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(8) Deux cent vingt-sept lustres moins trois mois, quinze jours après l'Incarnation, nous placent au 4 des
ides de décembre 1134 — Celle manière de compter semble indiquer qu'au temps de l'évêque Guy, on se
servait dans le ne, comme en Angleterre, du style de l'Annonciation, c'est-à-dire qu'on faisait commencer
l'année au 25 mars. Ce fait ne peut surprendre, élant données les relations des Manceaux avec les rois
d'Angleterre
() Tome V, p
(0) Bibliothèque du Mans, ms. 67, fol. 6 verso.
(11) Zd., ms. 258, lol. 4 verso,
(12) Ibid, ms., 244, fol. 25.
3) « » more mortalium in cinerem resolvilur ». Actus, pp. #44, 345.
dem tempore, ter tribus annis transactis ab ordinatione Guidonis, Henricus, rex Anglorum....
dormit dans le Seigneur !. Sa dépouille mortelle fut ensevelie dans le chapitre de l'abbaye de Saint-Vincent, à la droite du tombeau de Vulgrin.
Guy le Breton où d'Étampes laissa à son église : Un Pastoral de saint Grégoire,
deux cloches anglais un tapis et une tapisserie, un Psautier avec gloses et litres, les Épitres de saint Paul avec gloses, les Épitres canoniques, les quatre Évangélistes avec gloses, Job, Boëce avec gloses, le livre des Sacrements, la collection des canons où Décrets d'Yves de Chartres, deux chapes de soie, une chasuble, une dalmatique, une aube parée, avec étole et manipule, plusieurs autres chapes ornées d'orfrois, des bassins d'argent et des chandeliers de vermeil *.
Au nombre des bienfaiteurs de la cathédrale qui vécurent sous son pontificat,
on peu citer le sénéchal Robert, fils de Renaud, qui offrit à l'église deux cheva-
liers d'argent, à cheval, portant au bout de leur lance un flambeau devant brûler
nuit et jour en face de l'autel de saint Julien
HUGUES où PAYEN DE SAINT-CALAIS
Après une vacance de sept mois”, le siège épiscopal du Mans fut occupé, sur le
choix du clergé et du peuple‘, par Hugues ou Payen de Saint-Calais. Si lon place
la mort de Guy au 7 février 1136 (n. s.), date qui semble être la bonne, il faut
assigner au début de l'épiscopat de Hugues le commencement de septembre 11367.
D'une très noble famille, Hugues naquit au château de Saint-Calais*. Tout jeune encore, il fut nommé archidiacre par le vénérable Hildebert et désigné comme doyen du chapitre en 1111, après la nomination du doyen Geoffroy à l'archevêché de Rouen. Orderie Vital” le nomme: « Paganus, archidiaconus » de Sancto-Karilepho ». Dans les cartulaires il est désigné tantôt sous le nom de
Hugo, tantôt sous celui de Paganus ".
(1) Actus, pp. 328 et 316.
@) « Librum Pastoralem cum eymbalis (seu signis) An
On trouve la mention en
icis ». Actus, p.
1181, dans l'Ordinarium novum de Pierre Hennier, de « due campane Anglice ».
G@) Actus, p. 315. Martyrologe de l'Église du Mans, à la Bibliothèque de la ville, ms. 244, lol, 25.
G) « Id. augusti. Eodem die, obiit Robertus Raginaudi, qui huie ecclesie duos milites argenteos cum equis » etc. Martyrologe, 241. Dom Piolin (IV, 111) traduit « Robertus Raginaudi » par Robert de Raynauld etle place
sous l'épiscopat de Guillaume de Passavant. Or, il vivait cer
inement en 1133, époque où il apparaît comme
témoin sous cette dénomination : « Robertus, dapifer, filius Raginaldi ». Livre blanc (imprimé), p. 3, ne 3.
(G) Actus, p. 48.
(6) « » et populo unanimiter assentiente ». Actus, p. 347.
(7) & à initium septembris anni 1136, electus est episcopus ». Dom Briant, Cenomania. Dom Piolin et le Gallia affirment que la consécration de Hugues est du 20 septembre 1135, Dom Piolin est d'autant plus incom-
préhensible en assignant la date du 7 février 1135 pour la mort de Guy, et celle du 20 septembre 1135 pour la
consécration de son successeur » de l'année 1135 (8) « Fuit itaque ex castro S
lise du Mans, IV, 40), qu'à la page précédente il fait vivre Guy « sur la fin
acti-Karileffi summatibus et magnificis exortus parentibus ». Actus, p. 346. idition Le Prevost, V,
(9) Histoire ecclésiastique.
(0) Voir Livre blane, Cartulaires de Saint-Vincent et de la Couture, passim.
LES ÉVÊQUES DU XIe ET DU XIE SIÈCLE 149
Les Aclus font le plus grand éloge de cet évêque. C'était, disent-ils, un homme calme, pacifique, judicieux, instruit, ennemi des controverses inutiles, s'appliquant à éviter les querelles.
