‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 21 sur 56 · LI-: CATFIOLigUE DEVANT LA SCME.NCE · texte numérisé non relu

LI-: CATFIOLigUE DEVANT LA SCME.NCE

(111 2 -)- 2 vii'iidraiont à (''«^alcr o, ofi l(*s li-ois aiiiilcs d'uii li'iangle scraioiil plus grands ou |)lus pclils (juc deux droils. Il pcul y avoii' dans Diistoiiv dos aulros scioueos une appai'cucc do varialion, ici rapparoncc morne n'cxislo plus. La voritd malliômaliquo domeure fixe, immuablo, prôsonlaiil dans lo rolalif lous les caraclèros do rindofoclil)lo et do roternol. Or, la malhomaliquo a paru à lous los savants los plus éminonts, do Doscaiios à Auguslo (lonito, lo typo accompli do la scionco. Ce sont donc los caractères do la vérité malliémaliquo (jiii sont les caractères types do la vérité dans tous los ordres do connaissances. Et ce sont précisément tous ces caractères : absolue lixilé, immulaiiilili' complète, possibilité d'accroissement par voie do développement interne, mais sans que les découvorlos nouvelles puissent, en quoi que ce soit, conlrodiro los anciennes, que la théologie catholi([uo aflirme être ceux do la vérité dogmatique. La vérité scientilique présente encore un auti'o caractère. Cotte vérité est impersojuiflh'^ c'est-àdire qu'elle ne dépond pas de l'autorité do la personne, du génie individuel du savant qui a fait la découverte.

La méthode expérimentale, dit Claude Bernard, et on pourrait en dire autant de toute méthode vraiment

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scientifique, puise en elle-même une aulorilé impersonnelle qui domine la science... Chaque temps a sa somme d'erreurs ou do vérité. Il y a des erreurs qui sont en quelque sorte adhérentes à leur temps, et que les progrès de la science peuvent seuls faire reconnaître. Les progrès de la méthode expérimentale consistent en ce que la somme des vérités augmente à mesure que la somme des erreurs diminue. Mais chacune de ces vérités particulières s'ajoute aux autres pour constituer des vérités plus générales. Les noms des promoteurs de la science disparaissent pea à peu dans cette fusion, et plus la science avance, plus elle prend la forme impersonnelle et se détache dupasse... La méthode expérimentale est la méthode scientifique qui proclame la liberté de l'esprit et de la pensée. Elle secoue non seulement le joug philosophique et Ihéologique, mais elle n'admet pas non plus d'autorité scientifique personnelle (1).

Il semble qu'il y ait là une ditrérence profonde entre la vérité scientifique et la vérité catholique, puisque celle-ci professe qu'elle dépend de l'auto rité, tandis que celle-là se déclare émancipée vifà-vis d'une autorité quelconque. Et, en elTet, la méthode théologique est une méthode d'autorité. Mais la grande raison pourquoi la science ne saurait se plier au joug de l'autorité, c'est que l'autorité se présente d'ordinaire sous la forme person-

(Ij Introduclion, etc., pp. "4, "io.

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iifllo, Héo à la l'épululioii on au prosli^c diin liomnio, o{ par cons{5qiiont snjcllo à loiilos les (Irtormaliiiiis iiidiviilnellos. Ainsi co (jno la scienco ivpronvo en l'antorité, c'est moins l'aulorité ellemènu' (jno les sinj2;ularités et dès lors les rétrécissenienls on les j^anchissements particuliers que les iiidi\i(iiis peuvent faire snhir à la vérité; ce (|ue la science ne peut admettre, c'est la personnalité, lue science qui serait personnelle, propre à nu savant |Kirtieulier, non commune à tous, ne M'r;iil plus science. Cela est si vrai que lorsque rauloril('' devient, par le concours des compélences, véritablement impersonnelle, la pratique fcientilique ne se fait aucun scrupule de l'accueillir, ainsi que nous l'avons vu plus haut. De là sur certains jxtinls, l'autorité fort légitime des corps savants et de l'opinion scientifique commune. Et c'est par là que la vérité au sens scientitique vient encore coïncider avec la vérité au sens catholique. (Inr l'autorité (|ui dans le catholicisme enseigne les dogmes n'est nullement personnelle. Alors même que ce serait le Pape en personne qui , remplissant l'oflice de son infaillible magistère, |ii"oclamej'ait une pi'oposition dogmatique, ce Jai- -~ant, le l*a|)e ne parlerait pas en son nom personii(d. Le Pape, selon l'idée catholi(jue, ne remj)lit sa fouclion papale que lorsqu'il formule non pas

