‹ La cause des restes d'IsraelChapitre 16 sur 85 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Supplique aux Pères du Concile rédigée aoec le concours du Patriarche de Jérusalem,

I. Douloureux sacrifice que nous demande la Providence : l'Evêque d'Orléans, qui fait échec à la définition du dogme de l'Infaillibilité, ne peut plus être le promoteur de la cause d'Israël devant le Concile. — IL Doctrine consolante : fécondité et merveilleuse stratégie du sacrifice d'après cette parole du Christ : qui perd sa vie pour Vamour de moi la retrouvera. Symbole géographique de la fécondité du sacrifice : le détroit de Gibraltar entre la Méditerranée et le grand Océan. Fait historique à l'appui : la nouvelle Jérusalem, pour avoir brisé ses limites, donne son nom à l'Eglise cathohque et au royaume des cieux. — III. Le douloureux sacrifice de l'Evêque d'Orléans que nous étions contraints d'accepter, reçoit une récompense : sur le conseil du Patriarche de Jérusalem, il nous faut passer du patronage de l'Evêque d'Orléans à celui de tous les évêques assemblés au Concile. Supphque à rédiger aux évêques, préparatoire d'un Postulatum. Pourquoi le postulatum doit être précédé d'une supplique. Difficultés dans la rédaction du Postulatum ; base pleine d'honneur que l'Esprit de Dieu nous inspire. — IV. La supphque en latin, et la traduction française. Elle porte la date du 20 janvier, jour de l'appaparition de la Vierge Marie à Alphonse Ratisbonne. Solennelle visite que nous faisons, la veille du 20 janvier, au sanctuaire de la miraculeuse apparition et à l'église de Sainte-Marie in Transtévère.

Un coup inattendu vint nous déconcerter. La divine Providence nous demandait le sacrifice de l'Evêque d'Orléans comme promoteur de la cause d'Israël devant le Concile. Nous avons énuméré plus haut les motifs qui avaient déterminé dans nos esprits et dans nos cœurs le

choix du glorieux Evêque d'Orléans, Mgr Dupanloup. Et maintenant il fallait faire le douloureux sacrifice du recours à sa personne dans l'Assemblée conciliaire. Pourquoi donc?

Usant de ce qui est le droit incontestable, le devoir sacré d'un Evêque : parler au Concile suivant sa conscience ; sacrifiant sa popularité à son amour pour l'Eglise; ne se méprenant que sur les moyens de la mieux servir, Mgr Dupanloup venait de se déclarer opposant — non assurément à l'infaillibilité doctrinale du Souverain Pontife — mais à l'opportunité de cette définition dogmatique.

Aux yeux d'un grand nombre, son renom et son influence en subissaient une éclipse. Dans F Evêque qui avait défendu avec une incomparable magnificence de langage le pouvoir temporel du Pape, certains prétendaient voir un adversaire de son pouvoir spirituel. Telles que nous apparaissent les choses dans le recul de l'histoire, rien dans l'attitude de l' Evêque d'Orléans n'est pour amoindrir sa grande figure. Ces divergences de vues, ces controverses entre les ardents promoteurs d'une définition dogmatique et ceux que la jugeaient inopportune ont servi l'Esprit qui préside aux destinées de l'Eglise pour préciser davantage, faire resplendir mieux la vérité.

Mais dans la mêlée des débats conciliaires et le bruit des querelles de champions célèbres, plusieurs crurent voir pâlir l'auréole qui jusque-là avait plané sur la tête de l' Evêque d'Orléans. Son prestige ainsi diminué, c'eût été compromettre la cause d'Israël que de la lui confier. Il fallait donc renoncer à Mgr Dupanloup comme promoteur de cette cause. Dure nécessité, poignant sacrifice !

La divine Providence, qui est une mère, nous fit comprendre, par une comparaison géographique et par un grand

fait historique, la fécondité du sacrifice et sa merveilleuse stratégie.

Cette fécondité, cette stratégie, s'appuyaient sur une parole du Christ : Qui perdiderit animam suam propter me, inveniet eam, celui qui aura perdu sa vie pour l'amour de moi, la retrouvera.

