‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 46 sur 236 · PACE VIG TE DATVR · texte numérisé non relu

PACE VIG TE DATVR

LESIISQVE QV

On a beaucoup disserté? sur la facture de cet émail qu'on a attribué aux ateliers de Limoges et à ceux des bords du Rhin, sur la date de sa confection et sur la signification de son distique latin qui serait une allusion à une défense faite par Geoffroy à certains habitants du Mans de ne plus piller l'évêché à la mort de chaque évêque. Je crois que les difficultés sur la facture et sur la date sont insolubles. Quant à l'inscription, elle ne peut faire allusion au fait très commun du pillage d'un évèché. Le Plantagenet avait bien défendu à ses servi-

‘ché, après la mort des

teurs d'enlever, selon la coutume, les meubles de lév évêques”, mais le valeureux comle possédait d'autres victoires à son actif

el sa terrible épée n'avait pas besoin d'apparaître dans un règlement de police, !

applicable aux gens de son palais, réglement qui aurait rendu la paix aux église Qui donc au XIe:

Si l'on veut une explication, il faut en chercher une moins enfantine et plus

cle eût songé à lui faire une auréole d'un exploit si minime ?

plausible.

Le fils aîné de Geoffroy Plantagenet, Henri, comte du Maine et futur roi d'Angleterre, voyant que le corps de son père reposait dans la cathédrale du Mans, donna aux chanoines cent sous qui lui étaient dus chaque année par les pelletiers, mais à la condition qu'ils ne percevraient aucun droit sur lesdits pelletiers pendant les trois jours de foire de la fête de la dédicace ". Quelques années plus tard (vers 1161), le même roi Henri IT, se trouvant à Wédon, au comté de Northumberland, assigna à notre église une rente perpétuelle de quarante livres

angevines pour l'établissement de deux prêtres chapelains, chargée de certains

offices quotidiens à l'autel du Crucifix, près du tombeau de Geoffroy”. Il ratifia

a ant, le calme est donné aux Églises.

2) Cf. L. Palustre, Monuments d'art de la ville du Mans. Sceaux, 1886, pp. 1

ces tenues au Mans et à Laval en 1878, pp. 46-56. — La

ton épée, à prince, la troupe des pillards est mise en fuile et, la paix

à 4. — E. Hucher, dans Congrés

archéologiques de Fran arte, Histoire des arts

industriels au moyen-âge.

(3) € Omnem vero pontificalium domorum supellectilem quam, defuneto pontifice, famuli comitum impe-

» tuosè

apere consueverant, salvam esse et integram et sub ccclesiæ custodibus fideliter custodiendam, prout » pater (Henrici IL, id est Gaufridus) concesserat, diligenter concessit ». Martyrologe, ms. 214, au 6 des ides de septembre.

(4) « Nobilissimus dux Normannorum, Henricus, filius € » ecclesia, G solidos qui ex pellipariorum consuetudinibus sibi quotannis reddebantur, beatissimi Juliani

ræsenti honorif sepultum videns in

» canonicis in perpetuum dedit obtinendos. Et notandum est quod prædicti pelliparii liberi sunt et immunes

ista per tres dies undinarum circa dedicationem percipere consuevit ».

» ab omni consuetudine quam cceles

Martyrologe.

(5) « Ut servant cotidie ad altare illud quod est ante sepulchrum patris mei ». — « Ad serviendum in per-

plus tard cette fondation, au Mans. en présence de Guillaume de Passavant, des

deux chapelains royaux (du Crucifix) Nicolas et Roger, de maitre Gauthier de

l'Isle, de Durand, son échanson !, et de plusieurs autre

La légende des Croisés de Mayenne, en 1158, a été détruite par M. l'abbé

naler l'assemblée convoquée au

Angot, je n'y reviendrai pas. Mais, il me faut sig

. le 8 mai 1166, dans le but d'y régler une levée

Mans, par Henri IT d'Angleterr de deniers, destinée à secourir les Chrétiens d'Orient. On y vit les archevèques de Rouen, de Tours, de Bordeaux, les évêques du Mans, de Bayeux, de Lisieux, de Séez, d'Angers, de Vannes, de Poitiers, d'Angoulême, de Périgueux et d'Agen”. Henri IT luttait

alors contre saint Thomas de Can-

orbéry !, qui devait bientôt (1168,

169) se rendre à La Ferté-Bernard

et à Montmirail pour tenter une

aix illusoire avec le Plantagenet.

Dans ce même temps, en février 1168, le phénomène qui s'était

roduit au Mans, en février 820,

sous l'épiscopat de Francon le

OR ne CODE Jeune”, se renouvela encore. La

Sarthe se dessécha complètement.

Cette fois, le prodige eut lieu à Fresnay-le-Vicomte. Il dura environ une heure et demie et le bruit s'en répandit au loin, si bien que l'abbé du Mont-Saint-Michel, Robert de Torigni, s'en fit l'écho dans sa Chroniquef. L'abbé chroniqueur en avail peut-être été informé, ainsi que de l'incendie de notre ville et du monastère de Saint-Victeur, en 1170, par les moines de Saint-Victeur eux-mêmes, membres

de la célèbre abbaye normande ?.

