Maler
petit-fils de Robert-le-Fort, il faut considérer Mainard comme le dernier de nos
Hugues-le-Grand, auquel le roi Raoul avait donné le Maine en
son décès arrivé quinze années environ avant l'avénement de l'arrière
évèques de la période carolingienne. Son successeur, Sigefroy, ouvre pour nous l'époque capétienne et féodale. Le pagus Cenomanicus, le Maine, posséde dés lors des comtes héréditaires, issus du comte David qu'il est permis de placer
vers les anné 4
957-970. Auprès de ces comtes sont des vicomtes ! qui formérent la tige des premiers seigneurs de Beaumont-le-Vicomte. Hugues ler, fils de David”,
succéda à son père et tint le comté jusqu'aux environs de l'année 1015. Il
fut le contemporain de l'évêque Sigefroy.
SIGEFROY Sigefroy * (971-997), le successeur de Mainard sur le siège de saint Julien,
{) Le premier de ces vicomtes est Radulphus, vers 990 ou 991. Cartulaire de la Couture, p. T. — Cartulaire de Saint-Victeur, p. 1.
€) « Hugo David, comes Cenomanensis » ne doit pas se traduire par Hugues David, comme l'a fait M. l'abbé Voisin, mais par Hugues, fils de David. — « Hugo I comes Cenom. 2 filius dicitur Davidis et A., forte « Agnetis, uxoris cj Cf. dom Piolin (Église du Mans, I, 517).
G) Segenfridus, Sinfridus, Sein
us ». Dom Briant, Cenomania. On a voulu, sans
nd motif, dédoubler cet Hugues Ier.
rcidus, Siginfredus, Sigenfredus, Sygenfredus, Sigefridus, Sigefredus.
n'avait rien qui le recommandàt pour une semblable dignité. Les Actus! le
qualifient de vir infelicis vilæ el per omnia viluperabilis.
D'après les textes des cartulaires, Sigefroy avait au moins deux frères, Foulques, mari de Rotaïs, mort avant 997, el Guillaume ?, auxquels il faut peut-être ajouter Yves de Creil, premier seigneur de Bellème en 954, mari de Godehilde ?, qui ne
doit pas être confondu, ce me semble, avec un autre Yves, fils de Foulques
et de Rotaïs'. D'Yves de Creil, seigneur de Bellême, et de Godehilde naquirent
Guillaume Ie, seigneur de Bellème et d'Alençon, Avesgaud, évêque du Mans
après son oncle Sigefroy, Yves”, Hildeburge, femme d'Haimon de Château-du-Loir,
qui devait donner le jour à Gervais de Chäleau-du-Loir, évèque du Mans après
son oncle Avesgaud, et Godehilde.
irait vivement l'évêché du Mans. Pour
Le frère du seigneur de Bellême « l'obtenir, il s'assura la protection du comte d'Anjou — que les Actus nomment Foulques, mais qu'il faut appeler Geoffroy Ie Grisegonelle “ espérant ainsi avoir l'assentiment du roi Lothaire. Il lui céda, contre tout droit, la propriété de Coulaines que les évêques du Mans possédaient depuis longtemps,
estimée à plus de mille livres de deniers, et celle du domaine de Dissé au-delà du
Loir. L'avénement de Sigefroy doit être placé à l'année 971, dix-septième du
règne de Lothaire, au cours de laquelle le nouvel évêque approuva, en février,
un acte fait en faveur de Saint-Julien de Tours par Odo, archidiacre de l'église
du Mans”. Dom Piolin remarque que l'archevêque de Tours, Joseph IT, ne semble
pas avoir fait entendre la moindre réclamation au sujet de l'élévation irrégulière de Si avant 958 et avait eu pour successeur Frotier à 980 !.
efroy *. La protestation eût été difficile à Joseph IL, car ce pontife était décédé
en 959, puis Hardouin de 959
A) Velera Analecta, NX, p. 297*.
@) Comte Bertrand de Broussillon, Cartulaire de Saint-Michel de CAbbayetle, p. 9. (3) Les auteurs et en particulier le P. Anselme, I, 283, ont a
né que Sigefroy était le frère d'Yves de
Creil, mari de Godchilde, parceque leur fils Avesgaud est dit neveu de Sigefroy. Il pourrait se faire que
l'évêque du Mans fat seulement le frère de Godchilde, et, de la même manière, oncle d'Avesgaud.
x Yves. M. le vicomte de Romanet n'a
) Dom Briant et l'Art de vérifier les dates ont identifié ces
cilé dans sa Géographie du Perche de Cr
Fableau de la maison de Bellème, p. 98), qu'un seul frère de Sigefroy, Yves
i de Godehilde,
il, seigneur de Bcllême, r
G) L'existence d'Yves où Yvo, qui ne semble pas prouvée à M. de Romanct, est indiquée par ce texte :
« Post mortem autem Rotberti, filit Wilelmi (de Guillaume Ier), Ivo, suus avuneulus, succedens hereditati, etc
Cartulaire de Marmoulier pour le Perche, publié par M. l'abbé Barret, p. 4. Une charte de Saint-Vincent nomme
Yves comme d'Avesgaud, Carlulaire, col. 16.
(6) En effet Foulques I le Bon était mort en 958 ou au plus tard en 960, Gcoffroy Grisegonelle fut comte
d'Anjou de 958 ou 960 à 987, avant son fils Foulques Nerra. Dom Piolin,
glise du Mans, H, pp. 5, 8, qui place
la mort de Foulques le Bon en 95$, affirme que celui-ci favorisa l'élévation de Sigefroy en 960, (7) Dom Brant, C Chartes, ne 270, M. Gir du Mans, M, p.
(8) Église du Mans, I, p. 7.
(9) Froterius. Dom Piolin traduit par Frotére (0) Voir Gallia Christiana. Jean Maan,
iomania ex Annal. Bened. Mabillonit — Recueil de fac-simile à l'usage de École des cite plusieurs fois ce document dans son Manuel de diplomatique. Dom Piolin, Église
0, note 3, publie cette pièce in-extenso.
se de Tours, p. 71. Abbé Duchesne, Catalogues épiscopaux, p. 31.
