‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 33 sur 236 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

RC

PRÈS le départ de Gervais de Château-du-Loir pour Reims (1055), la cathédrale, bâtie par saint Aldric, dans d'assez mauvaises conditions !, ravagée par les Normands et restaurée tant bien que mal par les évêques Robert et Mainard, offrait l'aspect d'un édifice en ruines. Les successeurs de Gervais sur le siège épiscopal du Mans s'employérent activement pour faire cesser cet état de chose. Leurs efforts, pendant plus de quatre cents ans, ont produit ladmirable monument qui fait la gloire de la cité mancelle.

Mais avant d'entreprendre la description archéologique des parties romanes

de la cathédrale construites à la fin du XIe et au XIe siècle, par les pontifes de

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ces époques, il importe de donner quelques détails biographiques sur ceux présent chapitre sera done consacré aux évêques Vulgrin, Arnaud, Hoël, Hildebert, Guy d'Élampes, Hugues de Saint-Calais, Guillaume de Passavant

et Renault.

VULGRIN

Lorsque Gervais de Château-du-Loir eut gagné Reims en 1055, Geoffroy Martel, comte d’Anjou, qui gouvernait le Maine au nom du jeune comte Herbert *, fils de Hugues et de Berthe, fit élire, pour le remplacer sur le siège de saint Julien,

un abbé de Saint-Serge d'Angers, nommé Vulgrin {Vulgrinus, Wulgrinus,

G) Voir page 74.

(2) On lit dans une charte du Cartulaire de Saint-Vincent (vers 1058) : « Actum Genomannis, curie publice,

» Gaufrido, comite, presidente, Herberto puero (ailleurs puerulo) comite, vivente, Henrico, rege, regnante ».

Cartulaire, col. 115.

LES ÉVÊQUES DU XIe ET DU XII SIÈCLE 123

Olgrinus), originaire de Vendôme", qui avait d'abord porté les armes. Dom

Piolin, s'appuyant sur dom Martène, en fait un noble personnage, parent d'Hubert,

vicomte de Vendôme”. Les Actus, au contraire, affirment quil était pauvre et d'une condition bien inférieure à celle de ses puissants prédécesseurs *. Quoi qu'il en soit, il passait pour habile architecte’, ayant reconstruit l'abbaye de Saint-Ser

jeta les fondements d’une cathédrale plus vaste que les précédentes. Par malheur,

Au bout de cinq ans de pontifical, par conséquent en 1060, l'évêque

le temps lui manqua pour terminer son œuvre, car il mourut après un épiscopal d'environ neuf ou dix années”, laissant une certaine somme pour l'achèvement de l'édifice. Il fut inhumé dans le Chapitre de l'abbaye de Saint-Vincent, le 10 mai 1065 ° selon le Nécrologe de l'abbaye de Saint-Serge”. Le Martyrologe de l'Église du Mans place son trépas* au 5 des ides de mai (11 mai). Un Nécrologe de l'abbaye de Saint-Vincent du Mans du XIIe siècle donne cette même date du 5 des ides”, tandis qu'un Marlyrologe de la Couture du XVIe siècle, inscrit le 6 des ides

Certains auteurs, en particulier dom Piolin " et M. Lefebvre -Pontalis ©, ont

voulu préciser l'œuvre de Vulgrin. [ls ont prétendu que celui-ci avait simplement jeté les fondements du chœur et du transept de la cathédrale. Le texte des

Actus ne permet pas cette localisation. La phrase : « Quinto namque ordinationis

» suæ anno fundamenta matris ecclesiæ ampliora quam fuerant inchoavit »,

lise sur

semble indiquer que Vulgrin entreprit la reconstruction totale de son éç un plan plus vaste que l'ancien ".

De plus, en rapprochant ce texte d'un autre texte du chapitre d'Arnaud, dont je parlerai plus loin, on arrive à constater que Vulgrin avait complètement édifié le chœur, la croisée de l'église au-dessus du tombeau de saint Julien, probablement les deux transepts, et peut-être deux tours aux extrémités. S'il ne

nous reste plus rien de la construction de celui qui passait pour un habile archi-

() « Vulgrinus ex Vindocinensi castello ortus, miles quidem primum, deinde monachus …. ». Actus, p. €) Église du Mans, I, 233.

(3) « Pauperior et humilior antecessoribus cpiscopis ». Actus, p. 312°.

(4) « Bonus ædificator. or nimis ». Actus.

(5) « Sedit ann. VIII, m. IX, d. XI». Liste des Actus. « Vix : (6) Dom Piolin, Église du Mans, TI, 267, note 3, imprime, 10 mai 1065 (n. s.). Que vient faire cette mention, n. $., au mois de mai? — Non « jues mais ceux de leur maison avaient le droit d'être enterrés dans l'église de Saint-Vincent. Cartulaire de Saint-Vincent, n° 251. () G. Port, Dicl. TI (8) « V. Idus À rologe, n° 244.

() Bibl. du Mans. Ms. 67, fol. 13.

(0) Ibid. ne 238, lol. 14.

(1) Église du Mans, I, (2) Revue du Maine, L. KXN, p. 32.

(413) (14) Il est permis de penser que l'agrandissement de la

annos VIII, menses VIT, dies XI ». Actus, p. #

ulement les 6

e Cenomannis Vulgrinus præsul obiit, cujus in Uranicà letetur spiritus aulà ». Marty-

ge 312°.

silement par Vulgrin, à

à la donation des terrains à l'angle oriental de la ville, par € 1-du-Loir.

tecte, et cela à cause des fondations défectueuses des murs et de la mauvaise

qualité des pierres employées ‘, du moins le plan qu'il avait adopté paraît-il avoir

été conservé par ses SUCCCSSCUTS,

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