I.KS HliVÉLATlONS DK LA CONSCIKNCK MODKUM
M. S(''aill('s rccniiiiail liii-mriiic dans sa conforeiico sdiis Hiic autri' l'oriiic, au nioniciil on il ))arlo avec r'ioqncnco de la lil)(>ii(''. " LJnnnnn' nCsl ni ango ni IkHc », c'est tout ce qne dit 1(^ catholicisme. Pascal njoule avec une énergie que l'on pcuL trouver lirntale, mais (jni n'est que juste : « Kl le malheur est que (|ni vent l'aire l'ange fait la hèle. »
(Test pour ue pas laisser l'homme <■ faire la IhMc » que le catholicisme u'a pas voulu le traiter en « ange ». VA ici le catholicisme a pour lui toute la psycdiologie la jdus savante et la plus <■ moderne ■'. (^ar à quoi ont ahouli les travaux des Wundt, des \Villiam Jam(>s, des Taine, des Rihot, sinon à montrer que l'esprit de l'homme ne peut pas être traité comme indépendant du corps, qu'il lui est très étroitement lié et qu'en toute chose pratique, en pédagogie comme en morale, on ne peut compter sur le corps qu'en comptant d'ahord avec lui? La conscience moderne serait- elle i)ar hasard t(dlement séparée de la science, sa contemporaine, qu'on ne pût les mettre en présence sans les faire se contredii-e? ('e ne serait pas sans dommage pour l'uiu' des deux et, si l'on me jx'iMiiet de pronoslicjnei", je craindrais (|nc ce ne fût pas la conscience qui eût l'avantage.
Laissons donc de côté ces reproches qu'on nous fait de « matérialiser » la religion et la vie morale.
82 LK CATIIOI.ICISMI'; ET r,A VIE DE i/eSPRIT
Nous obéissons à Dieu, non pas sans raison, ou parce qu'il est un maîlro autoritaire et brutal, mais parce qu'il est, en môme temps que l'autorité souveraine, la boulé suprême, parce qu'il est « notre Père ». Cette palernilé nous sufiit pour nous servir de rais(^n pratique là même où la raison théorique défaille. Nous sommes par là aussi raisonnables que l'enfant (|ui reçoit de la main paternelle l'aliment ou le conseil, ou que M. Séailles lui-même quand il monte en chemin de fer sans avoir au préalable vérilié de ses propres yeux l'état de la voie et la solitlité des essi(Hix. Nous nous trouvons ici en })résence de l'objection soulevée ])Our la première fois par Kant contre les morales liées à une métapliysique ou à une religion, que ces morales ne sont pas vraiment morales parce que la conscience qui les accepte est héléronome. Or, on nous assure qu'il n'y a de moralité véritable que là où il y a autonomie. La qnestion vaut la peine d'être discutée en elle-même. On nous permettra d'y insister.
Kant a dit que la loi morale devait être autonome, c'est-à-dire que la volonté, })0ur être vrai-
i.i:s lîKVKi. at:(».\s dk i.a c.onsciknci: MoniinM: 1S.'{
mcMit morale, dovail posor la loi pour se rini[)oser oiisuito. Cetto volonlé (lui ))os(^ ainsi la loi, est une volonlé libre et raisonnable», la volonlé, pour ainsi dire, ossenlielle tle riuinianilé, de ce qu'il appelle Iwmo notnur/io/t, de l'essence humaine qui se relrouve en chacun de nous.
