TOUR DU NORD, DÉTAIL DES RUINES
était accolée au transept
nord, dont elle avait alors l'exacte largeur. Actuellement, on n'y constate plus que deux travées et un fragment de mur en relour, au-dessus du portail de la Psallette.
Voici la description de cette curieuse ruine. La grande travée, autrefois cen-
trale, se compose de trois parties, un rez-de-chaussée, un triforium et une grande
fenêtre en plein-cintre. La petite travée possède les mêmes divisions, un rez-de-
e, un triforium et un oculus. Le rez-de-chaussée, primitivement voûlé,
chauss
ge de l’ancien évêché à la
ainsi qu'on peut le constater, pouvait servir de passag:
cathédrale par l'extrémité du transept. Il se distingue par deux courtes colonnes engagées, avec chapiteaux et bases, soutenant deux massifs carrés primitivement noyés dans le blocage de la voûte. Entre ces deux courtes colonnes se développe, dans l'épaisseur du mur, une arcature sur colonnes engagées, munies de chapiteaux; elle mesure environ trois mètres de hauteur sur autant de largeur. La petite travée offre la même disposition avec cette différence que son arcature, d'un mètre soixante-dix centimètres d'ouverture, repose sur des pieds-droits
garnis de tailloirs moulurés. Le triforium, qui autrefois servait de rez-de-chaussée
sur la voûte et formait chapelle, est accompagné de deux colonnes engagées
fs
garnies de chapiteaux à large failloir et faisant la suite des deux mas
carrés dont je viens de parler. Ce triforium , dans la grande travée, possède quatre
arcalures plein-cintre, à petits claveaux, reposant sur des pieds-droits munis de tailloirs moulurés, en guise de chapiteaux. La première arcature jouait le rôle de
ché.
porte de communication avec l'étage supérieur de l'é Le triforium, dont il est question ici, paraît de la même époque que l'arcature
intéricure des basses-nefs de la cathédrale ainsi que la grande fenêtre qui le sur-
monte. Celle-ci, comme les fenêtres des bas-côtés, est encadrée par un tore portant
sur deux colonnettes avec chapiteaux. La suite du triforium dans la petite travée
est garnie, au-dessous d'un oculus, de deux arcatures sans lailloirs. Les trois ar tures du mur en relour, surmontant le portail de la Psallette, présentent le même aspect que les arcatures de la grande travée.
Il est utile de faire ici une dernière réflexion. Le roussard et la pierre de Soulitré jouent un grand rôle dans les constructions de la cathédrale de la fin du XIe siècle et du commencement du XIIe. À partir de la seconde moitié du XIe siéele c'est la pierre de Bernay qui est employée.
Avant de rechercher la part que prit, à l'œuvre commune, chaque évêque
depuis Vulgrin jusqu'à Renault, il est bon d'examiner la valeur d'affirmations
qui se sont produites au sujet de la petite tour du bas de la nef et des ruines du
portail de la Psallette.
Selon M. le chanoine Persigan, auteur d'un livre assez médiocre sur la cathé-
drale', la petite tour du bas de la nef dut être un des clochers de l'église de saint Aldrie, élevée au IXe siècle. € Son appareil (dit le même auteur), les » briques qu'on y trouve, les couches de mortier ressemblent assez à ce que l'on » voit dans les vieux murs de l'église de Saint-Pavace, bâtie par saint Aldric ».
() Recherches sur la cathédrale du Mans, p. 179. — Le livre de M. Persigan a été ainsi apprécié avec
plus d'intérêt si l'absence de méthode et de critique ne s’y faisait trop souvent sentir ».
indulgence par M. Lefebyre-Pontalis, dans la Revue historique du Maine, X « L'ouvrage aurait offert