Henri IT se trouvait au Mans en 1180 et en 1183°. Cest vraisemblablement à

» peluum pro anima predicli comilis domini el patris mei ad altare Crucifixi, in ecclesia Beati Juliani Cenoma- VIT et VIII.

@) Durand Burel, échanson du roi Henri I, mari d'El

» nensis ». Livre blanc (imprimé), n

ennette, fut également bienfaiteur de la cathédrale, à laquelle il donna deux vases, & duas juslas, unam deauratam et alleram argenteam, unam ad portandum

, et 20 livres mancelles pour faire une chape.

» crisma, alteram ad portandum oleum, in Cena Domini Marlyrologe, 41, au 3 des nones d'octobre.

2) Livre blanc (imprimé), ne VII.

(3) Dom Bouquet, Hisloriens des Gaules, XNI, 610.

(1) Saint Thomas de Cantorbéry, alors qu'il n'éta avec le roi Henri IT d'Angleterre, entre 1155 et 1160. Livre blanc (imprimé), p. 4, n0 IT.

(5) Voir page 65.

il encore que chancelier, vint à La Flèche (apud Fissam)

(6) Chronique de Robert de Torigni, publiée par L. Delisle, 1882, £. II, p. 3. — R. Triger, Les desséchements subits de la Sarthe, 1884, p: 5.

(7) Chronique de Robert de Torigni, M, 23. — Comte B. de Broussillon, Cart. de S1-Victeur, p. 25, nv XXII

(8) Dom Bouquet, Hisloriens des Gaules, NNIT, 617, 451.

LES ÉVÈQUES DU XIe ET DU XIIe SIÈCLE 163

la première de ces dates qu'il fonda l'hôpital de Coëffort, dont il nous reste une magnifique salle du XIIe siècle, malheureusement affectée aux usages d'une caserne d'artillerie.

On apporta dans notre ville en 1183, les restes mortels du jeune Henri au Court Mantel, fils de Henri IT, qui venait de mourir à Limoges. Avant d'expirer, le prince avait manifesté le désir d'être enterré à Rouen, mais l'évêque du Mans el les chanoines arrêtérent son corps au passage et l'ensevelirent avec pompe dans la cathédrale ! Il ne fallut rien moins qu'une intervention énergique des Rouennais pour reconquérir le cadavre royal. L'Histoire de Guillaume Le Maréchal rapporte

l'anecdote en ces termes :

Si com vers Roëm s’en alèrent

Cil qui le giemble rei portèrent,

AI Mans vindrent ; si l'or tolirent

Li chaloingnie e grand feste en firent, En lor eglise l'enterrèrent,

Mais que par plait le recouvrèrent

Cil de Roëm e le conquistrent ;

Grant peine e grant travail i mistrent?.

Les bonnes relations que Guillaume de Passavant entretenait avec les Plantagenet lui permirent de mener à bonne fin de nombreuses constructions.

Il renouvela complètement son évêché* en faisant bâtir du côté de Saint- Ouen une vaste grange couverte en pierres". A côté, se trouvait une chambre

haute qu'il habitait, éclairée sur chaque face de fenêtres lumineuses, et une

chapelle, chef d'œuvre de lart, décorée de peintures aussi belles qu'instruc-

lives”. Auprès de celte chapelle, il éleva une maison avec des fenêtres d'une

confection admirable®. Pour compléter l'agrément du séjour et offrir à ses

€) « Corpus regis, quas habuit in sua consecratione lincis vestibus, chrismate delibutis, diligentius invo- » lutum, in libitina reponitur, et impositum humeris commilitonum suorum, per vicos, per castella, per

» civitates, corruentibus undique populis, deportatur, quousque Cenomannis intrarent el in choro Beati Juliani

» deponerelur. Majores itaque civitatis illius, cum acclamatione multitudinis subito proruentes, corpus regis,

» quoniam avus suus paternus codem loco quiescit, ipsum inibi terra cum festinalione defossa sepelierunt ;

» sed, etc. ». Historia comitum Andegavensium, dans Chroniques d'Anjou, p. 346. (2) Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Striguil et de Pembroke. Poëme français publié par Paul Meyer, L I, p. 258.

(3) Déj (1) «A parte ecclesiæ sancti Audoëni fecit grangiam lapideam, lapidibus tectam et spatiosam ». Actus,

rebâti par Hugues de Saint-Calais.

p. 367. Dom Piolin, (IV, 120), dit que cette grange était couverte en ardoises.

(5) « Imagines tamen ibi pictæ ingenio admir

ili viventium speciebus expressis conformatæ, intuentium

» non solum oculos, sed etiam intellectum deprædantes ». Actus, p. 367.