A prendre les lermes de Kant dans le sens le plus nalund, il n'y a là rien que le catholicisme ne puisse acc(q)ler. Sans doute le catholicisme ne peut admettre que chaque homme se fasse à luimèmo sa hii ; la loi morale comme les autres est une loi dont les lermes ni la formule ne dépendent de la volonlé d'aucun de nous. Mais cette loi, à la dill'érence des autres, peut; èlre transgressée, elle nous est donc proposée plutùl qu'imj)osée et par suite l'homme n'esl vérilahlemenl moral qu'à la condition de se constituer une autonomie, c'està-dire d'accepter ou de faire sienne par une libre volonté la loi qui lui est proposée, dépendant cette autonomie n'est pour chaque homme individuel, pour mon lecteur ou pour moi, qu'une autonomie relative et d'acceptation, non une autonomie absolue et de position. Nous ne faisons pas la loi, nous l'acceptons. (Test ainsi que le soldat qui reçoit un ordre n'est pas moral s'il ne fait que se soumettre seulement à la force des contraintes mécaniques, mais devient moral s'il acquiesce à cet ordre qu'il
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n'a point fait. Par son acquiescement cl par son acceptation il en devient pour sa volonté motrice le véritable auteur. Mais il serait insensé de prétendre que c'est le soldat qui a posé réellement l'ordre et qu'il ne dépend en l'exécutant que de sa seule volonté.
Il ne semble pas d'ailleurs que Kant l'ait luimême entendu ainsi. Autant que l'on peut juger de sa pensée au milieu des équivoques qui l'enveloppent et peut-être la tlénaturent, Kant ne paraît pas avoir voulu faire autre chose que signaler dans la libre acceptati(ui raisonnable une des conditiims de l'acte moral. 11 ne m'en C(u\te nullement pour reconnaître qu'il y a là une originalité véritable. Cette idée, sans doute, était implicitement contenue dans les doctrines morales chrétiennes, mais je ne crois pas que personne avant Kant en eût montré l'existence avec une force et une précision également scientifiques.
L'indépendance que Kant réclame pour la morale est, si l'on va au bout de ses expressions, une indépendance particulière. La loi morale n'est pas indépendante en chaque volonté individuelle, elle dépend en vous ou en moi de notre volonté, à la condition que cette volonté soit raisonnable, et reflète la volonté essentielle de l'iiumanité en soi. (^r, que j)eut être cette humanité en soi, sinon ce
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par quoi cliiUjuc lioiiuiK' individuel se met en eomnuiiiieulioii avec Teiisemlde des choses, sinon par eonséquenl rinlelligence, la raison même avec toutes les nécessités représentatives (jui du dedans ou du deliors viennent s'imposer à elle?
Obéir à la raison nous paraît donc le premier devoir et c'est de celui-là que découlent tous les autres. C'est ici la racine commune de l'action et lie la pensée, de la science et de la morale. En ce l)oint on peut même dire avec Kant que la pratique commande la théorie, que la morale commande la science, et l'on jxMit dire aussi, si l'on veut, que la loi à laquelle nous obéissons de la sorte est une loi autonome. Elle est nuire, en elï'et, et non étrangère. Ainsi toutes les expressions par lesquelles Kant a marqué l'originalité de la vie morale, nous ])()uvons les adopter.
Mais ici intervient le néo-criticisme français. Il paraît vouloir affirmer que Kant a réclamé l'autonomie absolue de chaque conscience, en sorte ({ue chaque homme à chaque instant poserait iihrcment sa loi. Une telle doctrine est la ruine même de toute morale, car si la lihei'té individuelle règne en maîtresse dans la confection des lois de l'action pratique, ce n'est plus l'unanimité et rentente que produira la morale, mais le désordre et l'anarchie. Chacun airira comme il l'entendra
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et se conduira à son caprice. C'est tout le contraire de la morale.
Quand on présente au néo-criticisme ces objections, jNI. Renouvier et M. Pillon protestent. Mais nulle part, que je sache, ils ne se sont très nettement expliqués. Pensent-ils vraiment que chaque individu humain est absolument autonome, peut par un effet de sa liberté seule se donner la loi qu'il veut et, par ainsi, être vérilablement moral dès qu'il obéit à la loi qu'il s'est librement donnée, ou bien veulent-ils dire que la raison propose une loi à la volonté individuelle et que chacun de nous reste libre de l'accepter, mais qu'il est moral ])ar le fait de son acquiescement tandis que par le refus de cet acquiescement il s'exile lui-même hors de la moralité?
