GUILLAUME ROLAND
Le Gallia’ et dom Piolin* affirment qu'aussitôt la nouvelle de la mort de
Geoffroy de Loudun arrivée au Mans, le doyen Robert de Domfront et le Chapitre
écrivirent à saint Louis, le 8 septembre 1255, pour lui demander l'autorisation de procéder à l'élection d'un évêque. Le monarque ayant consenti, ils choisirent un de leurs collègues nommé Guillaume Roland (Guillelmus Rolandi, Rollandi ou Roullandi). Suivant Le Corvaisier et Bondonnet, le nouveau pontife qui avait été
chanoine, puis chantre, était fils d'Hector Roland, avocat fiscal de Charles, comte
@) Voir dans le Gallia, & 1, col. 111, 413, les hypothèses qu'on a émises au sujet de cet archevêque de
Lyon, appelé improprement « Aymerieus de Ripis ».
@) Martyrologe, 244, aux nones d'octobre.
(@) Martyrologe, 244, au 4 des nones de décembre. — Sur les parents d'Hémery et de Jean Guerri, voir
Martyrologe, 214, au 5 des ides de mars.
(4) « Super januas chori ». Martyrologe, 244, au 3 des ides de février.
(5) Martyrologe, 214, au 3 des calendes de septembre
(6) 1245. « Minores clerici Cenomanensis ecclesie, in feslo sanctorum Innocentium ad bibendum non 34, p. 27. — Voir sur la fête des Innocents,
» fuerunt admissi
». Archives de la Sarthe. Fonds municipal, no 8: Du Cange, Glossaire, au mot kalendæ seu festum kalendarum.
(7) Tome XIV, col. 400 et 427.
(8) D'après Baluze, Miscellanea, in-fol, TI, 101.
du Maine, el auparavant enquêteur en cour d'église’. Les Additions aux Aclus ? ajoutent au nom de l'évêque « patria Cenomannensis, antea Cantor ».
Consacré avant le mois de mars 1256”,
Guillaume prêla serment de fidélité au roi de France en juillet de la même année’. A peine installé sur le siège de saint Julien, il confirma aux Filles-Dieu du Mans le don que leur avait fait saint Louis”, par lettres datées de Domfront, en 1256, de la dime
de Saint-Denis de Villenette", et dut entrer
en lutte avec le comte Charles, pour la défense
des droits de son église”. Afin d'obtenir
ain de cause, il se rendit à Rome auprès
du Souverain Pontife. En revenant, il mou-
ut à Gênes, en Italie, le 2 des nones
d'août (4 août) 1258. L'obituaire de la Chartreuse du Parc inscrit sa mort aux nones du même mois.
On a placé le décès de Guillaume Roland dans les années 1258, 1260 ou 1261. La bonne date est incontestablement août 1258, ainsi quil est facile de s'en rendre compte par
l'indication d'une charte datée du mardi
après l'Assomption de la Sainte Vierge
(20 août) 1258, le siège épiscopal étant
vacant ?.
De Gênes, le corps de l'évêque fut
rapporté au Maine el enterré au milieu du
sanctuaire de l'église abbatiale de Notre- TOMBE DE GUILLAUME ROLAND < 7 “ Dame de Champagne ", où son tombeau
() On ne sait à quelles sources Le Corvaisier et Bondonnet ont puisé ces renseignements. (2) Mabillon, Vetera analecta, & M, p. 511.
(1) Dom Briant, Cenomania, d'après Livre Rouge, fol. 21.
(3) Livre blanc (imprimé), no
(5) « Pro remedio anime nostre et animarum [parentum nostrorum], Ludovici regis, genitoris nostri, et » genitri (6)
is nostre Blanche, regine ».
dimus de 1 Parchemin incomplet conservé à l'évéché du Mans.
(7) Dom Piolin (I 11), s'appuyant sur le Martyrologe, 24, dit que Guillaume Roland fut chassé de son
diocèse par les officiers du comte, Le Martyrologe ne donne pas ce détail précis.
(8) « M CC LNIIL Guillermus de Bussiis Aurelianensis et Guillelmus Rollandi Cenomanensis episcopi » obierunt ». Chronique de Guillaume de Nangis, &. 1, p. 219. () Dom Briant, Cenomania.
(0) Paroisse de Roucz-en-Champagne, près de Sillé-le-Guillaume.