(6) « Aula, cujus compositio tota et maximè fenestrarum opus, tantum pulcritudinis habebat, ut ipsa vel » doctiore manu artificis, quam supradicta duo videretur composila, vel artifex in opere islo se ipsum vicisse

la

parle de la magnificence des fenêtres des maisons épiscopales nous donne la certitude que par opus enestrarum,

» crederetur ». Actus, p. 368. vie de Guillaume de Pa

L'insistance avec laquelle l'auteur de assavant nous

il veut désigner des vitraux peints.

habitants une riante perspective, l'évêque acquit quelques maisons voisines et transforma leur emplacement en verger planté de différentes espèces d'arbres

fruitiers et d'agrément. Un aquedue amenait l'eau dans la maison, permettant aux

visiteurs de se laver les mains". Ceux-ci étaient invités à de pieuses pensé

s par celte inscription latine placée au-dessus de la porte, sous un agneau sculpté

portant la croix :

Sub cruce qui lransis, devola mente relracla, Quod si vita dalur, Chrisli cruce morte subacta. En résumé, du temps de Guillaume de Passavant, l'évêché possédait trois chapelles : la première, ou chapelle inférieure, portait le nom de chapelle des moines : la seconde, située © inter cameram et aulam », se nommait la chapelle

peinte, et la troisième se trouvait à l'étage supérieur de la tour de la cathédrale,

voisine de l'évêch

Comme l'incendie avait dévoré le bourg d'Yvré et une grande partie de son château, Guillaume de Passavant remit le domaine épiscopal en un état supérieur à l'ancien. À Touvoie, il érigea une chapelle en pierre, une maison en bois,

ronde à l'extérieur et carrée à l'intérieur, une grange en pierre et une écurie

pour les chevaux, le tout entouré de murs et de fossés remplis d'eau vive. Un portail en pierre, fortifié, défendait l'entrée de l'enceinte et mettait le château à l'abri d'un coup de main *. Deux vergers et {rois arpents de vignes se déployaient autour de la forteresse.

La possession des bois et des hommes de Touvoie n'alla pas sans encombre pour l'évêque, car, afin d'asscoir fermement ses droits féodaux, il dut lutter, même

à main armée, contre plusieurs possesseurs de fiefs

particulièrement contre

deux indigènes nommés Hagan et Guérin des Forg

Il est impossible d'assigner une date précise à tous ces travaux de Guillaume de Passavant. Quant à l'œuvre de la cathédrale, on peut croire qu'il l'entreprit ou, plutôt, qu'il continua les travaux de Hugues de Saint-Calais, dès 1145, première

année de son épiscopal. En tout cas l'édifice (nef et transepts) élait achevé en

() « Ante introitum aulæ fecit ductum aquæ subterraneum ad locum lapideum ascendentis, ubi manus » venientium lavabantur {ctus, p. 368.

(2) Actus, p.

Ce passage prouve que la tour de l'église, près de l'évêché, n'avait pas été détruite du temps d'Hildebert.

(3) Les fossés de Touvoie, en Saint-Corneille, sont alimentés par les eaux de la Parence.

G) « Apud Tollevium fecit capellam lapideam et domum ligneam, rotundam exterius et interius quadra- » Lam, et grangiam lapideam et stabula cquorum ; et hæe omnia cireumdedit muro et fossis, ubi aqua semper » invenicbatur, F » possent ». Actus

cit inibi portale lapideum bene munitum, per quod hostes de facili introitum habere non ).

» P (5) De la paroisse de Lavardin, ajoute, sans preuve, dom Piolin (

se du Mans, IV, 121). 11 semble bien plus naturel de penser que Guérin des Forges tirait son nom du lieu des Forges en Savigné-l'Évêque et non des Forges en Lavardin.

jours et trois nuits

LES ÉVÊQUES DU XIe ET DU XIIe SIÈCLE 165

1158, car la dédicace en eut lieu, cette même année, le lundi après Quasimodo, 28 avril, en présence de Samson, archevêque de Reims: Robert, évêque de Chartres ; Philippe, de Bayeux ; Rotrou, d'Évreux ; Arnoul, de Lisieux ; Bernard, de Nantes ; Jean, d'Alet ; Rotaud, de Vannes: Guillaume, de Tréguier ; Richard, de Coutances, Herbert, d'Avranches, lesquels devaient se rendre à Rome; de Joscius, archevêque de Tours : Mathieu, évèque d'Angers , et Étienne, de Rennes. Le trésor de Saint-Julien fut exposé à la vénération publique et ensuite porté en procession. Il fut arrêté que tous les ans on célébrerait l'anniversaire de cette

dédicace ?.

Guillaume de Passavant était plus qu'octogénaire * quand il sentit les atteintes de sa dernière maladie au château d'Yvré-l'Évèque ‘. La veille de la fête de saint Julien (26 janvier) 1186 (v. s.), quittant son lit de douleur, il descendit à la

chapelle pour entendre la messe. Il se tint debout à l'Évangile, communia et ne

regagna sa chambre que lorsque le prêtre eut terminé le Saint Sacrifice

Le lendemain, fête de notre apôtre, il se fit déposer à terre sur un lit de cendres et rendit le dernier soupir, à l'heure de tierce, pendant que Pierre, abbé de Beaulieu , qui récitait les prières pour la recommandation de l'âme, prononçait ces paroles : « Euge serve bone et fidelis, intra in gaudium Domini lui ». Ceux qui étaient présents admirèrent la parfaite sérénité de la figure du pontife après sa mort”. La nuit suivante, son corps fut porté à la cathédrale, où, revêtu d'orne-

ments pontificaux et entouré de nombreux cierges *, il resta dans le chœur, trois

, exposé à la vénération publique. Les chanoines et les autres

clercs ne ces

érent de chanter les vigiles des morts, de réciter des psaumes, des oraisons et autres suffrages.