Qu'on observe, sur une mappemonde, ce qui se passe entre la Méditerranée et le grand Océan. La Méditerranée, sans doute, est bien belle dans sa configuration gracieuse, mais elle a ses limites. Après avoir baigné les rivages enchanteurs de l'Italie, de la France, du nord de l'Afrique et d'un côté de l'Espagne, voici qu'elle arrive au détroit de Gibraltar. Là, il semble qu'elle va disparaître et se perdre : ce détroit ne se présente- t-il pas comme un étranglement? Mais la belle Méditerranée, contractant la majesté de ses eaux, y passe hardiment, et une fois de l'autre côté du détroit, elle est devenue le grand Océan. Ce détroit austère est bien le symbole du sacrifice. Le sacrifice, à certaines heures, coûte. Il contracte et étrangle la nature. Ah ! il semble, lorsqu'on s'y engage, qu'on va mourir, disparaître, on est en agonie ; grand Dieu, que vais- je devenir?... Allons, faites courage, achevez de franchir le détroit du sacrifice, et, de l'autre côté, c'est F infini, c'est le grand Océan: qui perd sa vie, la retrouvera.

Un grand. fait historique démontre non moins clairement la merveilleuse stratégie et la fécondité du sacrifice.

Sous l'action de l'Esprit- Saint, Simon Pierre, les Apôtres et un grand nombre de vrais Israélites commencent la nouvelle Jérusalem, que le prophète Isaïe avait saluée par avance de ces paroles joyeuses et triomphales : Lève-toi et sois éclatante de lumière, Jérusalem, parce que la gloire du Seigneur est venue sur toi. Ils ont compris que le royaume de Dieu vient se substituer au peuple de Dieu en l'agrandissant. Le peuple de Dieu sous l'ancienne Loi, con-

fine dans la Palestine ; le royaume de Dieu sous la Loi nouvelle, appelant à lui toutes les nations ; tel est le progrès du plan divin. Pour avoir accepté de briser ces limites et de se transformer en royaume de Dieu, la nouvelle Jérusalem reçoit une récompense comme Dieu sait et peut la donner. Il l'appelle, en effet, à donner son nom à l'Eglise catholique tout entière. Oui l'Eglise, la grande Eglise, aura nom aussi Jérusalem. Oh ! chantons ici cette récompense :

Notre Jérusalem, cité de David, s'est évanouie, elle n'est plus qu'une ombre. Notre Temple n'élève plus ses aiguilles d'or au-dessus d'éblouissantes murailles de marbre blanc. Des jardins délicieux que Salomon avait plantés, on ne sait plus l'endroit. Le sol de notre Terre Promise s'est durci. A ces splendeurs matérielles disparues, nous n'accordons, cependant, ni un regret ni une larme, oh ! pourquoi? Parce qu'une autre Jérusalem s'est levée, siirge illuminare, Jérusalem... De cette nouvelle cité, voici l'architecture et les magnificences. Toutes les âmes y entrent. Tous les peuples y ont leur place. Elle n'a ni portes, ni murailles. L'amour est l'air qui s'y respire. La vérité en est le soleil. L'unité romaine en est le lien. La justice y est indéfectible. Le salut, c'est-à-dire la possession du ciel, en est la préoccupation et le but. Nous y voyons des vierges, des foyers purs et hospitaliers, des œuvres pour toutes les misères, des vertus et des courages de toutes sortes ; et au-dessus de ces splendeurs spirituelles, pour les faire germer et les entretenir, ah ! nous voyons un seul sacrifice toutpuissant qui s'offre à la majesté divine depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher: l'hostie blanche et très pure! 0 que tout cela est beau ! Et tout cela s'appelle Jérusalem spirituelle ou l'Eglise catholique.

Ce n'est pas tout. Car les récompenses divines ont des surprises qui produisent l'extase.

Un jour, l'éternité viendra remplacer le temps, et le royaume des cieux descendra pour recueillir les justes. Eh bien ! le royaume des cieux lui-même s'appellera aussi Jérusalem. Il héritera de ce nom ; au dernier soir du monde, ce nom sera en quelque sorte, avec la charité, le legs de la terre au ciel. Oh ! durant toute l'éternité, le ciel s'appellera Jérusalem, Jérusalem des cieux.

