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eulliolicjiu's oi les savants ont lutté entre eux, mais non qu'ils doivent lutter toujours, qu'ils ne se sont pas entendus, mais non qu'ils ne peuvent pas s'entendre. Ce que je voudrais examiner ici, c'est le fond même de la question, le problème de la contradiction ou de la non-contradiction essentielle entre l'idée de Science et l'idée de Foi. Ce problème, portant sur l'essence et non sur les faits, n'est donc i)as un proljlème bistorique, mais un problème d'ordre purement pbilosopbiquc et logique. Je vais donc, après avoir exposé les raisons que l'on allègue pour établir qu'il y a contradiction, examiner la valeur de ces raisons en mettant face à face l'idée ou la définition de la Science avec l'idée ou la définition de notre Foi catholique. Et peut-être verra-t-on après, par la seule considération de ces deux idées, que loin d'être adversaires, ennemies ou contradictoires, elles sont au contraire très voisines, s'appellent et se renforcent l'une l'autre, au point de paraître, malgré leurs essentielles diversités, véritablement de même famille.
Faciès non omnibus una, iVec diversa tamcn, qiialis decet esse sororum.
92 LE CATHOLICISME ET LA VIE DE l' ESPRIT
Quelle est donc dans l'essence de la science la qualité ou détermination qui pourrait la mettre en opposition avec le catholicisme? C'est, nous répondent Renan, M. Renouvier et tous les autres avec ou après eux, que la science n'est science qu'à la condition d'être libre, tandis que le catholicisme n'est catholicisme qu'à la condition de professer des croyances déterminées. La science a sa source dans la liberté, le catholicisme est autorité. La science, c'est la libre recherche, la libre investigation, d'un seul mot, le libre examen ; le catholicisme, c'est l'obéissance absolue aux définitions dogmatiques , l'anathôme porté contre le libre examen. La science, c'est la pensée libre, le catholicisme, c'est la pensée serve.
Pas de science, en effet, sans un doute préalable, car à quoi bon chercher si l'on est déjà certain? Et le doute doit porter sur tout, il n'est rien qui doive être soustrait à l'examen du savant. Descartes a posé dans le Discours de la Méthode la règle et le modèle du véritable processus de la pensée scientifique. 11 faut « ne recevoir pour vrai que ce que l'on reconnaît évidemment être tel », par conséquent, examiner toutes les propositions