‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 20 sur 56 · I-; CA'iiKii.Kjn: dkvani' i.a sciknci-: IM · texte numérisé non relu

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pai- là ; lo phénomèiio i)sycli<)lof>iqiic de rcrreur iciilit' donc dans nn syslèmo de vérités. A ce titre, (»ii pciil (lire (|iril csl une vérité conimc nu mensonge est nu t'ait vrai, car il est vrai (|ue le uieiitenr nient. Mais ne voit-on [uis tout ce qu'il y a (le sophistique à soutenir, après avoir reconnu la vérité du mensonge comme lait, (|ue le nienleur a énoncé une vérité? (rest du point de vue de la psychologie (jue reri'eui-, étant nn lait et un l'ail vrai, j)ent être considérée comme vérité. Mais le point de vu(> de la logique et de la science, le même (jue celui du sens commun, est tout autre : la vérité est la contormité de l'esprit avec le fait. De ce point de vue, la vérité dans la science aussi bien (|ue dans le catholicisme ne saurait être (juiinmuahle en (dle-mème, quelles que puissent être les erreurs des hommes. Et le psych(jlogue lui-même, quand il explique l'erreur, le pourraitil faire s'il ne regardait })as comme vraies les lois d'après lesquelles il conduit son explication, et vraies, je ne dis pas seulement pour lui, mais pour les antres hommes auxqu(ds il parle, pour ceux (jiii vivi'ont après, pour ceux ((ui ont vécu avant lui, et pour ceux-là mêmes dont il explique l'erreur, en sorte (jn'il pense que s'ils étaient à sa place et tout à fait à son })oint de vue, ils pencheraient, ils devraient penser comme lui et recon-

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naître qu'ils se sont trompés? Mais cela évidemment suppose qu'il y a un vrai point de vue, une façon centrale de considérer les choses, qui doit les montrer dans leurs vrais rapporls. Autrement, la science ne serait que le plus vain des jeux et que le roman plus ou moins bien charpenté de nos pensées.

Ceux qui soutiennent sur Terreur et la vérité ces théories singulières, sont d'ordinaire des philosophes très préoccupés de l'évolution. Tout se transforme, disent-ils, tout change, tout évolue, la vérité sans doute comme tout le reste, le cerveau humain comme les espèces animales et l'intelligence à la suite du cerveau. La figure de ce monde passe. Et dès lors, aucune loi logique ne doit plus être considérée comme parfaitement stable ni par suite aucune loi scientifique. La vérité, la science sont constituées par le consentement commun des hommes en un temps et en un pays. C'est la façon commune de penser et de sentir. Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au delà. — Mais ici encore, à moins de tomber dans un radical scepticisme, comment ne voit-on pas que la communauté de sentiment et de pensée, loin de produire l'objectivité de l'intelligence, est produite par elle ? C'est parce que quelque chose (listinct des esprits individuels s'impose comnui-

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lU'iiicnt à cliafiiii d'eux (|irils sCiilciidcnL cl pciivciil s'iinii'. (lar auli'ciiicnl (Ui ne coiu'cn rail mémo |ias commciil (l(> la, divcrsih'' iii(li\ idiicllo posée en principe il pourrait sorlir une communauté quelconque. Il faut, pour que les hommes s'unissen!, (|u'ils communient en pensée, quelque chose de supéi'ieur à chacun d'eux, de dislincl de cliacun d'eux. Ils ne peuvent s'entendre même sur les lois de l'évolution que s'ils les considèrent comme réelles, comme capal»lcs de s'imposer à toutes les iiil(dligences. Et donc, c'est parce qu'elles ont du vrai (ju'ils jMMivent s'entendre sur elles. Ce n'est pas l'inlelli^-ence (jui repose sur la société hunuiine, c'est la société hunuiine qui repose sur la communauté de l'intelligence, car il faut s'entendre [)our s'unir et on ne peut s'entendre si l'on n'a pas des idées communes, supérieures, par conséquent, aux esprits individuels. Il y a donc des lois de la communauté des esprits. Et la société liumaine n'est pas limitée, au moins p(Kir les choses de la pensée, à un temps et à un pays. Nous apprenons le langage des sauvages et nous arrivons à nous faire comprendre d'eux. Nous lisons les livres de l'hnh» et ceux de (^onfucius. -Nous avons déchilTré les signes des Hétéens, le; inscriptions cunéiformes de l'Assyrie et les hiércgly[)lies d'Egypte ; nous lisons la Bible et Homère;

\'^H IA-: CATiioLic.isMi-: kt i.A vu: ui; i/i:si'U1t

nuire })oiiso(' ii'osL pas plus bouleversée par quatre ou cinq mille ans de durée que par cinq ou six mille lieues d'espace ; nous communions véritablement avec toute l'humanité et, si fiers que nous soyons, il ne faut pas nous imaginer qu'un Moïse, un Isaïe, un Platon, un Aristote ou même un Çakia-Mouni et un Confucius fussent tellement dépaysés chez nous. 11 y a vraiment à Iravers le temps, à travers l'espace, une communion de la race humaine : il y a une humanité. Or, cela n'est possible qu'à la condition qu'il y ait enlre tous les hommes des expériences communes, de communs principes, par conséquent une vérité permanente. 11 faut qu'il y ait une vérité pour qu'il y ait une humanité.

Gela est vrai dans tous les ordres de connaissances et cela se fait voir avec une clarlé merveilleuse surtout dans les mathématiques, (^est ici vraiment que les sophistes ont la tâche difiicile. Car on ne voit pas qu'il y ait en ces sortes de vérités les moindres variations. Toutes les fois que des philosophes, tels que Stuart Mill, au nom de l'empirisme, ou d'autres, au nom du conlingentisme, ont prélentlu que la vérité était susceptible de changement, on a })u leur demander par la voix de Mansel ou de M. Fouillée si vraiment ils pouvaient penser qu'un moment pût bien arriver

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