Dans le premier cas, c'est bien l'anarchie morale qui est proclamée ; dans le second, on revient à l'autonomie d'acceptation que le catholicisme peut parfaitement admettre.
Il est vrai que dans les passages mêmes où M. Renouvier semble incliner vers cette seconde solution il soutient toujours que la morale doit demeurer libre de toute attache métaphysique, indépendante de tout dogme accepté par la raison. Et ainsi l'opposition entre le catholicisme et le néo-criticisme paraît être irréductible, car
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le calliolicisiiu' ne pciil pas admcllre que la loi iiioialc propostH' à noire accoplalioii ne soit pas logiquement posé(> devaiiL la l'aisoii comme émanant d'une volonté souveraine» et législatrice dont le droit sur chacun de nous, pour être éminemment raisonnable et moral, n'en demeure pas moins entier.
Cependant si, pour éviter l'anarchie morale, M. Renouvier consentait h nous accorder que la raison joue le rôle principal dans la découverte de la loi pro})osée à notre acceptation, nous pourrions [)eut-ètre lui montrer que le catholicisme dépasse sans doute, sur ce point, le néo-criticisme, mais que, s'il le dépasse, il ne le contredit pas essentiellement.
Car alors nous admettons, les uns et les autres, qu'il existe un premier devoir qui consiste à obéir à la raison. Ce devoir ne dépend d'aucune théorie. Il est l'évidence même. Pour savoir, il faut agir, car le savoir est un mode de l'agir. Donc c'est en vertu d'une loi de l'action que la pensée est posée. La morale domine la science, c'est entendu. Mais pourquoi et comment? — N'est-ce pas en vertu de la même évidence raisonnable qui, tout à l'heure, va nous obliger à régler nos actions sur nos pensées, nos façons d'agir sur nos connaissances scientiliques? Oui, à l'origine, la
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volonté met on branlo riiitolli^cnco, mais cot acte même de la volonté nest pas aven^le, il est accompagné de himière. L'acte premier est nn acte commnn de la raison et de la volonté ou l'antériorité de Tune des facultés sur l'autre est logique bien plutôt que chronologique et réelle.
Mais en dehors de cet acte premier, tout homme de bon sens reconnaîtra ([ue les seuls actes moraux sont ceux que l'homme accomplit d'après des raisons. Un acte sans raison est l'acte d'une brute, ce n'est pas un acte humain, à plus forte raison n'est-ce pas un acte moral. A l'origine, savoir et agir ne font (ju'un. Tout de suite après, il n'est moral d'agir que d'après ce qui; l'on sait. La morale et la science ne sont pas des ennemies, mais des alliées. Nos jeunes gens qui viennent nous crier : « Ne nous in{|niétoiis pas de savoir ou de comprendre, ell'orçons-nous et peinons dans l'ombre » ; <',eux encore qui viennent nous dire : « Laissons la science et contentons-nous d'aimer », tous ces auteurs, qui en dépréciant la science pensent servir la morale, me paraissent des disciples directs de Kant et de nos néo-criticistes, et des disciples fort dangereux. Car qu'est-ce qui prouve que l'effort vaut par lui-même? Au milieu de ces efforts opérés à tâtons, dans les ténèbres, les hommes ne risquent-ils pas de s'entretuer ou du moins de se
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hicsscr? I']l 1 iuiioiir mrmc, s'il inaiiquc de lumière, \iuit-il l)i('ii mieux? Il y a It's l'aisons du ("d'ur, je le veux. luais pour (Mi'c des raisons du cuMir, sonl-ollcs luoius des raisons?
