‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 39 sur 56 · I.K l'IvSSlMISMK 2().'i · texte numérisé non relu

I.K l'IvSSlMISMK 2().'i

rrvons. jtvons-noiis le droiL de ci'oire aux disposilions vicieuses do uos neveux? N'observonsuous pas, au eoulraire, un ininiense progrès moj-al qui s'accomplit? Uu'esl-ce que la civilisation, nialij:;ré ses misères et ses vices, que je n'excuse pas, que je ne iii(^ pas, sinon une gigantesque C(UUjU(Me du l)ieii sur le mal ? I''t le li'iomphe de la charité chi'étienne sur la justice antique? Et laholilion de l'esclavage? Ne sont-ce pas là des conqiuMes morales et progressives, qui assurent l'avenir? — Oui, nos lils le veiTont ce « règne d(>s lins II dont pai'lait Kant, ce « règne des saints » au(|U(d croyaient les millénaires. La moralité triomphera à la iin et le bien moral dominera le monde. On me dira que ce n'est là qu'une espérance ; qu'impoi'le, si cette espérance me rassure et me dore Ihoi'izon ?

Mais une objection se présente, froide, incisive et presque railleuse, c'est que ce bien moral ne se distingue pas du plaisii" ; que le devoii' n'est (ju'une abstraction creuse ; que la vie future et Dieu sont des inaccessibles dont on ne peut et ne doit rien dire, que le seul bien qui soit au monde, le seul ({u'on connaisse et (b)iit on ])uisse j)ai'ler, c'est le plaisir, et (jue le seul mal véritable et positif, c'est la douleur; que, en dehors de là, tout n'est que rêves, illusions, chimères. Ainsi

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parlent, avec dos iiDaiices divcrsos, l^]piciiro, Hobbes, BcMiiliam, Sliiart Mill, Aiig. Comte, Herbert Spencer, Schopenhaner, Hartmann.

S'ils ont raison, j'avoue que je ne sais plus comment ]'étuler \o ])essimisme. 11 me semble Inen que je n'ai ]>liis d'aulre l'essonrce ([ue (Taflirmer sans })reuve la prédominance des plaisirs sur les douleurs, et vraiment je ne le puis, c'est plutôt le contraire qui me paraît vrai.

Les positivistes essaient cependant de résister au pessimisme. A la place du ciel cbrétien, Auguste Comte et l.ittré ont imaginé un « ciel positiviste » qui doit remplir les promesses de bonbeur que nous lait la vie et assouvir nos aspirations. Déjà, en 1851 , Litlré esquissait une tbéorie positive du bonbeur dont voici les principaux traits. — Le bonbeur n'est que la satisfaction de nos besoins. Or, l'bonime n'a qne doux besoins principaux : le besoin dainu'r et le besoin de savoir, l'instinct sympal bique et le désir de la science. Si le positivisme parvient à satisfaire ces deux besoins, il sera, aussi bien que toute autre doctrine, capable de donner le bonbeur à l'bumanilé. Or, il est incontestable qu'il les satisfait. Le besoin de savoir d'abord, par la science. Qu'est-ce, en elFet, que le positivisme, sinon la systématisation des sciences, leur ensemble, la science même?

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