‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 30 sur 56 · I.KS RKVKI.ATIONS OK \.\ CO.NSCIKNCK MODKItM · texte numérisé non relu

I.KS RKVKI.ATIONS OK \.\ CO.NSCIKNCK MODKItM

ti-()UV()iis cxpriinéc l'idre loi'l ncllc de Tégalito. A'o/' f'st accrjjtio jirfsonnnitn apiul Dcum... (.ar .M. Séaillos n'oiiloiul pas l'égalito comme la siipjirossion dos inégalités ou iialiirolles ou sociales. Il croit que la conscience moderne ne revendique t[ue « l'égalité devant la loi ». Nous croyons ici ([ue M. Séailles a mal entendu ce que l'on dit autour de lui. C'est bien le nivellement social que d'autres qui prétendent, comme lui, se réclamer de la c(mscience moderne, revendiquent parmi nous. Et s'il faut louer le conférencier de n'avoir pas reconnu dans leurs déclamations le cri de la conscience et de la justice, il est cependant nécessaire de dire qu'il n'a pas complètement exprimé tout ce que la justice exige. Sur ce point, la conscience chrétienne va plus loin que M. Séailles. Car l'inégalité, sans doute, ne peut disparaître, mais il ne faut pas que l'injustice do quelques-uns exagère les diirérences exigées par la nature. La trop grande richesse et la trop grande misère sont perturbatrices de l'équilibre social. Nous ne pouvons penser qu'il n'y ait pas il la base de ces inégalités exagérées et troublantes des injustices, des abus de force que l'on j)ourrait prévenir, réprimer et contraindre à réparation. Ce qui fait la force du socialisme et son véritable danger, c'est la plainte de la justice

qui se môle aux cris haiueux de Teuvie (1). Quant à la fralernilé, M. Séaillcs ne nous paraît pas réussir davantage à nous prouver la modernité et du terme et du sentiment qu'il exprime. C'est un fait indéniable, en elïet, que les premiers chrétiens s'appelaient « frères » et, mieux, se traitaient véritablement en frères; l'appellation est demeurée usuelle dans les discours chrétiens adressés au peuple, commune dans les ordres religieux. M. Séailles n'y veut voir qu'un synonyme de la charité, un nom nouveau de la solidarité. Mais faut-il donc faire observer à un philosophe d'un esprit si délié que la « solidarité » est précisément, par le lien mécanique qu'elle suppose, tout le contraire de la fraternité? « Solidarité » est un mot du corps, « fraternité » un mot de l'àme. On peut pardonner ces confusions à un homme politique épris de j)hilosophie, tel que M. Léon Bourgeois ; on ne peut que s'étonner de les rencontrer sur les lèvres d'un philosophe de profession. j\Iais ces confusions étaient peut-être forcées. Car M. Séaillcs ne veut rattacher sa morale à aucune idée divine : en sup})rimant la paternité, il veut conserver la fraternité. 11 est bien obligé alors de baser cette fraternité sur la lilia-

(I) Voir notre Catholicisme el Démocralie, en particulier c. ii, m, V, in-18, LEcoii'RE.

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