A peine l'évêque füt-il installé que la discorde se fit jour entre lui et le comte du Maine, Hugues Ier. Dans sa colère, Sigefroy quitta la ville épiscopale et, méditant vengeance, se rendit auprés de Bouchard, comte de Vendôme, à qui il offrit, en échange de son aide contre Hugues Ier, les relevations de soixantequatre autels, les synodes et les visites de ces mêmes églises, puis de grands domaines de l'église-mère: « Cledeis et Alneteis, Pontiacum et Artineis, atque » Ruilliacum vicum, et mulla alia ! ».
Bouchard accepta avec joie et entra en campagne. Mais bientôt, Sigefroy, voyant qu'il ne tirerait aucun profit de cette guerre, fit sa paix avec le comte et rentra au Mans *.
Le comte David passe pour avoir établi le palais des comtes du Maine
sur la muraille orientale de la ville * et fondé, tout auprès, la collégiale de Saint-
Pierre de la Cour". Son fils, Hugues Ier, se garda bien de laisser péricliter l'œuvre
paternelle en faveur de laquelle il accorda plusieurs chartes souscrites par l'évèque
ac et Odo, ses archidiacres”. On dit encore, mais
Sigefroy lui-même et par Is sans en apporter la preuve, qu'il déposa dans l'église de Saint-Pierre les ossements et les cendres de sainte Scholastique, échappés aux profanations des Normands ?.
Comme beaucoup de prélats de cette lamentable époque, Sigefroy ne possédait de l'évêque que le titre. Cet homme, racontent les Actus, qui aurait dû pleurer ses péchés, en arriva à la suprême corruption. Déjà vieux, il prit une femme du nom d'Hildeburge et en eut plusieurs enfants". Un seul survécut, Albéric. Lorsqu'il fut adulte, son père lui composa un apanage avec plusieurs terres enlevées plus où moins frauduleusement à l'Église. Les villæ de Sarcé
et de Coulongé, achetées aux douze chanoines de Saint-Vincent” pour le prix
dérisoire de dix-huit livres de deniers, et le domaine de la Mue, au-delà de
() Cauvin et dom Piolin traduisent par Cellé ?, Lavenay ?, Poncé, Artins et Ruillé-sur-Loir. 8".
(3) A l'endroit de la mairie
(2) Actus, 1 ctuclle.
(4) & Summus honor, €! go Hugo, David filius, Cenom. comes, dono et confirmo cuncta donaria quæ
» pater meus David ecelesiæ Beatri Petri de Curia dedit », ete. Dom Briant, Cenomania ex Cart. Sancti Petri Dom Piolin, Église du Mans, I, 13, fait dire à dom Briant |
» avait signalé ses sentiments rel
Cenomania) que « dès 955 Hugues, comte du Maine,
ablissement du chapitre de Saint-Pierre-la-Cour ».
ieux en confirmant
Dom Briant se garde bien de placer ce fait en 955, car il admet l'avénement du comte Hugues en l'année 970, seulement, Le docte auteur n'est pas de ceux qui se contredisent à quelques pages de distance. Tout son ouvrage, le meilleur sur nos évêques, est marqué au coin de la plus saine critique. Il mérite l'impression.
et Archives de la Sarthe, G 479.
(5) Cf, Cartulaire de la Couture, p.
(6) Dom Heurtebize ct R, Triger, Sainte Scholastique, p. 108, d'après Le Corvaisier, p. 327 et Archives de la Sarthe, G 479.
(7) Dom Briant, qui procède toujours avec la plus grande prudence, parle des reliques de sainte Scholas-
tique, dans son chapitre sur David, mais sans rien préciser à leur sujet.
(8) A cette époque les évêques de Vannes, de Quimper, de Rennes et de Nantes se mariérent, ainsi que bon
nombre de curés. Les conciles s'élevérent avec force contre ces abus.
(9) IL ruina ensuite l'abbaye au point qu'il n’y resta qu'un seul prêtre. Actus, p. 298*.
la Sarthe, ainsi que l'église de Saint-Aubin, appartenant au chapitre du Mans, devinrent la propriété dudit Albéric.
Cette misérable existence de Sigefroy devait être couronnée par une fin non moins lamentable, Un certain jour que l'évêque se sentait malade, il crut devoir se faire saigner. Mais, poussé par le démon de la concupiscence, « dum esset fleboto- » malus, nocle insecula dormivit cum Episcopissa, qua de re cœpit vulnus intu-
» mescere et dolor usque ad interiora cordis devenire ! ». Se voyant perdu, l'épou-
vante du jugement suprême s'empara de l'âme du pécheur. I sollicita la grâce d'être
reçu moine de la Couture”. On lui en donna aussitôt l'habit; mais, il mourut au milieu de la cérémonie. Dieu semblait dédaigner les dernières lueurs d'une vie
pleine de prévarications”. Cel événement, très heureux pour l'Église du Mans,
arriva le 14 des calendes de mars, c'est-à-dire le 16 février". Le défunt qui, selon les Aclus ”, avait gouverné son diocèse pendant trente-trois ans, onze mois, seize jours, reçut la sépulture dans l'église Saint-Pierre de la Couture.
Bondonnet, Colomb, Cauvin et Piolin ont assigné comme dates extrèmes de l'épiscopat de Sigefroy les années 960-995, et dom Briant, 971-994 ou 995. Il est impossible d'accepter les chiffres de Bondonnet et il faut aussi contredire dom Briant quant à l'année finale 994 ou 995, car Sigefroy était encore évêque du Mans le 12 octobre 997. M. Bertrand de Broussillon l'a parfaitement établi dans son Cartulaire de Saint-Michel de l'Abbayette, en publiant la charte de Yves, neveu de Sigefroy, dalée de Fresnay le 4 des ides d'octobre, sous le règne de Robert-le-Pieux, fils de Hugues Capet”. Mais 997 n'est peut-être pas encore la date extrême de l'épiscopat de Sigefroy* lequel, pour accomplir les trente-trois ans, onze mois, seize jours (Lrente-quatre ans) des Actus, devrait vivre
jusqu'aux environs de l'année 1005.