Doiu" il faut à riiuuiauité dos pr()j)osiLi()ns lliéori(|U('s plus ou moins logiquement démontrées nuiis toujours raliouncdlcnu-ut ae([uisos pour que la volonté individuelle puisse, en s'y conformant, mériter d'être appelée vérital)lement morale. Or, toute proposition l'ationnelle s'impose à l'être individuel qui la pense. Donc dire que la volonté doit, j)ou]' être morale, suivre la raison, c'est dire que la morale ne saurait être indépendante. Si la raison ne peut, comme le croit le néocriticisme, que découvrir les lois objectives de la science positive, la volonté devra accepter ces lois; si la raison [)eut aller jjIus loin et découvrir au-delà des réalités visibles un principe moral de l'univers, la volonté devra aussi accepter les lois j)().>ées })ar ce souverain législateur. La morale, dans un cas comme dans l'autre, est également dépendante.
Et des deux altenuitivcs, la plus satisfaisante, la ])liis vraiment conforme au génie moral du criticisme n'est pas la première. Car se soumettre aux lois brutes de l'univers, c'est, pour la volonté morale, quelque chose d'humiliant, elle se courbe
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pour le bion-ètrc ot le profit sons le joug des nécessilcs qu'elle juge et qu'elle domine de toutes ses aspirations vers la justice et vers la l)onté. C'est le supérieur qui volontairement se soumet aux forces incoercibles de l'inférieur.
Que la métaphysique au contraire établisse l'existence d'un Dieu, la volonté humaine alors n'a plus, pour ainsi dire, à rougir de sa soumission, elle obéit à Un qui est plus grand qu'elle et meilleur qu'elle et les raisons pour lesquelles elle s'incline ainsi volontiers devant ses ordres sont des raisons élevées qui, loin de l'humilier, ne peuvent que l'anoblir, (^ar obéissant à (À^lui qui est bon, elle travaille à faire régner dans le monde la bonté; en suivant les lois lixées par la Volonté supérieure, elle s'élève jusqu'à la participation de cette volonté, elle n'abaisse pas la morale devant la mécanique, elle surélève la morale humaine jusqu'à en faire un rayonnement de la moralité divine.
Ainsi, nous ne pensons pas poser nous-mêmes la loi à laquelle nous obéissons, mais quelles que soient les imprécisions voulues de son langage, M. Séailles ne le pense pas i)lus que nous-mêmes.
LKS UKVKl.VTIONS DK LA CONSCI KNr.K MODKH.M: IMI
11 a Itcitii parler de voloiilé, (raiilouoniic de lii conscience^ qui s(> donne à cdle-nième sa loi, au fond, il est liien oldigé de reconnaître, à côté d'une volonté fausse, une volonté vraik ; vraie, qu'estce^ à dire sinon que la vérité est impersonnelle, découverle i)ar la raison et donc que nous ne la constituons pas et f|ue, si nous l'acceptons, nous ne la taisons cependant pas? De ce que, pour nous, la loi morale est un commandement de Dieu, on s'est imaginé qno nous admettions les idées césai'iennes du léji;iste PufTeMidorf (1), on imagine Dieu comme un tyran imbécile et après avoir vidé notre Dieu de tout ce qui fait sa divinité on nous accuse de servilité envers l'idole qu'on nous a forgée.
Nous ne croyons pas que les pratiques, les choses purement mécaniques et corporelles aient j)ar ell(>s-mèmes, en dehors d'un esprit qui les anime, aucune eflicacité. Même le haptènae des enfants exige une intention de la part du haptisant. La pénitence exige la contrition. Le mariage résulte de la volonté réciproque des époux, 11 n'est pas d'acte chrétien oii ne soit nécessaire un
(1) C'est ce que dans les manuels de philosophie pour le baccalauréat on appelle la « morale théologique », bien qu'aucun théologien à ma connaissance n'ait soutenu cette théorie. Mais les théologiens ont eu beau protester, les auteurs de manuels n'ont pas songé à rectifier leur erreur.
