‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 36 sur 236 · HILDEBERT · texte numérisé non relu

HILDEBERT

A la mort d'Hoël (29 juillet 1096), deux candidats se trouvaient en présence pour le remplacer, le doyen Geoffroy et l'archidiacre Hildebert !, qui avait d'abord été maître des écoles du Mans. Celui-ci, originaire du château de Lavardin, fils d'un homme de confiance du seigneur Salomon, avait environ quarante ans. Réputé, à cause de sa science et de son amour de la poésie, il fut élu évêque du Mans par une grande partie du clergé et du peuple, et consacré dans l'abbaye de Saint-Vincent, par l'archevêque de Tours, le jour de Noël 1096 *, Guillaume-le-

Roux, roi d'Angleterre, et le comte Hélie de La Flèche étaient opposés à l'élévation

de l'archidiacre du Mans. Par ailleurs, les partisans du doyen Geoffroy, homme «

mérite qui devait parvenir à l'archevéché de Rouen en 1111. formulérent contre

Hildebert de graves accusations, et s'adressérent au bienheureux Yves, évêque «

Chartres, pour qu'il sopposät à l'intronisalion du nouveau pontife. Malgré les

dissertations des Bondonnet et des Piolin, il n'en reste pas moins très probab

que la conduite d'Hildebert n'avait pas toujours été correcte et qu'il avait eu un

fils naturel ainsi désigné dans le Nécrologe de Saint-Pierre-de-la-Cour du Mans: « Le

» troisième des ides d'août (11 août) mourut Gervais, fils de l'évêque Hildeber

» chanoine de l'église mére, qui, de son vivant, a fait présent d'une bible pou

» le service de cette églis

Quoi qu'il en soit, Hildebert resta évêque du Mans et répara par l'austér

de ses mœurs, ses jeûnes, ses mortifications corporelles, ses veilles et ses prières,

les fautes de sa jeunesse, si bien que les populations lui ont justement décerné

le titre de vénérable.

Hélie de La Flèche se réconcilia bientôt avec Hildebert. Mais de sérieux dangers le menaçaient du côté du roi d'Angleterre, Guillaume-le-Roux. Vers la fin d'avril 1098, Hélie fut pris dans une embüche aux environs de Dangeul

par. Robert de Bellesme et livré à son ennemi. À cette nouvelle, Foulques-

() Hildebertus, Ildebertus, Aldebertus, n'est autre que le vocable mérovingien Childeberlus, Childebert.

blies dans le travail sur Hildebert de Lavardin, publié par M. A. Dieudonné, archi-

(2) Ces dates ont él

viste-paléographe.

(3) Voir ce texte en latin, dans Bondonnet, Vies des évêques du Mans, p. 472. Le N de-la-Cour est perdu.

ologe de Saint-Pierre-

(1) & Ad honorem episcopatus electus est. Unde metuens ne caro. more suo, semper adversus spiritum

» concupiscens, vigorem spiritus sui blanditiis emolliret, cœpit corpus suum cibi et polus parcimonia, stralus

» du

ac cilicii asperitate domare … el si quæ fucrant juventutis delicla, eleemosynarum largitione redi- » mere … ». Actus, p. 304

LES ÉVÊQUES DU XIE ET DU XIIe SIÈCLE 157

le-Réchin, comte d'Anjou, dont le fils était fiancé à Héremburge, fille d'Hélie,

occupa la ville du Mans'. Peu après, Foulques lui-même dut céder la place à

Guillaume, qui venait de relâcher Hélie. Celui-ci n'avait pas renoncé à soutenir

ses droits. Il présenta la bataille aux Normands, les mit en déroute à Pontlieue

et entra dans la ville à leur suite. La citadelle ct les fortifications adjacentes, où

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