G) Actus, p. 2 @) Sigefroy avait approuvé plusieurs donations faites à la Couture par le comte Hugues, Cartulaire de
(3) « Videns vero episcopus se ad occasum jam pertre
la Couture, pp.
hi, postulavit ad Sanetum Petrum Culturæ se mona-
slalim morluus est ». N
» chum ficri, qui dum esset factus monachu INT, 51), tr » Saint-I » sous l'habit religieux, on lui accorda celte faveur ; él put même prononcer des vœux et prendre un engagement
comment dom Piolin (Église du Mans,
iduit ce texte : « Pour soulager les remords de
conscience, il vint frapper aux portes de l'abbaye de
e de la Couture, demandant avec insistance la grâce de passer les dernières heures de sa vie
» dans la milice monastique. Me
s cette profession ne devait pas lui conserver la vie du corps; il vécut pen de » lemps dans son nouvel état ». — Le
Lorvaisier se permet une plus gr:
nde licence encore en imprimant que
Sigefroy s'enferma dans l'abbaye de la Couture où il finit ses jours. — Voir aussi P. Anselme, II, 2
Gi) € XII ka. à
« NIT marcii. Obicrunt Sigefridus, episcopus Cenomanensis, Symon, monachus », et autres. 1bid., Ms. 238, Obiluaire de la Couture, fol. 5, verso.
odem die obiit Sigenfredus, episcopus ». Bibliothèque du Mans. Ms. 244, fol. 28 vo.
(5) Actus, p. 299 *.
(6) 997, au plus tôt, 12 octobre. Fresnay. te de Yves, fils de Foulques et de Rotaïs, et neveu de l'évêque
Sigefroy, en faveur du Mont
aint-Michel, p. 9 dudit Cartulaire.
(7) Le règne de Robert-le-Pieux commença le 24 octobre 996. Un document daté du 12 octobre de son règne ne peul donc
re antérieur à 997.
(8) L'abbé Voisin, Cénomans anciens el modernes, t. 1, p. 365, le fait mourir en 996.
AVESGAUD
Il nest pas plus facile de circonscrire exactement l'épiscopat d'Avesgaud, qui, d'après les Actus, aurait duré quarante-deux ans, que celui de son oncle Sigefroy. Bondonnet lui assigne les années 993-1035 : dom Colomb et dom Piolin 995-1035 !: dom Briant 994-1036.
Je parlerai plus loin de l'époque de sa mort: pour l'instant, à défaut d'un
document pré
is, je me contente d'ouvrir son épiscopal vers l'année 997. Mabillon
affirme, mais sans en faire la preuve, qu'en l'an 1000, il consacra la nouvelle
église abbatiale de Saint-Vincent ?.
Ave
gaud {Avesgaudus, Avegaudus, Avigaudus), je l'ai déjà dit, était fils d'Yves de Creil, premier seigneur de Bellème * et de sa femme Godehilde. « Lorsqu'on eut inhumé son oncle Sigefroy, évêque et moine, il fut aussitôt pourvu de son siège ‘. Ce pontife eut beaucoup à souffrir d'Herbert Ier, comte du Maine, à raison du tort qu'il faisait à l'Église du Mans. Il soutint merveilleusement ses droils el, si sa répulalion fut attaquée, ce ne fut pas du côté des mœurs ° ».
Les Actus nous racontent sa vie de la manière suivante.
Un
certain jour que, contrairement à la bienséance épiscopale, il se permettait de
« Après qu'il eut été ordonné évèque, il fut affligé d’une grave infirmi 5 D
chasser, ses chiens levérent un cerf. Avesgaud, poursuivit aussitôt l'animal en
sonnant du cor ; mais il tomba de son cheval et heurta violemment du nez contre
terre. Par une juste punition de Dieu, la plaie qui s'ensuivit ne put jamais guérir:
elle devait rester le témoin ostensible de l'infraction de l'évêque à la loi
ecclésiastique.
» Il arriva bientôt que le pontife eut besoin de chercher un refuge pour échapper au comte Herbert. Il se construisit (ou plutôt remit en état) un castellum
dans un lieu appelé Duneau ”. Mais, celui que l'histoire a surnommé Eveille-Chien
(4) Dom Piolin donne 995-1055 en tête du chapitre d'Avesgaud et le fait cependant mourir (EL I, p. 118) vers la fin de 1096.
lib. LI.
(3) Dom Piolin (Église du Mans, HT, 31) appelle à tort Yves Ier de Bellème, frére d'Aves
(2) Annales ordinis Sancti Benedi
(4) « Sepulto autem Segenfrido, episcopo et monacho, domnus Avesgaudus, nepos ipsius, scdem cpiscop. 299 .
tien, troisième comte du Maine, fils et successeur d'H
» palem suscepit ». Actus,
G) Herbert Lx I à 1056. Dom Bri Vital, Hist. ecel., édition Aug. Le Provost, L. IL, p. 2
es Ier de 1015 environ
nt, Cenomania. « Cognomin vigilans-Canem pro ingenti probitate promeruit ». Orderic
(6) Dom Piolin (Église du Mans, MI, 36), affirme que les mœurs d'Avesgaud furent souvent allaquées par la calomnie. Les Actus expriment ainsi: « Quamvis malus à mulis diceretur in tempore, famen castus habe- , p. 299 *.
