pressé d'accepter
la suc ion d'Hoding, le chorévèque se rendit auprès de l’archi-chapelain de Charlemagne, l'évêque Angilramnus", afin de prendre son avis. Angilramnus
S'informa de quelle manière Mérole avait été ordonné. Ayant acquis la certitude qu'il l'avait été par trois évêques, il le jugea propre à remplir les fonctions pontificales. Comme Charlemagne ne rencontrail personne pour se charger de l'évêché du Mans, ruiné par les déprédations de Gauziolen, il entra dans les vues d'Angilramnus et Mérole, nommé évêque, vint prendre possession de son siège. Il sy
montra pasteur fidèle ?.
Sil faut en croire un diplome du 22 mars 836, rapporté dans les Gesla Aldrici*, Mérole, Gauziolen et leurs prédécesseurs auraient oblenu de Charle-
magne, de Pépin et des rois mérovingiens des privilèges monétaires
(1) « Hodingus episcopus, quando de Cenomannica parochia profectus est, multa cartarum strumenta vel
alia secum inde deferens, ibi ea dereliquit, et propterea in vestiario et cartulario Sanctæ Mariæ
vasii hactenus non reperiuntur ». Actus, p. 217.
(2) « Gauziolenus..... dedit ei Salicam, vicum publieum et canonicum ». Actus, p. 242 Dom Piolin, Histoire & II, p. 34, traduit « Salicam vicum publicum », ete., par le monastére de Saint-Pierre de Saulges.
L'Église du Mans,
(3) Cauvin, Voisin, Maître, Diclionnaire de la Mayenne, et autres.
(4) Cartulaire de la Couture, p. 19.
(5) Questions mérovingl t. I, p. 335.
(6) © Ingelrannus seu Engelramnus, episcopus Metensis, sub Carolo Magno ». Du Cange, Glossaire, au mot Capellani. (8) Édition L. I (9) À l'époque de l'impression de son Essai sur
roger, p. 115.
monnaies frappées dans le Maine (1815), M. Hucher écri-
vait: « On ne possède aucune monnaie frappée dans le Maine, sous les règnes de Pépin et de Charlemagne ».
LES ÉVÊÈQUES CAROLINGIENS 59
Dés le commencement de l'épiscopat de Mérole, le 19 février 774, Charlemagne confirma un échange de biens fait entre l'évêque du Mans et Rabigaud, abbé de Saint-Calais. Mérole donnait à Rabigaud la villa € quæ vocatur Sabonarias, in
» pago Cenomannico, in condita Labrosinensæ ! », en échange de « Curte Bosane et
» Monte Ebretramno, in pago Cenomannico, in condita Siliacense ? ». Quelques années plus tard, le 1er mai 778, le même Mérole fit un contrat de précaire avec Arvina, abbesse du monastère de Notre-Dame ou Sainte-Marie, relevant de l'église cathédrale, dédiée aux SS. Gervais et Protais. Les souscripteurs de ce contrat passé au Mans, sont: Balam, Bealus, Samuel, Floduinus, Beatus, Superventus, Ermericus, Vumeradus, Joseph, Ochleardus, Gislearius, Christianus, Gotharius, Raganteus,
David, Landradus, Aldricus, presbyleri, Adalguinus, Jacob, Godrebertus, Martinus,
Petraldus, Ragenaudus, Hildebrandus, Adalmannus, Adalricus, Romanus, Regen-
dricus, Hilpricus, diacres
soit dix-sept prêtres et douze diacres, très probablement du clergé de la ville *.
Pendant cette même année 778, le 15 août, Roland, le fameux préfet de la Marche de Bretagne”, que certains chroniqueurs qualifient comte ou duc du Maine”, fut tué à Roncevaux. Les auteurs manceaux, s'appuyant sur les Actus, prétendent que, vers ce temps, Charlemagne passa au Mans et qu'il y vint en aide à Mérole, désireux de relever sa cathédrale de ses ruines". Le Gallia et dom
Piolin placent cet événement mémorable en 776 ou 7