‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 53 sur 56 · LI-; CATIIOLICISMK KT LA ViK iJl-: L l'.Sl'UlT · texte numérisé non relu

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raiilorité. C/ost que la science est œuvre sociale, que les savants aussi forment une église et qu'ils acceptent, par une foi implicite, les découvertes de leurs devanciers. Il n'y a pas entre la culture moderne et la science des anciens l'hiatus que l'on a cru voir. Dans la religion il en est tout à fait de même. La religion est à la fois chose individuelle et chose sociale. Etant individuelle, elle exige des mouvements individuels, des actes particuliers et explicites deFàme; étant sociale, elle prolonge le rayonnement et la portée de ces actes bien au-delà de l'être individuel qui les réalise, elle va, par la tîliation individuelle, à la paternité universelle et par là à l'universelle fraternité, constituant aiusi une communion des vies et une cité des âmes. (Comment dès lors n'y aurait-il pas dans ces actes quelque chose qui dépasse la clarté de la conscience individuelle ? Et sous quelle forme plus appropriée la conscience individuelle pourrait-elle se représenter la portée et la valeur de ces actes que sous la forme de l'organisme vivant et hiérarchique qui, avec sa tète, ses centres nerveux et ses membres, lui représente la cité sainte, la Jérusalem des cœurs?

La question débattue entre le Protestantisme et le Catholicisme n'est pas la question de l'autonomie ou de l'hétéronomie, question beaucoup

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in«)ins prolondt' (|U(Hi ne \o pense e( heaucdup plus spécieuse ([uOii ne le eroil, c'(*sL la (pu^sliou (le savoir si la reliiiiou ditil se horner à èlre individuelle ou si elle (loi! revêtir une forme vérita- Meuienl sociale. Le proleslaulismo ne volt la vie de lespril ([ue dans l'individualisme religieux, el M. Sabatier y ajoute même TéNolution, c'est-à-dire que non seulement chaque conscience peut avoir ime croyance personnelle et dill'éreute de celle des autres, mais que chaque conscience à chaque moment peut avoir une croyance qui ditrère de celle (}n'(dle avait auparavant, de celle qu'elle pourra professer plus tard. Bien n'est fixe, tout est en mue, la vérité est aussi diverse que les colorations de la mer, du ciel ou de la forêt aux ditl'érentes heures du jour. Ce n'est plus même l'individualisme, c'est le phénoménisme religieux, non seulement l'anarchie entre les consciences mais l'anarchie dans ime seule conscience. Je ne m'étonne pas que les vrais théologiens du protestantisme aient hni par s'en émouvoir. Nous croyons au contraire que la vie véritable de l'esprit doit revêtir la forme sociale. Ce n'est pas Kant, ainsi que le croit M. Sabatier, qui est le légitime représentant de la culture moderne, c'est bien plutôt cet Auguste Comte que dans sa conférence de Stockholm il a bien osé invoquer en faveur

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du prolcslaiilismo. Or, chacun sait bien que Auguste Comte n'avait rien tant en horreur que l'esprit prolestant. 11 a partout et toujours soutenu qu'il fallait reconstruire l'édilice social dont le (Catholicisme avait admirahlcment dessiné le plan, que l'individualiste Réforme avait sapé par la base. Le Catholicisme avec son autorité et sa discipline, avec ses dogmes les plus antithétiques au protestantisme, la communion des saints, la solidarité mystique des âmes, s'est toujours donné comme la forme sociale de la religion. Lui seul permet à l'esprit d'atteindre, par un rayonnement universel, à la plénitude de la vie : ses exigences, son autorité n'interviennent que pour assurer la communion des consciences par leur participation à la vérité.

Ce n'est pas au moment même où l'individualisme se trouve partout condamné, où l'on sent de toutes parts, en vertu des progrès mêmes de la science et de la réflexion, que l'homme en tout et pour tout est un être essentiellement social, que le Catholicisme risque d'être mis en contradiction avec la culture moderne. La « culture moderne », c'est le progrès scientilique. Ce progrès est tout entier contraire à l'individualisme, à l'anarchie. Il met à sa base l'accord de la pensée avec elle-même, l'accord des pensées entre elles.

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