Pendant sa dernière maladie, Guillaume de Passavant, craignant un conflit

entre les chanoines de la cathédrale et les moines de Saint-Vincent au sujet de la possession de sa dépouille mortelle, avait choisi sa sépulture auprès de celle de ses prédécesseurs. Sa volonté fut exécutée. On l'ensevelit en grande pompe dans

() « Actum est hoc autem ab incarnatione Domini M C LVUI, in castro Lavallensi, … regnante nobilissimo

» rege Henrico, eodem scilicel

no quo dedicata est beali Juliani Cenomanensis episcopi ecclesia ». Cart. de la Ur.

Couture, (imprimé), p. 69, no LX) (2) Actus, p. 370.

(3) Actus, p. 364.

(4) Une charte de Guillaume de Passavant, au sujet de la Ch:

pelle-Gastineau, l'ut passée après 1180, à Yv

ï de Guillaume Esgaret, chap.

2238, no 29. Orig. p

vêque, en présence du doyen Philippe, de Maurice, archidiacre, de « Renulfus, decanus de Malo-Stabulo »,

re d'Yvré « archipresbiter illius terre ». Arch. nat. S.

n de l'évêque

x. avec fr vencratione audivit Evangelium, ibique exspectavit dominicam, que in fine Missæ per

que.

s debit:

» sacerdotem mittitur, salutationem ». Actus, p. (6) Pierre II Morel. Gallia, XIV, 513.

nes eramus, multæ recepimus admirationis materiam, quod intra vivum ct

notari poterat divers

(7) « In co autem nos, qui p.

» mortuum, nulla nec in colore, neque in minus ordinata membrorum positione vi

atione apparens, melio

» sed quasi dormiens el in tranquilla pace, ae bonæ carnis, non vera tamen glorific

» vilæ statum repræsentabat ». Actus, p. 566.

(8) « Erectis cirea ipsum candelabris et altis trabibus ad cereos sustinendos ». Actus, p. 366.

l'église abbatiale de Saint-Vincent, devant l'autel des SS. martyrs Vincent et

Laurent, proche du chœur des moine Une charte du vicomte de Châteaudun, passée à Mondoubleau, fait mention de la sépulture de Guillaume de Passavant, au 28 février 1186 (v. s.)?. Les Actus * et le Martyrologe de l'Église du Mans, au 7 des calendes de février, énumérent les dons faits à la cathédrale par l'évêque défunt: Un livre des évan-

giles couvert d'or el de pierres précieuses‘: quatre anneaux pontificaux, d'or,

enrichis le premier d'une émeraude, le deuxième d'une topaze, le troisième d'une

pierre d'hyacinthe, le quatrième d'un saphir connu sous le nom de Gaiferius” ;

deux chàss

s d'argent qui se trouvaient sur l'autel des SS. Gervais et Protais:

deux grands bassins de vermeil et deux plus petits d'argent; deux candélabr

de vermeil et deux autres candélabres, en partie d'argent et en partie de vermeil :

un calice de vermeil: cinq chasubles de soie’, lune « de purpura nigra?» rodée d'or avec des figures d'animaux, une autre de samil* rouge, et la cinquième d'une éloffe ornée d'étoiles et de violettes”: onze aubes, dont quatre pour

es grandes fêtes, brodées d'or, deux autres également parées, moins belles, et

cinq non parée

; onze manipu quatre étoles, deux pour les grandes fêtes,

noires et brodées d'or, avec des manipules semblables, la troisième rouge et autre blanche: trois dalmatiques blanches: quatre tuniques: trois paires de

sandales « cum caligis ! »: six chapes de soie, l'une de pourpre, quatre de samit,

a sixième d'étoffe de couleur variée ; onze voiles : deux encensoirs, l'un de ver-

meil, l'autre d'argent doré par endroits: deux mitres, deux crosses dont l'une

() Actus, p. 367. « I fut inhumé devant l'autel des SS, r

tyrs Vincent et Laurent, qui est le plus

» proche du chœur. Cet autel est aujourd'hui dans le tour des chapelles ». Dom Colomb, Abbaye de Saint-

Vincent, p. 146. Dom Piolin, tout en a

ant ces sources sous les yeux, place le tombeau de Guillaume, devant le maître autel. (Église du Mans, IV, 185).

ur » Cenomanensis episcopi, Henrico, rege Anglorum regnante, V kalendas februarii (28 janvier), anno ab incar- » natione Domini Me Ce LXNXVI ». C. Port, Arch. de l'Hôtel Dieu d'Angers, p. 107, ne 8.

(3) Page 373.

ctum est autem apud Montem Dupplellum, in erastino sancti Juliani, die exequiarum Willelmi,

€) « Textum aureum, cui inserti lapides pretiosi tantum pulcritudinis et pretii conferebant, ete. ». Actus,

p. 37 Il s’agit probablement ici du livre dont il est encore parlé à la page 364 : « Textum ex auro et lapi-

» dibus pre

sis de suis anulis valde preciosum fecit fabricari, et ipsum, ea conditione quam versibus, quos » composuit, et in sup.

ficie textus fecit annotari, intelligere poteritis, ecelesie beati Juliani assignavit, qua- » tenus in tempore famis pauperibus distribueretur: in quibus preciosa materia preciosius quam in textu

» resplenderet. Sunt autem versus hujusmodi :

Gemma nitens, aurum rutilans, junguntur, ut ex his Arte simul vinctis nobile surgat opus.