Et ainsi ce grand fait historique justifie à son tour la merveilleuse stratégie et la fécondité du sacrifice, d'après cette promesse du Christ : qui perd sa vie pour V amour de moi, la retrouvera. Personnifiée dans Simon Pierre, dans les Apôtres et un grand nombre de vrais Israélites, la nouvelle Jérusalem n'a pas hésité à briser ses limites et à appeler tous les peuples dans son sein, c'est pourquoi, pour la récompenser, l'Eglise catholique et le royaume des cieux s'honorent de s'embellir du nom de Jérusalem.

S'il est permis de comparer les petites choses aux grandes, le douloureux sacrifice que nous étions contraints d'accepter relativement au glorieux Evêque d'Orléans nous semblait mériter une récompense, et guidés par le nom de Jérusalem comme par une étoile, nous allâmes trouver son Excellence Mgr Valerga, patriarche de Jérusalem.

Avec le coup d'œil du Moïse de Michel- Ange que nous avions admiré dans l'église de Saint- Pierre- aux- Liens, le patriarche de Jérusalem nous dit : « Agrandissez votre horizon, et puisque le sacrifice de l' Evêque d'Orléans vous est demandé, passez de son patronage à celui de tous les Evêques réunis au Concile. »

N'était-ce pas la comparaison géographique du détroit de Gibraltar qui recevait son accomplissement? Le recours

au patronage du glorieux Evêque d'Orléans se comparait à la ceinture de la belle Méditerranée ; puis l'étranglement du détroit de Gibraltar avait symbolisé la nécessité du sacrifice, mais de l'autre côté du détroit la majesté du grand Océan devenait le miroir du splendide patronage des Evoques assemblés au Concile.

Le Patriarche de Jérusalem accompagna son conseil de ce plan rempli de sagesse : Rédigez, à l'adresse des Pères du Concile, une supplique où vous implorerez leur pitié sur les restes d'Israël, faites-la imprimer, et avisez à ce que chaque Evêque reçoive son exemplaire. Quand la lecture de ce document aura préparé leur bienveillance, on rédigera, avec l'agrément du Souverain Pontife, un postulatum qui sera soumis à leurs signatures.

Qu'était-ce qu'un postulatum? et pourquoi ne pouvait- il être rédigé qu'après la supplique de pitié aux Evêques?

Un postulatum — comme l'indique le mot latin, postulare; demander, solliciter — est un vœu écrit et motivé, par lequel on sollicite que telle ou telle question soit portée devant un Concile qui est rassemblé. Les Evêques seuls ont le droit de présenter des postulata; par conséquent un laïque qui voudrait introduire devant le Concile une question qu'il croit utile, doit recourir à l'intermédiaire d'un ou plusieurs Evêques. C'était là notre situation.

On voit par cette définition qu'un postulatum pour les Israélites n'était nullement facile à formuler, encore moins à faire présenter. Demander quelque chose pour les Israélites, le faire demander par les Evêques: mais quoi demander? Dans quel sens? dans quel ordre d'idées?

Si on eut consulté les fils d'Israël dans la rédaction de ce postulatum, ils auraient répondu à coup sûr : demandez pour nous les droits civils partout où nous ne les avons pas encore.

Si, au lieu de les consulter, on eût consulté certaines

populations, par exemple les populations de l'Alsace, de la Hongrie, de la Silésie, de la Roumanie, toutes ces populations auraient répondu à coup sûr : ils nous dévorent ; nous demandons contre eux des mesures restrictives.

La rédaction d'un postulatum en leur faveur présentait donc de sérieuses difficultés.

Mais la protection du Père Libermann planait sur ces difficultés.

L'idée de l'honneur nous vint à l'esprit. — L'homme est sensible à l'honneur. Quelque dégradé qu'on soit, on se surprend moins mauvais devant quelqu'un qui nous traite avec respect et nous honore. Aussi traiter les Israélites avec honneur, c'était par cela même les inviter à devenir meilleurs.

Ce n'est pas tout.

En même temps qu'elle nous semblait propre à réhabiliter l'Israélite, cette idée avait l'immense avantage de présenter une garantie et une espérance aux populations qui ont à se plaindre des Juifs. Dès là que les enfants d'Israël seraient honorés, ne deviendraient- ils pas honorables, et par conséquent leurs moyens ne seraient- ils pas aussi plus honorables ?