(7) Sur une colline au-dessus de l'Huisne, canton de Tuffé (Sarthe). M. G
» batur in corpor
leury, si connu par ses travaux sur les fortifications de la province, à dressé le plan très exact du châtellier de Duneau. — Voir dans la Province du Maine, &. IN, 1896, p. 131, Le refuge d'Avesgaud par M. le vicomte M. d'Elbenne.
partit un soir à la tête de nombreux cavaliers, enleva la place de vive force et la détruisit avant le lever du jour’.
» Avesgaud se retira aussitôt chez son frère Guillaume, au château de Bellème, d'où il lança l'excommunication sur le comte Herbert et l'interdit sur tout le diocèse. Et la guerre continuait toujours * ».
Cest pendant cette campagne, croit-on (vers 1020), qu'un Giroye, fils d'Arnault le Gros, de Courcerault?, partisan de Guillaume de Bellème, se distingua dans un combat contre les troupes d'Herbert *.
« Cependant, la lutte tournait au désavantage du seigneur de Bellême et de son frère Avesgaud. Celui-ci fit la paix, leva l'interdil et revint au
Mans.
» Durant un long séjour’,
que entreprit divers travaux. Les
maisons épiscopales étaient de bois
il les fit construire en pierre. L'hô-
pital des pauvres du Christ subit la même transformation. (Il s'agit ici de
l'hôpital des Ardents situé près de
La cathédrale fut pour-
l'évêché
HOPITAL DES ARDENTS (ÉTAT ACTUEL) vue de nombreux ornements. Vou-
lant laisser quelque chose à ses chanoines et n'ayant rien dans son domaine qu'il pût céder, il leur donna charitablement la moitié de la vente des prébendes
de son église.
(1) « Quo firmato, venit nocte Herbertus, comes, cum multitudine equitum, et cepit illud (castellum) vi, » atque destruxit ante diluculum ». Actus, p. 299 *. @) Actus, p. 299 *
(3) Geroius Ernaldi Grossi de Corte Sedaldi filius. (1) Orderic Vital, Hist. ecel., édition Aug,
65) «In qua diu stans ». Actus, p. 299°.
ze Prevost, IL, p.23.
(6) « Ego Avesgaudus, Cenomanensium præsul, licet indignus.…... domum quam infra nostram urbem, juxta
» mansionem episcopalem, de maceria lignoque composui, pro Dei sanelique Juliani amore, proque etiam
59 de la Bibliothèque du
» mea, meorumque parentum, Ivonis seilicel atque Godehildis.… ». Livre blanc, ms.
Mans et imprimé (1869), p. 60. — Avessaud passe pour le fondateur de l'Hôpital des Ardents. I est ainsi qualifié du XVE siècle : (Ms. appartenant à M. Queruaudd à consacré aux Ardents un chapitre de son Liber de miraculis $. Maximini, W en
sur une liste épiscopale
Avesgaudus, Ardentium fondator Lamerie.) Le moine L
tibus medio fere mense Augusto,
ardebant humana, cujus
parle ainsi: « Peccatis populorum ingruentibus et justitiam Dei prove
» ingens lues populum Aurelianensem devastare cæpit. Divino ctenim igne membre
» ardori nulla poterat concurrere ars humana. Omnem igitur sexum, omnemque æ Migne, Pat. lat, t. CXXXVIT, col. 820. Voir Du Dans plusieurs paroisses du Maine, notamment ny, saint Julien est invoqué pour les enfants, sous
tem, et præcipue infan-
ange, Glossarium, Ardentes.
» tiles arlus vis isla populabatur »
le titre de saint Julien des Ardents.
» Par ailleurs, il agit bien différemment! Ayant acheté de ses chanoines les églises de Parigné et de Loué !, Avesgaud donna la premiére à sa sœur ainée Hildeburge * et l'autre à sa seconde sœur germaine, Godchilde.
» Comme on devait le prévoir, le comte Herbert s'empara de nouveau des
biens ecclésiastiques. L'évèque ne pouvant supporter tant d'outrag,
s, quitta la ville et donna plusieurs biens de son église à Herbran, chevalier plein de ruses : des prestations annuelles, des dîmes de vignes auprès de la cité, et la terre de la Mue, en deçà de l'église de Saint-Pavace”, sous la condition expresse qu'il se mettrait en guerre avec lui contre Herbert. Herbran promit, ne tint pas sa parole, et,
à douleur, Avesgaud ne put revenir dans son palais
» Le comte, apprenant la fuite de l'évêque, s'empara de vive force des
maisons épiscopales, détruisit les celliers remplis de blé, vida les caves abon-
damment pourvues et emporta tout ce qu'il y trouva. Cela ne lui suffit pas: il emprisonna encore les serfs, les cullivateurs et les colliberts " d’Avesgaud jusqu'à ce qu'ils eussent livré tout ce qu'ils possédaient. A cette nouvelle, Avesgaud jeta
l'interdit sur tout le diocèse et construisit le château de La Ferté-sur-Huisne ? pour
lui servir de refuge. Le comte réunit aussitôt une armée, appela à son secours le
valeureux Alain, comte des Bretons, et se rendit devant La Ferté. Les Bretons et
les Manceaux s'installérent dans des retranchements autour de la ville, chacun
de son côté. Ils v restèrent jusqu'à ce que l'évêque, pressé par la nécessité,
se rendit avec ses troupes ‘.
» Avesgaud, comprenant qu'il ne pouvait tenir tête au comte du Maine, alla trouver Fulbert, évèque de Chartres’, qui brillait alors entre les évêques de France par sa science et sa saintelé, comme l'éloile du matin parmi les autres
astres du firmament, pour le prier, de par l'autorité divine, d'excommunier
() « Ecclesiam de Prorigniaco et ecclesiam de Loïaco ». Je crois qu'il s'agit ici de Parigné- êque et de
Loué. Dom Piolin traduit par Pruillé-le-Gaudin et Loué.
(2) Mère de Gervais de teau-du-Loir.
