LK CATHOLIQUE DEVANT LA SCIKNCK I M I
(l'cm isa<;('i' la vrrilé r('lij;i('iisc, cl les Ihôories de M. Sabatior que nous examinerons pins loin (1) (tiil (iù leur snccès et leur retentissement à ce qn'elles s'adaptaient à merveille à nn état d'esprit qni paraît assez répandn. Ainsi la conception Ihéolo^ique de la vérité est tonjonrs- d'accord avec la conception scienlili(jiie. nuaiid les savants croient la vérité immnaMe, l'inlransigeance et rimmnlai)ililé dn dogme n'étonnent personne, c'est l»ien plntôt les changements, les variations qni seraient nn scandale et Bossnet le savait l)ieii qni, jionr rniner le |>rotestantisme, écrivait VII/sloirr (les Variations, Iaf|nelle convertit Tnrenne, et ils l'entendaient anssi de la même manière les ministres Jnrien et Sanrin, qni Inttèrent contre Dossnet, et se défendaient obstinément d'avoir jamais varié.
Mais le catholicisme n'a pas cyn devoir adopter tontes ces idées. Il a maintenn l'imninlahilité de ses dogmes et, sans crainte de se mettre ainsi en opposition avec le nonvel esprit scientifiqne, il a persévéré à sontenir qne ce qni a été vrai nne fois le sera tonjonrs de la façon même dont il l'a été, ([ne la vérité est fixe et ne pent changer, qne la variation, cnlin, est signe d'errenr et non [)as de
(1) v. c. IX.
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vérité. Si donc la science contemporaine avait véritablement renoncé à l'ancienne conception logiqne de la vérité, il fandrait bien ici arriver à reconnaître qu'il y a nne opposition entre le catholicisme et la science et qne cette opposition est impossible à lever. Mais quelle (pie soit l'antorité en matière scienliliqne dn Ibéologien M. Sabatier on dn philosophe M. Lévy-Briihl, il ne m'est nullement pronvé que la science contemporaine se fasse de la vérité la conception qu'ils lui prêtent. Tous les philosophes que nous avons vus en nos temps combattre l'empirisme, de M. llenouvier àM. Lachclier, nous ont assuré que là oii il n'y avait pas de principes nécessaires, là où il n'y avait pas stabilité complète de la pensée, il ne pouvait y avoir une science véritable. Quant aux savants, nous avons vu tout à l'heure la vraie pensée de Claude Bernard et qu'au moment même où il paraissait donner raison à M. Lévy-Briihl et parlait presque comme lui, il ne regardait comme variables que les théories et non pas du tout les vérités acquises à la science, les faits généraux, les lois ou relations dûment constatées, expérimentalement vériliées. Or, tous les exemples rapportés par M. Lévy-Briihl appartiennent précisément à la classe des théories, ou des « idées » scientifiques, pour parler le langage de Claude Bernard, de ces