Tel était le raisonnement que nous faisions ; avions- nous tort? Avions- nous tort de chercher un moyen qui pût atteindre les deux extrêmes : les Juifs dans la boue, et les populations dans la détresse.

Toutefois cette idée de l'honneur n'était encore qu'une idée abstraite, dans le vague.

Cet honneur à mettre à portée des Israélites, il fallait le déterminer, le faire reposer sur quelque chose : et sur quelque chose de vrai, d'essentiel, non pas de fugitif, non pas de simple amour propre ; mais sur quelque chose qui fût vraiment à leur honneur, et dont ils pussent être fiers devant leur conscience et devant les peuples.

Voici ce quelque chose de vrai et d'essentiel que l'Esprit de Dieu nous suggéra.

Nous savions par expérience quelles difficultés il y a pour un Israélite à devenir catholique. Difficultés de conscience, difficultés de famille, difficultés de position. Mais de toutes les difficultés, celle qui nous avait toujours paru, à nous et à d'autres, la plus insurmontable, était celle-ci : celle du déshonneur.

« Un homme d'honneur ne doit jamais changer de religion. )) Cette difficulté-là dépasse et aggrave toutes les autres. La croyance au déshonneur du fait de la conversion ajoute à l'irritation de la famille contre le membre qui devient catholique ; et elle ferme souvent à celui-ci l'avenue de beaucoup de carrières où l'on ne veut pas d'un converti.

« Un homme d'honneur ne doit jamais changer de religion », maxime aussi fausse que cruelle, véritable pierre d'achoppement que les philosophes du xviii® siècle ont placée au seuil de l'Eglise catholique, pour empêcher qu'on y entrât. Que de conversions cette cruelle maxime a empêchées ! Que de pauvres égarés elle a fait retourner tristement en arrière !

Or, par rapport à l'israélite qui veut devenir catholique, cette maxime est doublement fausse ; une première fois fausse, parce que pour lui, comme pour tout égaré qui revient, il n'y a nul déshonneur, et, au contraire, tout honneur à abandonner l'erreur pour revenir vers la vérité ; une deuxième fois fausse, indignement fausse, parce que l'israélite en devenant catholique, ne change pas de religion, mais achève sa religion, la complète, la couronne. L'israélite devenu catholique, c'est par excellence l'homme religieux qui a obtenu sa plénitude, comme la tige qui obtient sa fleur. Et cela est un honneur, le suprême honneur, l'honneur du couronnement.

Eh bien, à l' encontre de la maxime fausse et cruelle du

philosophisme, nous nous dîmes: c'est là ce quelque chose de vrai et d'essentiel que nous cherchons, c'est là qu'il faut concentrer l'honneur à procurer à nos anciens coreligionnaires. C'est sur cette base qu'il nous faudra appuyer le postulatum après que la supplique aux Evêques l'aura précédé en excitant leur pitié.

Voici la supplique préparatoire : elle fut rédigée sous l'action de l'Esprit- Saint.

Eminentissimi et Reverendissimi Patres

Supra fores sanctae conciliaris aulae haecce Christi verha légère est : Docete omnes gentes.

Hanc autem super scriptionem cuique legenti perhibetur Vestra in varios humanae familiae ramos sollicitudo ; simulque exinde nos ipsi, Abraham filii et nunc, miser ante Deo, Christi sacerdotes, i>ires et animum hausimus ad Vos accedendi, piissimam Vestram deprecaturi misericordiam pro Hebraeorum gente nostra.

Quoties fas Ecclesiae fuit e^angelicam afferre lucem sedentibus in umbra mortis, officio divino non defuit. Et si quando populum aliquem non potuit caelestibus illuminare doctrinis, credendum est quadam quasi impossibilitate ipsius zelum infructuosum remansisse : quod ita, novemdecim per saecula, sese habuit circa infelix Israelitarum genus.

Hodie vero, aperto dii^inae Proi^identiae interventu, vetera cessasse videntur obstacula. lam ab ineunte saeculo, gentis nostrae conditio immutata omnino fuit, sive quoad civilia, sive quoad religionem.