G) « Terram cis Saneti Pavacii ccelesiam, nomine Mutam ». Actus, p. 500 °. Gi) «Golliberti dicuntur in jure civili qui ab codem domino seu patrono cujus servi fucrant, libertate do-
» nati sunt ». Du C (
(5) Plus tard La té-Bernard. Dom Piolin (Église du Mans, IL, 103), traduit mal ce texte des Actus
« propter quod conslituil castellum nomine Firmitatem, super fluvium Idonet », par « Avesgaud s'enfuit chercher
âteau de La Fert
» un asile dans son château de La Ferté-Bernard », Le el n'existait pa
Avesgaud l'établit
probablement durant la captivité d'Herbert à Saintes. Voir sur cette
aptivité d'Herbert, Chronique d'Adémar.
de Chabannes, publiée par J. Chavanon, 1897, pp. 189 et 206. — Vers cette époque la ville du Mans fut brûlée.
Abbé Voisin, Les Cénomans, LT, p: 7, d'après Duchesne.
(6) Dom Morice, Histoire de Brelagne, & 1, p.68, place ce siège de La Ferté en l'année 1027, après lequel
p. 18) indiquent l'année 1028.
Alain fut assiéger Le Lude, MM. L. et R. Charles (Histoire de La Ferté-Bernar
(7) « Videns autem episcopus virlute contra comitem non posse subsistere, abiil Carnotum ad Fulbertum Mans, I, 105) artres ». L . P. se conduit
» cpiscopum », Actus, p. 801. — On ne doit pas traduire comme dom Piolin, (
» Ayesgaud trouva moyen de faire sortir des message .
res à l'avenant. J'insiste sur ce point, afin de mettre en garde nos historiens de la
s qui se rendirent à Cl
presque loujours de celle manièt rd des textes. Aussi son Histoire n'est-elle qu'un long travestissement
de la vé
ité, avec comment
province contre un travail, d'aspect scientifique, qui à
ï le trouble dans nos annales, tout aussi bien que les compilations indigestes des Bondonnet, des Le Corvaisier et de leurs imitateurs.
Herbert, s'il ne voulait revenir à résipiscence. Le saint pontife adressa au comte une lettre pleine de vigueur !, lui signifiant que, s'il ne mettait des bornes à sa méchanceté, sil ne rendait justice à Avesgaud, il devait se regarder comme excommunié, comme entièrement condamné par le Seigneur ?.
DE
Mans avec son protégé, pour ouvrir une enquêle avant de prononcer son juge-
rayé par cette mesure rigoureuse, Herbert pria Fulbert de venir au
ment, ce qui eut lieu effectivement.
» Après avoir rétabli la paix entre l'évêque et le comte, Fulbert reprit le
chemin de Chartres *, tandis qu'Avesgaud restait au Mans, où Herbert recommença
ses persécutions, parceque, comme on dit, deux gros ne peuvent demeurer ensemble dans un sac". L'évèêque ne supporta pas ces nouveaux outrages; il retourna au château de La Ferté que le comte lui avait rendu après le lui avoir pris.
» Il y demeura longtemps, pleurant et se reprochant d'avoir si mal gouverné
sa vi
. Il résolut alors d'entreprendre le voyage de Jérusalem, afin de prendre le Seigneur à témoin des outrages dont il avait été abreuvé. Avesgaud fit de grands préparalifs, ainsi qu'il convenait à un puissant évêque, et partit pour Jérusalem, la cité royale. Ses prières plaintives terminées et ses aumônes répandues, selon qu'il l'avait projeté, il songea au relour. Pendant son voyage, Dieu permit
qu'il mourut à Verdun, ville du royaume de Lorraine. Par les soins de l'évêque
Rambert, il fut inhumé dans la cathédrale, à laquelle il fit différents dons ? ».
Les Martyrologes de Verdun et du Mans et le Testament de Gervais de
Château-du-Loir placent son décès au vi des calendes de novembre f (27 octobre).
On admet généralement que cet événement se produisit en 1034, 1035 ou 1036”,
certainement avant la mort de l'évêque de Verdun, Rambert, qui trépassa à : @n 0
interpolée une charte en faveur de Saint-Victeur du Mans, datée de la treizième
8". Ces données admis
Belgrade en Hongr il faut regarder comme
année (1043) du roi de France Henri Ier”, dans laquelle Avesgaud est dit occupant
le siège de saint Julien
Gt) « Misit cpistolam sale satis conditam ». Actus, p. 301 °.
(2) On peut lire dans les Lettres de Fulbert, une épitre dudit Fulbert et d'Avesgaud, sur le même sujet,
adressée à l'archevêque de
(3) Il y mourut peu après, le 10 av Église du Mans (ms. 244) inscrit ainsi son : « OT Idus aprilis.
(4) «Iterum atque iterum eœæpit comes irrilare eum, et quia, sieut aiunt, duo grossi non possunt in uno
1 1029. Le Martyrologe de
décè odem die, obiit lucerna sancte Ecclesie, Fulbertus, Carnotensis episcopus ».
» Sacco conversare... n.
G) Actus, pp (6) «VE kal. nov.
Obiit Avesgaudus, Cenomanensium episcopus ». Bibliothèque du Mans. Ms. 244. atur, qui Jerosolimis rediens, apud
« Annualis avuneuli mei domini Avesgaudi, episcopi, quotannis decente
» Verdunis, VI kalendas novembris, obiit in pace, ibique sepultus est a sanctissimo Ramberto episcopo, in » basilica sue sedis ». Livre blanc (imprimé), p. 97.
(7) Bondonnet, Le Corvaisier, Colomb, Piolin, le Gallia, Ecclesia Virdunensis.
(8) Gallia, Ec
(9) Henri Ier assoc le 20 juillet 1031.