Nobilius quæecumque tamen disjuncta futura, Vendita eum fuerint, pauperibus data ».

(5) Les Actus, p. 369, nous racontent que cette pierre tirait son nom d'un certain roi Gaiferius et qu'elle possédait des vertus curatives entre les mains de Guillaume de Passayant. —— Voir Du Cange au mot Gaiferius. (6) © Infulas sericas quinque ». Actus, p. 371. Dom Piolin (IV, 110) traduit par mitres. (7) 1 y avait purpura alba, purpura rubea, purpura rufa, ete. (8) Samit, velours, étoffe de soie.

(9) « Quintam de multeia stellatam cum floribus violarum ». Actus, p. 371. (10) «

» crura reévi

propria est episcoporum ; nam priusquam sandaliæ induant, caligis ad genua usque protensis unt ». Du Cange.

LES ÉVÈQUES DU XIe ET DU XIIe SIÈCLE 167

x corbeilles ; sept tapis, dont deux pour placer devant l'autel, trois sur

d'argent :

les bancs, et deux « in cathedris » ; deux amphores d'argent : une bible en deux

and volume et différents autres livres ;

volumes : les décrets de Gratien dans un g enfin deux images des SS. Pierre et Paul".

Ce serait un intéressant travail de rechercher les noms des bienfaiteurs de la cathédrale et d'établir l'état des richesses de l'église-mère à l'époque de Guillaume de Passavant. Mais l'espace m'élant limité, je me contenterai de donner quelques renseignements à ce sujel.

Simon de Loches, chanoine et archiprètre, neveu du chanoine Geoffroy de

Loches, légua à sa mort cent sous tournois pour la réédification de la table de

l'autel des Gervais et Prolais, vendue en temps de famine”. Le sacriste

et chanoine Pierre concourut à la même œuvre, en donnant soixante livres

mancelles, deux marcs d'or, et en payant de ses propres deniers le travail des

orfe . Payen de Challes, prêtre et chanoine, offrit un livre (textum) recouvert d'or, d'argent et de pierres précieuses et cent sous pour la grosse cloche". André

de Reims, que j'identifie avec le chanoine André qu'on trouve plusieurs fois dans

enie qu'il avait

s chartes, sous Guillaume de Passavant”, donna pour une chape fondée à Saint-Julien, une croix de vermeil, un calice de vermeil, deux burettes d'argent, deux chandeliers de cuivre, un missel, un bréviaire, un psautier, des

1anoine, vivant

vêtements sacerdotaux et d'autres ornements ". Herbert de Pirmil,

en 1150 et 1166, mort avant 11907, se montra d'une générosité remarquable en

donnant un pupitre sculpté et doré pour placer les livres liturgiques au milieu du our la réédifi-

chœur, cent sous pour la construction de l'église, un vase d'argen

cation de la table de l'autel des SS. Gervais et Protais, des vignes à Banjean, des

revenus sur certaines maisons de la Grande-Rue, ses maisons qu'il avait recons-

sines de la petile tour‘ de

truites en pierre aux environs de la Tour Royale, vc

la cathédrale”. Le chanoine Étienne, neveu de Yves, chapelain d'Hildebert (et

() & Imagines duas Petri et Pauli ». Dom Piolin (IV, 111) traduit: « deux statues ou tableaux de » grande proportion, représentant les apôtres saint Pierre et saint Paul ». C'est ce qu'on peut appeler de l'amplification.

€) Martyrologe, 244, au 10 des calendes de septembre.

(3) Id. aux ides de novembre.

G) Ibid. au 6 des ides de mars. Paganus de Challia est vraisemblablement le même personnage que

pp. 78, 288. Dom Piolin (IV nt-Quentin de Varenne, et le fait vivre au XIIe si dla », témoin dans une charte du commen-

. Livre blanc (imprimé

Paganus de Chala, avchiprêtre, vivant vers 1150. C hälé, en

le,

l'appelle, on ne sait pourquoi, Payen de ce. —— Je trouve un « Paganus, presbiter de C

sous l'évêque Mau

le. Cart. de Saint-Vincent (imprimé), charte 1

cement du XI: sièc b 30), place André de Reims au XII: siècle, sous l'évê

(5) Dom Piolin (IV (6) Martyrologe, 44, au 16 des calendes de février. Dom Piolin (IV, 102, 290), fait vivre Herbert de Pirmil sous

que Maurice

(7) Livre blane (Gmprimé), pp. 37, Guillaume de Passavant et sous l'évêque Maurice, au XIIIe siècle. u bas de la nef.

, sitas € regione Turris Regie, in dextra parte ecclesie, juxta

(8) C'est la petite tour qui se voit encor

(9) « Domos suas … quas fecerat lapic iniores, quas ædificaverat in platea cujus majorem partem emerat »

» turrim minimam, eidem ecelesi ier.

