‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 37 sur 56 · I.l': l'KSSl.MISMK 23o · texte numérisé non relu

I.l': l'KSSl.MISMK 23o

La morliiicaliou, la pauvrcU'' voloiilaire, lascclisme sont en effet de l'essence du ('hristianisme. « Qui uu' délivj'cj'a de ce corps de mort? » s'écriait saint Paul, et ce même saint Paul dit que l'état de célibat, de chasteté volontaire est supérieur au mariage. C'est \h surtout, sel<m Schopenhauer, ce qui assure qvu^ la véj'ilal)le Iradilion chrétienne se trouve dans le Catholicisme,

Le I^roteslantisme, en éliminant l'ascétisme et le célibat, qui en est le point capital, a atteint par là même l'essence du Christianisme, et peut à ce point de vue être considéré comme une apostasie. On Ta bien vu de nos jours, quand le protestantisme a peu à peu dégénéré en un plat rationalisme, espèce de pélagianisme moderne, qui vient se résumer dans la doctrine d'un bon père créant le monde afin qu'on s'y amuse bien (en quoi il aurait joliment échoué); et ce bon père, sous certaines conditions, s'engage à procurer aussi plus tard à ses fidèles serviteurs un monde beaucoup plus beau, dont le seul inconvénient est d'avoir une aussi funeste entrée. Cela peut être assurément une bonne religion pour des pasteurs protestants confortables, mariés et éclairés; mais ce n'est pas là du Christianisme. Le Christianisme est la doctrine qui affirme que l'homme est profondément coupable par le fait seul de sa naissance, et il enseigne en même temps que le cœur doit aspirer à la délivrance, qui ne peut être obtenue qu'au prix des sacrifices les plus pénibles, par le renoncement, l'a-

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néanlissement de soi-même, c'est-à-dire par une transformation totale de la nature humaine.

On voit le raisonnement de Schopenhaucr : pnisqne le Cliristianisme prêche la morlifieation, l'ascétisme, le célibat, c'est qn'il veut remédier à la douleur de la vie en la supprimant ou la tarissant dans sa source. 11 appelle d'ailleurs lui-même la terre ^ une vallée de larmes », un séjinir de ténèbres et de douleur. Le Christianisme a donc rompu avec l'opLimisme juif. C'est une religion pessimiste.

Il n'est pas, je pense, besoin d'insister beaucoup pour montrer que la conclusion de Schopenliauer est beaucoup trop vaste et que si le Christianisme croit, en etîet, que la vie présente est douloureuse, il est loin de professer que cette vie, [elle quelle, ne vaut pas la peine qu'on la vive, il croit qu'il y a une vie meilleure dont l'éternité nous dédommagera des souffrances passagères, il croit donc que cette vie qui est la condition même de la vie éternelle a sa valeur et son prix. Le Christianisme ne dit pas comme le Bouddhisme : Atl'ranchis-toi, mais: Mérite! Partes peines, tes douleurs, tes mortilications présentes, accomplis la loi qui t'est imposée ; cette loi d'ailleurs est bonne et outre que tu ne saurais être heureux

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