(0) Bertrand de Broussillon, Cartulaire de Saint-Victeur, p. 10 et fac-simile ne IV.
lesia Virdunen
u trône et couronné le 14 mai 1027, commença à rêgner à la mort de Robert le Pieux,
LES ÉVÊÈQUES CAPÉTIENS 105
Malgré les luttes continuelles entre l'évêque et le comte du Maine, et les
ud prit part à différentes
menées d'un hérétique, nommé Raginardus', Aves fondations, particulièrement à celles du prieuré de Solesmes, des monastères de Saint-Jean-de-la-Motte et de Lonlay * et, vers 1026. à la dédicace de l'église Saint- Léonard de Bellême, bâtie par son frère Guillaume de Bellême *
Mais sa préoccupation principale, comme évêque du Mans, fut la recherche des origines de son église et l'organisation du culte de saint Julien. Pour l'exécution de la première partie de ce programme, il eut recours aux lumières d'un
moine nommé Léthald.
Léthald, affirment Possevin, Mabillon, Liron el autr
. était originaire du Maine. Suivant l'Hisloire lilléraire de France, dans un exemplaire du Lignum vitæ d'Arnoul Wion que possédait l'abbaye de la Couture, on lisait, à la fin du premier
volume, une note manuscrite supposant quelque lien de parenté entre Léthald
et Garin ou Guérin de Tennie. Cette parenté est imaginaire. Le Létard {Lelardus
parent de Guérin de Tennie *, qui confirma à l'abbaye de la Couture la possessior
de l'église de Tennie, était un moine de la fin du XIe siècle, tandis que Léthalc vivait à la fin du Xe et au commencement du XIe siècle.
Dés son enfance, Léthald fut placé dans le monastère de Micy. près d'Orléans,
sous la discipline de l'abbé Annon, appelé vers l'année 943, au gouvernement de celle abbaye. Il y a lieu de croire que les études littéraires étaient fort en honneur
chez les moines de Micy, car Léthald devint bientôt dans leur compagnie un
des écrivains les plus recommandables de son siècle. L'esprit de révolte pénétra à
Micy dont les religieux se trouvaient alors sous la discipline de l'abbé Robert. Ce
dernier avait gouverné précédemment l'abbaye de Saint-Florent, près de Saumur Les moines, à l'instigation de Léthald, accusérent leur abbé de certains crimes, devant l'évêque d'Orléans, et le firent expulser de l'abbaye, en compagnie d'un
sien favori. Robert exilé, Léthald s'empara de son siège. Mais bientôt des
LI, col. 211.
lesia Cenomanensis
() Voir une lettre de Fulbert de Chartres, dans Migne, Pal. lat, L. (2) Cartulaire de la Couture, p. 11, Actus, p. rllia, XIV. E vertus, Cenomannensis comes, cognomento vocatus E
col, 493.
-Canem, el cum eo
(3) « Adfuit eum his He » Avisgaudus, cjusdem civitatis episcopus : hi omnes devote et religiose, sieut orthodoxis et catholicis christialicaverunt ». Cartulaire de Marmoulier pour le Perche publié par
» nis moris est, supradictam ecclesiam de M. l'abbé Barret, nv 2, p. 6. — Dom Piolin (Z Avesgaud, du prieuré de Notre-Dame des Bois, à La Suze, « dans la forêt de Longaunay, en la partie nommée
dise du Mans, I, 100) parle de la fondation, en l'année 1002, sous
» bois de Minclor ». I faut lire Minelou. D'ailleurs cette fondation de 1002 n’est attestée que par une inscription rela- € Ctait conçue en ces termes : « Cette
tivement moderne, découverte en 1853, derrière une statue de la Vierge, E is bois de Minclou, où on a édifié une
» figure de la très sainte Vierge s'est trouvée ici dans un chêne,
» chapelle en 1002, qui, en 1003, fut un couvent de Bénédiclins qui faisaient les fonctions curiales, vu qu'il n'y
âtrée, dorée et
» avait que la chapelle du château de La Suze…. Cette figure loute piquée de vers, à été
» repeinte par les sieurs Marlin Joubert, prêtre, Pierre Joubert, cirier, ct François Ruillé, garçon, marchand ».
La chapelle de la Mariette existait certainement vers 1050. Cartulaire de la Couture, p. 18.
(4) 1085-1096 « Id donum Guarinus, filius Guarini de Tanneia, in presentia Helie, comitis, annuit, et per
» Letardum, monachum, cognatum suum, super altare Sancti Petri Culture misit ». Cartulaire de la Couture, p
(5) Robert de Blois, abbé de Saint-Florent de Saumur, 986, mourut le 11 avril à Micy, dont il était abbé depuis dix ans. C. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire, & WI, p. 561.
récriminations se firent entendre de part et d'autre. Pris pour arbitres dans la
querelle, les moines de Fleury se prononcérent en faveur de Robert. Léthald
vaincu se condamna à son tour à l'exil et se réfugia dans
au Mans. afin de trouver non loin du tombeau de saint Ju
son esprit et son corps avaient également besoin !. Dom Piolin, qui combat sans succès les idées de Lét
notre Église, fait cependant, et avec raison, le plus grand 6
‘abbaye de la Couture
ien la tranquillité dont
ines de
aald sur les oris
oge du moine de Micy.
«I fut reçu au Mans, écrit-il, avec la distinction que son mérile, à lous égards,
réclamait. L'évèque Avesgaud voulut mettre ses Il l'engagea à retoucher les anciennes légenc
entreprit ce travail avec une affection filiale; i
antérieures el moyen-àge ”. | certaine céléb cipes qui lui trouve en effe que l'historien
Voici en €
€ On
destiné à être
ne
fit l'un des ouvrages les p le dédia à Avesgaud par une rité *, C'est
tant d'éloges de
ont mérité
de nobles pensées, exprimées
doit à la vérité et sur la digni
uels termes s'exprime Léthald :
lequel on se
ny a que ce qui est exactement vrai, qui puisse lui, plair
es de
us pa
dans cette dédicace
avec
épitre à laquelle s'est
a par
alents à
arfa
profit pour son Église.