Martyrologe, 244, au 15 des calendes de fév

non de l'écolâtre Yves

, du temps de Guillaume de Passavant, ainsi que l'a dit par

erreur dom Piolin”), légua par testament deux vases d'argent et trois autres

ss pour faire un /labellum. Il suivait en cela l'exemple de son oncle, qui,

Vas

entre autres dons, avait laissé autrefois à la cathédrale un flabellum d'or et d'argent orné de pierreries, dix marcs d'argent pour la réfection du grand Crucifix, onze livres pour une cloche, une dalmatique et une aube « pallio » decoratam * ». On peut ajouter à cette liste de bienfaiteurs, déjà trop longue, Clémence, femme de Juhel de Mayenne, donatrice d'une chape, d'une dalmatique, d'une tunique et d'une navette ‘ d'argent de cinq marcs, dorée à sa partie supérieure”, enfin l'archidiacre Hugues

de Lavardin ® qui augmenta le trésor de l'église

de plusieurs objets précieux, en particulier d'une

table d'argent, dorée par endroits, pour mettre devant l'autel de la sainte Vierge ?.

La collection Gaignières, à la Bibliothèque Nationale, renferme plusieurs dessins de sceaux de Guillaume de Passavant”*, Celui qui est repro-

duit ici, d'après un cliché de M. Hucher, est

conservé en original, au bas d'une charte des Archives Nationales, relative à la restitution faite SCEAU DE GUILLAUME DE PASSAVANT ; NT Le à .

à l'abbaye de Saint-Denis, près de Paris, de

dimes au territoire de Sargé-sur-Braye”. L'évèque y est représenté debout, coiffé d'une mitre, les deux cornes dans le sens du visage. Il bénit de la

main droite, el, de la main gauche, tient sa crosse, la volute tournée en dedans. La

du Mans, IV, 111, 112.

on. feb. Ipso die obiit Yvo, capellanus, qui hu ete ecelesie XIII denarios census dedit et domos

» suas post obitum Stephani, nepotis sui, cum vinea de Ulmo Symconis, et marc

n auri, flabellumque aureum » et argenteum gemmis ornatum, et ad majoris reedificationem Crucifixi X marcas argenti, et ad cymbalum “fe

iendum XI libras, et dalmaticam et albam pallio decoratam … ». Martyrologe {{, aux nones de février.

tienne vivait peut-être surtout du temps de Guy d'Étampes ct de Hugues de Saint-Calais. On le trouve au

Martyrologe, au 4 des nones de janvier.

(4) « Navem argenteam quinque ma um el in superiori parte deauratam ». Dans ce texte, le mot Navis

est probablement pris dans le sens de « Nœvicula, in qua thus asservatur ». Du

(5) Martyrologe, 24, au 2 des calendes d'octobre.

(6) On rencontre « Hugo de Lavardino », sans qualificatif, en 1129, sous l'épiscopat de Guy d'Etampes,

Cart. de Saint-Vincent, no 592, col. Il est question d’un archidiacre Hugues, dans des chartes de 1

poque de Guillaume de Passavant, ainsi que de l'archidiacre Albericus, également bienfaiteur de la cathédrale. Cart. de La Couture, passim.

(7) Martyrologe, 214, au 3 des ides d'août.

(8) Fonds latin 17036, fol. 103, 105, 111.

() « Ego Willelmus,… Cenomanensis episcopus... » Témoins

“ Radulfus de Fontenelliis et Robertus ), no 98.

lbaudus de Arch. nat.®

» filius cjus, E ileflo et Hamiotus de Carcere, decanus...

LES ÉVÊQUES DU XIe ET DU XII SIÈCLE 169

IS EPISCOPI. Ce sceau a été décrit

légende porte : s(igillum ) GVILLELMI GENOMAN dans le Bulletin de la Sociélé d'Agriculture, Sciences el Arts de la Sarthe’, par MM. A. Bellée et E. Hucher,

RENAULT Guillaume de Passavant mort au bout de quarante-deux ans de pontificat ?, le

27 janvier 1186 (v. s.), le siège resta vacant pendant six mois sil faut ajouter foi

seur du

à l'indication des Aclus*, c'est-à-dire jusqu'au 27 juillet 1187. Le succ vieil évêque fut un chanoine de la cathédrale répondant au nom de Renault {Reginaldus, Raginaldus, Raginaudus |. Elevé dès sa plus tendre enfance au sein

de notre église, qu'il édifia toujours par ses vertus, il en devint chantre et

archiprétre'. Son élection semble n'avoir soulevé aucune contradiction. En revanche, son sacre coûta gros prix”. On trouve le nom de Renault inscrit dans

plusieurs chartes de 1187 et de 1188" et il assista, en 1188, avec plusieurs évêques

et archevèques, de puissants barons et Richard, comte de Poitiers, à l'assemblée

convoquée au Mans par Henri IT d'Angleterre, pour délibérer sur les moyens de

pourvoir aux frais de la guerre sainte*. À Paris, le roi Philippe-Auguste tenait une réunion semblable à celle du Mans. Mais les deux rois, au lieu de se rendre en Palestine, allaient guerroyer sur le territoire de notre province.