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son opinion personnelle à titre de théologien ou (le docteur privé, mais la croyance universelle de rï']glise à titre de Pasteur de l'unanimilé des lidèles. Ce n'est pas Pie ou Léon (jui parle et que les catholiques doivent croire, c'esi le Pape qui à cette heure s'appelle Pie ou Léon. Ainsi en ce sens on peut dire que l'aulorité enseignante du catholicisme est impersonnelle. Elle ne crée pas le dogme, elle déhnit la croyance tradilionnelle, la promulgue , la fait passer des régions ohscures aux régions claires de la conscience religieuse collective, elle la constate, mais elle ne la crée pas. L'autorité enseignante suhit elle-même la loi supérieure de la tradition vivante et de la non-contradiction. Elle ne peut, sans se ruiner elle-même, contredire ce qui a déjà été défini ; elle est ohligée de se conformer à l'Ecriture et à l'unanimité de sentiment des Pères. C'est précisément parce qu'il n'est pas lié à l'autorité d'une personne, mais à l'autorité universelle de Dieu, que le dogme a pris ce heau nom de catholique. De même que les théorèmes impersonnels des mathématiques sont valables pour l'universalité des intelligences, de même les dogmes impersonnels du catholicisme se proposent à l'assentiment de l'universalité des âmes. La croyance religieuse, reposant sur la vérité objective, n'est ni esthé-

1,K CArilOl.Kjl i: DKVA.NI LA SCIK.NCK \'i'.\

ti(Hio, ni relalive. Pas plus qiio la scionco, la roli- ^ion no ressemble h l'arl. Selon le mot d'un poêle contemporain, (jue rap|)('lle (Haude Bernard, lar!. «< c'est moi, la science, c'est nous (1) ». Le catholicisme peut dire exactement la même chose que la science.

On voit donc qne les caractères que le catholicisme reconnaît à la vérité dogmatique sont ceuxlà mêmes qu'une science, soucieuse de sa dignité et de sa valeiu", revendique pour elle-même. La vérité religieuse a les mêmes caractères que la vérité scienlili(|ue, (die est universcdle, immuable, lixe, absolue et impersonnelle. Et le catholicisme, en maintenant ces caractères de la vérité, n'a pas seulement maintenu la vie religieuse, il a encore niainlcnn en pleine lumière, malgré les obscurcissements sophistiques, les conditions sans lesquelles la 'science véritable ne j)eut exister. En dehors de la lixilé absolue du vi'ai, la science perd tous ses caractères les plus essentiels, elle cesse, en eiïet, par là même d'être univers(dle et de rcml)iir l'oflice de lien entre tous les hommes de tous les temps et de tous les l)ays. La connexion des pensées n'existe plus et en même tem{)s l'humanité cesse de former lui ensemble i)our s'éparpiller

(1) Op. cil., p. 7.-;.

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en tronçons incapables de se réunir. Il y a donc par le culte commun de la vérité, entre le catholicisme et la science, des affinités profondes. Ces affinités se feront mieux voir encore, si nous mettons les qualités de l'esprit, que la méthode exige du savant, en face des qualités d'àme que la religion exige du catholique.

Quand on a quelque connaissance des méthodes morales du cath(dicisme, il sufiii do lire Bacon pour être frappé des rapprochements que l'on est amené à faire. Et c'est Bacon lui-môme qui nous y invite, car il ne cesse de répéter que le royaume de la science est semblable au royaume des cieux et que Ton n'y entre, ainsi qu'il est dit dans l'Evangile, qu'à la condition de se faire enfant. A tel point qu'il n'y aurait rien de surprenant à ce que quelque chercheur, ayant pénétré la doctrine de la prudence professée aii moyen âge par tous les docteurs, et ayant suivi les applications de cette doctrine dans la double direction de la théorie et de la pratique, de la science et de la vertu, n'arrivât à nous montrer dans cette doctrine de la prudence l'origine commune et de la méthodologie

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