la vie de saint Julien. Léthald
réunit toutes les compositions
au
ts qui aient été publiés
attachée une ue Léthald professe des prin- Lt des critiques modernes. On y
force et élévation, sur le respect
é de sa mission ‘. »
saurait rapporter avec trop de respect et de gravité ce qui est lu en présence du Dieu de vérité, de peur que le moyen par
latte de l'apaiser, n'irrite davantage sa colère. Il est certain qu'il
. Cependant, il se
rencontre des écrivains qui, sous prétexte de rehausser les actions des saints,
comptent pour rien de heurter la vérité, comme si l'on pouvait par
e mensonge
réussir à relever la gloire de ceux qui ne seraient jamais parvenus à l'état de
béatitude, s'ils avaient été partisans du mensonge. Il faut donc ra
porter avec
une serupuleuse exactitude ce que la vérité a fait elle-même ; car si quelqu'un
des anciens passe pour avoir opéré des miracles, ce n'est point à l
homme mais
à la vertu de Dieu qu'on doit les attribuer ; elle seule peut les opérer en qui et par
qui il lui plait
» Quand je raconte les actions extraordinaires de notre excel
je ne doute de ses mérites, ni je ne manque de confiance dans la
(A) « Cum desiderio afflatus tam spiritualis quam corporalis remedii, ad memoriam auclore Lelaldo..
» præsulis Juliani :
& CXXXVIT, col. 78
t&. CXXXNIT, col. 78
cessissem ». Vita Sancti Juliani…
) Vila Sancti Juliani, Cenomanensis antistilis prümi, auctore Letaldo, Miciacensi monacho. Migne, Pat. lat.,
ent père, ni
>uissance du
llentissimi
pr Epistola dedicaloria. Migne, Pat. lat.,
(3) Epistola dedicatoria ad Avesgauduun, Cenomanensem episcopum.
(1) Hisloire de L
glise du Mans, HI, 76.
(5) « Nihil enim ei placet, nisi quod verum est ».
(6) Epislola dedicaloria. Migne, Pat. lat, CXXXNIT, 782.
Christ; mais, trouvant les mêmes choses ailleurs, je ne vois pas clairement ce qu'il faut croire, tant que l'autorité de quelque grave et grand docteur ne n'aura pas liré de mon incertitude et fixé, comme par le poids d'une ancre, mon esprit ballotté. En effet, beaucoup de faits se trouvent dans les acles de saint Julien que l'on rencontre dans ceux des SS. martyrs Clément et Denis et du confesseur Fursy', avec le même sens et presque les mêmes paroles. »
Dans son travail préparatoire à la Vie de saint Julien, Léthald suivit, autant
qu'il put avec les ressources restreintes du XIe siècle, la ligne de conduite qu'il
s'était sagement tracé
. bien persuadé qu'il n'avait pas à rectifier l'œuvre de la
Providence. Il rechercha avec attention les récits anciens et se trouva en face des Aclus Ponlificum ? et peut-être de certains autres documents aujourd'hui disparus.
évêre
Impressionné par leur absence de critique, par le fameux texte de Sulpice
surtout par l'autorité de Gr F la
l'empereur Dèce (249-251).
goire de Tours’, il conclut qu'il ne pouvait faire
remonter mission du premier évêque du Mans avant le Ile siècle, avant
& Quant au temps où florit saint Julien, dit Léthald, je l'ai pris pour conjec-
ture du livre de Grégoire «
les consuls Decius et Gratu
e Tours”, lequel dans son Hisloire, affirme que sous
is, Xistus, évêque de Rome‘, ordonna el envoya en
Gaule, pour y prècher la
arole de Dieu, plusieurs évèques (Pothin* à Lyon,
Trophime à Arles, Paul à Narbonne, Saturnin à Toulouse, Austremoine chez
les Arvernes, Martial à Limoges, Gatien à Tours, Denis à Paris, Julien au
Mans). Or, comme saint Grégoire dit que le bienheureux Denis fut de leur
te)
nombre, et, que dans les Gesles de notre glorieux père Julien, on raconte qu'il
vint pour prècher dans les Gaules avec le même bienheureux Denis*, je n'estime pas douteux qu'il ait existé sous les consuls Decius, Valerianus et Gralus, au temps de Xistus, évêque de Rome, qui ayant été perséculé par ce même Decius, avec l'archidiacre Laurent et ayant persévéré, comme lui, dans la confession du Christ, parlagea avec lui la couronne de la victoire”. Mais, quant à dire que
saint Julien reçut sa mission du bienheureux Clément, cela ne concorde ni avec
(1) Saint Fursy, fondateur de Lagny vers 64. Voir sa vie dans Bollandistes, 16 janvier, L IL, pp. 36-41.
@) © Incipiunt gesta domni Juliani, primi Cenomanicæ urbis cpiscopi, qui fuit tempore Decit (forte Domiliani)
& ac Trajani imperatorum, sub quibus et Johannes, apostolus et evangelista, Apocalypsim et Evangelium » scripsil, Primus Cenomannica in urbe episcopus fuit sanctus Julianus », ete.
(3) « Sub Aurelio, Antonini filio, persecutio quinta agilata, ac tune primum inter Gallias visa martyria,
» serius Lrar Sulpice-Sévère, né en Aquitaine après 258, mourut vers 410.
s Alpes Dei religione suscepla »
S, mort en
arbi rement la date de l'arrivée des missionnaires
dans les Gaules.
(6) Sixte I, vingt-quatrième pape, mort le 6 août 258. U. Chevalier, Répertoire des sources historiques du
moyen âge, col. 2109.
(7) Saint Pothin, (8) Actus Pontificum, apud Mabillon, (9) Saint Laurent fut martyrisé à Rome, le 10 août
évêque de Lyon, vers 150, avait été martyrisé en 177, avant le pape Sixte.
etera analecta, WI, 50.
la chronologie ni avec l'aulorilé des anciens', car le bienheureux Clément fut déporté en Chersonèse, sous Trajan, et entre Trajan et Decius, sous lequel nous avons conjecturé que le bienheureux Julien vécut, il y a plusieurs empereurs, comme un lecteur diligent le verra facilement dans la chronique d'Eusèébe de Césarée, que Jérôme a traduite.
