HILDEBERT
A la mort d'Hoël (29 juillet 1096), deux candidats se trouvaient en présence pour le remplacer, le doyen Geoffroy et l'archidiacre Hildebert !, qui avait d'abord été maître des écoles du Mans. Celui-ci, originaire du château de Lavardin, fils d'un homme de confiance du seigneur Salomon, avait environ quarante ans. Réputé, à cause de sa science et de son amour de la poésie, il fut élu évêque du Mans par une grande partie du clergé et du peuple, et consacré dans l'abbaye de Saint-Vincent, par l'archevêque de Tours, le jour de Noël 1096 *, Guillaume-le-
Roux, roi d'Angleterre, et le comte Hélie de La Flèche étaient opposés à l'élévation
de l'archidiacre du Mans. Par ailleurs, les partisans du doyen Geoffroy, homme «
mérite qui devait parvenir à l'archevéché de Rouen en 1111. formulérent contre
Hildebert de graves accusations, et s'adressérent au bienheureux Yves, évêque «
Chartres, pour qu'il sopposät à l'intronisalion du nouveau pontife. Malgré les
dissertations des Bondonnet et des Piolin, il n'en reste pas moins très probab
que la conduite d'Hildebert n'avait pas toujours été correcte et qu'il avait eu un
fils naturel ainsi désigné dans le Nécrologe de Saint-Pierre-de-la-Cour du Mans: « Le
» troisième des ides d'août (11 août) mourut Gervais, fils de l'évêque Hildeber
» chanoine de l'église mére, qui, de son vivant, a fait présent d'une bible pou
» le service de cette églis
Quoi qu'il en soit, Hildebert resta évêque du Mans et répara par l'austér
de ses mœurs, ses jeûnes, ses mortifications corporelles, ses veilles et ses prières,
les fautes de sa jeunesse, si bien que les populations lui ont justement décerné
le titre de vénérable.
Hélie de La Flèche se réconcilia bientôt avec Hildebert. Mais de sérieux dangers le menaçaient du côté du roi d'Angleterre, Guillaume-le-Roux. Vers la fin d'avril 1098, Hélie fut pris dans une embüche aux environs de Dangeul
par. Robert de Bellesme et livré à son ennemi. À cette nouvelle, Foulques-
() Hildebertus, Ildebertus, Aldebertus, n'est autre que le vocable mérovingien Childeberlus, Childebert.
blies dans le travail sur Hildebert de Lavardin, publié par M. A. Dieudonné, archi-
(2) Ces dates ont él
viste-paléographe.
(3) Voir ce texte en latin, dans Bondonnet, Vies des évêques du Mans, p. 472. Le N de-la-Cour est perdu.
ologe de Saint-Pierre-
(1) & Ad honorem episcopatus electus est. Unde metuens ne caro. more suo, semper adversus spiritum
» concupiscens, vigorem spiritus sui blanditiis emolliret, cœpit corpus suum cibi et polus parcimonia, stralus
» du
ac cilicii asperitate domare … el si quæ fucrant juventutis delicla, eleemosynarum largitione redi- » mere … ». Actus, p. 304
LES ÉVÊQUES DU XIE ET DU XIIe SIÈCLE 157
le-Réchin, comte d'Anjou, dont le fils était fiancé à Héremburge, fille d'Hélie,
occupa la ville du Mans'. Peu après, Foulques lui-même dut céder la place à
Guillaume, qui venait de relâcher Hélie. Celui-ci n'avait pas renoncé à soutenir
ses droits. Il présenta la bataille aux Normands, les mit en déroute à Pontlieue
et entra dans la ville à leur suite. La citadelle ct les fortifications adjacentes, où
Fa
Er rer re
(es