A la fin de mai 1189, Henri Il d'Angleterre, Philippe-Auguste et son allié

Richard, comte de Poitiers, fils de Henri IT, avaient eu, entre Nogent et La Fer

Bernard, une entrevue qui était demeurée sans résultat. Le Plantagenet quitta La

Ferté tandis que le roi de France s'emparail de Ballon, de Montfort-le-Rotrou et

(1) Tome XXI (1871-1872). Sigillographie du Maine. Evéques du Mans.

(3) Page 48.

(4) « In cujus (ecclesiæ) sinu nutritus a puero, bone indolis puerum et adolescentem egit. In cantoris

» dignitate et archipresbiteratus officio diù laudabiliter ministravit, Tandem elcctus in episcopum … ». Marlyrologe, 244, au 4 des nones d'août.

e de Renault que fait allusion un chroniqueur anglais quand il raconte

(5) C'est vraisemblablement au sa qu'en 1190, après le 21 août, Richard Cœur-de Tibre. « Intravit Tiberim, ad eujus introïlum est lurris pulche » Octavianus, Hostiensis episcopus, cui rex turpia mulla objecit, » septingentas marcas debuerant habere pro consccratione episcopi Cenomanensis ». Hisloriens des Gaules, XVII, 50 Dom Piolin, IV, 210, croit qu'il s’

(G) Livre blanc, no 188, p. 107. Arch. de ke Duperon, p. 4. — Dom Piolin (IV, 187, note 1) prétend, après certains auteurs comme l'abbé Voisin (Les C mans anciens el modernes, 1, 483), que Renault souscrivit te de fondation du Perray-Neuf, en 1189. Son nom est complètement absent de cette pièce, dont l'original existe aux Archives de la Sarthe, H 1001.

rusalem, entra avec son vaisseau dans le

on, se rendan

ima sed solitaria … Illue venit ad regem

improperando Romanis Simoniam quod

il ici du sacre de l'évêque Hamelin.

rthe, H 91. Cartulaire de Fontaine-Daniel, publié par Grosse-

æ Sanctæ

(7) « Conventus Cenomanensis, cpiscoporum ac procerum Anglicanæ dilionis, de subsidio T s receptionem, venit Cenomanum,

» præbendo, Clemente II, papa. — Henricus igitur rex Angliæ, post Cru uillaume Bessin, Concilia Rolomagensis provinciæ. Rouen, 1717. in-fol.

» ubi consilio suorum ordinavit … ».

pp. 93 et 94.

venait camper devant Le Mans, du côté de Pontlieue. Henri IT, épuisé par la maladie ef par les chagrins domestiques, ne fit pas longue résistance. Laissant la ville en proie à un terrible incendie, qui brûla plusieurs maisons du Chapitre", il déguerpit au plus vite, avec sept cents chevaliers, par la porte du nord, dans la direction de Fresnay. Philippe-Auguste et Richard étaient maitres de la place,

excepté de la grosse tour (lour Orbrindelle), défendue par Guillaume de Sillé. A

l'aide de mineurs et de machines de guerre, les vainqueurs en firent le «

obligérent sa garnison, composée de trente chevaliers et de quarante sergents, à se

rendre au bout de trois

jours, le 15 juin 1189.

De Fresnay, Henri Il se rendit à Sainte-Suzanne, puis à Chinon, où, ayant

appris la reddition de Tours à Philippe-Auguste et la trahison de son jeune fils

Jean, le meurtrier de saint Thomas de Cantorbéry mourut le 6 juillet 1189? en prononçant, dit-on, ces paroles : « Honte à un roi vaineu ! Maudit soit le jour où » je suis né et maudits soient de Dieu les fils que j'ai engendrés * ». Né au Mans le 9 mars 1133, il n'était âgé que de cinquante-six ans.

La mort de Henri Il est inscrite au Marlyrologe de l'Église du Mans, au 2 des nones de juillet (6 juillet). Cet article nécrologique énumère les nombreux

dons suivants faits à l'église cathédrale par le puissant monarque en souvenir de

son baptême ‘: un « frontale? aureum » pour la châsse de saint Julien, orné de

ieuses à mettre devant

pierreries ; une table de vermeil couverte de pierres pré

ieuses ° :

l'autel de saint Julien ; une coupe d'or à anse avec pierres pi une épée

dont le fourreau était d'argent couvert de pierreries et la poignée d'or ornée de

pierres précieus

s; onze € pallia * » ; une tenture de soie brodée de figures en or,

qu'on appelait Lenture royale et qui servait les jours de grandes fêtes à l'autel de

Saint-Julien ; un magnifique vêtement servant au sous-diacre aux grandes fêtes et qu'on désignait sous le nom de « vestis regia »:; une chape pour l'évêque aux fêtes solennelles : une dalmatique et une tunique « quas baldequinos* vocamus »;

une chasuble blanche ornée de figures d'or; quatre chapes de « displois »

() Livre blane, Gmprimé), ne LXX.

(2) 1189. « Obiit Henricus rex senior, Ie nonas julii, rex famosus et potentissimus a mari usque ad mare... » in octava apostolorum ». Chronicæ Sancli-Albini Andegavensis, dans Chroniques des églises d'Anjou, p. 46. Dom Piolin (Église du Mans, IV, 193), fait mourir Henri IL le jeudi 4 juillet 1189. En 1189, le 4 juillet tombait le mardi.