Si enim ad ludaeorum in exteriori societate statum praesentem attenderimus, ipsos in fere qualibet Occidentis regione

immixtos indigents animadvertemus, communique degentes suh regimine politico. Murus hic separationis^ qui Ghetto nomen habuit, quo utique ipsi ludaei, in ^ç>o Medio, circumdari çoluerant et protegi, multis jam ah annis cecidit : in ipsa Roma magnificus noster et gloriosus Pontifex- Rex, Pius nonus, statim ac Pétri ascendit cathedram, portam divisionis tolli jussit ; nec Pastorum optimus ingratos et beneficii immemores habuit ; Israelitas enim nuper auribus nostris audivimus dicentes ex gratitudine : « Vere nobis Angélus est Pius nonus ! »

Item, sub religionis respectu, ingens apud ludaeos mutatio facta est Dum enim, ex una parte, materiali muro a civili secernerentur societate, ex altéra non minus a Christianorum lege et moribus remotos tenebat eos liber ille quem Tal- MUD inscribunt titulo. Nunc çero, postquam societatem cum Christianis inierunt, ipso facto impelluntur ad amplectendum, relicto Talmudismo, alios mores aliudque symbolum : et reipsa, quum Occidentis populi in Rationalismum çel Indifferentismum delapsi fuerint, Israelitae, in partem eorum societatis admissi, eadem pessima progrediuntur i^ia.

Haecce quum ita se habeant, scilicet quum Israelitae in cii^ili societate magni momenti partes impleant, cumque, relicta fide patrum, abstracti et illecti, detestabiles subeant doctrinas, persuasum habuimus, Eminentissimi et Reveren- DissiMi Patres, zelum salutis animarum necnon amorem gentis nostrae a nobis exiger e, ut, humillime ad Vestra proi>oluti genua, Vestram deprecemur misericordiam pro fratribus nostris, Abraham filiis.

Instanter igitur, Eminentissimi et Reverendissimi Patres, a Vestra exposcimus misericordia, ut dignemini, e sacrosancto Vestro Concilio, Hebraeos paterna quadam inçitatione praeçenire ; tali enim indulgentia, licet fortasse haud tam cito Ventura sit totalis eorum ad Christum conçersio, illum imitabimini pium patrem de quo ait Eçangelista : « Quum

ADHUC (filius prodigus) longe esset, vidit illum pater

IPSIUS, ET MISERICORDIA MOTUS EST, ET ACCURRENS CE- CIDIT SUPER COLLUM EJUS:

Utique, Eminentissimi et Reverendissimi Patres, fratrum nostrorum efficaciter miserebimini, quia ludaei semper sunt Deo carissimi propter patres, quia ex eis est Christus secundum carnem.

Miserebimini, memores potentissimae hujus adhortationis quant ad ludaeos ab apostolatus initio direxit S. Petrus, ante cujus gloriosum sepulcrum vos nunc congregamint

Miserebimini, hujus participes continui doloris quem sic diçus Paulus exhala^it : Tristitia miht magna est,

CONTINUUS DOLOR CORDI MEO ; OPTARAM EGO IPSE ANA- THEMA esse a ChRISTO PRO FRATRIBUS MEIS, qui SUNT COGNATI MEI secundum CARNEM, QUI SUNT ISRAELITAE.

Miserebimini, ne, dum omnes orbis nationes Sacrosanctum Concilium Vaticanum sub alas comprehenderit, ab earum consortio absit populus ille cui gemebundus ait Christus : Ierusalem, Ierusalem, quoties volui congregare fi- LIOS TUOS quemadmodum gallina congregat pullos suos SUB alas !

Miserebimini tandem, o Glementissimi Patres, ut soror nostra, quam ipsi dilectissimus Pontifex nuper Immaculatae décorant diademate, beata Virgo Maria, optatissimo sibi gaudio materna inter çiscera perfundatur, quando supremum sublimis sui cantici suspirium senserit exauditum : Suscepit Israël puerum suum, record atus misericor-

DIAE SUAE, SICUT LOCUTUS EST AD PATRES NOSTROS, AbRA- AbRAHAM ET SEMINI EJUS IN SAECULA.

loSEPHUS LÉMANN AUGUSTINUS LÉMANN

e clero dioecesis Liigdiinensis

Romae die XX lanuarii, MDCCCLXX, anniversaria Beatae Virginis Immaculatae Apparitionis in Ecclesia S. Andreae délie Fratte.

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