‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 29 sur 56 · i:s lîl':\ Kl.MKlNS F)K LA CONSCIICNCK MODKRM'. 20l · texte numérisé non relu

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pcr-dimcllciiiciil les cncls hicnlaisniils, jxMil-il rli'c (■(•ni l'a ire à la jiislicc? OucI csl donc co S()j)liisli(|n(' raHincnicnl (pii, |)ai' nnc Iinnicur clia^rinc, V(Mil qu(^ 1(^ jnslo, do pour (J(^ sa propre joie, (l(Hourn(^ ses yonx du Juslc et s'abstienne d'applaudir au triomphe de la justice? La joie seraitelle donc un mal cl la justice cesserait-(dle d'(''lre justice des que uous pouvons nous en r(''jouir? Voilà bien les humeurs chi jansc'nisme.

D'autant qu'en détachant l'homme de toute considt'ration des sanctions, en exigeant, pour qu'il soit moral, qu'il se dtUache absolument de luinn^'uie, on lui impose, en outre d'une con(liti(m injuste, quelque chose d'impossible. Car l'homme n'agit que quand une (''Uiolion lui lournit un motif (racti(m : ici encore la pr(''tendue conscience moderne ne devrait pas oublier les rc'sultats de la science. Que dc'montrent en elîet les Lange, les Dumas, les Ribot (1)? Que les (i/ja/Ji/- (pi/'s, c'est-à-dire les gens qui ne ressentent aucune (''motion, qui ne s'émeuvent de rien, qui ne s'intéressent à rien, sont des ahouliqups, c'est-àdire qu'ils n'ont, en même temps qu'aucun inté- ViA, aucune sorte de volonb''. l^ln sorte que inter-

({) Lant.e. — Les Émotions. — 1 vcil. in-18, Alcax. — Di" Iilmas. — Les Élnls affectifs et la mélancolie. — 1 vol. in-18, Alcan. — UiiiOT. — Psi/chologie des sentimcnls, 1 vol. in-8", Alcan.

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dire à Ihomme, par ce raflinement jansénisle dont j'ai parlé, de s'intéresser à la vertu et à la justice, c'est vouloir lui interdire d'agir pour- la justice et pour la vertu. Système de morale véritablement étrange !

Nous pouvons donc — à moins que la justice ait cessé d'être moderne — espérer encore le Paradis et craindre encore l'Enfer. Ce ne sont d'ailleurs pas là nécessairement des récompenses ou des peines surajoutées du dehors. L'Enfer, en particulier, n'est pas une vengeance entendue au sens des vengeances humaines qui croient guérir un mal par un mal. Il y aurait là, comme dit M.-Séailles, accroissement et non pas diminution de mal. L'Enfer est tout autre chose. 11 est la fructilication éternelle du mal commis, de la justice lésée, une simple application du principe de C(intradiclion. L'injuste n'est pas le juste. Il n'y a pas de raison, il ne saurait y en avoir pour que, à un moment quelconque, l'injuste devienne le juste. Il y faudrait un miracle de la puissance de Dieu, et ce miracle, s'exerçant contre sa justice, s'exercerait aussi contre sa raison. Voilà le fond de notre doctrine. Nul ne songe à en nier le mystère et la redoutable grandeur. Si la conscience moderne y répugne, c'est peut-être que cette vision la troul)le jilus qu'olle ne la scandalise véritable-

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niciil. (Icllo vision apparaîl à noire sens catlioli(|U(' comme salulaire tout aiilanl que formi- (lal.Ie.

Il n'y a donc rien, croyons-nous, que la conscience moderne ne puisse admettre dans les dog;mes catholiques. Il y a dix-huit siècles que celle religion (\o la vérité (>t de l'esprit, qu'on nous donne comme inspiratrice de négations qui (latent d'hier est entrée dans la conscience humaine. Kt quant aux trois affirmations en Ics- (|uelles, poursuivant sa conférence, M. Séailles résumait le contenu positif des consciences contemporaines, nous ne pouvons non plus y voir de récentes acquisitions.

Par complaisance singulière pour une formule, h moins que ce ne soit simplement par un jeu d'esprit, M. Séailles a résumé ces affirmations dans la formule: luiluté, égaf.ité, rRATi:R.>iTÉ. Il a seulement changé à tel point le sens des mots, des deux premiers eu particulier, (|ue la plupart de Ceux qui s'en servent ne les reconnaîtraient plus. Car, par liherté, M. Séailles a entendu la liberté intérieure, celle qu'acquiert l'homme en

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s'afîranchissant do rosclavago des passions, ot il rexpliqiie dans ce passage éloquent :

La vie nous apparaît ainsi comme le perpétuel effort pour se conquérir elle-même. Le temps nous divise : un homme est comme composé de la multitude des hommes successifs qui, tour à tour, délibèrent, se décident, agissent ; il faut qu'à Tiiomme du désir présent, de la tentation momentanée, dont Tégoïsme est prêt à sacrifier tous ceux qui ne sont pas encore, nous opposions l'idéal vivant de l'homme que nous voulons être, de l'homme qui enveloppe tous les autres, harmonise leurs désirs et leurs actes dans l'unité de sa conduite ; il faut que notre vie, au lieu de n'être qu'une suite de morts successives, soit comme tout entière en chacun de ses instants, que dans le présent elle ramasse le passé et l'avenir, qu'elle réalise ainsi avec la richesse d'être, qui naît de cette harmonie même, la liberté que supposent cette domination du temps et cette maîtrise de soi.

La liberté est ainsi le résultat de la vertu, en un sens, la vertu même. O sens eût bien étonné les hommes d'il y a cent ans. Il n'est pas plus neuf pour cela. C'est ainsi que les stoïciens entendaient la lil)erté. Sénèque disait : Parère Deo liOertas est, et saint Paul a également proclamé la sainte (( liberté des enfants de Dieu ».

Et c'est encore dans saint Paul que nous

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