() Voir pour plus de détails dans La Province du Maine, t. IV (1896), Prise du Mans par Philippe-Augusle, le 12 juin 1189, d'après l'Histoire de Guillaume le Maréchal, 1, 301-321.

G) «IT Non. julii. Eodem die, obüit illustrissimus rex Anglorum Henricus, qui ccclesiam Beati-Juliani,

coluit el ornavit ».

» eo quod in ea baplismum regeneralionis accepil, majori devocione quam alias (5) Dom Piolin (IV, 113) traduit par une ch int Julien. Il est probable que le mot frontale s'applique à une partie supérieure de la châsse qu'on peut appeler frontal. (6) « Cupam auream, gemmatam, cum suspensorio ». Dom Piolin (IV, 113), t

se d’or pour le chef de

duit ainsi : « une coupe d'or, » ornée de pierreries avec le suspensoir pour conserver la sainte Eucharistie n. Je crois qu'ici le mot suspensorium n'indique pas un objet étranger à la coupe.

(7) Le mot pallium possède plusieurs significations. Voir Du Cange. (8) « Baldekinus, pannus, quem B

dakinum vocabant ». Du C

age. — En italien Baldacchino signifie étofe très riche, de Baldaco, nom altéré de Bagdad, ville où se fabriquait ce genre d'étoffe, Littré.

LES ÉVÈQUES DU XI ET DU XIIe SIÈCLE 171

deux tissus de soie: du plomb pour

blanches ! et deux de «€ displois » roug couvrir la cathédrale: un bonnet décoré d'or et de pierreries*; cinq pierres précieuses appelées Balais: une statue de la sainte Vierge qui fut recouverte de lames d'argent. Dom Piolin * affirme que le Chapitre, voulant perpétuer le souvenir des libéralités de Henri IT, fit « placer dans la nef de la cathédrale, au-dessus du » bénitier de la porte latérale, une inscription honorifique, dont on aperçoit encore » les traces ». L'inscription à laquelle le Révérend Père fait allusion et « dont on

» aperçoit encore les traces » était celle, non de Henri IT, mais de Guillaume

Pouriau, bourgeois du Mans, et de sa femme Guillemine la Belle, qui vivaient en

1350". Au XIVe siècle, l'anniversaire du roi d'Angleterre se célébrait à la cathédrale

pendant le mois de juin

L'évèque Renault survécut très peu de temps à Henri Il. Il mourut, selon dom

Briant el le Gallia, en 1190, le 4 des nones d'août (2 août) d'après le Marlyrologe de l'Église du Mans. Celle date du 2 août 1190, laquelle toutefois ne peut Saccorder

avec l'indication de la liste des Actus°, semble cependant préférable à celle du

2 août 1189, donnée par Bondonnet, dom Piolin et autres. On ne connaît pas le lieu de sa sépulture, mais il est probable qu'il fut enterré à Saint-Vincent ainsi que ses

prédécesseurs’. Notre Marlyrologe dit que Renault projetait plus qu'il ne fit” à cause

de son trop court épiscopal. Néanmoins, il enrichit le trésor de son église de deux

chasubles, € unam ex anullam rubeam et alleram de pallio sparsi velleris », d'une dalmatique et d'une tunique, et enfin d'un coffret ou châsse d'ivoire pour renfermer les reliques de saint Germain”. Le Chapitre devait distribuer trente sous

manceaux aux chanoines, qui, chaque année, assisleraient à son anniversaire ".

(1) « De disploide alba ». Displois seu Diplois, kena duplicata. Du Cange. @) 6 Pileum mira arte compositum, multo auro et gemmis preciosum … ». (3) Église du Mans, IV, 194.

(1) Guillaume Pouriau et Guillemine la Belle furent « enterrés en l'église de Sainet-Jullian, près le pilier proche la porte qui regarde la Pierre au laict, et auquel pillier » était « leur l. Province du Maine, L. NI (1898), p.

» auquel est attaché le benoistier, » épitaphe ». Cabinet de M. Louis Brière, Généalogie des Langlée. C note 1. L'ent:

336 et années suivantes. « Junius … Anniversarium Henrici, regis Anglie, cuilibet canonico XII d., val.

lle superficielle du pilier est de 0,:

(5) » XXVIIT $. ». Arch. du chapitre, B 24, fol. 4, vo et passim. (6) Cette liste (p. 48) dit que Renault gouverna l'église du Mans deux ans et huit jours, c'est-à-dire jusqu'au

commencement d'août 1189, et le Martyrologe 211, qu'il fut évêque moins de trois ans. pb aint-Vincent, du XIIe siè

Augusti. Raginaldus, Cenomanensis episcopus ».

e de e (Bibliothèque du Mans, ms. 67, fol. 19), ren-

(7) Le Nécrologe de l'

ferme cette notice : « non.

(8) « Ecclesie nostre plus contulit mente quam manu ». (9) « Pixidem eburneam sacras reliquias beati Germani continentem ». Dom Piolin (IV, 208) traduit ainsi : ale une châsse d'ivoire d'un travail remarquable, pour renfermer les reliques des

« Il donna à l'église cathé » saints Gervais et Protais ».

(10) Martyrologe 214, au 4 des nones d'août. Arch, du Chapitre, B 24, fol. 2 et passim.

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