I.i: CATIIOLICISMK KT I.A RKIJC.ION DK l.'l'.Sl'HIT ^H
imjtloroiis une niiséricdi'de eu jclaiil In jibiinlo do notre infortnne. Nous senl(jns (|ii"il doil y avoir une aide secourahle qui peut n(nis guéiir de notre misère. Nous l'iipj)elons de nos vu'ux el c'est ainsi par la prière du eieur que se constitue la religion. « La prière, eu jaillissant de notre « état de misère (^t (rop[)r(»ssi()u, nous eu délivre. (( Il y a en elle de la soumission et de la foi. La « soumission nous fait reconnaître et accepter « notre dépendance, la foi transforme cette dépen- « dance en lihei'lé... La l'êli^ion est donc un « acte libre autant quuu sentiment de dépen- « dance ( 1 ). »
Ainsi dans l'excès même de sa misère l'homme trouve Dieu. Il parle îi Dieu et Dieu lui répond. Cette réponse divine constitue la révélation psychologique, la seule qu'admette M. Sahatier. Dieu se révèle aux consciences; aux plus hautes, il se révèle de plus près. Il y a eu vraiment des consciences qui^ parleur élévation, par leur intimité avec Dieu, ont mérité par excellence d'être appelées inspirées. Il y a eu des hommes qui, en exprimant au dehors leurs propres étals religieux, ont vraiment été des révélateurs, des prophètes de la vérité. La collection de leurs témoignages
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conslitue les Bil)los (1(^ rihimanité. Si roii veut cependant découvrir avant le christianisme les plus hautes et pieuses manifestations de la conscience religieuse c'est dans la Bihle héhraïquc qu'on les trouvera. Elles annoncent l'Evangile. Dans l'Evangile ce n'est presque plus une conscience particulière qui s'exprime, c'est la conscience religieuse même. Jésus, par la conscience presque adéquate qu'il a du divin, mérite le nom de Fils de Dieu. La plénitude, la pureté de sa conscience religieuse ravissent l'àme au point qu'elle se demande quel il pouvait être, celui qui parlait ainsi. Quel qu'il puisse être — et M. Sabatier sur ce point délicat s'abstient de préciser sa pensée (1), — il a révélé l'essence pure de la
(1) « J'ignore d'où il vient et comment il est entré dans le « monde », p. 192. — Autrefois, quand il était candidat à la chaire dogmatique de Strasbourg, M. Sabatier écrivait — c'est M. H. Bois qui nous le rappelle — dans un manifeste aux Consistoires (16 mai ISfiS) : « Entre toutes les questions agitées « parmi nous, la plus grave, la question vraiment décisive est « celle qui concerne la personne de Jésus-Christ. C'est ici le « vrai point de séparation entre l'Evangile et ce qui n'est pas « lui.
« Jésus n'est-il qu'un homme? alors, quelque grand qu'on le « fasse, le Christianisme perd son caractère d'absolue vérité et " devient une philosophie. Si Jé.5us est le Fils de Dieu, le ChrJs- « tianisme reste une révélation.
<( Sur ce point capital, après de longues recherches et de « sérieuses réflexions, je me suis rangé du côté des apôtres. Je <> crois et je confesse, avec saint Pierre, que Jésus est le C/wis/, « le Fils du Dieu vivant. » [Revue de Théologie et des questions religieuses. — l*^"" mai 1897, p. 2SC.)
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rolig'ioii, il a cnsci^iio à pi'icr en cspiil cl en M'imIc'. I']ii (|ii(»i donc coiisislc csscnlicllcniciil le (llirislianisme? En ceci quo riKimiiic, inslniit par Jrsus, a clans sa conscienco, ilans l'acte de sa prière et de sa piété la révélation intime de sa relation direclc cl lilialc ,\\ov Dien, de sa relation fraternelle avec tons les antres hommes.
Ce principe chrétien a pn s'altérer dans l'histoire et il s'est altéré de denx façons : tantôt on a intercalé entre Dien et l'honinie, entre le l'ère et le Fils, nni' hiérarchie d'êtres destinés à comhler l'intervalle et l'on a dévié vers l'idolâtrie et le paganisme on on a cherché dans les pompes du culte de quoi exciter artiliciellement la piété et cejci encore est sensuel et païen ; tantôt on a attribué à des œuvres extérieures, à des formules, à des prières, à des mortifications, à des pratiques une vertu religieuse et alors on est revenu au pharisaïsme juif. Si le protestantisme dit « orthodoxe » a su éviter la plupart de ces écueilson a achoppé le Catholicisme, il accorde encore une trop grande valeur aux formules dogmatiques. Pour être vraiment chrétien il faut rejeter tout ce qui veut s'interposer entre la conscience et Dieu, entre notre Père et nous, regarder comme contingent, accessoire, et même comme nuisible tout ce qui n'est pas le pur colloque de l'unie avec le Pèro céleste,
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Los formules historiques, les traditions, tout cela a eu sa valeur, tout cela est respectable, mais ce sont là les expériences d'une vie qui fut, et par conséquent n'est plus ; or, nous avons à vivre nous-mêmes : par respect pour les formes de la vie passée il ne nous faut pas oublier de vivre.
Voici en conséquence comment M. Sabatier décrit les progrès concentriques de sa conscience. Religieux parce qu'il esthomme et se sent pécheur, il est chrétien parce qu'il trouve dans le Christianisme la religion absolue et définitive; chrétien, il est protestant, parce que le protestantisme a seul conservé la pure essence du Cliristianisme ; protestant enlin, il ne saurait adhérer à l'orthodoxie, car le Christianisme exige qu'il maintienne l'indépendance de sa conscience et de sa vie religieuse. Fidèle à son point de vue, il fait ce qu'eussent fait les prophètes s'ils avaient eu une psychologie moins sommaire, il raconte l'histoire de son ame, ses personnelles inspirations. De là l'intérêt très vif que son livre a soulevé, l'harmonie indiscutable entre la forme d'une Coiifession personnelle donnée à l'ouvrage entier et le subjectivisme religieux qui en constitue le fond. L'auteur assure dans la Préface qu'il n'a voiilu, à l'exemple de Descartes dans le Discours do la