\[)2 i.K <:ai'iioli(;ismk i:t la vie de l'esprit
mouvemont do l'ospriL II esl (railleurs loiit à fait coiilraire à une Ixjune mélhode de parler des sacrements qui n'ont pour ol)jet essentiel que la vie surnaturelle comme s'ils avaient pour objet la vie purement morale. C'est là une distinction que ne devraient pas manquer de faire nos philosophes qui parlent (hi calholicisme et qui ont, je n'en doule pas, le souci d'en parler avec justice pour satisfaire leur conscience et avec justesse pour conserver leur bon renom de savants. Nous croyons que c'est dans la conscience personnelle que se forment et la vertu et le péché. Les directions que nous réclamons, les autorités auxquelles nous nous soumettons sont autant d'exigences de la conscience humaine, et, loin d'atrophier la vie intérieure personnelle, cette vie en a besoin pour naître, pour s'alimenter et pour se revivifier. La conscience catholique n'est point une conscience morte et, si on parle chez nous si souvent d'abnégation du sens propre et de renoncement à sa volonté, c'est parce que l'on sait bien que la mort est la condition de la vie, qu'il faut se perdre pour se retrouver, et que la tige de la volonté vraie, pour parler comme M. Séailles luimême, ne monte jamais plus droite et plus robuste que lorsqu'elle prend racine dans la poussière anéantie de ces caprices, de ces désirs qui consti-
l.KS llKVKf.ATKINS DK l.A CO.NSCI KNCK MODIMUNK I '.).S
liiciil Cil nous une |)S('U(1() - voloiilr. I/lioiiinic, iriiillcnrs. rliiiil un tMrc socini, — et M. Srailh^s m* lo nie poini — a licsoiii drlrc ciisci^iit'' et fonsoillé. Kii'ii ne l'ciDplafo cl rien du dehors no peut faire sourdre la lionne voloiil('' essentielle, mais les applications de celte bonne volonté ont souvent besoin des lumières du conseil el, liée aux choses du corj)s, elle ne saurait né^lii2;er ni les vues objectives d'une prudence désintéressée, ni les connaissances acquises par rex|)érience dans la cnllure des âmes, (luitiver, c'est faire vivre el, loin d'alrophier le dév(doppement en faisant de la plante une chose inerte, c'est an contraire augmenter sa croissance et sa vigueur.
l'it enlin la jirière des chi'éliens, loin d'élre iin(> incantation magique ou un remède appliqué mécaniquement du dehors sur les blessures de la conscience, n'est qu'une demande soumise qui monte du co'ur du lils vers le cceur du Père et qui linit toujours par se résoudre toute en ce soupir de l'âme coniiante : « Père, que ta volonté se fasse et non la mienne 1 .>
Voilà tout notre pharisaïsine. Après cela et cela posé et compris, nous ne renions i-ien, ni les chapelets, ni les pèlerinages, ni les indulgences. Kl ceux qui, comme M. Séailles. parlent de la Folidarité de tous avec tous, de la responsabililt'
l!li i.K CATiioi,i(:is>[E i:t la vik dk i/rsprït
solidaire do tous les hommes devant le mal, devraient, ce me semble, mieux comprendre ce beau dogme du catholicisme dont Georges Goyau a à plusieurs reprises si éloquemment parlé (1), et que Fou nomme la communion des saints. Car le dogme des indulgences n'est autre chose que la conséquence de cette intime solidarité de tous les fils de Dieu avec leur Frère divin, Jésus, et avec tous les autres frères humains glorieux, souffrants ou combattants encore.
Quant à nos dogmes des sanctions futures et éternelles, au Paradis et à l'Enfer, nous savons bien qu'ils scandalisent certains esprits. Mais ce scandale n'est pas d'aujourd'hui. Les arguments que l'on nous présente contre l'Enfer ne sont pas des acquisitions de la conscience contemporaine. Ils remontent, dans les temps modernes, à Bayle pour le moins et ne sont que le développement de principes tout païens. Je n'ai pas ici à défendre les sanctions éternelles. Je demande seulement que l'on rétléchisse qu'elles sont fondées sur ces deux principes qui sont de purs corollaires de la justice : 1° Toute bonne volonté doit voir ses conséquences s'épanouir en bien, toute mauvaise volonté doit voir les siennes s'épanouir en mal ;
(n Autour du CalhoVicisine social, in-18, Perrix.