Nous possédons l'image de Hugues de Saint-Calais. Ce dessin, que dom Piolin appelle un portrait ', est une esquisse au trait”, du milieu du XIIe siècle, largement exécutée en
rois couleurs, noir, vert et
leu, et insérée au 113 folio du manuscrit des Actus. Le ontife est représenté debout et de face, tenant sa crosse de a main droite, la volute tournée en dedans, et de la gauche un livre fermé sur lequel on it en lettres rouges : uao
EPISCOPUS. Il porle loule sa
arbe. La tête est coiffée d'une mitre basse qui ressemble aux
anciens bonnets d'évêque et
dont les cornes sont placées dans le sens du visage. Les fanons, qui pendent derrière
après avoir divisé la mitre en
deux, se composent de deux bandes étroites rappelant les cordons qui servaient à tenir autour de la tête la coiffure
dans son élat primitif. Hugues
est revêtu de l'aube, de la
tunique et de la chasuble ou
planète. Les plis de ce vête- ROSES : n D'après les Actus. (Bibliothèque du Mans, ms. 224, fe 113.)
ment dessinent une volute à
l'endroit de la ceinture. Selon les Actus, Hugues, si recommandable par ses
qualités morales, était encore un des plus beaux hommes de son temps.
G) Église du Mans, IN, 43. À la page 58, le R. P. voit dans ce dessin « les traits » de Guy d'Étampes. @) De 265 millimètres de hauteur sur 1
5 millimètres de largeur.
Environ un an après la mort du roi d'Angleterre, Henri fer, arrivée en
écembre 1135, un différend, au sujet du serment de fidélité, s'éleva entre Hugues
de Saint-Calais et le comte du Maine, Geoffroy-le-Bel, où Plantagenet'. Geoffroy, se heurtant au refus de l'évêque”, bannit ce dernier et saisit le temporel de
évèché et du Chapitre. Une nombreuse population, qui vivait des aumônes du
ergé, se trouva dès lors réduite à la misère. Mais Dieu se laissa bientôt toucher
par les prières des fidèles. Un jour que les officiers du comte se disposaient à
glise sous une tente devant la maison
vendre publiquement certains biens de lé
d'Hamelin d'Asnière
5, le principal exécuteur des volontés de Geoffroy ressentit une violente émotion à un spectacle inattendu. La croix que le peuple avait
coutume de vénérer le dimanche des Rameaux se dressait devant lui‘ et les
cloches sonnant à toute volée appelaient la foule. Sans chercher à dissimuler son
trouble, l'officier du comte versa un torrent de larmes et, pour éviter lexcommu-
nicalion, S'opposa aux enchères. Geoffroy Plantagenel, averti de l'événement et
alarmé par les murmures du peuple, permit à l'évêque de revenir dans sa maison
après une absence d'environ neuf mois. Ce fut une grande joie pour tous. Hugues
de Saint-Calais rentra au Mans au milieu de l'allégresse générale. Avec sa barbe qui s'élalait sur sa poitrine et son visage pàli par l'exil, il ressemblait plutôt à un ange qu'à un homme ?.
L'évèque s'était retiré au petit monastère de Saint-Victeur pour se faire soigner et prendre du repos lorsqu'un jour de l'année 1137, vers midi, le feu se déclara dans le faubourg de Saint-Vincent. Les flammes se propagèrent avec une cffroyable rapidité, atteignirent les remparts de la ville, le palais épiscopal, dévorèrent le toit de chaume qui couvrait la cathédrale depuis l'incendie de 1134, et attaquérent les murailles, les vitraux et les statues de pierre
de l'édifice ‘. Le peuple terrifié se précipita dans l'é
se, enfonça à coups de hache
(1) « Gomes. petit Pontificem, ut cum co testamentum fidelitatis jurejurando firmaret et federe ». Actus, p. 318.
(2) « Quod videns esse servus Dei tam ad suum dedecus, quam ad opprobrium ecclesiæ.…. audacter resis- » tens dencgavit ». Actus, p. 318. — En résumé, Hugues de Saint-Ca
lais refusait de reconnaitre l'autorité de Geoffroy-le-Bel et de Mathilde, qui voulaient recueillir la succession de Henri Ier, On ne voit pas en quoi le serment demandé à Hugues pouvait léser les inté
de son églis n
(3) Un chanoine du Mans, du nom d'Hamelin d': s, que dom Piolin {Église du Mans, IV, 289), place
ns aucun motif, sous l'évêque Maurice, au XIIe
siècle, possède une longue notice dans le Martyrologe de
Église du Mans, au 5 des calendes de mai. Il y est dit qu'il donna
à la cathédrale : une table de vermeil pour
itel de Saint-Julien; un frontal d'argent pour placer « ante caupsam Beate Marie »; un pupitre; deux ingl-quatre ma ngts livres mancelles pour un devant l'image de la sainte Vierge, une maison (stallum) dans le cloître et un pré à Saint-Pavaci
maisons en pierre ct une en bois ; des vignes, des sommes d'argent ; quatre res
ent pour
élever un ciborium (tabernaculum) sur le tombeau de saint Julien, quatre luminair
(4) « est la première fois qu'on voit apparaître dans les documents la Croix du Dimanche des Rameaux que dom Piolin appelle « Le fameux Crucifix de bois de palmier! »
composé, au XIIe s
ice, quam in Ramis Palmarum populus consuevit adc
, posita ». Actus, p. 518.
glise du Mans, IV, 45. Tous, nous ignorons de quelle matière était
ele, le Crucifix du Dimanche des Rameaux.
(5) « Gujus f'acies tanquam facies angelica videbatur ». Actus, p. 349.
(6) « Ignis circa meridiem a vico Sancti-Vincentii prosiliens, sibi opposila usque ad muros civitatis el