LES ÉVÈQUES DU XIlle SIÈCLE 247
en cuivre émaillé fut dessiné par Gaignières !. Cette tombe, maintenant disparue,
a été reproduite par E. Hucher dans
+s Monuments du département de la Sarthe *.
L'article nécrologique de Guillaume Roland apprend qu'outre son anniversaire, il fonda ceux de son père, de sa mère et de son frère Jean. Au milieu des objets précieux dont il gratifia la cathédrale, il faut signaler trente-six anneaux d'or, garnis de pierres précieuses, pour la châsse de saint Julien, et une croix d'argent doré, avec image du Christ, contenant du bois de la vraie Croix?. Guillaume Roland est représenté en costume de chanoine dans les vitraux de la cathédrale avec cette inseription : Guillelmus Rolandi.
Le Livre blanc cite, à l'année 1256, un Guy, chanoine, curé de l'église « de » Fontibus ». C'est vraisemblablement ce même individu qu'on retrouve au Marlyrologe, sous le nom de Guy le Breton (Brito), prêtre, chanoine et archidiacre
de Quimper, fondateur de la fête de saint Julien à Quimper, qui donna une
certaine somme sur les dimes de l'église « de Fontibus » pour l'institution à la cathédrale du Mans de l'office de saint Corentin”. Vers le même temps, 1257,
Vincent de Pirmil monta sur le siège archiépiscopal de Tours. Ce pontife est
considéré par les historiens manceaux comme chanoine de saint Julien et appar-
tenant à une noble famille de la province. Sans en posséder la preuve directe, je
le crois originaire du pays nantais, compatriote du chanoine du Mans, Gcoffroy de Nantes”, qui, après 1270, fonda à la cathédrale l'anniversaire du même Vincent de Pirmil”?,
Isabelle de Mayenne que j'identifie, non avec Isabelle de Mayenne, morte le
10 mai 1220 , mais avec Isabelle, fille de Juhel de Mayenne, qui convola avec Louis de Sancerre après la mort de son premier mari, Dreux de Mello, prouva sa . Elle fut
comie de
dévotion envers saint Julien en fondant son anniversaire !, après 1
imitée par Jeanne (aliäs Gervaise) de Mayenne, femme de Piert
(1) Bibliothèque nationale, fonds latin, 17036, fol. 173. Bibliothèque du Mans, ms. no 474, XIV. €) Des fouilles entreprises en 1895-06, par M. J. Chappée, à l'abbaye de Champagne, ont amené In découverte de la
épulture probable de Guillaume Roland. Les ossements présumés de cet évêque ont été déposés dans l'église de Saint-Corneille de Tennie. Cf. La Province du Maine, t. N (1897), pp. 18 (3) Page 206 bis.
G) © IT non. aug. — Sie obiit felicis recordationis Guillelmus dictus Rollandi, venerabilis episcopus » Cenomanensis, qui quasi flos egrediens, velud umbra fugiens pertransivit », ete.
au 2 des nones d'août. — Il n'existe aucun motif pour donner à Guillaume Roland les tes qui lui sont attribuées par Cauvin : d' (6) Imprimé, ne CEXCIII.
(7) Martyrologe, 244, au 2 des nones de septembre.
zur au huchel d'argent virolé de sable et lié de gueules
(8) « Gaufridus Nannetensis, hujus ecclesie (Cenomanensis) canonicus et subdiaconus. » (9) « Anniver
ium bone memorie defuneti Vincencii, quondam archiepiscopi Turonensis. » Martyrologe,
au 11 des calendes d'octobre. Le même Martyrologe inscrit, au 5 des ides de mai, la mort de Vincent en ces
termes : « Obiit Vincentius, archicpiscopus Turonensis, ejus anniversarium, XNX $. ». Vincent fut-il même chanoine du Mans ? Devant le laconisme du Martyrologe, il est permis d'en douter. (0) Bertrand de Broussillon, La Maison de Craon, 1, &
(1) Martyrologe, ©
4, au 5 des ides d'avril.
(2) Pierre, comte de Vendôme, mari de Gervaise, dite Jeanne de Mayenne, dame de La Chartre-sur-Loir,
mourut en Palestine, le 29 mars 1249, P. Anselme, VIII, 725.
Vendôme", dont le fils, Pierre de Vendôme, chanoine de Chartres et de Tours,
, avant 1274.
chantre de l'église du Mans, mourut étudiant à Bologne