RUINES DE LA TOUR SEPTENTRIONALE (XI SIÈCLE
Tout d'abord, on peut remarquer que M. l'abbé Per
gan s'abuse complètement au sujet de Saint-Pavace-lès-Le Mans. De ce que saint Aldric y fonda un monastère au [Xe siècle, il ne s'ensuit pas rigoureusement que l'église actuelle soit e bâtiment primitif. D'ailleurs, ce modeste édifice offre dans ses murs et dans ses ouvertures romanes, les caractères de toutes les constructions des XIe et XIe siècles, comme la petite tour de la cathédrale qui n'a jamais servi de clocher. our bien se convaincre de cette dernière vérité, il suffit de faire observer avec M. Lefebvre-Pontalis, que la soi-disant tour de saint Aldrie, contenant une cage intérieure très-étroite complètement remplie par un escalier, possède une destinaion bien évidente, celle de donner accès aux voûtes !, Jamais il n'a été possible de
oger la moindre cloche entre ses murs, non plus que dans sa courte flèche romane,
rimitivement séparée de l'escalier par une épaisse voûte en blocage qu'il fallut défoncer au XVe siècle, ainsi qu'il a été rapporté plus haut. Quant à son petit
appareil, il n'offre pas un caractère assez tranché pour qu'on puisse l'attribuer
rées dans le
à une date aussi reculée que le IXe siècle. Ses assises de s sont no
mortier sans aucun ordre; elles ne sont pas disposées en arêle de poisson et ne
renferment aucun cordon de briques régulier, comme la plupart des constructions
carolingiennes”. Sur l'une des façades de cette tour, au-dessus du balustre du perron, on aperçoit une porte murée qui ne correspond d'aucune façon avec les
marches intérieures. M. le chanoine Persigan, croit que cest l'entrée primitive
de l'escalier. L'aspect de son appareil fait plutôt penser au XVIe siècle qu'au IXe. Après avoir contredit M. l'abbé Persigan, avec l'aide de M. Lefebvre-Pontalis, il me faut combattre l'opinion, à mon avis erronée, que celui-ci a émise au sujet des ruines romanes de la porte de la Psallette. Selon l'érudit auteur, qui d'ailleurs en cela a suivi M. Persigan, ces ruines constituent les derniers débris de la chapelle du Saint-Sauveur rebâtie avant 1055, par l'évêque Gervais de Château-du- Loir, Il me paraît hors de conteste que les ruines de la porte de la Psallette sont
tes de la chapelle
postérieures à l'année 1055 et qu'elles ne représentent pas les 1
du Saint-Sauveur, mais bien ceux de l'une des tours de la cathédrale commencées par Arnaud de 1067 à 1081, et terminées par Hoël entre 1085 et 1096. Les caractères architectoniques des chapiteaux, des bases, des colonnes, des arcatures, de la grande fenêtre, de l'appareil des murs qu'on y rencontre, ne différent pas du caractère des parties similaires qui se trouvent dans les basses-nefs de l'église, que j'attribue également aux mêmes évêques. Mais est-on réellement ici en face des
ruines d'une tour de l'église et non en présence des restes d'une chapelle épiscopale
(1) Revue historique et archéologique du Maine, X) @) Id, p. 43.
(3) Revue historique et archéologique du Maine, XX, 4
(4) I ne faut pas oublier que je ne parle pas des parties refaites dans ce siècle, comme les bases des
colonnes du côté des murs extérieurs.
isolée du reste de la cathédrale, par exemple de la chapelle du Saint-Sauveur?
A cela la réponse est facile. La chapelle du Saint-Sauveur reconstruite par
Gervais de Château-du-Loir, à l'angle oriental de la ville du Mans, occupait un