» Donc, pour ce que nous avons écrit, nous nous sommes appuyé, autant
qu'il nous a élé possible, sur l'autorité des anciens pères, racontant simplement des faits qui nous sont venus par une antique tradition el rejetant ceux qui nous ont semblé moins probables. Cependant, nous ne voudrions pas diminuer en quoi que ce soit les mérites d'un si glorieux père, car, avec la permission de Dieu, de tels miracles s'opèrent actuellement sur son tombeau qu'on ne peut douter qu'il en ait accompli de bien plus grands encore durant sa vie mortelle ».
Après avoir promis de raconter plus tard les nombreux prodiges qui s'accom-
plissaient de son temps au tombeau de saint Julien * et parlé de son office qu'il avait retouché à la prière d'Avesgaud, Léthald écrit un Prologue et raconte la vie
el les miracles de notre premier évêque *
L'office de saint Julien, sorti de la plume de Léthald, n'était qu'une simple retouche, un agencement nouveau et plus élégant des anciens répons
et des vicilles antiennes en usage dans l'Église du Mans on ne sait depuis
quelle époque. Il nous en avertit lui-même et avoue qu'il réprouve la témérité de certains musiciens qui abandonnent complètement les méthodes d'autrefois. Pour lui, il croit que la perfection réside dans l'adaptation des vieux rythmes aux goûts modernes. De cette manière, on imite les époux qui aiment mieux procréer des enfants semblables à des hommes que des monstres à figure inconnue
À ma connaissance, on ne possède plus que deux anciens manuscrits de
l'office de saint Julien antérieurs au XIIe siècle. Le premier, conservé à la
bibliothèque municipale du Mans, est une Messe écrite au Xe siècle où dans les premières années du XIe et intercalée dans un sacramentaire du IXe siècle, après
le folio 24", En voici le texte que je donne à cause de son antiquité.
(1) « Quod vero si Julianus dicitur a B. Clemente destinatus, neque ratio temporum, neque veterum con- » sensit auctoritas »
€) Par malheur Léthald n'a pas tenu cette promesse ou bien son manuscrit s'est
(3) Quelques auteurs bien intentionnés, M. l'abbé Voisin en particulier {Polypliques de l'Église du Mans, &. 1,
p. XXVID, nous parlent sér firmation,
eusement d'une vie de saint Julien écrite par le romain gius. Cette
produite d'abord dans un écrit anonyme postérieur au IXe siècle, rentre dans le domaine de la fable avec les soi-disant traités théologiques composés par saint Julien.
(4) « Sane responsoriorum et antiphol
um, ut petistis, digessimus ordinem; in quibus pro vitando fastidio
» de unoquoque modo singula compegimus corpora : neque omnino alienari volumus a similitudine vetcris
» cantus, ne barbaram aut inexpertam, uti perhibetur, melodiam fingeremus. Non enim mihi placet quorum- » dam musicorum novilas, qui lanta dissimilitudine utuntur, ut veteres sequi omnino dedignentur auctores :
am hi qui conjugiis vacant, malunt liberos hominibus similes gignere, qua alicujus invisi monstri efligiem » procreare ». Epistola dedicatoria. Migne, Pat. lat., t. EXNXNIL, col. 784.
[VI] KL. FEBRUARI, SANGTI JULIANI.
Je)
concede propicius, ut hune apud te pium mereamur semper inlercesso-
JS, qui Ecclesie tue beatum Julianum mirabilem tribuisti doctorem ;
rem. Per Dominum.
Super oblala :
Respice, Domine, quesumus super hec que bi oferimus et beali
pontificis Juliani meritis, nos ab omnibus exime peccalis. Per Christum. Prefalio :
Deterne ? Deus, qui inter primos sancte tue fidei fundator
, beatum Julianum pontifi-
cem, velud sydus lucidum, tu, sol juslitie decorasli, sicut enim splendens lucifer venturum solem post anexie noclis nuneiat umbram, sic [bJis beatissimus eis qui in tenebris et umbra mortis residebant, post errorum tenebras, verilalis tue nunciavil fulgorem ; ergo largire propicius, ut ejus merilis el viciorum tenebris careamus, el lucis lue claritate perlustrari me-
reamur. Per Christum.
Ad complendum :
Divinis, Domine, repleli sacramentis suplices depr
unur ut beatfi ponlüificis Juliani
merilis, dignos nos facias celestibus institutis. Per Dominum.
Benedicat vos omnipolens Deus, magni presulis Juliani merilis el sacris ejus vos semper informel exemplum. Amen.
Et quem ecclesie doctorem contulit inter # pium vobis intercessorem semper largiatur in celis. Amen. Quo et exemplis ejus informali et merilis munili, ad celeslem patriam perveniatis inlesi. Amen .
Quod ipse 1...
Cette messe est-elle de Léthald ou doit-elle être considérée comme lui étant
antérieure. Il est impossible de répondre, car on ne saurait en dater l'écriture à cinquante ou soixante ans près ?.
Quant au fragment d'office suivant copié au XIe siècle au verso du dernier feuillet de l'Évangéliaire de l'évêque Gervais de Château-du-Loir', il est bien
du moine de Micy.
(1) Ms. no 77. Gelte messe de saint Julien se trouve sur un pelit feuillet en parchemin de 190 millimètres
à pointe également l'orthographe de l'origi
de haut sur 120 millimètres de large, rè €) Pour Æterne. Nous avons conservé
al dans les mots oférimus, velut
sidus et anxie.
(3) Ce mot inter dù à une distraction du copiste doit être retranché du texte.
(1) Inachevé.
(5) M. L. Delisle la croit du Xe siècle. Mémoires sur d'anciens sacramentaires, pp. 140-142. . lat., 261.
(6) Bibliothèque nationale, Ms.
INCIPIUNT RESPONSARIA ! DE $